Extrait de la Revue de l'instruction publique. 6 avril 1865

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imp. de C. Lahure (Paris). 1865. In-8°. Pièce.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1865
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EXTRAIT
DE LA
REVUE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
(6 avril 1865.)
Un professeur de rhétorique de l'Académie de
Paris, répondant à notre appel, a bien voulu
'njDus-ijgmmuniquer la composition française sui-
RHÉTORIQUE.
"SECTION DES SCIENCES.
Argument.
On lit dans les Mémoires de Mme de Caylus que la su-
périeure de Saint-Cyr, Mme de Brinon, passionnée pour
les vers et pour la comédie, composait des tragédies
qu'elle faisait représenter par les élèves. Mme de Main-
tenon vit une de ces pièces et la trouva telle qu'elle était,
c'est-à-dire si mauvaise qu'elle la pria de choisir plutôt
quelque tragédie de Corneille ou de Racine. On repré-
senta Cinna passablement, puis Andromaque qui ne fut.
que trop bien jouée au gré de Mme de Maintenon. Elle
invita alors Racine à écrire une pièce pour Saint-Cyr. Un
an après, Esther fut jouée à plusieurs reprises avec un
immense succès. Mme de Caylus remplit successivement
presque tous les rôles.
— 2 —
On suppose que, dans une lettre écrite vingt années
plus tard, Mme de Caylus retrace à une amie cette partie des
souvenirs de sa jeunesse, rappelant avec malice les échecs
littéraires de Mme de Brinon, Saint-Cyr transformé en
théâtre, les rivalités des jeunes actrices, l'émotion de la
première représentation publique; expliquant pourquoi£s-
ther, après ce grand succès, fut accueillie froidement du
vrai public.
Sujet (rnité.
Grand Dieu ! que demandez-vous de moi, ma chère
amie! Mais il faudrait la plume de Sévigné pour raconter
cette première représentation d'Esther, et le pinceau de
l'auteur des Caractères pour faire reparaître devant vous
tous les personnages de cette scène. Et c'est à moi que
vous vous adressez, comme si j'avais tout ce qu'il faut
pour cela, comme si j'avais su seulement tout ce qu'il
faudrait savoir : car si je puis vous faire assister à la
tragédie qui se jouait sur la scène, j'ai moins bien connu
la comédie qui se jouait en même temps dans la salle.
Enfin vûus voulez que je me souvienne d'Esther et de
Saint-Cyr^ quand j'y ai joué un rôle, et quand il y a
vingt ans de cela : est-ce donc pour me faire souvenir-
que j'ai vingt ans de plus? Allons, c'est mal à vous de me
faire apercevoir que j'ai vieilli, de vouloir que je me
creuse la tête pour me souvenir de mes seize ans, et pour
me trouver laide et vieille. Croyez-vous donc que. l'on
aime tant à se rappeler que l'on a été reine, ne fût-ce
qu'Un jour, et que l'on a été belle? Vous n'avez pensé qu'à
vous, ma chère, et vous mériteriez bien.... Mais je suis
bonne ; je veux faire votre fantaisie, et puisque aujour-
d'hui je dois dire- mon âge, je me suis enfermée toute
seule, et je vais tâcher de me souvenir pour vous. -

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