Griefs des danois contre l'agression allemande / publié par une réunion de danois, amis de la paix

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impr. de Bienes-Luns (Copenhague). 1848. 15 p. ; gr. in-8.
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Publié le : samedi 1 janvier 1848
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GEJEFS DES DAMS
CONTRE
L'AGRESSION ALLEIAOE.
PUBLIÉ PAR UNE RÉUNION
î>c ÎDanote,
AMIS DE LA PAIX.
COPENHAGUE
MAI 1848.
xaoejpxixaxjikxixaz jaxjkwcovjcTriwo.
GBIEFS DES DANOIS .
CONTRE
L'AGEESSION ALLEMANDE.
i
LE FAIT.
UNE guerre acharnée s'est allumée entre les peuples de race allemande et les Danois. Si les hommes d'état
supérieurs et impartiaux des autres pays ne savent pas éteindre celte lutte incendiaire, l'Europo entière est
menacée d'un embrasement violent.
Avant de s'engager dans un combat, national en apparence, l'Europo doit y regarder de plus près,
et réfléchir.
Ce quo nous voyons d'abord, c'est qu'une armée nombreuse de différents états de l'Allemagne, In
Prusse à la té te, traînant à sa suite des volontaires do toute sorte, des étudiants et des artisans, et cette gent
belliqueuse, appelée Turners, qui a assisté à tous les combats des révolutions récentes, fait une croisado
contre le Danemark. Les champions de la grande Allemagne so donnent rendez-vous sur l'Eidcr, le famoux
et vieux „terininus imperii romani". Sur l'appel, fait par un gouvernement slcsvico-holstcinois, et répété
par le comité directeur, l'élite de l'assemblée nationale accourue à Franltfort, ils se rassemblent a Rends-
bourg, forteresse depuis quatre-cent ans au pouvoir du Danemark, mais qui le 23 mars fut soudain occupée
pur le prince Frédérik d'Augustcnbourg, proche cognât do la maison royale de Danemark. Ce prince gagne
une troupe d'officiers et do soldats en leur insinuant que leur roi est aux prises avec des insurgés danois.
11 lève l'étendard de la révolte contre Frédérik VII, en abusant du nom même de son souverain légi-
time et do l'autorité qui s'attache ù sa haute position. 1/objet avoué de cette révolte c'est de réunir tous
les peuples de langue allemande dans un seul Etat et d'y comprendre le Slcsvig, pays danois, où cependant
résident des Allemands, supérieurs en industrie et en influence, mais inférieurs en nombre à la population
indigène d'origine danoise. Le but véritable de cette croisade moderne c'est qu'en fondant cette grande
Allemagne on veut lui donner un littoral sur la mer du Nord et sur la Baltique, muni de bons ports; on veut
lui créer une force maritime, dont elle sent le besoin. Il y a encore un motif puissant et intérieur. C'est
l'antipathio des hommes érudits en Allemagne et du parti slcsvico-holstcinois contre lo Danemark, fruit
déplorable do l'esprit tudesque, dégénéré en haine immodérée. Le parti crut que le moment était très
opportun pour réaliser par la force ce que par une théorie spécieuse il avait prépavé depuis longtemps. Mais
le roi de Danemark, refusant d'accueillir la demande insolente du parti séparatiste, qui exigeait le Slesvig
pour l'incorporer dans la nouvelle confédération allemande, répondit: „Ce n'est pas dans mon pouvoir. Je
donnerai aullolstein une constitution à part et une organisation conforme à l'esprit de la future unité allemande;
Mais, quant au Slesvig, ancienne partie de mon royaume danois, où la majorité de la population est encore
danoise, je ne puis pas lo céder au grand et puissant empire que vous méditez." Ce qu'en disant, le roi
congédia les ministres, qui avaient poussé et maintenu le feu roi Christian VIII dans le système do conces-
sions au parti allemand. A peine le roi eût-il prononcé ces paroles et déjà le roi de Prusse, instrument
royal du parti doctrinaire, qui, de fait, l'avait dépouillé de son pouvoir do souverain, envoya A Rendsbourg sa
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garde, vaincue dans sa capitale, et adopta le programme du parti insurgé. La nouvelle dicte de Franlifort,
guidée par les sectaires de l'unité teutonique, approuva l'agression et ordonna aux autres membres de la
confédération d'y coopérer. En décrétant ainsi la guerre du plus fort contre le plus faible, la confédération
s'arma d'un prétexte, qu'elle trouva dans une note du 7 Septbr. 1846, présentée à la diète par le ministre de
Danemark. Dans cette note il était dit „que le roi de Danemark n'avait pas l'intention de rompre le lien qui
existait entre les duchés do llolstcin et de Slesvig, soumis à son sceptre." Voilà lo prétexte frivole d'un
envahissement subit, qui porte le glaive dévastateur dans ces contrées, naguère si paisibles.
