Fièvre intermittente larvée : observation suivie de réflexions / par T. Gallard,...

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impr. de F. Malteste et Cie (Paris). 1853. Paludisme. 10 p. ; in-8.
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Publié le : samedi 1 janvier 1853
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FIÈVRE
INTERMITTENTE LARVÉE.
OBSERVATION SUIVIE DE RÉFI,EXIOIÏS.
PAR
T. GALLARD,
Interne des hôpitaux de Paris, secrétaire de la Société médicale d'observation .
.Membre de la Société anatomique.
Publications de i/irft'loN MÉDICALE, Année 18S3.
PARIS,
TYPOGRAPHIE FÉLIX MÀLTESTE ET (>\
Rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur, 22.
1853
FIÈVRE INTERMITTENTE LARVEE.
Les fièvres intermittentes sont peu communes à Paris, et
celles qui se présentent à notre observation dans les hôpitaux
s'offrent avec des caractères tels de simplicité et de bénignité,
qu'il n'est pas étonnant de voir les élèves, et même quelque-
fois aussi les maîtres, ignorer ce qui intéresse le plus dans la
marche de cette singulière affection. Et pourtant la fièvre inter-
mittente décime les populations de près d'un tiers de la
France ; Protée aux mille formes, elle se cache (c'est bien l'ex-
pression convenable) derrière les symptômes les plus variés.
Aussi, le jeune médecin arrivé depuis peu de temps dans les
contrées qu'elle ravage, est-il tout surpris de voir ses malades
atteints, en apparence, des affections les plus diverses, suc-
comber, bien qu'il emploie le traitement le plus approprié à
la maladie diagnostiquée; tandis que ses confrères, plus vieux
d'âge et d'expérience pratique, sauvent presque tous leurs
cliens en leur administrant à propos le sulfate de quinine. D'où
vient cette différence? C'est qu'il n'a pas su reconnaître la fièvre
intermittente alors qu'elle était larvée. Et, il est bien rare,
quoi qu'on en ait dit, qu'elle soit larvée sans être en même
temps pernicieuse, ou plutôt elle n'est souvent pernicieuse
que par cela même qu'elle est larvée ; car ce n'est pas quand
elle se manifeste avec tous ses symptômes, sa marche régu-
lière, ses trois stades bien distincts, une intermittence bien
tranchée, que la fièvre paludéenne est à redouter. Cette forme
de la maladie, reconnue même par les personnes étrangères à
la médecine, fait peu de ravages, car on la voit, on la recon-
naît et on la combat aussitôt.
Mais quand, au lieu de se montrer elle se cache, quand au
lieu de son visage elle vous présente le masque d'une autre ma-
ladie; quand, au lieu d'être régulière, elle est larvée, c'est alors
qu'il y a péril en la demeure, c'est alors que le praticien doit
toujours être sur ses gardes pour reconnaître la vraie cause
du mal, saisir l'intermittence, pour ainsi dire, au vol, et admi-
nistrer hardiment le sulfate de quinine, sans quoi le malade est
perdu.
Des cas de ce genre, nous n'en avons vu aucun à Paris depuis
plus de sept ans que nous fréquentons les hôpitaux, mais en
huit jours, la clientèle d'un des praticiens les plus distingués
desdépartemensdu centre, M. le docteur Guisard (deGuéret),
nous en a offert de nombreux, parmi lesquels nous choisissons
le suivant, qui nous semble présenter un certain intérêt au
point de vue pratique :
S..., portefaix, âgé de 38 ans, habite Guéret dans le département de
la Creuse, où la fièvre intermittente est endémique, et son logement
est situé dans un faubourg environné de prairies marécageuses. Il est
d'une constitution robuste, presque athlétique, à système pileux noir,
d'un tempérament sanguin, ayant le faciès habituellement coloré ; un

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