En laisse

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«éponges modèle 2003 en laisse sans lasso et sans flash Pourquoi trois livres en même temps? Parce qu’ils ont été écrits simultanément, mais selon des sources d’inspirations, des tonalités et des chemins d’écriture demeurés distincts, ce qui interdisait de les réunir en une seule publication. en laisse est une réaction de l’écriture à des événements contemporains, notamment à la photographie d’un prisonnier irakien tenu en laisse par une soldate américaine, photographie qui colle à la peau du livre ; sans lasso et sans flash part d’un tableau de Simon Hantaï, Écriture rose, dont le regard ne se détache ni plus ni moins que l’on se détache d’un tremplin merveilleux ; tandis que l’écriture de éponges modèle 2003 éloigne, si infimement soit-il, le mot de tout support, induisant à une sonorité et une respiration autres. Cependant les trois livres ouvrent sur le même espace-temps, ils sont dévorés d’une même époque, et leurs trames sont étroitement mêlées.»
Publié le : lundi 11 octobre 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782818005378
Nombre de pages : 65
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en laisse
DU MÊME AUTEUR
Épreuves du pouvoir, José Corti,1961 Lessive du loup, GLM,1966 Une vie d’homme, GLM,1969 Nous du service des cygnes, Claude Aubry,1970 Le ciel pas d’angle, P.O.L,1983 Rosedéclic, P.O.L,1984 Son blanc du un, P.O.L,1986 Xbo, P.O.L,1988 Outrance utterance et autres élégies, P.O.L,1990 Au travail ma chérie(illustré par Pierre Buraglio), Imprimerie Nationale Éditions,1992 Décisions ocres, Michel Chandeigne,1992 IL, P.O.L,1994 Tiré à quatre épingles(illustré par Frédérique Lucien), Michel Chandeigne,1995 Le sujet monotype, P.O.L,1997 é té après avoir écrit«Le sujet monotype»(illustré par Pierre Buraglio), Michel Chandeigne,1997 Estce que j’peux placer un mot ?, P.O.L,2001 MW, avec Isabelle Waternaux et Mathilde Monnier, P.O.L, 2001 éponges modèle 2003, P.O.L,2005 sans lasso et sans flash, P.O.L,2005
Dominique Fourcade
en laisse
P.O.L e 33, rue SaintAndrédesArts, Paris6
© P.O.L éditeur,2005 ISBN :2846820805 www.polediteur.fr
PROLOGUE
Aprèsmidi sans indulgence : pourquoi ce livre, pourquoi trois livres ? Enfance, temps pré sent, futur sont chargés sur une catapulte et reviennent en boomerang. Avec ça je joue à la marelle. Je ne sais faire que ça. Où en étaisje au moment d’écrireMW, chute, fin septem bre2001? Je venais de finirMWpour P.O.L, et l’attaque des deux tours à New York m’avait touché de plein fouet, me faisant entrer dans un deuil qui n’épargnait rien et où se mêlaient compassion pour les morts, souffrance pour une ville tant aimée, partage avec mes amis làbas, inquiétude sur le des
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tin du monde, questions taraudantes sur le comment et le pourquoi de cette tragédie, et sentiment irrépressible d’en être à la fois vic time et responsable. Responsable surtout : qu’aije fait, qu’avonsnous fait qui ait rendu cette tragédie inévitable ? Il n’est pas jusqu’à mon écriture qui ne s’en trouvait touchée – ou plutôt il faut dire : au premier chef et de fond en comble mon écriture en était ébranlée. Il me paraissait impossible de continuer d’écrire sans que mon travail marque l’événe ment et transcrive cette secousse, sans que l’écriture expose sa perméabilité et son rap port à l’instant mondial, rapport que j’avais le devoir d’approfondir immédiatement et sans détour. De l’écriture comme vulnérabi lité, mais décisive. Vers l’écriture comme vul nérabilité. Ce rapport instantané (cet enregis trement, cette sismologie), il me semblait que, si j’arrivais à l’établir, à le formuler un tant soit peu et à en mettre à nu les méca nismes, je parviendrais à élargir le registre, et que je comprendrais mieux ainsi, non seule
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ment la réalité de mon époque, mais, au sein de cette époque, la situation de mon travail d’écrivain, le sens de ce que je fais et, ultime ment, la forme de mon existence. Entre les trois – époque, écriture, existence – l’intrica tion est totale, et je ne saurais regarder l’une sans impliquer l’intelligence des deux autres. Cependant, deuil pour deuil, je reste loin du compte, c’est à peine si dans les pages qui suivent se laisse deviner la silhouette que je souhaitais éclairer. Ainsi, dans le même état d’esprit ont été écrits, et presque aussitôt publiés chez Chan deigne, successivementMW, chute, puismas cunin fémilineten laisse, et dans ce contexte sont arrivées de nouvelles cadences. Travail de poésie. Ce n’est qu’après la publication deen laisseque j’ai compris que les trois livres for maient une sorte de triptyque souple et non préconçu. Plus tard, de façon également non intentionnelle (mais avec ponctualité), la carte de vœux pour2005est venue comme une suite àen laisse, et dans son sillage immé
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diat j’ai écritavec une chistera. Si vraiment il y a entre ces textes la cohérence que je leur prête aujourd’hui, il devenait nécessaire de les réunir. Pendant ce temps, commencé antérieure ment – doisje dire parallèlement àen laisse, ou se croisant, ou se juxtaposant, ou passant dessus et dessous, ou s’écartant violem ment ? –, je ne cessais pas d’écrireéponges modèle2003. Spectre, distribution des fré quences, absorption et réflexion. Spectre de lignes et de bandes. Toute référence engouf frée. Fuite et son contraire. Matière pas plus poème (et pas moins j’espère) que celle deen laisse, sans parler du troisième livre. Car je continuais de méditerÉcriture rose, le chef d’œuvre de Simon Hantaï, travail commencé il y a trente ans et dontsans lasso et sans flashest l’écho. L’écume. L’écho. Acte de présence. Mais la porosité est telle ici qu’une pièce que l’on croyait exclusivement destinée à l’un des trois livres s’est plus d’une fois déplacée vers un autre, s’y fixant soudain, ou
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