De leur côté, les Danois se sont levés contre la trahison du prince et d parti séparatiste. Pendant
six semaines ils ont vaillamment combattu contre l'agression teutonique. Us ont eu l'audace héroique,
n'étant qu'un contre trente, de ne pas vouloir céder dans une question d'honneur vitale. C'est qu'ils ont eu
confiance dans la justice de leur cause et dans celle des puissances amies et alliées, qui ont garanti au
Danemark sa paix et son territoire. C'est qu'ils ont eu foi dans le sentiment d'équité des autres grandes
nations, qui ne sauraient se laisser entraîner ni par la haine des idéologues, qui maintenant dirigent l'Alle-
magne, ni par leur désir de conquête et d'aggrandissement. C'est à cette lutte inégale que s'attache la
probabilité d'une guerre générale. 11 est donc nécessaire de l'envisager de plus près. Ce qu'en faisant nous nous
ferons un devoir de montrer la plus grande impartialité. Certainement noire indignation est excitée contre
ceux qui ont rompu la paix; contre l'injustice, la perfidie et le mensonge. Mais cette indignation sera de
tout point subordonnée à In vérité.
IL
LES MTÉCÉDENS.
Jetons d'abord un coup d'oeil rapide sur les événements qui ont précédé l'agression du parti domi-
nant en Allemagne.
Semblable à l'action électrique l'élan populaire, qui depuis le 24 février a changé In face de la
France, se communiqua aux autres peuples. Ln secousse fut sentie partout où les forces opposées se trou-
vaient en présence et elle se propage encore au delà des prévisions humaines..
C'est que le doigt de Dieu a louché à cette vieille Europe et que la société, ébranlée depuis 1789,
n'a pas encore trouvé son ordre fixe. C'est que l'esprit agile la masse et lui donne une nouvelle impulsion.
Lo Danemark s'était préparé paisiblement li ce mouvement progressif. Un roi, qui avait favorisé lo
développement des lumières, mais qui ne pouvait guère se déterminer à choisir et fixer son but, descendit
soudainement dans la tombe sépulcrale. Un uutro roi, peut-être moins instruit, mais certainement bien décidé
à suivre l'impulsion populaire, un roi sans faste et sans prétentions, monta sur le tronc. Son père n'avait
pas osé conduire lo mouvement. Le (ils était disposé à le suivre. Le public éclairé pressentit que le roi,
proclamé le 20 janvier, se fierait à l'élan libéral et populaire. Aussi commcnça-t-il son règne par amnistier
les accusés et les condamnés pour délits politiques et il calma l'inquiétude en proclamant quo déjà on s'occu-
pait do lois organisatrices dans lo sens du progrès, et quoiqu'il laissât tous les fonctionnaires dans leurs places,
et nommât même ministre d'état le comte Charles Moltkc, conseiller intime mais impopulaire du feu roi, on
se persuada cependant que le roi actuel confierait l'avenir de son peuple à ceux que la voix du peuple
lui désignerait.
