Extrait du registre des délibérations de la société des sans-culottes montagnards de Sauveterre, département de l'Aveyron. Séance du sept ventôse, deuxième année de la république...

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Impr. de Devic (Rodez). 1794. Paris (France) (1789-1799, Révolution). In-8 °. Pièce.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1794
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%}U REGISTRE -
DES DÉLIBÉRATIONS
De la So- ciétédes S ans-culottes montagnards
de Sauveterrey Département de VAveiron.
Séance du sept Ventôse, deuxième année
de la République > une et indivibible.
LES Commissaires chargés de faire un rapport
sur les moyens de convertir le bâtiment national
de Sauveterre en temple de la raison, ont of-
fert à la Société leur ouvrage ; l'assemblée après
en avoir entendu la lecture , a adopté le plan à
l'unanimité , et a arrêté l'impression du rapport
pour être envoyé à la Convention nationale,
aux Representans du peuple dans ce Départe-
ment , aux Suciétes affiliées et aux Communes
du District et du Département.
Rapport fait au nôm des Commissaires.
FRÈRES ET AMIS,
La philosophie a enfin éclairé les esprits , et
la raison a ses autels et ses temples C'est à nous,
sentinelles du peuple, c'est à nous, sectateurs zé-
lés de la raison , de faciliter les progrès de ses
victoires , en faisant luire son flambeau aux yeux
- i
des esprits foibles , des hommes superstitieux 4
c'est à nous d'anéantir les préjugés, pour élever
sur leurs débris l'empire de la nature.
Dans la nature, l'homme est parfaitement libre
et républicain ; dans la nature, l'homme ne fait-
usage de sa raison que pour connoître ses droits
et en jouir ; dans la nature , s'il adresse des vœux
à l'Etre suprême , ce n'est que sous la voûte des
aieux et sur des autels de gazon; dans la nature
enfin, il est heureux , il n'a ni erreurs, ni pré-
jugés , ni superstition.
Aujourd'hui que nos tyrans 2e 1 sont plus ; que
les erreurs du mensonge se sont évanouies ; que
le fanatisme rentre pour jamais dans ses, antres
ténébreux ; que le Français libre est la terreur
des esclaves ; qu'il ne veut d'autres temples que
ceux qui lui rappelleront la conquête de ses droits;
que nous sommes assez philosophes pour avoir
élevé le culte de la raison et de la nature dans
un lieu, où leur nom avoit toujours été étouffé
par l'ignorance ou par la tyrannie ; occupons-nous
des moyens de former et d'embellir leurs tem-
ples.
Lorsque le philosophe se livre à sa propre im-
pulsion ou à la contemplation des tableaux rians
que son imagination lui présente, il. ne conçoit
rien de plus simple et de plus merveilleux en
même-temps, que le temple de la raison e-t de
la nature. Par-tout il les voit et par tout il les
retrouve ; par-tout il les admire , et par-tout el-
les deviennent encore plus admirables ; ce ne
sont pas des idées noires, des tableaux déchirans
qu'elles présentant à l'esprit, mais des idées de
simplicité et de bonheur, qui l'enchantent ; mais
des hommes libres et heureux.

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