Fêtes du baptême de S. A. R. Mgr le duc de Bordeaux. Rennes, le 4 mai 1821

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Impr. de Vve Frout (Rennes). 1821. France (1814-1824, Louis XVIII). In-8 °. Pièce.
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Publié le : lundi 1 janvier 1821
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RENNES , le 4 mai 1821.
V
ous m'avez demandé , Monsieur , de vous donner
tous les détails de nos Fêtes pour le Baptême du Duc
DE BORDEAUX , je le fais avec plaisir. C'est remplir nu de
mes désirs que de publier tout ce qui prouve que l'im ¬
mense majorité des Français est Royaliste.
Je ne vous ferai ni réflexions , ni phrases étudiées ,
je nïé bornerai à un Journal dés Fêtes.
Dès le 28 avril, M. De Roquefeuil, Maire de la
ville fît afficher cet avis.
Rennais !
Vous n'avez pu oublier, vous vous rappelez avec dé ¬
lices ce jour heureux où vous célébrâtes , avec tant de-
joie une' auguste hymen. Quel n'e fut pas alors l'en ¬
thousiasme de vos sentimens, de vos voeux, de votre
espoir !'... Un monstre, hélas ! a voulu tarir dans leur
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source toutes nos espérances ; il s est efforce d'anéantir
dans leur principe toutes nos destinées'. Mais ce Dieu
qu'il osa nier veillait sur nous ; et nous avons vu , sur
le tombeau même d'un Héros, naître l'héritier de sa
gloire et de notre avenir.
Aujourd'hui que l'huile sainte va couler sur l'Enfant
de la France , aujourd'hui que le ciel va l'adopter pour
le sien, aujourdhui que la patrie consolée se réjouit
autour du berceau, où déjà il nous sourit ; livrons-nous,
Rennais, aux transports d'une vive et pure allégresse
Qu'ils seraient à plaindre ceux qu'un tel spectacle lais ¬
serait froids et insensibles, ceux qui pourraient voir avec
indifférence ce noble et touchant amour d'un grand peu ¬
ple pour le dernier rejeton de ses rois !
Nous , qui savons apprécier notre bonheur , montrons-
nous-en dignes par une franche et énergique manifesta ¬
tion de nos sentimens ; proclamons hautement notre
attachement inviolable à la légitimité ; jurons tous, ci ¬
toyens de toutes les classes , soldats de toutes les armes,
jurons tous , sur le berceau de notre HENRI, que le
panache blanc des BOURBONS sera toujours notre guide,
dans la cité comme dans lés camps, à la vie et à la
mort.
Vive le Roi, vivent les Bourbons , vive le Duc de
Bordeaux ; vive à jamais leur auguste dynastie !
LE premier mai, à six heures du matin, au premier
coup de canon, toutes les fenêtres se trouvèrent, comme
par. enchantement, pavoisées de drapeaux blancs fleurde -
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lisés. A onze heures , les Autorités réunies chez M. le
comte DE COUTARD , commandant la division, se rendi ¬
rent à une Messe militaire à la paroisse de Saint-Germain.
Le digne Curé de cette Paroisse , M. l'abbé Carron, qui
porte un nom si respecté , et qui nous rappelle les vertus
d'un oncle que la religion vient de perdre, voulut célé ¬
brer cette Messe. Elle fut terminée par le Domine
salvum fac Regern , chanté par la musique du 7.° Régi*
ment d'Artillerie à pied. Ce Domine salvum , composé par
le Maître de musique de ce régiment , était digne,
par sa beauté , d'une solennité pareille.
Après la Messe, les Troupes se rendirent sur la place
d'Armes. M. le Lieutenant-général comte DE COUTARD ,
suivi d'un nombreux et brillant état - major , les passa
en revue et leur témoigna toute sa satisfaction pour leur
belle tenue. S'étant ensuite placé au centre , il reçut
M. Gislard de Larchantel, chef d'escadron retraité , che ¬
valier de Saint-Louis, et M. le comte d'Arbaud-Jouques,
colonel du 42 e Régiment, reçut également trois officiers
de son régiment, chevaliers de Saint-Louis.
Les Troupes défilèrent deux fois devant M. le Lieute ¬
nant-général , la première fois au pas ordinaire, dans
le plus grand silence et l'ordre le plus imposant, et la
seconde fois au pas de route et l'arme à volonté. Auto ¬
risées par le Général , la seconde fois, elles défilèrent
aux cris de vive le Roi ! vive le Duc de Bordeaux !
vivent les Bourbons ! La population de la ville répondit
avec enthousiasme à cet appel royaliste de nos braves
soldats.