L'ordonnance du 28 janvier confirma toutes ces espérances. Elle avouait implicitement que le
pouvoir illimité d'une souveraineté absolue serait dorénavant aboli et que l'organisation constitutionellc serait
très prochainement l'objet d'une discussion libre et étendue. Et, puisque l'Etat danois renferme deux moitiés
différentes en nationalité, on composa l'assemblée, qui devait délibérer avec la couronne sur la forme future
du gouvernement, d'un nombre égal do députés de la partie danoise et de la partie allemande, sans y com-
prendre le duché do Laucnbourg. On commit pourtant la faute d'ordonner que les députés fussent choisis par
provinces parmi les membres des états consultatifs déjà établis, dont on connaissait d'une part d'avance les
opinions opiniâtres et factieuses. Néanmoins le cri d'approbation fut général par toute l'Europe. Ce qu'au
midi on arrachait par des luttos sanglantes et inouïes à la royauté, ce roi populaire du nord l'accorda large-
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ment et de bon coeur. On savait que par cette concossion royale la liberté entière était acquise, telle qu'on
pouvait la désirer. On ne se souciait donc pas des paroles restrictives et des conditions secondaires, sachant
que le germe fécond de tout un avenir y était déposé. Cependant les principaux représentants des deux
partis nationaux n'étaient guère contents. Le parti national en Danemark se défiait des Allemands, et celui
des duchés se récriait contre une fusion, qui serait un nouveau lien d'union. Mais tandis que les défenseurs de
la nationalité danoise ne faisaient qu'une opposition modérée, le parti séparatiste protestait formellement et limi-
tait son choix à des conditions subversives de toute l'institution. Visant à la séparation pleine et entière du
Danemark, entraîné par un zèle fougueux, ce parti craignit de perdre un terrain précieux, en se confondantdnns
une représentation quelconque avec la nationalité danoise. Ceux qui sont nu fait savent que dès-lors déjà on
résolut de rompre par la violence l'union qu'on détestait,— résolution d'autant plus déplorable, qu'on pouvait
être sûr que le gouvernement consentirait à fonder la liberté publique et politique sur une base plus large,
que celle existant dans aucun autre pays monarchique. Aussi le peuple en Danemark avait-il en général uno
confiance entière dans le projet du gouvernement, quoiqu'on ne fût pas aveugle sur ses défauts. Quant nu peuple
dans les duchés, on avait à tort négligé do s'adresser à lui. Ses sentiments en général étaient bons et loyaux ;
et ils le sont encore. Mais puisqu'on avait mis le parti séparatiste en scène, le gouvernement perdit la foroo
qu'il pouvait puiser dans la voix du peuple et celui-ci fut mis à In merci du parti, qui puisait des forces tou-
jours nouvelles dans le grand parti unitaire de l'Allemagne.
C'est alors que lo contre-coup de la révolution en France remua toute l'Allemagne. Déjà il s'y
trouvait un parti fortement constitué, le parti unitaire, qui exploita la commotion populaire exclusivement à
son profit. La fraction démocratique ne put guère balancer l'influence des nationalistes, qui depuis lu chûto
de l'empire français s'étaient recrutés dans toutes les classes où l'intelligence prédominait. Ce parti natio-
naliste est tout-à-fait exclusif. Il vise à la grandeur et n In suprématie absolue de la race tcutoniquo. La
haine des Français fut son berceau. Momentanément, par prudence, il cache cette nnimosilé, qui éclata en
1840. Maintenant il s'occupe à étouffer lo parti démocratique, qui cnvnin fait appel à lu Franco, où son prin-
cipe prévaut. Pour le parti unitaire la liberté réelle, la société, organisée d'après les grands principes do
l'humanité, lo bion public, l'égalité démocratique sont des objets d'une valeur très secondaire. La préémi-
nence d'une race élue qui veut so constituer seul arbitre du droit on Europe et dont la seule volonté doit
fairo loi, voilà son beau idéal, son principal moteur. Pour lui rien do sacré que ce qui flatto son nmourpropre-
Sa raison, ce n'est ni la raison divine, ni la raison humaine, ni la raison d'état, ni celle do la vie sociale;
mais seulement lo zèle violent de son orgueil national, qui aspire à la prépondérance politique par In réunion
