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Fra Diavolo

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Beaucoup de villes d’Italie, aujourd’hui presque abandonnées, avaient, à la fin du siècle dernier, une très-grande importance. Telle était la cité de Lucques, l’une des principales places fortifiées du nord de la Péninsule.

Elle avait de solides remparts, une forteresse, des canons, une garnison de sbires, une cour de justice, et surtout de vastes prisons, justement redoutées des voleurs et des bandits qui désolaient l’Italie à cette époque, et qui, pour cette raison, ne s’aventuraient que rarement dans les parages du pays lucquois.

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Rosita retournant à la ferme de son père.

T. de La Chaussade

Fra Diavolo

FRA DIAVOLO

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Beaucoup de villes d’Italie, aujourd’hui presque abandonnées, avaient, à la fin du siècle dernier, une très-grande importance. Telle était la cité de Lucques, l’une des principales places fortifiées du nord de la Péninsule.

Elle avait de solides remparts, une forteresse, des canons, une garnison de sbires, une cour de justice, et surtout de vastes prisons, justement redoutées des voleurs et des bandits qui désolaient l’Italie à cette époque, et qui, pour cette raison, ne s’aventuraient que rarement dans les parages du pays lucquois.

Ces brigandages avaient un caractère politique ; le roi de Naples Ferdinand avait été dépossédé de son royaume, où régnait Murat, il s’était retiré en Sicile, et de là entretenait de ses ressources personnelles les montagnards calabrais qui faisaient à l’usurpateur une résistance opiniâtre. On disait que l’ancien souverain entretenait aussi les guérillas des montagnes à la tête desquels combattait le fameux bandit Fra Diavolo. Les Abruzzes étaient le théâtre ordinaire de ces sanglants démêlés ; aussi des corps de cavalerie et d’infanterie française campaient-ils à Velletri, à Terracine et dans toutes les principales forteresses qui entouraient le territoire napolitain.

La campagne de Rome et des environs était abandonnée et présentait l’aspect de la désolation ; les vignes étaient pillées, les fermes brûlées, et les laboureurs avaient déserté leurs villages, devenus la proie des bandits.

Rien, au contraire, n’était plus beau, plus paisible, plus fertile que la ceinture de collines qui entouraient les villes de Florence et de Lucques ; des champs de maïs, des vignes bien cultivées, s’étendaient aux alentours des métairies échelonnées sur la montagne ; de beaux troupeaux paissaient au pied, gardés par les jeunes pâtres, occupés, soit à tresser ces grands chapeaux de paille qu’on vend à la frontière, soit à tailler dans le sureau de longs chalumeaux qui, adaptés à une peau de bête, constituent des instruments analogues aux binious de la Bretagne et de l’Auvergne : les jeunes Italiens les appellent des zampognes, et ceux qui en jouent des zampognaris.

Sur l’une de ces collines boisées, on ne remarquait qu’une seule habitation, posée sur le sommet du rocher, et dissimulée en partie par quelques grands châtaigniers ; on l’appelait la ferme de Manzi, du nom de son propriétaire.

C’était une métairie peu importante, mais fort pittoresque par sa situation et par la manière dont elle était disposée. Basse et longue, elle n’avait qu’un rez-de-chaussée, surmonté de greniers pour serrer les fourrages. Sur son toit de chaume avaient poussé les fleurs bleues de l’iris et les grandes fougères dentelées. Une vigne courait le long du mur, autour des fenêtres et de la porte d’entrée ; de longues grappes noires ou roses tachaient çà et là son feuillage doré, qui continuait à ramper sur le mur très-bas du jardin.