Épître à S. M. l'Empereur Napoléon III, par C. Burguière

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impr. de Vve Lamaignère (Bayonne). 1864. In-8° , 16 p..
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Publié le : vendredi 1 janvier 1864
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ÉPITRE
A
S. IVÊ. L'EMPEREUR
NAPOLÉON III
PAR
C. BURGUIÈRE.
BAYQNNE,
IMPRIMERIE DE VEUVE LAMATGNÈRE, RUE CHEGARAY, N° 39.
1864.
ÉPITRE
A
S. M. L'EMPEREUR
NAPOLÉON III
PAR
f0 BÏPRGUIERE.
BAYONNE,
IMPRIMERIE DE VEUVE LAMAIGNÈRE, HUE CKEGARAY, N° 39.
1864.
ËPITRE
A
S. M. L'EMPEREUR
NAPOLÉON III.
Il est un Dieu puissant, ennemi des humains
Qui servent de jouet à ses cruelles mains ;
Ses vrais adorateurs, frappés de sa colère,
Aussi bien que les faux périssent de misère.
Il les remplit soudain de son souffle vengeur,
De terribles accès, d'un délire rongeur :
Avec plus de pitié déchirent leur victime
Les trois soeurs des enfers, vengeresses du crime.
Malheur I malheur à moi ! car ce Dieu redouté
Me lançant les éclairs de son oeil irrité :
« A l'oeuvre, me dit-il, C'est trop de défiance ;
On chante toujours bien, quand on chante la France ;
Et qui loue un héros tel que Napoléon,
Illustre au moins ses vers de l'éclat de son nom.
Quoi ! tu veux résister, ou ta faible mémoire
Faillirait pour rimer une page d'histoire?
Ne sais-tu pas qu'un jour, reine des nations,
La France eut à braver la mer des passions ;
Qu'elle allait se briser contre ces blocs de pierre
Où se trouvent Danton, Marat et Robespierre,
Quand parut un sauveur, un Dieu dont le bras fort
Prenant le gouvernail la conduisit au port,
Et qu'après ce danger qui devait la détruire,
Elle lui donna tout : ses destins et l'Empire ?
Ses destins I Qu'ils sont beaux, qu'ils sont nobles et grands
Les destins que poursuit la nation des Francs !
Contre l'enfer garder, divine sentinelle,
L'oint du Christ, le vieillard de la ville éternelle ;
D'un superbe tyran humilier l'orgueil ;
Sauver un peuple ami des horreurs du cercueil ;
Toujours dans le progrès avançant la première,
Inonder l'univers des flots de sa lumière.
Tel est l'oeuvre commis à sa prudente ardeur,
Que d'exploits à chanter, pauvre peuple rimeurl
; £ff^^-Ky|fstr^pue l'enfer a vomi sur la terre,
* ^'JliÈ^fflblufit/n, pousse son cri de guerre :
X"ÏJS13?yk/reVDieu, guerre aux rois, à la propriété,
\i_jiygjjpre à tout ce qui fut des mortels respecté ;
— S —
« A Rome est l'ennemi, c'est là qu'il faut se battre,
« Pour triompher des rois, c'est Dieu qu'il faut abattre. »
Elle dit : A-sa voix les suppôts de Satan
Dans Rome déchaînés prévalent un instant ;
Trop faible pour guérir les maux de leur colère,
Le Pontife s'enfuit sur la terre étrangère ;
Mais la France était là, la France de Clovis,
La France de Martel, la France de Louis.
Napoléon s'émeut : « A Dieu donc les prémices
« De mes hauts faits, dit-il, partez sous mes auspices,
« Menez vos légions contre un chef insolent,
« Vous qu'aime la victoire, Oudinot et Vaillant. »
L'enfer ne peut lutter contre la Providence,
Le vieillard est dans Rome entouré de la Franco.
L'amour de ses sujets couronna le sauveur,
Plus puissants sont les coups que porte l'Empereur.
Un colosse a paru ; sa tète menaçante
Fait tressaillir d'effroi l'Europe pâlissante ;
Sous son pied dédaigneux fièrement appuyé,
Le continent nouveau se prosterne effrayé ;
L'Asie est sous ses flancs, et son bras despotique
Pour l'étreindre à son tour s'allonge vers l'Afrique.
S'il assouvit la faim de son ambition , -
L'ogre sans hésiter mange une nation ;
Il n'a pas digéré la Pologne indigeste
Que de l'empire Turc il convoite le reste.
Déjà pour l'engloutir il agite ses flancs ;
Tout frémit à l'aspect de ses horribles dents.
— 6 —
La victime estsaisie, elle meurt, quand la France
Entend les cris d'effroi de la faible Byzance.
Le héros veut troubler l'avide Nicolas,
Pour frapper les tyrans son bras n'est jamais las.
Il commande, et soudain deux flottes, deux armées,
S'élancent au secours des villes alarmées.
Illustre général Baraguey-d'Hilliers
Dirige vers le Nord d'intrépides guerriers.
Marcher à l'ennemi, c'est pour eux une fête ;
Ils bravent les frimas, ils bravent la tempête ;
A peine ont-ils passé le redoutable Sund,
Que leurs puissants efforts font crouler Bomarsund ;
Et Bomarsund n'est plus, Bomarsund l'imprenable ,
L'orgueil des orgueilleux, le rempart formidable !
Le colosse est trop fort pour si tôt succomber,
11 faut des coups plus grands pour le faire tomber.
Cent vingt mille guerriers volent à la défense
Du peuple qu'il dévore, enivrés de vengeance.
Ils écoutent la voix du brave Saint-Arnaud
Que la cruelle mort leur ravira si tôt.
Autour du chef rangés, d'illustres capitaines
Secondant son ardeur se comptent par centaines.
Fier de son noble sang, le vaillant Mac-Mahon
Veut rehausser encor l'éclat de ce beau nom.
Le sage Canrobert, sur la rive étrangère,
Sera des légions le sauveur et le père.
Mais plus heureux que tous,_le bouillant Pélissier,
Doit broyer l'ennemi dans ses muscles d'acier.

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