Entretiens de Gallus : libération du territoire

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Librairie démocratique (Paris). 1872. 7 fascicules en 1 vol. ; in-16.
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Publié le : lundi 1 janvier 1872
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ENTRETIENS DE GALLUS
LIBÉRATION DU TERRITOIRE
LE BON VIEUX TEMPS
5 centimes.
PARIS
LIBRAIRIE DÉMOCRATIQUE
33, RUE MONTMARTRE, 33
1872
ENTRETIENS DE GALLUS
LIBERATION DU TERRITOIRE
LE BON VIEUX TEMPS
AGRICOLE. — Savez-vous, Gallus, que, depuis
notre dernier entretien, je n'ai pas dormi deux
heures ?
GALLUS, — Et pourquoi ? ,
AGRICOLE — Parce que, depuis ce jour, le
diable est au logis.
GALLUS. — Le diable est au logis!... et sous
quelle forme ?
AGRICOLE. — Sous la forme de ma femme.
GALLUS. — Tu n'es pas le premier à qui ce
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malheur arrive. Mais enfin, comment les choses
se sont-elles passées, que ta femme soit devenue
le diable ?
AGRICOLE. — Oui, le diable en personne.
GALLUS. — Explique-moi la chose.
AGRICOLE. — Vous savez, l'autre jour, quand
nous causâmes des changements à faire à la loi
des successions, afin de donner au gouvernement
les ressources dont il a besoin pour payer nos
18 milliards de dettes et renvoyer les Prussiens,
j'approuvai complétement votre manière de voir
qui me paraissait en tout conforme à la justice.
Quelques voisins étant venus l'autre soir cau-
ser avec moi des nouveaux impôts qu'on est en
train de voter, j'exposai votre idée de ne faire
hériter que dans la ligne directe, c'est-à-dire les
enfants de leurs père, mère, grands pères, grands
mères, etc., en ligne directe ascendante et réci-
proquement les parents et grands parents, en
ligne directe descendante, si les enfants viennent
à mourir avant eux, — les frères et soeurs héri-
tant également entre eux.
J'expliquai que, dans tous les autres cas, que
l'on soit parent ou non, on n'hériterait qu'en
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vertu d'un testament. C'est bien ce que vous
m'avez dit, je crois ?
GAIXUS. — Oui.
AGRICOLE. — Enfin j'ajoutai que tout héritage
qui ne serait pas dans ces conditions reviendrait
à l'Etat, au département et à la commune dans
de certaines proportions pour, leur fournir un
fonds commun avec lequel on payera nos dettes,
on satisfera aux besoins généraux, tels que l'ins-
truction, les travaux publics, les secours, etc. —
Est-ce bien votre pensée?
GALLUS. — Oui, tu l'as même développée en
expliquant comment, lorsqu'il n'y aura pas d'hé-
ritiers, le partage de la succession se fera entre
l'Etat, le département et la commune, qui y trou-
veront chacun leur compte.
AGRICOLE. — Je leur ai exposé que là était un
des moyens de payer nos 18 milliards de dettes
et de renvoyer les Prussiens. — J'ai ajouté que,
toujours selon vous, si l'on voulait que le gou-
vernement fasse de l'argent, il fallait que les
droits prélevés par l'Etat soient progressifs,
c'est-à-dire que les petites successions, celles
qui arrivent au pauvre monde, comme une rosée
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bienfaisante, payent un droit très-faible, tandis
que les grosses successions supporteraient des
droits d'autant plus forts qu'elles seraient plus
considérables.
GALLUS. — Eh bien, comment ont-ils trouvé
ces arrangements ?
AGRICOLE. — Les avis ont été partagés. On a
trouvé que vous étiez trop dur en exigeant un
testament pour que l'on hérite de son oncle, de
sa tante, de ses cousins-germains et autres pa-
rents.
GALLUS. — Quels étaient ceux qui n'approu-
vaient pas ?
AGRICOLE. — Ceux qui, dans l'état actuel des
choses, se trouvent en position d'hériter un jour
ou l'autre de quelque parent et qui craignent de
ne le pouvoir s'il faut un testament.
GALLUS. — Mais alors qu'ils s'en fassent faire
un.
AGRICOLE. — C'est qu'un neveu aurait une
drôle de figure s'il se présentait chez son onole
en lui disant : « Mon cher oncle, mon oncle bien-
aimé, je viens vous demander un testament en
ma faveur. »

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