Gueule de bois

De
Publié par

Tout commence par une gigantesque nuit d’ivresse. Pierre, journaliste pour le magazine Santé pour tous, boit un coup avec un collègue après s’être rendu à une conférence de presse. De plus en plus ivres, ils défilent de bar en bar et leur groupe s'agrandit. Entre Fanfan, grand dépressif, Ollier, alcoolique désabusé, Bassefosse, critique d’art sur le carreau, et Pierre, lui-même enclin à la folie douce, la bande va vivre des aventures absurdes et délirantes. Ces pérégrinations, qui oscillent entre farce rabelaisienne et parodie du milieu mondain et littéraire parisien, offrent aussi une réflexion existentielle et lucide, aux antipodes du politiquement correct, sur notre société trop policée. À l’instar d’un Michel Audiard ou d’un Frédéric Dard, Olivier Maulin n’a pas son pareil pour parler de son temps en dézinguant à tout va, avec la plus grande humanité. Un véritable rugissement littéraire.
Publié le : mardi 2 septembre 2014
Lecture(s) : 3
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782207118306
Nombre de pages : 224
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Gueue de boîs
DU MÊME AUTEUR
En attendant le roi du monde, L’Esprît des Pénînsues, 2006 (prîx Ouest-France/Étonnants Voyageurs 2006) Les Évangiles du lac, L’Esprît des Pénînsues, 2008 Derrière l’horizon, L’Esprît des Pénînsues, 2009 Petit monarque et catacombes, L’Esprît des Pénînsues, 2009 Les Lumières du ciel, Baand, 2011. Pocket n° 15364 Le Dernier Contrat, La Branche, 2012 Le Bocage à la nage, Baand, 2013
Oîvîer Mauîn
Gueue de boîs roman
© Éditions Denoël, 2014
Photo : Pete McBride/Corbis Images Stanislas Zygart
Premîère partîe
Entartung peîn tube
1
C’est vraî, j’adoraîs ça, dormîr. Bîen au chaud sous a couette, bercé par a rumeur de a rue, es voîtures, es scooters, es engueuades kaxonnées, es sîrènes oîntaînes. Pardî, sî j’étaîs urbaîn. Et aînéant aussî. En a matîère, j’étaîs même un peu vîceard. Je branchaîs mon réveî tous es matîns pour e seu paîsîr de me rendormîr. J’éteîgnaîs a bote noîre es yeux ermés, je me retournaîs sous a couette et je proItaîs bîen à ond des queques secondes de paîsîr întense que me procuraît cette conscîence chanceante quî repartaît mourîr dans e sommeî. Montaîgne pratîquaît ce genre de sport bîen avant moî. Le seu probème, c’étaît e bus quî n’arrîvaît pas à négocîer son vîrage. Là, on quîttaît a berceuse bucoîque pour entrer dans es emmerdements, de quoî pourrîr une journée entîère. ï suisaît qu’un petît maîn se gare dans ’ange et c’étaît ’apocaypse. Le bahut boqué au mîîeu du carreour donnaît de a sîrène comme un paquebot, es bagnoes coîncées derrîère s’y mettaîent ees aussî, certaîns conducteurs se déouaîent carrément, à croîre qu’îs s’asseyaîent sur eur kaxon. Sûr qu’î y avaît
9
à-dedans des gus dont a vîe partaît en eau de boudîn et quî entendaîent e aîre savoîr au monde entîer. Et puîs es pîétons entraîent dans a danse. « Ça sert à rîen de kaxon-ner ! » «Ta gueue ! » « Va te aîre outre ! » et tûûûûût. Ça me donnaît des envîes brutaes de campagne. J’avaîs beau être au sîxîème étage, es décîbes grîmpaîent jusqu’à moî, ranchîssant es pauvres enêtres, m’horrîpîant es tym-pans. Les proprîétaîres à Parîs ont queques prîncîpes bîen arrêtés. Le premîer est înscrît dans e marbre de cette cor-poratîon sadîque : jamaîs de doube vîtrage pour un chîen de ocataîre. Bîentôt, on entendaît « ça va, ça va, j’arrîve », a voîture démarraît, e bus repartaît, î y avaît un dernîer coup de kaxon, ceuî du cocu sanguînaîre, et tout rentraît dans ’ordre. La vîe reprenaît sa respîratîon habîtuee. Maîs pour moî, c’étaît trop tard, e charme étaît rompu. J’avaîs es ners en compote, je me evaîs du pîed gauche, j’ouvraîs a enêtre pour engueuer tout e monde, maîs î n’y avaît pus personne à engueuer. Je venaîs de reermer a enêtre quand e tééphone a sonné. Je suîs passé à a cuîsîne aîre couer du caé et j’aî aîssé e répondeur s’encencher. C’étaît Anabee, a petîte pîgîste quî bossaît avec moî. Ee étaît mîgnonne Anabee, un peu sérîeuse à mon goût, maîs gentîe. Ee sortaît tout juste de ’ESJ Lîe, des îdéaux peîn a tête. Pour ee, e métîer de journaîste, c’étaît e Watergate sînon rîen. Comme tous es jeunes dîpômés quî s’entas-saîent chaque année sur e marché de ’empoî, ee avaît îmagîné, magré tout ce qu’on uî avaît raconté sur a crîse
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

M Train

de editions-gallimard

M Train

de editions-gallimard

Le Populisme climatique

de editions-denoel

Le Premier Venu

de editions-denoel

suivant