Figaro au roi ([Reprod.])

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[s.n.]. 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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il
FIGARO
AU ROI.
Consilio manuque
̃̃( )
est exhaler sa
douloureuse plainte quand il se
.voit écraser sous la chaîne hon-
teuse et cruellc de la servitude.
O Français! superbe Nation qui
daignas me protéger
le 'plaisir de je vais
mettre aujourd'hui sous les ycu^c
de l'auguste Monarque qui t
gouverne ton malheureux mai
trop véritable ctat.
(5 )
A iij
FI G A R O
A U R O I.
\J Louis si mes accens parviennent
jusqu'à votre oreille, qu'ils ne s'arrê-
tent pas dans ce parvis qu'ils pénètrent
jusques dans le sanctuaire de votre cosur;
qu'ils y mettant en action cette sensi-
bilité énergique, qu'un souffle impur
et barbare semblait y avoir éteinte qu'ils
vous fassent envisager .vos lîdelles Coni-
munes en proie au plus mortel chagrin
que la main toute puissante qu'ils ont-
formée vienne essuyer leurs larmes qu'ils
Tous fassent voir le commerce languis-
sant et prêt à succomber so,us le poids
immense de la misère \oli% arae géné-
reuse et sensible se sentira soulever d'hor-
Mur et de pitié vous préviendrez l'émo-
(O
tion que peut faire naître cet entier
anéantissement des facultés productives,
ces bras oisifs et accoutumés au travail
ces ventres affamés en un mot la mi-
sère portée au comble. Un malheur si
universel ne peut-il pas incendier voire
royaume ? Je frémis d'y penser, niais
l'orage «'accroît l'éclair brille de to Jte
part. Puissent mes craintes ne pas
s'effectuec
Mon âme semblait m'abandonner à ce
triste émoi mais une idée satisfaisante
me tire de ma léthargie, et je médis:
les Français sont doux, industrielle,
éclairés et plutôt les amis que les Suj ts
de leur Roi ils sont, il est vrai, ji-
constant et légers, mais ils ne sont point
tellement enclins à ces défauts, qu'ils
lâchement qu'ils ont'voué à leur Mon r-
que, est fondé sur des motifs tr p
puissans pour flu'il ait à en craindre
cun fâcheux ewnement.
Je sais que depuis long-tcros ils étu-
Aiv
diesvtlc» modes (Jesdivers gouvernement,-
ils yont, S jt x s sous votre règne au-
guste, mettre au jour les connaissances
utiles qu'ils'eno&t retirées, sûrs de voix
approuver, par la sagacité et la justesse
de votre esprit et celle du Ministr6
éclaté auquel vous daignâtes vous con-
fier un plan heureux et utile pour l'a.
mélioration du sort des citoyens qui
composent votre royaume.
Ils vous diront d'abord qu'Un régime
aristocratique ne convient point à un
royaume éclairé comme la France, le
joug de la servitude ne pouvant être
supporté par des hommes susceptibles
d'en sentir tous les désagremens au phy-
sique et au moral qu'un pareil état
les abrutirait et bornerait leurs connais-
sances qu'ils cherchent sans cesse à éten«
dre et qu'ils se verraient 'bientôt au.
dessous des Nations qu'ils avaient déja
de beaucoup surpassées. Si vous voulez
donc, Sire, conserver.l'éclatde laFrance,
renoncez à ce mode auquel les deux
(8 )
premier,») Ordres de votre R oyaume sem-
blent, invariablement attachés :.en père
impartial abolissez cet injuste ,droit
d'athessc, 'qui, en faisant le boxeur,
tYimc poignée d'individus, ,cn plonge
vingt: 6;ois millions dans l'horreur de'la
servitude et du malheur. Une récQmpenlse
sans doute/ est due a la valeur, m^is.
non pas t\ la naissance et à la fortune
souvent mal acquise tel fut noble
homme, plein de valeur et le
probité dont lo fils ne sera qu'un
poltron et un tyran plonge dans le
héritant des titres de noblesse de son
père ne les ternissait pas, consentez
qu'il y succède, c'est un prix fait poor
exciter encore son émulation mais si
f.ur les lauriers que son père a eue 1-
lis que ses titres honorifiques et pc'c i-
niaircs lui soient ravis h l'instant, c'est
dans l'ordre n'est-il pas trop heureux
d'être favoris6 de la fortune!
