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Femme, ta féminité fout le camp !

De
118 pages
La situation faite à la femme est une caractéristique essentielle d'une société. Dans le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir propose une plaidoirie en faveur de l'émancipation de la femme. Qu'est devenue la femme aujourd'hui ? N'est-elle pas également le produit de son époque et d'un autre conformisme qui voulant la promouvoir, la conduit à oublier sa féminité ? Féminité et fonction, féminité et légitimité, féminité et authenticité sont les trois grands axes de cette étude.
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F ernrne, ta féminité fout le cam.p !Questions Contemporaines
Collection dirigée par J.P. Chagnollaud,
B. Péquignot et D. Rolland
Chômage, exclusion, globalisation... Jamais les « questions
contemporaines» n'ont été aussi nombreuses et aussi complexes à
appréhender. Le pari de la collection « Questions contemporaines»
est d' offtir un espace de réflexion et de débat à tous ceux, chercheurs,
militants ou praticiens, qui osent penser autrement, exprimer des idées
neuves et ouvrir de nouvelles pistes à la réflexion collective.
Dernières parutions
Lazare BEULLAC (sous la direction de), Armes légères: Syndrome
d'un monde en crise, 2006.
Jean-Loup CHAPPELET, Les politiques publiques d'accueil
d'événements sportifs, 2006.
Bernard SALENGRO, Le management par la manipulation
mentale, 2006.
Yves MONTENA Y, Retraites, familles et immigration en
France et en Europe, 2006.
Jacques MYARD, La France dans la guerre de l'information,
2006.
Daniel IAGOLNITZER, Lydie KOCH-MIRAMOND, Vincent
RIV AS SEAU (dir.), La science et la guerre, la responsabilité
des scientifiques, 2006.
Mohammed REBZANI, L'aide aux victimes de la
discrimination ethnique, 2006
Jean-Jacques LAFA YB, La Marche de l'homme, 2006. LAFA YB, L'Offrande perpétuelle, 2006.
Emile JALLEY, Wallon et Piaget, 2006.
Alice LANDAU, Théorie et pratique de la politique
internationale, 2006.
Cyril DI MEO, Laface cachée de la décroissance, 2006.
Florence SAMSON, Outreau et après? La Justice bousculée
par la Commission d'enquête parlementaire, 2006.
Pierre-W. BOUDREAULT (dir.), Beaux risques politiques et
interdépendance culturelle, 2006.
Ndolamb NGOKWEY, A propos des femmes, des Noirs et du
développement, 2006.Joachim de Dreux-Brézé
Femme, ta féminité fout le camp!
Sur une lecture masculine du DeuxièmeSexe
L'Harmattan
5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris
FRANCE
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; Via Degli Artisti, 15 1200 logements villa 96Fac..des Sc. Sociales, Pol. et Adm.Konyvesbolt
BP243, KIN XI 10124 Torino 12B2260
Kossuth L. u. 14-16
Ouagadougou 12Université de Kinshasa - ROC ITALlE
1053 Budapest« Autant que la nature la femme incarne la société. »
(Simone de Beauvoir)
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo. fr
harmattan 1@wanadoo.fr
@
L'Harmattan, 2006
ISBN: 2-296-01613-8
EAN : 9782296016132SOMMAIRE
INTRODUCTION 09
17CHAPITRE I - FÉMINITÉ ET FONCTION
19Mœurs et droits
Accomplissement de lafemme
par l'accomplissement de l 'homme 21
24Immanence et transcendance
Indépendance ou liberté 26
28Altérité sensible
Idéalité, mythe, féminité 33
De la féminité à lafonction 36
Illustrations littéraires 41
CHAPITRE II - FÉMINITÉ ET LÉGITIMITÉ 51
53De laféminité à la légitimité
Quelle légitimité? 59
Égalité ou authenticité 66
CHAPITRE III - FÉMINITÉ ET AUTHENTICITÉ 69
Enfance 71
73La jeune fille
L'initiation sexuelle 76
La lesbienne 79La femme mariée 81
La mère 87
La vie de société 90
94Prostituées et hétaïres
De la maturité à la vieillesse 98
La narcissiste, l'amoureuse, la mystique 102
CONCLUSION 107INTRODUCTION
Qu'est-ce qu'une femme? se demande Simone de Beauvoir qui trouve
une réponse dans l'énoncé même de la question parce qu'un homme
selon elle n'aurait pas idée d'écrire un livre sur la situation singulière
qu'occupent les mâles dans l'humanité! Poser la question serait déjà
poser la femme comme le négatif d'un positif masculin, l'inessentiel
en face de l'essentiel, l'Autre par rapport à l'Absolu.
Mais l'homme peut se poser la question afm de se définir lui-même.
Qu'est-ce que recherche l'homme chez la femme? Elle est autre mais
quelle autre? Un autre si proche, si identique et si différent. Rien
n'existe que par son contraire et le sujet ne se pose qu'en s'opposant.
