Esquisse rapide sur la vie et les travaux littéraires de Courtalon-Delaistre ; par M. Socard,...

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Bouquot (Troyes). 1853. Courtalon-Delaistre. In-8 °. Pièce.
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Publié le : samedi 1 janvier 1853
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ESQUISSE
M APIDË
/'SIÎTLKVIE ET LES TRAVAUX littéraires
DE
JOORTALON .DELAISTRE,
PAR M. SOCARD,
Bibliothécaire-Adjoint de la ville de Troyes.
TROYES.
rWUQTJOT, IMPRIMEUR-LIBRAIRE, RUE NOTRE-DAME, 86.
1853.
ESQUISSE
RAPIDE
SUR LA VIE ET LES TRAVAUX LITTÉRAIRES
DE
COUltTALON - DE1 AISTRE.

Ce n'est pas seulement le héros qui gagne des batailles et qui
recule les frontières de sa patrie, ce n'est pas seulement le guer-
rier qui verse son sang, ni le magistrat qui veille à la garde des
lois protectrices de l'ordre social, que l'on doit gratifier du nom
de bons citoyens; ceux-là encore ont des droits à ce glorieux titre
et ont bien mérité de leur pays, qui, dans le silence du cabinet,
recueillent avec soin tout ce qui intéresse le sol qui les a vus naî-
tre, qui enregistrent scrupuleusement les faits destinés à passer
à la génération future, et à former ce grand livre de la vie hu-
maine qu'on appelle l'Histoire.
Tel fut l'homme vertueux, savant et humble dont nous allons
nous occuper dans cette courte notice. Sa vie fut une vie sans
éclat, consacrée aux saintes fonctions du ministère ecclésiastique
et paroissial; mais ce fut aussi la vie d'un homme éminemment
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studieux qui sait trouver, au milieu des mille soucis qu'impose
une lourde charge, omis angelicis humeris formidandum, selon
une admirable expression, qui sait trouver, dis-je, du temps à
donner à la littérature et aux recherches pénibles qu'exige l'étude
de l'Histoire.
Nous laisserons de côté ces détails fastidieux, tant ils sont ré-
pétés, qui composent presque uniformément la vie de tout homme
venu dans ce monde, pour ne nous occuper que des travaux qui
ont rempli la carrière de notre modeste écrivain.
COURTALON-DELAISTRE (1) (JEAN-CHARLES) naquit le 21 juin
1735, d'une simple famille de cultivateurs, à Dienville, commune
de l'arrondissement de Bar-sur-Aube et du canton de Brienne.
Après ses études ecclésiastiques terminées, il fut nommé vicaire
de l'église de Saint-Jean-au-Marché. Dès cette époque, il consacra
à laXittérature tous les instants que ses occupations lui laissaient
libres. Ainsi, en avril 1763, il donne une Traduction en vers de la
seconde-ode d' Horace, liv. 2, à Salluste. Trois mois après, il in-
sère dans le Journal de Verdun une pièce de Vers sur la destruc-
tion de Babylone, par Cyrus. Sans être des chefs-d'œuvre, ces
poésies ne sont pas sans mérite, et l'on y trouve une certaine fa-
cilité qui les fait lire avec plaisir.
Au commencement de l'année 1764, un coche venait d'être éta-
bli de Nogent à Méry-sur-Seine, et reliait cette- dernière ville à la
capitale. La muse de Courtalon ne devait pas rester muette en pré-
sence d'un fait si important pour la navigation de la Seine. Elle
prend le ton badin et nous donne une Chanson pour servir d'an-
nonce au nouveau coche de Méry-sur-Seine. A la fin de cette
même année, sans changer ses allures, elle chante Les villageois
contents, ou le parallèle de la ville et de la campagne.
L'année 1765 nous offre, imprimée à Troyes, une Epître (en
vers) à l'auteur de l'Anti-Uranie, le P. Bonhomme, cordelier, qui
(1) Courtalon écrivait ainsi son nom; mais nous trouvons sur son acte
de naissance le dernier nom Delaistre écrit Delestres, qui était celui de sa
mère.
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avait entrepris de réfuter Voltaire par des lettres en vers où le
Déisme était comparé au Christianisme.
Nous n'avons rien de Courtalon dans l'année 1766 ; mais en re-
vanche, l'année 1767 nous révèle trois petites productions d'un
genre différent. D'abord un Discours ( en vers alexandrins ) de
Scipion à Allucius, sur le trait de l'Histoire Romaine où nous
voyons-Scipion l'Africain, maître d'une jeune princesse, sa prison-
nière, la remettre sans rançon à Allucius, prince des Celtibériens,
aussitôt qu'il apprend qu'elle est sa fiancée. Ce discours, d'un
style noble et élevé, montre que l'abbé Courtalon aurait pu abor-
der les grands sujets et marcher l'égal des premiers poètes de
l'époque.
Depuis longtemps la ville de Troyes manquait d'un établisse-
ment de bains de santé. Enfin, dans l'année 1767, M. Rousselet,
maître en chirurgie, en gratifia la cité. En cette circonstance,
Courtalon se fit l'interprète de ses concitoyens et remercia, le
bienfaiteur dans une jolie petite pièce de vers. Trois mois plus
tard, il publia un badinage poétique intitulé : Epitre à mon im-
pie v.
L'année 1768 ne nous donne de Courtalon qu'une fable tirée
d'Horace : L'avocat ei le Crieur public; c'est le pendant de la fable
le Savetier et le Financier, de Lafontaine. L'auteur a voulu s'es-
sayer dans ce genre de composition, et sa muse s'y trouve à l'aise
comme dans les autres genres.
Nous trouvons en 1769 une Invocation à la Religion, imitée dit
Poème des quatre parties du jour. Cette invocation, dit le Journal
de Verdun, fait la conclusion de ce poème, traduit par M. Capi-
taine, et dédié au roi de Danemarck.
Nous voici arrivé en 1770. L'abbé Courtalon laisse un peu de
côté la muse de la Poésie pour cultiver celle de l'Histoire. Ses Re-
cherches sur la tactique des Gaulois, publiées dans le Journal de
Verdun, sont un travail précieux et assez étendu sur la matière.
Il est à regretter qu'il ne soit pas entièrement terminé. L'auteur
en avait promis la suite; nous ne savons pas pour quelle raison
cette promesse n'a pas été tenue. Quoi qu'il-en soit, ce que nous
t en avons nous fournit de nombreux documents sur les différents
corps d'infanterie et de cavalerie qui composaient les armées
Gauloises, sur leurs armes offensives et défensives, etc., aux temps
des guerres de César.
Il y avait déjà plusieurs années que l'abbé Courtalon était vl-

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