pleine et entière des tribus, issues de In souche élue des Teutons. Cette réunion doit s'effectuer aux dépens
do qui que ce soit, d'abord des races slnvcs, mêlées aux Allemands, qui les dominent,— voir à Poscn, en
Bohême, etc. — et puis des pays voisins, où ils trouvent des compatriotes, coreligionnaires de cette nouvello
divinité nationale. Ce parti, c'est le despotisme de In gent doctrinaire, s'affublnnt de formes populaires et
représentatives. Voyez le projet do Dahlinnnn avec sn chambro hauto do deux-cents princes avec un
empereur à Frnnkfort, qui un jour doit dominer et la France et l'Allemagne. C'est le fanatisme d'une théorio
creuse, pnrée d'idées de tout genre, telles que l'esprit allemand les n inventées on retrouvées dans ses
souvenirs d'un temps oublié. Un empereur, pourvu qu'il accomplisse l'idée nationale, lui va aussi bien
qu'une république, et si aujourd'hui ce parti so contente d'ordonner l'incorporation do la Pologne prussienno
et avant tout celle du llolstein et du Slesvig, parccqu'il lui faut un littoral avec des ports vastes et profonds,
demain il étendra sa main à droite et à gauche pour rassembler dans sa grande unité l'Alsace et la Lorraine,
le Luxembourg et la Lithuanic, la Suisse et la Courlande. Seulement la peur le retient encore et fait naître
ce respect équivoque qui n'ose s'attaquer au plus fort.
Car, il faut qu'on lo sache bien, ce parti est moralement lâche. Comme par ses égarements il est
la honte de l'humanité, par sn lâche violence et ses grandes paroles il est In honte des braves. Avant
d'engager la lutte les Slesvico-liolstcinois se firent fort de chasser tout seuls les Danois d'un bout dé leur
pays à l'autre. A peine In lutte fut-elle engagée, qu'ils furent battus et obligés d'appeler à leur secours toute
l'Allemagne et maintenant ils se traînent à la queue des armées des pays, dont leurs partisans ont envahi les
ministères. Leur courage à eux, c'est le courage des fanfaronades dans les journaux. Avec celui-là leur
renommée se répand par toute l'Europe, éblouie de leurs faits d'armes fabuleux.
Nous disons qu'il y a insolence alliée à la couardise dans cette agression subite, d'abord du llolstein,
6 .
qui est garanti au Daninark par les traités de 1814 et dont le peuple ne s'est pas même prononcé pour In
séparation, puis du Slesvig, province essentiellement danoise, qui de tout temps à reçu des Allemands sur '
son sol hospitalier et qui s'étonne de cet abus d'hospitalité méconnue. Personne n'ignore qne la douceur
tolérante du gouvernement danois a toujours fait contraste avec la rigueur persécutrice des gouvernements
allemands. Cette tolérance, qui fait honneur aux sentiments du gouvernement danois, était cependant exer-
cée sans prudence et sans prévision. Elle permettait à la secte unitaire de chercher un abri dans le pays
lui-même, qu'elle se préparait à démembrer. C'est à Kicl que lcsDnhlmann, les Falck formèrent cette école,
qui répandit le système unitaire dans toutes les universités germaniques.
C'cs( là sur le sol hospitalier du Danemark, qu'avec l'ingratitude se développa cet orgueil national,
dont l'esprit âpre et raide se manifeste dans chaque parole qui émane do ce parti. Le gouvernement
s'imaginait que le génie de ces professeurs serait utile au développement de la science, et que leur fougue
politique resterait toujours subordonnée aux devoirs envers la société et l'état. Il n'en fut rien. L'égoïsmo
national l'emporta sur tout autre sentiment cl le système de ces doctrinaires envahit toute l'Allemagne et va
engloutir le Danemark entier si le bon-sens des autres nations n'y met obstacle. Comment un état, trente
fois plus petit que l'Allemagne, se déTcndrait-il longtemps tout seul contre ce système envahissant? Une haine
nationale ingénieusement prônée par tous les journaux et organes de la presse jette ses brandons dans les àmes
qui ne savent pas s'opposer à la propagation da mal. C'est ainsi qu'on a pu donner à l'agression l'apparence .
d'une lutte pour l'indépendance des provinces allemandes du joug danois. Ou n assimilé les duchés n la
Lombnrdic et le Danemark à l'Autriche, qui voudrait maintenir sn domination étrangère. On ne voit donc
pas que môme l'Angleterre, protectrice des luttes pour l'indépendance, ne conteste pas le droit de l'Autriche.