Mais la femme n'est pas mon contraire et pourtant j'ai besoin d'elle
pour exister. Et si, selon la formule célèbre, « on ne naît pas femme,
on le devient », il est important pour l'homme de savoir ce qu'est
devenue la femme aujourd'hui pour savoir ce qu'il devient et, avec
lui, l'être humain et I'humanité. A I'heure des débats sur la parité, sur
la querelle du voile islamique, du mouvement «ni putes ni
soumises », de l'institution d'un ministère de la condition féminine,
d'une année de la Femme, une réponse à la question «qu'est-ce
qu'une femme?» nous parait essentielle pour connaître, juger la
société dans laquelle vivent les femmes et les hommes.
Essayer de définir la femme, s'interroger sur sa nature, sa condition,
sa fonction, conduit à mettre en lumière le conflit de la société et de
l'espèce, la confrontation du monisme freudien de « l'anatomie c'est
le destin» et du monisme marxiste «ni hommes, ni femmes,
seulement des travailleurs ». Et si l'on admet bien volontiers qu'une
société n'est pas une espèce, que dans la société l'espèce se réalise
comme existence, se transcende vers le monde et vers l'avenir mais siIntroduction
l'on reconnaît également le rôle essentiel joué par la femme dans le
maintien et la transmission de l'espèce, on peut craindre qu'une
transcendance mal maîtrisée conduise à la destruction de l'espèce et,
partant, de la société.
Si la femme n'est pas le négatif d'un positif masculin, c'est du fait de
son indispensabilité dans le maintien et la transmission de l'espèce. Ce
constat nous semble incontournable. Mais pour Simone de Beauvoir,
« engendrer, allaiter ne sont pas des activités, ce sont des fonctions
naturelles, aucun projet n'y est engagé» 1. Dans le même sens
Elisabeth Badinter considère qu'en «déduisant le féminin de la
capacité maternelle, on définit la femme par ce qu'elle est et non par
ce qu'elle choisit d'être »2. Par contre pour Sylviane Agacinski
« donner la vie engage la question suprême du sens de l'existence» et
le comportement maternel, « loin d'enfermer dans on ne sait quelle
immanence, peut constituer un modèle universel d'ouverture à
l'altérité en général »3. De même Antoinette Fouque considère que
« les femmes ont une capacité d'autre, de contenance active liée à la
gestation »4. Mais pour Elisabeth Badinter, ces attitudes ne sont qu'un
«habillage philosophique de l'instinct maternel» car «comment
parler de nature sans mettre en péril la liberté »5 ?
Et pourtant il est permis de fonder une philosophie de l'existence à
partir du phénomène de la procréation. C'est ce que pense Sylviane
Agacinski quand elle écrit qu'une «philosophie de la finitude doit
repenser la génération et considérer comment, pour l'humanité, elle
est source d'éthique et constitue une épreuve du temps et de la
6;transcendance» retrouvant ainsi Simone de Beauvoir elle-même
pour qui « une des caractéristiques essentielles du destin de l'homme,
c'est que le mouvement de sa vie temporelle crée derrière lui et devant
lui l'infinité du passé et de l'avenir: la perpétuation de l'espèce
1
Le Deuxième Sexe.
2 Fausse Route.
3
Politique des Sexes.
4
Fausse Route.
S
Ibid.
6
Politique des Sexes.
10Introduction
apparaît donc comme le corrélatif de la limitation individuelle; ainsi
peut-on considérer le phénomène de la reproduction comme
ontologiquement fondé» 1.
L'espèce c'est la nécessité et sans la nécessité la liberté devient
vacuité! Il paraît donc possible d'envisager pour la femme à partir de
sa fonction procréatrice une altérité propre, une altérité en soi et non
pas une altérité la faisant autre seulement par rapport à un absolu
masculin. Elle ne doit pas considérer qu'elle n'est femme que parce
qu'elle ne peut acquérir tous les privilèges, les qualités, les capacités
de l'homme. Dans le même ordre d'idées Simone Weil écrivait qu'un
« système social est profondément malade quand un paysan travaille
la terre avec la pensée que, s'il est paysan, c'est parce qu'il n'était pas
assez intelligent pour devenir instituteur »2.
Mais la nature ne doit pas mettre en péril la liberté. Aussi indispensa-
ble soit-elle, la fonction ne doit pas être réductrice mais valorisante.
« En toute fonction s'empâte un projet »3 écrit Simone de Beauvoir.
Sans renoncer à la fonction que lui commande sa nature, la femme
doit pouvoir s'accomplir dans un projet. Cependant concilier fonction
et projet peut s'avérer difficile. Elle ne doit pas être prisonnière de sa
condition sans pour autant se dénaturer.
La femme n'est pas prédéterminée. Elle peut choisir de mener sa vie
comme elle l'entend. Mais si elle réussit sa vie, ce sera une vie de
femme. Au départ, du seul fait qu'elle est procréatrice, la femme est
projet parce que soucieuse de l'avenir. Mais c'est en s'accomplissant
plutôt qu'en se dépassant qu'elle peut concilier fonction et projet,
évitant la postéromanie, sachant que demain reste du temporel, du
périssable postérieur. En se référant à Péguy, on peut dire que, pour la
femme, « il n'y a pas d'humanité de rechange »4 et qu'ainsi elle risque
moins que l'homme « en introduisant son ordre dans la nature pour
1
Le Deuxième Sexe.
2
L'Enracinement.
3
Le Deuxième Sexe.
4
Alain Finkielkraut, Le Mécontemporain.
Il