Fête donnée par les Lyonnais à M. Corcelle, député du Rhône, le 9 octobre 1821

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Impr. de S. Darnaud ((Lyon,)). 1821. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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Publié le : lundi 1 janvier 1821
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FETE
DONNÉE PAR LES LYONNAIS,
A M. CORCELLE,
DEPUTE DU RHÔNE,
LE 9 OCTOBRE 1821.
Honneur à tous les Défenseurs des droits des peuples.
UNE grande partie des Electeurs et des
principaux citoyens de Lyon informés que
M. CORCELLE , Député du i Rhône , était de
retour de la Capitale et se trouvait au sein de sa
famille, à Marcilly, commune rurale, à trois
lieues de Lyon, résolurent spontanément de se
réunir dans un banquet, auquel serait invité
l'honorable Député.
Il fut arrêté que le dîner aurait lieu le mardi,
9 octobre, dans la grand'salle de l'hôtel du Nord,
et qu'une dépuration de douze citoyens, qui
furent aussitôt désignés , se rendrait à Marcilly,
le jour indiqué , pour engager M. CORCELLE à
céder aux voeux de ses concitoyens.
La députation partit de l'hôtel du Nord à huit
( o,
heures du matin, dans trois voitures qui avaient
été disposées à cet effet : elle arriva à onze
heures à Marcilly, où elle fut accueillie par la
famille de l'honorable Député, qui, lui-même,
répondit aux marques d'affection de la députation,
avec une affabilité qui relevait encore les expres-
sions de son patriotisme.
On se remit en marche à une heure après
midi pour le retour.
M. CORCELLE prit place dans la première
voiture : arrivé à la descente de Limonest, une
cavalcade se joignit au cortége et ouvrit sa
marche.
On fit halte à l'entrée du faubourg de Vaise ;
M. CORCELLE et la députation descendirent dans
l'habitation d'un ancien sous-officier , décoré,
de l'artillerie de la Vieille-Garde, (M. Vuillarme).
Il était trois heures et demie, on remonta en
voiture , une foule de citoyens accueillirent
l'honorable Député, par de vives acclamations ;
parvenus à la place de la Pyramide, l'un d'eux,
commença une harangue, que son émotion
l'empêcha d'achever, et après ces mots, honneur
au Député fidèle, défenseur de nos libertés,
un vivat, répété, par les assistans, termina son
discours. L'orateur s'avança alors, et présenta
une couronne civique à l'honorable Député.
( 3 )
Dès-lors environné par une foule qui grossis-
sait à chaque pas, l'expression publique de la joie
la plus vive, dut apprendre à M. CORCELLE, que
son département voulait encore de lui.
On entra en ville par le pont et le quai dé
Serin et on arriva à l'hôtel du Nord, à quatre heures
et un quart, par la place des Carmes, la place
des Terreaux, la rue Puits-Gaillot et la place
de la Comédie ; partout la foule se pressait autour
des voitures dont elle retardait la marche et ne
cessait de faire retentir les airs des plus vives
acclamations.
Le Député était attendu à l'hôtel du Nord,
depuis avant trois heures , par tous les convives ,
au nombre de plus de deux cent-cinquante.
Il fut reçu par des maîtres de cérémonies;
chacun prit dans le plus grand Ordre, sa place au
banquet, présidé par un notable du commerce,
à la droite duquel fut placé M. CORCELLE , un
autre vétéran du commerce, fut placé à la gauche
du Député.
Des écussons, entourés de guirlandes, et por-
tant les noms des chefs-lieux d'arrondissement et
des cantons du département du Rhône, ornaient
les deux côtés de la salle, le fond, drapé d'une
étoffe dé soie , présentait la devise HONNEUR ET
PATRIE.
4)
Au-dessous de cette inscription étaient placés
deux médaillons, dont l'un portait CORCELLE ,
l'autre, CAMILLE-JORDAN.
Une harmonie disposée à la tribune de la
salle du banquet, exécuta divers morceaux de
musique.
On porta les toasts suivans:
I.er TOAST.
« A M. CORCELLE , l'un des plus courageux
« défenseurs de nos droits, que cette fête patrio-
tique soit un hommage rendu aux vertus civiques
» de notre fidèle député.
«Puissent de semblables honneurs faire éclater
«dans tous les départemens la véritable expression
» de l'opinion nationale ! »
A ce toast, M. CORCELLE a répondu :
« Messieurs , puisque l'expansion , puisque la
« franche cordialité qui animent ce banquet, mani-
« festent hautement la présence de l'opinion pu-
«blique, qu'elle seule reçoive ici notre tribut.
« Il suffit à l'ambition de votre Député de par-
« tager vos sentimens et de s'associer aux voeux que
« vous formez pour la prospérité de la patrie:
« Unissons-nous donc tous à ceux que je suis
«heureux d'exprimer au milieu de mes conci-
« toyens.»
(5)
Aux Lyonnais:
« A leur inépuisable industrie, aux prodiges de
« leur industrie depuis la régénération de la grande
« famille.
« Au commerce de tous temps illustré dans
« notre glorieuse Cité, par la probité Lyonnaise.
« Au commerce enfant de la liberté.
« Il put dès son berceau dissiper les ténèbres
« de la barbarie ; dans la force de l'âge aujourd'hui,
« et radieux des lumières que partout il a répandu ,
« et qui de toute part lui sont réfléchies, il unit
« sous son sceptre bienfaisant les nations du
» monde.
« Devant lui, naguères, s'écroulèrent à jamais,
« les créneaux de l'arbitraire.
« Par lui de nos jours , cent peuples d'un
« hémisphère à l'autre , se sont enfin groupés
« contre l'insatiable privilége.
« A nos institutions ( sans déception. )
« A l'éternelle, à la courageuse alliance du
« travail , de la probité, du patriotisme et du
« droit dés Français.
« A mes commettans, sans réserve.»
Cette réponse a excité l'enthousiasme , les
acclamations et les plus vifs applaudissemens de
l'assemblée.

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