Entretiens de Gallus : libération du territoire

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Librairie démocratique (Paris). 1872. 7 fascicules en 1 vol. ; in-16.
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Publié le : lundi 1 janvier 1872
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ENTRETIENS DE GALLUS
LIBÉRATION DU TERRITOIRE
NOUVELLE LOI
SUR
LES SUCCESSIONS
I
5 centimes.
PARIS
LIBRAIRIE DÉMOCRATIQUE
33, RUE MONTMARTRE, 33
1872
ENTRETIENS DE GALLUS
LIBÉRATION DU TERRITOIRE
NOUVELLE LOI
SUR LES SUCCESSIONS
I
AGRICOLE.—Dix-huit milliards de dettes ! ! !...
GALLUS. — Oui, la France doit aujourd'hui
dix-huit milliards en capital, ce qui exige un in-
térêt annuel de je ne sais combien de centaines
de millions.
AGRICOLE.—Merci à la République de nous
avoir mis dans un tel pétrin. On nous avait bien
dit que la République, c'est le désordre, le vol,
la ruine du pays.
GALLUS.—Ne vas pas si vite en besogne, mon
brave Agricole. Si la République est forcée d'en-
- 4 -
dosser les 18 milliards de dettes, ce n'est pas
elle qui les a faites.
AGRICOLE. — Qui donc alors?
GALLUS.—Les divers gouvernements monar-
chiques qui se sont succédé depuis la Révolu-
lution de 1789. Et je vais t'en donner le détail
par francs et centimes.
A la chute de Napoléon Ier, en 1815, après
des guerres dont plusieurs étaient aussi folles
qu'injustes, la France devait une rente annuelle
de 63,610,000 fr., ce qui représente, à 5 pour
100, un capital de 1 milliard 272 millions
200,000 fr.
De plus, elle avait perdu du côté du Rhin une
partie des frontières qu'elle possédait sous l'an-
cienne monarchie. Ce qu'elle avait perdu, la
Prusse l'avait gagné. C'est ce qui a permis en
1870 à l'armée ennemie d'entrer si facilement
chez nous.
Voilà ce que nous devons à Napoléon Ier, moins
un solde de dettes de l'ancien régime.
Sous la Restauration, la dette publique s'ac-
crut de 104 millions en rentes, ce qui représente,
toujours à 6 pour 100, un capital de 2 milliards
— 5 —
800 millions, qui, ajoutés à la dette du premier
empire, forment un total de 3,352,000,000 fr.
(trois milliards trois cent cinquante-deux mil-
lions).
L'argent emprunté par la Restauration fut
employé à payer une contribution de guerre aux
puissances alliées qui avaient chassé Napoléon,
à indemniser jusqu'à la concurrence d'un mil-
liard les émigrés, qui avaient combattu la France
dans les rangs des Prussiens, des Autrichiens et
autres, que les royalistes appelaient nos amis ;
le reste comblait le déficit de nos dépenses.
Sous le roi Louis-Philippe, la dette fut accrue
d'une rente de 44 millions 869,998 fr., repré-
sentant un capital de 897 millions environ.
A la chute de Louis-Philippe, le capital de la
dette était de 5 milliards 200 millions.
De 5 à 18 milliards, il y a une fameuse aug-
mentation; à qui la devons-nous? Aux folies,
aux prodigalités de Napoléon III, qui guerroya
à tort et à travers, dépensa sans calculer et nous
lança, malgré les protestations des républicains,
dans cette guerre insensée dont le dénouement
a été la catastrophe de Sedan.
_ 6 —
Cette entreprise funeste nous coûte 5 milliards
d'indemnité à la Prusse, auxquels il faut ajouter
au moins 3 milliards de dépenses de guerre et
de ruines chez nous, plus la perte de notre in-
fluence et celle de notre honneur. Et parce que
la République est forcée de signer les traités et
de contracter les emprunts, on dit : « La Ré-
publique nous coûte 18 milliards! » Est-ce de
franc jeu?
AGRICOLE. — Oh, dam ! non. A chacun son pa-
quet.
GALLUS. — Oui, à chacun son paquet. Et de
même sera-t-on juste, en disant que c'est la Ré-
publique qui nous a fait perdre l'Alsace et la
Lorraine?
AGRICOLE.—Non; car si Napoléon III n'avait
pas entrepris comme un écervelé cette fatale
guerre, nous serions encore comme avant. La
République a dû se tirer comme elle a pu de la
bagarre ; elle n'est pas responsable.
GALLUS. — Est-ce la République qui est cause
que les Prussiens nous ont dévalisés, ont détruit
nos récoltes, emmené nos bestiaux, incendié les
pays, fusillé les habitants.

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