Entrées solennelles de S. A. R. Monsieur (12 avril)... et de S. A. R. Mgr le duc de Berry (21 avril) dans Paris

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chez les marchands de nouveautés (Paris). 1814. France (1814-1815). In-8 °. Pièce.
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Publié le : samedi 1 janvier 1814
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ENTREES SOLENNELLES
DE ,
FRÈRE DU ROI,
IIEUTENANT-GENERAL DU ROYAUME DE FRANCE
ET DE
S.A.R. M. LE DUC DE BERRY,
DANS PARIS.
A PARIS,
CHEZ LES MARCHANDS DE NOUVEAUTÉS
1814.
ENTREE SOLENNELLE
DE
S. A. R. MONSIEUR,
FRÈRE DU Roi,
LIEUTENANT-GENERAL DU ROYAUME DE F RANGE.
LE 1 2 avril, le cortége qui de voit aller à la
rencontre de Son Altesse Royale s'est rassem-
blé à dix heures du matin au palais des Tui-
leries , dans la salle du conseil, et a marché,
au milieu d'une haie formée par la garde na-
tionale , dans l'ordre suivant :
Le général comte Dessoles, l'état major et
un détachement de la garde nationale ;
Les préfets de département et de police,
les maires et le conseil municipal ;
Les maréchaux et les officiers-généraux;
Les maîtres des cérémonies ;
Le gouvernement provisoire, entouré par
(4)
les officiers de la garde nationale, et par les
guides à cheval de la même garde ;
Un détachement de la gendarmerie à che-
val.
A midi, les membres du gouvernement
provisoire et les commissaires aux départe-
mens ministériels, précédés et suivis tant
du corps municipal que de nombreux déta-
chemens de la garde nationale de Paris, se
sont rendus à la barrière de Bondy , où étoit
S. A. R. Monsieur.
Le général Dessoles s'est porté avec l'état-
major et un détachement de la garde natio-
nale , à cinq cents pas hors de la barrière,
pour escorter Son Altesse Royale.
Un peu avant une heure , Son Altesse
Royale a paru en dehors de la barrière, en-
touré de plusieurs grands-officiers et officiers
de sa maison , et d'un groupe de maréchaux
de France qui s'étoient portés en avant pour
aller à sa rencontre. Monsieur , et toutes les
personnes qui l'entouroient, étoient à che-
val. Son Altesse Royale étoit vêtue de l'uni-
forme de la garde nationale.
En ce moment, les membres du gouver-
nement provisoire précédés des maîtres et
aides des cérémonies, se sont avancés auprès
de Son Altesse Royale. M. le prince de Bé-
névent a harangué le prince en ces termes ,
au nom du gouvernement provisoire :
(5)
« MONSEIGNEUR,
» Le bonheur que nous éprouvons en ce
jour de régénération est au delà de toute ex-
pression , si MONSIEUR reçoit avec la bonté
céleste qui caractérise son auguste maison,
l'hommage de notre religieux attendrisse-
ment et de notre dévouement respectueux.»
Voici à peu près ce qu'on a retenu de la
réponse de MONSIEUR : «Messieurs les mem-
bres du gouvernement provisoire, je vous
remercie de ce que vous avez fait pour notre
patrie. J'éprouve une émotion qui m'empê-
che d'exprimer tout ce que je ressens. Plus
de divisions : la paix et la France. Je la re-
vois enfin et rien n'y est changé , si ce n'est
qu'il s'y trouve un Français de plus. »
Les cris de vive le Roi! vive Monsieur !
vivent les Bourbons ! se sont fait entendre
unanimement.
Son Altesse Royale entrée en deçà de la
barrière a daigné elle-même demander le si-
lence , et interrompre les acclamations dont
elle étoit l'objet. Alors M. le baron de Cha-
brol , préfet du département de la Seine, a
présenté à Son Altesse Royale le corps muni-
cipal de Paris , et a prononcé le discours sui-
vant :
« MONSEIGNEUR,
» Après vingt ans de malheurs, la France
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revoit avec transport la famille auguste qui,
pendant huit siècles, assura sa gloire et son
bonheur. La ville de Paris, objet de l'amour
constant de ses rois, met ce jour au rang des
plus beaux qui aient brillé pour elle depuis
l'origine de la monarchie.
» La France entière soupire après le retour
de son roi ; elle entrevoit enfin le repos à
l'ombre de l'autorité paternelle des descen-
dans de Saint Louis et de Henri IV ; elle en
attend le même amour.
» Des temps de désastres, qui ne furent
ni sans gloire ni sans éclat pour l'honneur
français, n'ont point altéré le caractère d'une
nation généreuse ; un pouvoir tutélaire va
confondre et réunir tous les voeux , tous les
intérêts , toutes les opinions ; guerriers, ma-
gistrats , citoyens , tous les Français retrou-
Vent au fond de leur coeur cet élan d'amour
qui attache les Français au noble sang des
Bourbons : animés du même esprit, ils ne
formeront qu'une même famille.
» Votre Altesse Royale agréera les voeux
de tout un peuple qui va se presser sur ses
pas; elle s'attendrira en reconnoissant ces
lieux pleins du souvenir de ses augustes
aïeux , et qui lui furent toujours si chers ;
elle entendra retentir par-tout les acclama-
tions ; elle verra l'espérance renaître dans
tous les coeurs , et le bonheur de la patrie la
consolera de ses longues souffrances. »

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