Gabriel Lambert, le Bagnard de l'Opéra

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En 1835, alors qu’il séjourne à Toulon, Alexandre Dumas croise un forçat au visage familier. Cet homme aux traits fatigués, en tenue de bagnard, se nomme Gabriel Lambert. Mais l’auteur l’a connu dans un autre siècle, lorsque, vêtu des plus beaux costumes, on l’appelait Vicomte.
Quel fut le chemin de cet homme, autrefois dandy, familier de l’opéra, du théâtre et de toutes les réceptions mondaines, aujourd’hui les chaînes au pied ? Voici le destin d’un fantastique copiste, faussaire et faux-monnayeur, que la lâcheté conduit à l’échafaud.
Publié le : lundi 1 juillet 2013
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EAN13 : 9782290079928
Nombre de pages : 143
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Gabriel Lambert,
Le Bagnard de l’Opé
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AlexandreDumas
Gabriel Lambe
Le Bagnard de l’Opéra
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Le forçat
J’étais vers le mois de mai de 1835 à Toulon. J’y habitais une petite bastide qu’un de mes am ma disposition. Cette bastide était située à cinquante pas dufo juste en face de la fameuse redoute qui vit, en1 fortune ailée de ce jeune officier d’artillerie qui f général Bonaparte, puis l’empereur Napoléon. Je m’étais retiré là dans l’intention louable de tr dans la tête un drame bien intime, bien sombre, bien ter je voulais faire passer de ma tête sur le papier. Ce drame si terrible c’étaitLe Capitaine Paul. Mais je remarquai une chose : c’est que, pour let et assidu, il faut les chambres étroites, les muraille et le jour éteint par des rideaux de couleur somb horizons, la mer infinie, les montagnes gigante lorsque tout cela est baigné de l’air pur et doré du Mid vous mène droit à la contemplation, et rien mieuxq plation ne vous éloigne du travail. Il en résulte qu’au lieu d’exécuterPaul Jones, jerêv de Marana. La réalité tournait au rêve, et le drame à la métap Je ne travaillais donc pas, du moins le jour. Je contemplais, et je l’avoue, cette Méditer avec ses paillettes d’or, ces montagnes gigantesque terrible nudité, ce ciel profond et morne à force d’ê Tout cela me paraissait plus beau à voir que ceq composer ne me paraissait curieux à lire. Il est vrai que la nuit, quand je pouvais prend fermer mes volets aux rayons tentateurs de la
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c’étaient de beaux anges qui, à l’ordre de Dieu,t coup d’aile ces espaces infinis ; c’étaient desd et railleurs, qui, assis sur quelque roche nue terre ; c’était enfin une œuvre commeLa DivineC Le Paradis perduou commeFaust, qui demandait à é plus une composition commeAngèleou commeMalheureusement je n’étais ni Dante, ni Milton Puis, tout au contraire de Pénélope, le jourv travail de la nuit. Le matin arrivait. J’étais réveillé par un cou sautais en bas de mon lit. J’ouvrais ma fenêtre, lumière envahissaient ma chambre, chassant dev pauvres fantômes de mon insomnie, épouvantésd Alors je voyais s’avancer majestueusement hors d magnifique vaisseau à trois ponts, leTritonoule juste devant ma villa, comme pour ma récréat venait faire manœuvrer son équipage ou exercer se Puis il y avait les jours de tempête, les joursvoilait de nuages sombres, où cette Méditerranées couleur de cendre, où cette brise si douce se change Alors le vaste miroir du ciel se ridait, cettesu commençait à bouillir comme au feu de qu souterraine. La houle se faisai t vagues, les vagues s montagnes. La blonde et douce Amphitrite, co révolté, semblait vouloir escalader le ciel, se tord les nuages et hurlant de cette voix puissante qu une fois qu’on l’a entendue. Si bien que mon pauvre drame s’en allait de lambeaux. Je déplorais un jour cette influence des obje mon imagination devant le commandant du por que j’étais tellement las de réagir contre ces im m’avouais vaincu, et qu’à partir du lendemain j’ét
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Le commandant du port me répondit qu’il so demande et qu’il aviserait à y satisfaire. Le lendemain, en ouvrant ma fenêtre, j’aperçu au-dessous de moi, se balançant près du rivage,u barque, pouvant marcher à la fois à la rame et montée par douze forçats. Je réfléchissais à part moi que c’était justement l comme il m’en faudrait une, lorsque le garde-chio cevant, fit aborder le canot, sauta sur le rivage, ets’ la porte de ma bastide. Je m’avançai au-devant de l’honorable visiteur. Il tira un billet de sa poche et me le remit. Il était conçu en ces termes :
« Mon cher métaphysicien,
Comme il ne faut pas détourner les poètes de et que jusqu’à présent vous vous étiez, à ce qu’il pa sur la vôtre, je vous envoie la barque demandée; tout le temps que vous habiterez Toulon, end l’ouverture jusqu’à la fermeture du port. Si parfois vos yeux, lassés de contempler le ci redescendre sur la terre, vous trouverez autourd gaillards qui vous ramèneront facilement, et par leu de l’idéal à la réalité. Il va sans dire qu’il ne faut laisser traîner dev bijoux, ni votre argent. La chair est faible, comme vous savez, et com proverbe dit qu’“il ne faut pas tenter Dieu”, à pl ne faut-il pas tenter l’homme, surtout quand cet h succombé à la tentation.
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T
quelques têtes à caractère, il prit assez philoso parti, et, faisant signe à nos nouveaux servit bouger, il porta une chaise sur le rivage, et, pren un crayon, il commença un croquis de la barquee équipage. En effet, ces douze hommes qui étaient là, calm sants, attendant nos ordres et cherchant à lesprév commis chacun un crime : Les uns étaient des voleurs ; les autres, desi autres, des meurtriers. La justice humaine avait passé sur eux ; c’é dégradés, flétris, retranchés du monde : ce nhommes, c’étaient des choses ; ils n’avaient pl étaient des numéros. Réunis, ils formaient un total : le total était cet qu’on appelle le bagne. Décidément le commandant du port m’avait fa cadeau. Et cependant je n’étais pas fâché de voir deprè dont le titre seul, prononcé dans un salon, est un Je m’approchai d’eux, ils se levèrent tous etô leur bonnet. Cette humilité me toucha. — Mes amis, leur dis-je, vous savez que lec port vous a mis à mon service pour tout le temp à Toulon ? Aucun d’eux ne répondit, ni par un mot, ni par u dit que je parlais à des hommes de pierre. — J’espère, continuai-je, que je serai contentd vous, soyez tranquilles, vous serez contents dem Même silence. Je compris que c’était une chose de discipline. Je tirai de ma poche quelques pièces de mon
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