Esprit de sel

De
L’ouvrage réunit une collection de courts textes (quelques lignes, quelques paragraphes, parfois deux pages tout au plus) qui portent un titre en un seul mot, comme s’il agissait d’une entrée dans un lexique personnel. Il se présente comme un carnet de réflexions détendues portées par l’humeur du moment et l’esprit d’un homme de lettres.
Les thèmes y sont des plus divers : souvenirs de voyage, d’enfance ou de lectures, réflexions sur les travers de la société ou encore sur sa pratique de l’écriture. Mais cette diversité est traversée par l’aspiration de cerner une sagesse personnelle que les années et l’expérience ont apportée.
Maurice Henrie a déjà signé des recueils de textes courts, mi-nouvelles, mi-essais, qui ont connu du succès. Celui-ci, cependant, pourra sembler encore plus personnel et authentique que les autres. On a l’impression d’y feuilleter un carnet, un journal intime.
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782894235522
Nombre de pages : 233
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Maurice Henrie Esprit de sel
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Prise deparole RÉCIT
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Du même auteur :
La chambre à mourir, nouvelles, Québec, L’instant même, 1988, prix Ottawa-Carleton. La vie secrète des grands bureaucrates, humour satirique sur la bureau-cratie, Hull, Asticou, 1989. e Mandarin Syndrome, Presses de l’Université d’Ottawa, 1990. Le petit monde des grands bureaucrates, humour sur la bureaucratie des fonctions publiques canadiennes, Boucherville, de Mortagne, 1992. Le pont sur le temps,nouvelles, Sudbury, Prise de Parole, 1992, prix Ottawa-Carleton. Le balcon dans le ciel, roman, Sudbury, Prise de parole,1995, prix du Salon du livre de Toronto, prix Trillium et prix Ottawa-Carleton. La savoyane, nouvelles, Sudbury, Prise de parole, 1996. Fleurs d’hiver, essais et nouvelles, Sudbury, Prise de parole, 1998. Une ville lointaine, roman, Québec, L’instant même, 2001, prix des lecteurs de Radio-Canada. Mémoire vive, nouvelles, Québec, L’instant même, 2003, prix de la ville d’Ottawa, prix du quotidien Le Droit. Les roses et le verglas, nouvelles, Sudbury, Prise de parole, 2004, prix de la ville d’Ottawa. Le chuchotement des étoiles, roman, Sudbury, Prise de parole, 2007.
L’auteur remercie le Conseil des Arts de l’Ontario pour sa généreuse participation financière à la rédaction de cet ouvrage.
Cinquante exemplaires de cet ouvrage ont été numérotés et signés par l’auteur.
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Carnets littéraires
Éditions Prise de parole Sudbury 2008
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Henrie, Maurice, 1936- Esprit de sel / Maurice Henrie.
ISBN 978-2-89423-223-1
I. Titre. PS8565.E5885E86 2008
C848’.54
C2008-901168-6
Distribution au Québec : Diffusion Prologue • 1650, boul. Lionel-Bertrand • Bois-briand (QC) J7H 1N7 • 450-434-0306
Ancrées dans le Nouvel-Ontario, les Éditions Prise de parole appuient les auteurs et les créateurs d’expression et de culture françaises au Canada, en privilégiant des œuvres de facture contemporaine. La maison d’édition remercie le Conseil des Arts de l’Ontario, le Conseil des Arts du Canada, le Patrimoine canadien (Programme d’appui aux langues officielles et Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition) et la Ville du Grand Sudbury de leur appui financier.
Œuvre en page de couverture et conception de la page de couverture : Olivier Lasser
Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays. Imprimé au Canada. Copyright © Ottawa, 2008 Éditions Prise de parole C.P. 550, Sudbury (Ontario) Canada P3E 4R2 http ://pdp.recf.ca
ISBN 978-2-89423-223-1 ISBN 978-2-89423-301-6 (Numérique)
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À Yvain et Lucille
Au Moyen Âge, les alchimistes utilisaient de l’esprit de sel (ou acidum salis) dans leur quête de la pierre philosophale. Cet esprit de sel était en fait de l’acide chlorhydrique, que l’alchimiste Jabir ibn Hayyan avait découvert vers l’année 800. Cet acide s’appelait aussi et s’appelle encore aujourd’hui acide muriatique. Il s’agit d’un liquide puissant et corrosif utilisé surtout dans l’industrie.
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Et quand personne ne me lira, ay-je perdu mon temps de m’estre entretenu tant d’heures oisives à pensements si utiles et aggreables ? (Montaigne, livre II, chapitre XVIII)
J’ai l’impression d’avoir tout dit. Non pas tout ce qui peut être dit, bien sûr, mais tout ce que, moi, je vou-lais dire. Et non pas tout ce que je pourrais dire, mais tout ce qui, à mes yeux, valait la peine d’être dit. Ce qui n’est pas beaucoup, j’en conviens volontiers. Car je sais que mon univers personnel a des bornes sévères et des limites précises. Je m’en rends compte tous les jours avec une certaine détresse. Ah ! Pourquoi la na-ture ne m’a-t-elle pas donné une plus grande voilure, des ailes à plus grand déploiement, qui m’auraient permis d’atteindre de plus hautes altitudes ? Ayant donc dit tout ce que je voulais dire, je veux maintenant m’assurer que je n’ai rien oublié d’impor-tant. Et répéter avec d’autres mots ce qui m’a toujours paru l’essentiel. Car, comme le savent bien les profes-seurs, c’est en répétant sans cesse qu’on finit par être
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entendu et compris. D’où cette propension chez moi, contre toute raison, à écrire encore ceci ou cela. Et, même au risque d’agacer, à redire une conviction, à apporter une précision, à proposer un rajustement, un correctif. À multiplier les codicilles. Cependant, de codicille en codicille, je continue à parler comme une vieille femme radoteuse penchée sur son tricot. Oublieuse des gens autour d’elle, elle débite sans arrêt, surtout pour elle-même, mais aussi pour qui veut l’entendre, les mille phrases qui se bous-culent dans sa tête et qui constituent l’essentiel de son univers mental et verbal. Mais suis-je vraiment sur le point de renoncer à l’écriture ? Comme tant d’autres artistes qui repartent en tournée après avoir pris trois fois leur retraite définitive, quand un auteur annonce qu’il va bientôt se taire, ce n’est souvent qu’un nouveau prétexte à parler. Je veux dire à écrire, bien entendu. Il y a un autre obstacle au silence définitif d’un auteur. C’est son dernier livre, qui continue de l’ha-biter et de le tourmenter longtemps après le point final. Bien plus, il arrive que, lorsqu’un auteur décide de terminer un livre, ce livre, lui, refuse souvent de se soumettre et continue sur sa lancée. Il m’est arrivé de devoir écrire tout un autre livre à partir d’un premier livre qui ne voulait pas finir. Comme si ce premier livre avait atteint sa cible et sa conclusion trop vite et que sa vitesse acquise était trop grande pour être annulée rapidement. Ce livre-ci est celui d’un auteur qui croyait le moment arrivé de se taire. Mais qui, tout en s’exer-çant au silence, s’est petit à petit remis à parler tout
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