A quatre heures, le Général accompagné de son
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état-major, se rendit aux casernes. Il est impossible
de donner tons les détails des fêtes vraiment de famille
dont nous avons été témoins. Il est également impossible
de raconter exactement toute la joie , l'enthousiasme ,
les mots heureux de ces braves soutiens du trône et de
la Patrie. Pourquoi les agitateurs n'en n'ont-ils pas été
témoins! ils renonceraient à leurs sinistres et insensés pro ¬
jets ; peut-être des sentimens si français , si loyalement
exprimés , leur auraient-ils inspiré le désir de se réunir à
la famille royaliste , et alors nous aurions pu dire , avec
eux , union et oubli.
Les casernes de l'Artillerie , du 42.e ; des chasseurs
de la Marne et de la Gendarmerie , étaient ornées de
feuillages et de fleurs ; dans toutes on y remarquait
les bustes du Roi et de la Famille Royale , avec des
devises exprimant les sentimens du plus parfait dé ¬
vouement. Des tables dressés dans les chambres , étaient
couvertes de mets abondans et l'on pouvait lire sur
le visage de nos joyeux guerriers qu'il courraient aux
combats, s'il le fallait , pour lé service du Roi et
l'honneur de la France.De jolis couplets furent chantés par
un sous-officier d'Artillerie , et un sous-officier du 42.e
La musique de l'Artillerie jouaune marche d'un grand
effet, où le cri de vive le Roi ! se chante et se mêle
avec l'air d'Henri IV.
Par-tout la santé du Roi et du Duc de Bordeaux fut
portée avec enthousiasme ; par-tout le Général fut reçu
et accompagné de ces cris de bonheur et de fidélité.
Citer un régiment, serait impossible , serait injuste ;
tous les corps , toutes les compagnies ont montré un
amour égal , le vrai et loyal esprit du militaire français.
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A cinq heures , M. le .Lieutenant-general et M. le
premier Président de la Cour Royale , réunirent à dîner,
chacun chez eux, les principales Autorités civiles et mili ¬
taires A ces banquets , après les santés du Roi,du Duc de
Bordeaux, des Bourbons et de l'héroïque Mère de notre'
Dicudonné , on chanta les jolis couplets ci-dessous, de
MM. De Beauchamp , Sous-Préfet de Montfort, Mang,
capitaine du 42.e Régiment de ligne , et Dalayrac,
officiers du 7.e Régiment d'Artillerie.
COUPLETS DE M. DE BEAUCHAMP.
Air : du Vaudeville de l'Avare et son Ami.
De nos Preux restes magnanimes ,
D'Apollon , doctes favoris ,
Vous tous que des transports sublimes
Dévouaient au culte des Lys ;
Venez , rentrez dans la carrière
Où vous rappelé un nom chéri ,
Et qu'autour du nouveau HENRI
Flotte encor la blanche Bannière ;
A ce nom, oui déjà la France
Gémissant au bord d'un tombeau ,
Prête l'oreille â l'espérance
Qui l'appèle auprès du berceau.
Qu'y voit-elle? une jeune Mère
Quittant ses vêtemens de deuil,
Et présentant avec orgueil
Aux Français son Fils pour Bannière.
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Sur son front va couler l'eau sainte
Qui fit vaincre autrefois CLOVIS ,
Devant cette divine empreinte
Pâliront tous nos ennemis ;
Avec lui déclarons la guerre
A l'impie , au séditieux ,
Et que la Croix de nos aïeux
Guide encor la blanche Bannière !
Vieillards , jeunes gens , tout s'empresse
Autour du noble rejeton ;
Chacun contemple avec ivresse,
De nos Lys ce nouveau bouton.
Grand Dieu ! je puis quitter la terre,
S'écrie un vieillard attendri,
Puisqu'aux mains du Fils de Berry,
Des Bourbons j'ai vu la Bannière !
Amis , dans ce jour si prospère,
Jurons d'être toujours unis ,
Pour servir un Roi qu'on revère,
Pour combattre ses ennemis !
Jurons pour HENRI, pour sa Mère,
Pour nos Princes fidélité,
Et de la légitimité
Ne quittons jamais la Bannière !
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COUPLETS DE M. MANG.
AIR : J'ai vu par-tout dans mes voyages.
Un enfant , l'espoir de la France,
S'offre aux regards de l'Eternel,
Et vers les cieux, un peuple immense
Elève ce cri solennel :
Dieu , dont la sagesse infinie
Veille au bonheur des Nations ,
Conserve à la France ravie
Ce jeune héritier des BOURBONS !
Riche de vertus et d'années ,
Roi, Législateur et Soldat,
A nos futures destinées
Qu'il ajoute un nouvel éclat !
Et qu'enflammé de la mémoire
Du HENRI que nous adorons ,
Il porte avec la même gloire
Le Diademe des BOURBONS !
Une race en héros féconde,
Et sans égale entre les Rois,
Seule , au premier peuple du monde
Peut dispenser de nobles Lois.
Non , sous un sceptre illégitime
Nous n'avilirons point nos fronts ;
Le Français fier et magnanime
Ne veut pour Rois que les BOURBONS.

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