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Gualicho !

De
169 pages
Charo l'Enjôleuse, robe rouge écarlate, accent latino, est lasse d'attendre son homme. Elle décide alors de lui préparer un Gualicho bien serré, la potion la plus puissante des indiens guarani. Gualicho, c'est l'histoire de Charo, dépassée par la force de ce breuvage explosif !
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La rose noire de Palerme

© Acoria éditions, 2008 Caya Makhélé, éditeur Mail : acoriadiffusion@free.fr Site : www.acoria.net ISBN 978-2-35572-012-3
Aux termes de code de la propriété intellectuelle, toute reproduction ou représentation intégrale ou partielle de la présente publication, faite par quelque procédé que ce soit (reprographie, microfilmage, scannérisation, numérisation...) sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Tous droits de reproduction, traduction, d’adaptation et de représentation réservés pour tous pays.

Violette d’Orléans

La rose noire de Palerme
RÉCIT

Remerciements

Madame Giovanna Fiume, historienne, professeur titulaire d’Histoire moderne à la Faculté des Sciences Politiques de Palerme, auteure de livres et d’essais sur Benoît le More. Monsieur Giancarlo Tassinari, bibliothécaire de la Bibliothèque Municipale de l’Archiginnasio de Bologne Pour les précieux renseignements fournis au sujet de l’hagiographie de Saint Benoît.

Avis au lecteur

Pour les besoins de la narration, des libertés ont été prises quant aux personnages, lieux et évènements, sans pour autant nuire à la vérité historique en ce qui concerne la vie et le message du personnage principal de ce récit. Ainsi, le parti pris de la fiction sert à exprimer la profondeur et la complexité d’un chemin de vie éclairée par la lumière divine au quotidien.

« La sagesse de Dieu est telle qu’elle transforme des tisons en saint et des charbons noirs, comme ce Noir l’était, en braises d’amour et de précieuse charité… Et comme un charbon allume les autres, de la même manière il semble que la beauté de son âme, telle qu’elle put être, se tint et s’éparpilla dans le petit charbon de son corps tout noirci. »

Pietro Tognoletto - Palerme 1652 À l’occasion de l’élection de Benoît nommé patron de la ville par le Sénat.

La disparition du cuisinier

— Benoît ! Benoît ! Benoît ! résonne comme un effroyable écho faisant trembler d’une vibration fracassante la terre d’un monastère reculé de Palerme dans la Sicile du seizième siècle, terre d’esclavage par excellence. Mais que se passe-t-il au couvent Sainte Marie de Jésus pour susciter pareille effervescence chez les moines de ce lieu, habituellement voué au recueillement et à la solitude ? Même si les habitants spirituels de cet endroit ne sont pas totalement coupés du monde, qu’estce qui peut justifier un tel vent de panique se mettant à souffler, en laissant derrière lui une sacrée traînée de poudre ? De ce qui commence à sentir insidieusement une odeur de soufre de ne pouvoir être éclairci sous le fait du réel, n’importe quoi est divulgué à propos de cette suspecte émanation des ténèbres dans lesquelles beaucoup préféreraient ne pas s’enferrer.
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De tous côtés, apparaissent et disparaissent des religieux en pleine course contre la montre d’avoir à débusquer où se cache le causeur de troubles, sans compter les premiers commérages auxquels l’endroit semble prêter l’oreille, la pierre avide de confidences. Après un chassé-croisé incessant entre les galeries du cloître, se répand vite un ouragan de calomnie sous couvert d’inquiétude. Autour des piliers, se profile une ombre, aussitôt évanouie quand l’environnement et l’atmosphère, associés pour un incroyable jeu de pistes, se prêtent aisément aux effets de clair obscur et de mirage. Dans une demi obscurité afférente aux lueurs de l’aube et que seule la bougie alimente de frayeurs supplémentaires d’être vacillante ou de s’éteindre inconsidérément, la poursuite d’un individu incarnant le mystère fait homme prend des proportions inhabituelles. Peu habitués à ce genre d’investigations, les moines manquent d’organisation, surtout dans cet enclos de sagesse ne laissant qu’entrevoir la lumière extérieure de manière ambiguë, dans l’espoir de préserver intacte la lueur divine. Allant du réfectoire à l’infirmerie en passant par
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le jardin médicinal, descendant au cellier et repartant au dortoir, d’un regard au chauffoir et du côté du coin des novices, rejoignant la salle capitulaire, via la cour d’entrée direction l’église et terminant au cimetière des frères, chacun tourne tous azimuts sans rien débusquer de tangible. Mais qui est donc ce fameux Benoît pour déclencher, aussi vite, un tollé quasi général de contestations et de médisance aux vues de son absence injustifiée, signalée dès le premier rassemblement liturgique où son manquement inconsidéré à la règle a été enregistré ? Un simple cuisinier, d’ordinaire effacé, qui refuse de parler inutilement à force d’avoir été sollicité à prendre parti contre quiconque ; ce à quoi il ne se prête pas ; d’où des ragots à n’en plus finir à son sujet parce qu’il affiche à lui seul « le monde de la différence, toutes représentations confondues ». À ce trait de discrétion, se rajoute toutefois un don inouï de captiver les foules. Combien de fois lorsqu’il était ermite, la communauté n’a-t-elle pas dû changer d’emplacement tellement ses facultés de guérisseur du corps et de l’esprit étaient spectaculaires !
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Or, aucune once de gloire, juste le soleil divin s’exprimant de ces mains, empreintes d’un fluide positif et de ce cerveau, avide de tolérance quand le soin apporté n’a d’autre valeur que de venir d’En-haut. De n’avoir rien trouvé après plusieurs heures de recherche à l’intérieur, entrecoupées par les temps contingentés de prières, l’idée est soudain lancée d’aller faire une inspection au dehors jusqu’à aller requérir l’aide des villageois alentour. — Si seulement quelqu’un pouvait avoir vu quelque chose et nous fournir un indice sur cette drôle de disparition, lance le Père Vicaire en charge de l’intendance et perplexe sur la tournure inexorable des événements si l’affaire n’est pas réglée d’ici peu. Pourtant, une attitude, aussi inattendue de la part du présumé coupable, ne lui semble guère en accord avec sa probité légendaire. Même s’il est secrètement jaloux de certaines permissions accordées au cuisinier en fonction de son caractère d’exception et du besoin urgent et continuel de ses services, il ne peut concevoir pareil égarement. Le climat, ordinairement doux y compris en hiver, évoquant une menace de neige, qu’aurait-il
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