On oublie donc que pnr la souche commune il y n affinité entre les peuples de race allemande cl de race Scan-
dinave, que lcsDnnois n'ont jamais fuit valoir leur prépondérance numérique cl que le gouvernement danois n'a
jamais été oppressif ou tyranniqiic, mais toujours ami de lu liberté et des lumières. Celle lutte prétendue pour
l'indépendance est un subterfuge. Le peuple dans les duchés, occupes par les armées de la confédération, dé-
teste ectto lutte qu'on prétend engager pour lui. Ici ce n'est pas le peuple qui s'est levé pour échapper à un
état d'oppression ot do misère, qui n'existait pas. C'est la secte doctrinaire de toute l'Allemagne, gent bruynnto
et violente, qui s'est emparée de l'élan populaire et qui veut tourner ù son profit les travaux et les combats du
pouple, dont il daigne vouloir diriger le sort. S'il y a faute de la part du gouvernement danois, c'est précisé-
ment qu'il a négligé en temps utile de s'adresser au peuple lui-même, do le mettre en action et do se fier à
sa voix.
La révolution en Allemagne, violente cl sanguinaire dès son début, finira probablement pnr une ruino
désastreuse des Etals qu'cllo prétend ranger sous un gouvernement central. Dès ce début la faction teutonique,
dont ailleurs les égarements parurent tantôt ridicules, tantôt déplorables, s'est emparée do tout l'élan des
masses ot do la direction exclusive des affaires publiques. Ses sectaires se sont constitués ministres et gou-
vernants. Les années, qui leur font obstacle, ils les envoient nu dehors. Us ont installé un comité do snlut
public à Frnnkfort, qui s'imagine représenter la grando Allemagne. La vieille diète, ils l'ont chassée, les
sceptres, ils les brisent; les trônes ils les renversent. Le roi de Prusse, après une lutte désespérée contre eux,
s'est mis à leur disposition. Les rois ot les princes sont conduits pieds et mains liés pur ce parti fanatique,
qui les effraye par l'épouvantai! d'une république, qui chasserait toutes les dynasties.
En Danemark il y n aussi un parti national qui vise à l'unité Scandinave, et la réaction contre l'en-
vahissement des Allemands dut lui préparer le chemin nu pouvoir. Lorsque la certitude de la trahison du
parti séparatiste porta tout le pcuplo danois à se ranger autour do son prince pour s'opposer à l'agression in-
juste, les principaux représentants du parti, comme de raison, furent appelés ù leur tour à l'oeuvre nationale.
Mais dès lors leur vocation fut réellement nationale et ils vont quitter le cercle étroit des idées de parti, pour
suppléer à ce qui manquait réellement à la direction antérieure des affaires, l'énergie, l'activité et ce dévoue-
ment patriotique, qui sacrifie tout ti la patrie. Le changement de ministère en Danemark n'était pas l'effet
d'une révolution; car il n'y eut ni lutte, ni résistance; c'était tout simplement un réveil d'un sommeil inquiet,
avec la conscience d'un danger imminent pour la patrie; c'était une fusion spontanée du pouvoir royal et de
la volonté du peuple, pour défendre la patrie et l'honneur contre un ennemi acharné ; c'était une réaction
libre et juste contre une attaque injuste. Cet élan noble et patriotique, cette résolution ferme de périr glo-
rieusemeut, s'il faut périr, eu conservant intact l'honneur d'un nom respecté au dehors, chéri dans la patrie,

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