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En prison

De
100 pages
Il y a quelques années, on lui proposa d’être professeur en prison. Il accepta sans penser à l’injustice qui nous aveugle devant les hommes qui ont échoué, qui sont coupés du monde. Sans savoir de quelle inquiète façon il aurait à être sur ses gardes de peur de les aimer vraiment. Sortir de la prison, retrouver les autres lui deviendra peu à peu difficile, étrange, une souffrance à laquelle il ne pourra résister et qui, doucement l’amènera à abandonner sa vie du «dehors». Le mot «compassion» retrouve avec ce texte toute son ampleur dérangeante.
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DUMÊMEAUTEUR
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FrédéricBoyer
En
prison
Roman
P.O.L 33,rueSaint-André-des-Arts,Paris6e
©P.O.Léditeur,1992 ISBN2-86744-280-X
AAngélique,àMomo,àJim.
«Suis-jelegardiendemonfrère»? (Genèse,4,9)
Cefutunjourcommeunautre.Fragile,grin-çant.Unjourquilaissaderrièreluiunevagueinquié-tude.Ilétait quinzeheures,lapremièrefois.TItoussa pours'éclaircirlavoix.Lesmurs,lesdallesdusol avaientcetaspectbrillantmat,cesatinglacé,cette usurevivante,presquehumainedelapierrefoulée pardeshommeshébétés,découragés.Ilentraàla manièred'unsomnambulecommesisespasl'avaient portéjusque-làsansqu'ill'aitréellementvoulu.Emu parunesorted'indifférenceaumalheur.Auboutde chaquegrandcouloir,onpassaitsousunportiquede ferdevantplusieursgardiens.Onluidemandasa carted'accès. Jamaisilnetournalatête,pourvoir. Ilmarchaitàunecadenceégale.Lapeurluifaisait baisserlesyeux.Ilaperçuttoutefoisdansunedes sallesdesurveillanceunréchaudàgazpourlecafé etlesœufs.Lefauteuildereposavecsacouverture
bruneetsale,rouléeenboule.Etunverred'eau gazeuse.Cesobjetsencoretièdes,presquegémis-santsimploraientpardon.Uneodeurdouceâtre, fétideluiparvintparbouffées.Ilneditrien.Les visagesdesgardiensétaientlaineux,sansregard.Us allaienttousdumêmepaslentetrégulier.Muspar uneforcemachinale, mélancolique.Toutétaitsilen-cieuxettiède,presquetendre.Ilentrasansrien comprendreàcequiavaitlieuici,àladouleur,àla violencecachéequiavaitlieu.
Onluiditd'unevoixsèche,maladroite«Bloc A.»Lesbâtimentsétaientanciens,lescoursintérieu-respavées,lesmursenbriqueavecdelamousse bruneetverteentrelesmoellonsnoircis.L'airdans lescouloirsétaitunpeuacide.Acausedelapeur animalequidevaitrégner,uneatmosphèretendueà causedesmédicaments,deladroguequicirculaient ici.Avecdepetitesmaladiesétouffées.TIn'aurait jamaisaccepter,pensa-t-il.Soncœurs'étaitmisà battreplusfort.L'obscuritéétaithumide,âcre.Ilne savaitpasexactements'arrêter,nicomment attendrequ'onluiouvrelesportesquisesuccé-daient.Ilsesentitridicule,écrasé.Dehors,onenten-daitronflerlesmoteursdesfourgonscellulaires.Tout plutôtqued'êtrelà.Impuissant,démuni.Ilne voulaitnivoirnisavoir.Ilvacilla,prisàlagorge commeparlatièdetouffeurd'unchenil.
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