Francklin, Fox et Canning, ou 1830

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C. Lawalle neveu (Bordeaux). 1830. France (1830-1848, Louis-Philippe). In-8 °. Pièce.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1830
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FRANCKLIN,
FOX ET CANNING
on
1830,
BORDEAUX. IMPRIMANTE DE CHARLES LAWALE NEVEU
Allée de Touroy, n° 20
FOX ET CANNING,
OO
1830.
Les privilèges finiront, mais le
peuple est éternel.
BORDEAUX.
CHAULES LAWALLE NEVEU, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
ALLÉES DE TOURNY, N°. 20.
1830.
PRÉFACE.
Puissent ces Loisirs d'une jeunesse consacrée à
l'étude des lois, être accueillis du public avec
indulgence! La France sera peut-être curieuse
de connaître le jugement de trois hommes illus-
tres, sur les événemens actuels de l'Europe. Si
leur autorité peut placer dans son véritable jour
la glorieuse révolution de 1830, convaincre les
âmes timides et indécises, et ajouter à l'admi-
ration des amis de nos institutions libérales, pour
un phénomène dont le souvenir surnagera au-
dessus: de la nuit des temps........ j'aurais obtenu
la plus douce récompense de mes travaux et de,
mon zèle.
SOMMAIRE.
Caractère dé Lafayette, Fox.
Révocabilité des chartes. id.
La guerre d'Espagne 1826). Canning,
Portrait d'un libéral. Fox.
Influence illégale de la couronne dans les débats-
parlementaires, id.
Dignités héréditaires- Francklin.
Expédition du Portugal et principe de non inter-
vention. Canning.
DE FOX.
Sur ta motion du général Fitspatrick's contre M. de
Lafdyçtie.'
(1 er. décembre 1796.)
Grand Dieu ! quel langage, quels principes
venons-nous d'entendre proférer . Je ne veux
pas suspecter les iatentions: de l'honorable pré-
opinant ; mais quel raisonnement étrange 1
M. de Lafayette ne mérite pas sa grâce,
parce qu'il est l'auteur (r) de la révolution
française. Il ne mérite pas sa grâce, parce qu'il
a causé la mort d'une ; multitude de ses çon-
citoyens..... Eh ! quel châtiment-attend donc
l'honorable, préopinant ?! quel châtiment attend
le ministre de la JGrande^-Brétagne lui-même ?.
(1) The beginner.
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pour avoir fait couler des rivières de sang dans
leurs cruelles et.odieuses entreprises?
Mais, il ne: faut pas faire grâce à ceux qui
ont commencé les révolutions, malgré la mo-
dération et la droiture de leurs vues, malgré
leur patriotisme, malgré les services qu'ils ont
rendus à leur patrie. Leurs successeurs, quand
ils ternissent la cause dé la liberté par leurs
excès, méritent des ménagemens ; mais , pour
les auteurs des révolutions, il ne faut pas de
grâce.', ;
; Ainsi nos illustres ancêtres, que leurs bien-
faits envers l'humanité ont élevés aux honneurs
divins, sont un objet d'horreur et d'exécration!
Cromwel trouve grâce aux yeux de l'honora-
ble orateur, car la révolution était accomplie.
lorsqu'il parut sur la scène ; mais Pym, Hamp-
den, lord Falkand, et tous ces grands hommes
qui ont arraché leur pays à de crians abus,
et poursuivi le cours de leurs réformes avec
les sentimens de la plus touchante humanité et
du plus généreux désintéressement, voilà ceux
qu'il faut vouer à notre éternelle exécration,
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. Qu'importe que la mort vienne surprendre
un célèbre patriote et ensevelisse dans sa tombe
le secret de son ambition ? Sa gloire aux yeux
de l'honorable membre, en est-elle moins pure?
Les hommes qui, par leurs crimes, flétrissent
la cause de la liberté, selon lui, effacent en
vertus ceux dont l'unique voeu était d'affran-
chir leur pays de la corruption et de la ty-
rannie.
Collot-Dherbois , d'après ce système, doit
être moins en horreur aux rois que Lafayëtte.
