Harangue à Madame la duchesse de Richelieu sur son mariage, par M. Pontier,...

De
Publié par

au Palais (Paris). 1702. In-12, 12 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : dimanche 1 janvier 1702
Lecture(s) : 37
Source : BnF/Gallica
Nombre de pages : 11
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

HARANGUE
A MADAME
LA DUCHESSE
DE
RICHELIEU
SUR SON MARIAGE
Par Monsieur PONTIER, Prêtre;
Protonotaire du Saint Siege Apoftoli-
que , & de l'Academie de Ricouratì
de Padoüe
Que l'Homme ne separe point ce que Dieu a joint,
Matth. c. 19.
Addition au Cabinet des Grands Imprimé
avec Privilege
A Paris , au Palais, dans la grande
Salle, au Lion d'or.
HARANGUE
A MADAME
LA DUCHE S SE
RICHELIEU
SUR SON MARIAGE
MADAME,
Si Tertulien revenoít au monde,
quoi qu'il eut recommandé à fa femme
de ne point fe remarier aprés fa mort,
il ne defapr ouver oit pas vos fecondes
Noces, en confidérant que vous étiez
veuve dans un âge où plusieurs filles
A ij
4
sont mariées , & en connoiffant la
bonne & sainte intention des Parties,
& le bien qui en peut naître.
Quand on voulut dissuader l'Impe-
ratrice Barbe , femme de Sigifmond, de
fe remarier, on lui allegua l'exemple
de la Tourterelle ,. qui ayant perdu fa
compagne n'en reçoit point d'autre;
elle gemit & demeure,folitaire le reste
de ses jours , cette Princeffe répondit :
S'il faut imiter les bêtes , pourquoi imiter
plûtôt la Tourterelle que le Moineau, ou
que la Colombe qui vaut bien la Tourterelle,
le Saint-Efprit descendit en forme cor-
porele de Colombe, sur le Fils de Dieu,
le jour de son batême au fleuve du
Jourdain. Vous n'avez rien fait fans
conseil : vous fçavez que suivant l'O-
racle du S. Efprit, il n'appartient qu'à
Dieu feul d'être fon unique confeiller,
parce qu'il eft la sagesse & la verité fu-
prême. Ifa. 24. Rom. 15.
Après avoir dit publiquement, que
fi vous euffiez vû la Cour de l'Empereur
Teodofe II. lorfque vous étiez fille,
vous auriez été l'Imperatrice, preferée à
Éudoxe par vôtre prefence majeftueuses;
& plus heureuse qu'elle par vôtre con-
duite : J'infère, MADAME, qu'il
ne pouvoît vous arriver moins que
d'être Ducheffe en France, & l'Epoufe
d'un Duc donc le nom eft celebre &
connu dans toute l'Europe & au delà.
Je redis encore une fois , que fi
vous eussiez été couronnée Imperatrice
d'Orient, vous ne seriez plus : il vaut
mieux être que d'avoir été , la France
ne vous poffederoit plus.
LOUIS LE GRAND qui fçait
l'Histoire à fond, & qui se sait lire les
Annales comme un autre Affuerus , fe
souvient que le Cardinal Armand de.
Richelieu , Oncle de vôtre tres-illuftre:
& tres-digne Epoux, a rendu dans fon
Miniftère des services tres-fignalez à la
Monarchie Françoise, ce qui est gran-.
dement glorieux à la famille de fon
Eminence ; fa memoire s'en conservera
toujours. Les Ecrivains qui par leurs
Ecrits donnent l'immortalité aux gran-
des actions , en ont écrit de bonne en-
cre , & d'autant plus que ce tres-re-
nommé Miniftre étoit le Mecene des
gens de Lettre. Il fçavoit que les Au-
teurs font en quelque façon diftribu-
teurs de la gloire : ils parlent à la face
de toute la Terre.
Vous favez , MADAME, que les
A iij -

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.