(9)
Qu'un va Traitant engraissé et en-
richi de la plus pure substance du mal-.
heureux achète pour un modique prix
le droit de se soustraire, lui et ses des-
cendans, aux ,impositions royales et aux
corvées c'est un commerce détestable
est-il dans l'ordre qu'un pauvre diable,
qui gagne à peine de quoi faire subsister
lui et sa nombreuse famille se prive
encore du peu qu'il aura gagné, pour
payer à l'jfoat une somme qu'un plus
,que lui ne payera pas et n'est-
il pas de toute injustice que cet infor-
tuné, après plusieurs fêtes qui lui sont
en pure perte aille encore lui sa
femme et ses enfans, travailler gratis
la confection des grandes routes, que
nul être ne dégrade moins que lui c'est
de toutes les servitudes la plus onéreuse,
puisqu'elle tombe toujours sur la classe
la plus indigente de la société, et par
conséquent la moins faite pour suppor-
ter une pareille vexation.
Ca n'est point assez que la Nobles'$*
( IO )
renonce comme elle dit le vouloir
faire à ses privilèges pécuniaires il
faut encore qu'elle abandonne ceux ho-
qui ne tendent qu'à
der l'homme devant l'homme même.!
Est-il rien de plus absurde qu'un vassal,
en rendant foi et hommage à son Sel-,
gneur, s'agenouille devant lui ? Cette
humiliante résignation n'est due qu'à!
l'Etre suprême qui ne la demande pas,
bien que ses Ministres qui n'en font le
plus souvent rien pour lui, sachent l'e-
xiger cle nous pour eux. Etrange aveu-
glement de l'esprit hmmain les hom
mes n'apprendront ils jamais ce qu'il
sont et cejqu'ils peuvent être
Pourquoi, fàlle aînée de l'ancienne
splendeur de Rome la France n'a-t-
elle pas adopté les modes de ce sag
gouvernement? Sous cette superbe Rept-
blique, point de mauvaises actions im"-
punies, mais aussi point de belles san
récompense. Ce fut par la sagesse do
son ministère que furent institues pou:
( il )
les citoyens qui se signalèrent à l'armée
ou dans leurs Murs, des couronnes qui.
par leurs épithètes annonçaient le prix
auquel elles avaient été acquises telles.
furent les couronnes civiques murales,
obsldionalei çastrenses, etc. souvent
mémo on ajoutait à ces prix déja bien
glorieux des chaînes d'or, des brace-
lets et des lances, marques plus éclatan-
tes que vos mesquins médaillons don-
nés indistinctement à tous vos soldats
après vingt quatre ans de service. Hé-
las Sire, je ne suis point Français
mais si" le sort m'eût fait nattre tel
j'aurais formé un parti pour l'établisse-
ment des prix à la Romaine, à laplaaî
de l'infâme discipline des coups de plat
de sabre qui a si fort avili l'état mi-
litaire et anéanti le courage. La valeur
du soldat se serait accrue à ce prix,
et, tout récemment encore, on n'eût pas,
avec une formidable armée > demeuré vai-
nement six ans sous les murs de Ci-
('11 )
braltar, dont les Romains so se sueraient
emparé sans canons, au bout de trois
mois tout au plus.
Ah Sire considérez ce que peu-
vent les défenseurs d'une Nation éclai-
rée qui veut secoueur le joug de la ser-
vitude. Dans la fameuse journée du iA,
vos braves soldats de la Nation n'ont-
ils pas donné à la France étonnée \\n
exemple h jamais mémorable de cou-
rage et de valeur qui cût cru que la
Bastille, que le Général le plus expéri-
mente regardait comme imprenable qui
eût cru dis-je, que cette forteresse
pourvue d'hommes d'armes et de muni-
tions n'eût résisté que quatre heure* à
dcs homnies mal armés et indiscipliné
Cependant il est avéré ce trait héroïque
on a arbore rur ses tours, élevées par c
despotisme, l'ctciidart de la liberté; a
main servile qui s'y creusa des cachots
les a enfin détruit sur les ruines de
cet indigne monument, il va s'en éle-

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