Pourquoi ? C'est que Collot-Dherbois est un
monstre qui calomnie la liberté. La liberté ,
souillée par des attentats, cesse d'être at-
trayante 5 et comment pourrait-elle alors se re-
commander par l'humanité et la douceur de
ses principes? Aussi n'est-ce pas les Collot-
Dherbois qu'on voit abhorrés des despotes (1);
mais les Lafâyette, dont le patriotisme sans
(i) But the Fayettes, who by the unsullied [patriotisme of
their motives, and the undevoting rectitude of their conduct,
prove fhat true liberty is the parent and companion of ail the
milder virtues of the heart.
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tache et le caractère invariable offrent une
preuve sûre que la liberté est la mère et la
compagne des plus amiables vertus du coeur !
DISCOUR
DE FOX,
Sur lé bill des Indes.
( Ier. décembre 1733).
MESSIEURS,
Lhonorable préopinant m'accuse d'aban-
donner une cause dont il me nomme avec flat-
terie l'heureux défenseur. Ma réponse est qu'en
parcourant l'histoire de ma vie, on n'y trou-
vera pas une occasion où, j'aie défendu plus
énergiquement la, véritable liberté , qu'au mo-
ment où je vous parle.
La liberté , comme je la conçois, réside dans
le droit sacré de propriété placé sous l'égide
des; lois fixes et précises ; elle réside aussi dans
certains privilèges ; naturels, civils et reli-
gieux , privilèges dont la moindre concession
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est la perte du citoyen, et qu'un prince ne
peut lui ravir sans despotisme.
Ma proposition, loin de renverser ces prin-
cipes , tend à les consolider -7 loin de circon-
scrire la liberté, à étendre son domaine ; loin
de l'étouffer, à la propager et. à naturaliser au
loin les idées libérales.
Quelle est la plus odieuse des tyrannies?
Précisément celle que mon bill vous propose
d'abolir ; celle où une poignée d'oppresseurs
étendent le joug le plus vil et le plus farou-
che sur des millions" de créatures humaines £
celle où l'innocence est la victime de la force 7
où l'industrie; devient la proie du brigan-
dage , où le - laboureur se, voit dépouillé du
fruit de ses sueurs; pour assouvir le luxe et
l'insatiabilité de quelques grands ; celle enfin où
trente millions d'hommes, doués par la nature
des mêmes facultés que nous, sont réduits à
gémir sous un système d'oppression dont il ne
s'offre pas d'exemple dans l'histoire du monde.
Quel est le but de, tout gouvernement?
C'est sans contredit le bonheur des goûver-
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nés je sais qu'il est des hommes qui profes-
sent d'autres maximes ; mais tel est mon sen-
timent , et je le proclame. Quelle idée, faut-il
donc se faire d'un gouvernement qui; ne sait
arriver; à la prospérité qu'en foulant, aux pieds
l'espèce humaine ? Or, tel est le caractère; du
gouvernement qui pèse sur les; naturels de/
l'Indostan, et c'est cet infâme gouverneinent
que mon bill vous propose de renverser. :
: Mais dans Hnstant où vous vous disposez à.,
cette réforme salutaire, on vous oppose l'in-
violabilité de la charte octroyée à la Compa-
gnie des Indes,,
Messieurs, j'énoncerai sans déguisement;
mon opinion sur cette charte.
Une charte est; un contrat par lequel l'une
des parties reçoit, en dépôt l'autorité, dans la
vue d'un avantage pour l'autre partie..
Si l'autorité,dégénère en. abus, si les avanta-
ges rie se réalisent pas, et que:cette violation
résulte d'un crime flagrant, ou, ce qui revient
au même, ; d'une incapacité évidente, quel
homme osera prétendre sérieusement qu'il ne
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faut pas révoquer l'autorité et la transmettre
en d'autres mains? Eh bien! tel est justement
le cas de la Compagnie des Indes , dont le
gouvernement lâche et énervé tend à des ré-
sultats diamétrâlement opposés au but de son
institution , et aux avantages qu'où se proposàit
eu lui accordant ses privilèges.
Je prie mes antagonistes de peser les con-
séquences de leur système sur l'irrévocabilité
dès chartes : chacun de leurs mots est ; une!
attaque Contre les droits en vertu desquels
nous siégeons dans: Cette Chambre ; contre la
représentation nationale, contre les plus belles
institutions de notre gouvernement.
