//img.uscri.be/pth/004224e87ff8ffad09f9b3ae0555e5b6765e0766
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 3,40 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF

avec DRM

Fin de partie - Samuel Beckett

De
128 pages

Tous les outils et compléments nécessaires pour aborder l'étude de l'oeuvre.

Voir plus Voir moins
SOMMAIRE 1 - REPÈRES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .9
1 - CONTEXTE : LES LOINTAINES ANNÉES 1950. . . . .9 Après-guerre, guerre froide, guerre nucléaire ? . . . . . . . 9 L’État de droit et l’état de fait . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12 Une crise intellectuelle et morale, et comment la fuir . . 14 2 - PRÉSENTATION DE L’AUTEUR. . . . . . . . . . . . . . . . .17 Des débuts prometteurs, mais à petite vitesse…. . . . . .17 De la littérature à l’écriture. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21 Consécration, concentration, disparition. . . . . . . . . . . .25
2 - ÉTUDE DU TEXTE. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .33
1 - PRÉSENTATION DE LA PIÈCE. . . . . . . . . . . . . . . . . . .33 Ouverture. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .33 « Fini, c’est fini ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .35 La famille s’agrandit. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .38 Le Monde et le Pantalon. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .40 Le centre du monde – et quel monde !. . . . . . . . . . . . . .43 Autrui ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .49 « Dans le noir », « imaginant le tout pour se tenir compagnie ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .52 Absence de Dieu, présence de l’imaginaire. . . . . . . . . . .56 Soubresauts. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .58 Fin, enfin, de la partie – ou peut-être pas ?. . . . . . . . . . .61 2 - ÉLÉMENTS DE DRAMATURGIE. . . . . . . . . . . . . . . . .63 Personnages. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .63 Schéma dramatique et mise en scène. . . . . . . . . . . . . . . .68 Langue et style. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .74
3- THÈMES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .77
1 - UN KALÉIDOSCOPE MONOCHROME. . . . . . . . . . .77 2 - DÉFAITE, ABANDON OU PARTIE NULLE ?. . . . . . .80 3 - NOMS DITS ET NON-DITS. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .83 4 - UNE FAMILLE COMME LES AUTRES. . . . . . . . . . . .86 L’habituelle « déglingue » familiale. . . . . . . . . . . . . . . . .86 Joyce, ou comment s’en débarrasser. . . . . . . . . . . . . . . .88 5 - FIN DU MONDE (ENFIN !). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .90 Les dangers de l’atome. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .90 Création et destruction du monde. . . . . . . . . . . . . . . . . .92 6 - DES RAISONS D’ESPÉRER ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .95
REPÈRES7
4 - ÉCHOS ET CORRESPONDANCES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .99
1 - LE TEMPS, OU « LA CAGE DE LA BALUE DES HEURES ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .99 Philosophie, histoire : les impasses du temps. . . . . . . . .99 Le temps inhabitable. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .103 2 - LE SPECTACLE DU SPECTACLE. . . . . . . . . . . . . . . .105 Un théâtre en miroir. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .105 La scène du dedans. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .109 3 - THÉÂTRE MODERNE, OU FIN DE LA LITTÉRATURE ?. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .111 Le théâtre, forme littéraire et spectacle vivant. . . . . . .111 Le « théâtre de l’absurde ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .115 La fabrique du néant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .119
5 - ANNEXES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .121
1- ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE. . . . . . . . . . . .121 Vie de Beckett. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .121 Œuvres de Beckett. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .122 Commentaires. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .124 2- « POUR FINIR ENFIN ». . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .126
8LESMOTS
1
REPÈRES
1 - CONTEXTE : LES LOINTAINES ANNÉES 1950 Après-guerre, guerre froide, guerre nucléaire ? e Vues du début duXXIsiècle, les années 1950 semblent un continent lointain. La disparition du bloc commu-niste en Europe de l’Est, au début des années 1990, puis la nouvelle polarisation stratégique du monde consécutive aux attentats de 2001 ont modifié de manière permanente notre carte mentale, le regard que nous pouvons porter sur les forces en présence sur la planète et leurs relations. Entre 1954 et 1956, lorsque Beckett travaille àFin de partie, le souvenir de la Seconde Guerre mondiale est encore proche, surtout pour quelqu’un qui, comme lui, y a joué un rôle, au moins ponctuellement, actif, alors même que sa nationalité irlandaise aurait pu lui permettre de rester à l’écart des événements – l’Irlande étant restée neutre dans ce conflit. On peut même dire que l’après-guerre, ouvrant l’accès aux dossiers et levant le voile sur ce qui s’est passé, en particulier dans l’Allemagne nazie et les territoires qu’elle a occupés, a
REPÈRES9
élargi la conscience que les protagonistes pouvaient en avoir, et que les opérations sur le terrain avaient limitée à des périmètres bien définis.
On sait désormais, de façon documentée et certaine, attestée entre autres par le jugement de Nuremberg, que cette guerre n’a pas seulement eu des proportions inédites dans l’histoire de l’humanité par le nombre de ses victimes, militaires et civiles, mais qu’en outre a été programmé et organisé un génocide dont l’intention peut n’avoir pas été plus criminelle qu’en d’autres cir-constances historiques, mais auquel l’utilisation des ressources d’une puissance industrielle moderne a donné une ampleur auparavant jamais atteinte.
Par ailleurs, la Seconde Guerre mondiale s’était à peine achevée que débutait ce qui devint rapidement la guerre froide : les positions américaines et soviétiques se cristallisent et se rigidifient en Europe, les frontières deviennent étanches et se voient même recouvrir d’installations impénétrables : le « rideau de fer », selon l’expression créée par Winston Churchill. Rapidement, des velléités de démocratisation, voire de pure et simple libération, se manifestent en Europe de l’Est : dès 1948, les Soviétiques organisent un blocus de Berlin-Ouest, « enclave » occidentale au sein de l’Allemagne de l’Est communiste. Les deux républiques allemandes, RFA à l’ouest et RDA à l’est, sont créées en 1949. En 1953, les ouvriers est-allemands manifestent et sont violem-ment réprimés par les troupes soviétiques que le gou-vernement est-allemand appelle en renfort. En 1956, au moment où Beckett achève sa pièce, c’est à Budapest que les Hongrois réclament plus de liberté et sont à leur tour réprimés dans un bain de sang.
Inversement, dans les pays du bloc occidental, en particulier aux États-Unis, une réelle psychose se déve-
10FIN DE PARTIE
loppe, dont la manifestation la plus noire est le maccarthysme, qui donne lieu à une véritable « épura-tion » de certains milieux – comme le cinéma – des éléments soupçonnés d’être communistes ou ancienne-ment communistes. De supposés espions, tels les époux Rosenberg, sont exécutés malgré des protestations internationales massives.
Tout cela est évidemment aggravé par l’apparition dans les arsenaux des grandes puissances de l’arme atomique. La bombe nucléaire a été conçue aux États-Unis (le projet Manhattan), qui l’ont utilisée en 1945 à Hiroshima et à Nagasaki pour contraindre le Japon à la capitulation. Mais, rapidement, les Soviétiques, redoutant de laisser leur grand ennemi seul détenteur d’une arme aussi radicale, développent leurs propres recherches et effectuent leurs premier essai en 1949, suivis par le Royaume-Uni en 1952. Mais la course à la puissance ne s’arrête pas là : les Américains testent leur première bombe à hydrogène (bombe H) – arme cent fois plus puissante que la première bombe atomique – en 1952, immédiatement talonnés par l’URSS en 1953, puis par le Royaume-Uni en 1957.
Du fait de la destruction de Hiroshima et de Nagasaki, les gens ont été largement informés des dégâts possibles que causerait l’usage généralisé d’armes nucléaires dans un conflit à grande échelle, car la guerre froide est aussi une guerre psychologique, où l’instauration de la peur dans les populations est un facteur primordial de la course à l’armement et du maintien d’une cohésion plus ou moins forcée dans chacun des deux camps. On savait à l’époque que l’armement nucléaire produit était déjà en mesure, au milieu des années 1950, de supprimer purement et simplement toute vie humaine de la surface de la terre, et la science-fiction a popularisé les livres et les films
REPÈRES11