De pareils systèines- sapent toutes les bases
de la constitution britânnique. v
Il est des hommes conséquens avec eux
mêmes : s'ils ouvrent la bouche sur un sujet
qui touche à la révolution, ils trahissent sou-
dain les maximes héréditaires de leurs familles.
Pour moi, je ne Crains pas d'accepter les prin-
cipes qui enfantèrent notre révolution. Les
souverainssont sacrés à mes yeux : je veux
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qu'on respecte les rois ; mais toute ma consi-
dération pour la personne
ne m'eut pas empêché, sous le règne de Jac-
ques II, de me jeter au milieu de la lutte glo-
rieuse qui affranchit un empire de la servitude
héréditaire et fit retentir dans le inonde cette
vérité V Que-f autorité: dont un roi abuse est
révocable.
Nul homme ne prétendra , j'espère, que
l'autorite déléguée, à une compagnie de mar-
chands repose sur des titres aussi sacrés , aussi
solennels, que ceux par lesquels l'autorité
est confiée à un monarque.
peine de concilier la conduite dé ces hommes
qui tantôt approuvent la révolution d'avoir
révoqué une autorité abusive, d'avoir rétabli
la plus belle constitution du globe, en y ajou-
tant de nouvelles perfections, tantôt se décla-
rent les champions pions le la Charte octroyée à la
Compagnie des Indes, lorsque l'incapacité et
l'insuffisance de cette compagnie comparée au
génie que supposé l' exercice dé son autorité,
la rendent le mépris et la rîsée de toutes les
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nations; lorsque la mauvaise administration, la
connivence, la débilité de cette compagnie,
joint à la perversité de ses agens, ont dégradé
et avili le caractère national, et fait de la haine
du nom anglais un proverbe dans toute l'Asie.
C'est à laver l'odieux, de ce nom, a le relever
de son abaissement, que tendent plusieurs
articles de mon bill ; et il nie semble qu'on de-
vrait peser mûrement son opposition, quand
if s'agit d'une mesure qui, d'acçord avec une
foule d'autres aussi importantes, a pour but
cette réhabilitation.
Ceux qui: condamnent mon bill comme une
violation des droits accordés à la Compagnie
des Indes par leur, charte, condamnent sur le
même fon dément la révolution comme une
violation des droits assurés à Jacques II par la,
charte. Il pouvait, avec autant de raison , ré-
clamer la propriété du pouvoir suprême. Mais
quelle fut la réponse du peuple ? Non , le
pouvoir suprême n'est pas votre propriété; vous
en fûtes investi,, comme nos principaux ma-
gistrats , pour gouverner dans l'intérêt de la
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société : cette autorité, que vous tenez d'un
contrat, devait être sacrée pour vous \ vous en
avez abusé, vous avez fait servir à l'oppression
et à la tyrannie , la puissance que vous aviez
reçue pour défendre, protéger et maintenir le
bon ordre. Eh bien ! nous reprenons le pou-
voir qui vous vient de nous ; nous retournons
au principe de tout gouvernement, qui est la
volonté du plus grand nombre, et cette vo-
lonté est que vous n'abusiez plus du pouvoir
suprême.
Telle est la position du gouvernement de
la Compagnie des Indes, qui s'étend (comme
vous Ta dit mon honorable ami) sur un ter-
ritoire de 80,000 lieues.carrées , continent
aussi vaste que l'Europe chrétienne -,: et peuplé
de trente millions de créatures humaines.
Peu importe d'ailleurs que la domination
émane d'un contrat ou de la conquête. La
conquête ne donne pas.au vainqueur le droit
d'être un tyran, et l'on ne viole aucun droit
en révoquant une autorité qui dégénère en
abus.
PRECIS DU DISCOURS
DE CANNING ,
SUR LA GUERBE D'ESPAGNE.
( 12 décembre i8a6j.
Je crois sincèrement que tous les niouve-
înens de la France ont pour but unique de
faire respecter les traités existans.L'évacuation
de la péninsule en ce moment réveillerait la
guerre civile avec une nouvelle fureur, et le
parti le moins nombreux en deviendrait infail-
liblement victime.
Je nie d'ailleurs que cette occupation de
l'Espagne par une armée française ait abaissé
l'Angleterre. :
Je ne vois plus de nos jours cette Espagne
digne rivale de nos ancêtres, cette Espagne

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