Histoire chronologique des opérations de l'armée du Nord, et de celle de Sambre-et-Meuse : depuis le mois de germinal de l'an II (fin de mars 1794), jusqu'au même mois de l'an III (1795), tirée des livres d'ordre de ces deux armées ([Reprod.]) / par le Citoyen David,...

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impr. de Guerbart (Paris). 1795. 3 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1795
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CAMPAGNES
DU
GÉNÉRAL ÎVICHEGRU
̃̃̃ t f,
DU N*O R IV.
..y. 't. •; ̃ t. > V ̃̃̃̃ ̃
HISTOIRE CHRONOLOGIQUE
DES OPÉRATIONS
DE L'ARMÉE DU NORD,
ET BhE CU L E
DE S A M B R E ET, M E U SE
Depuis le mots de Germinal de Fan II ( fin de Mars
jusqu'au même mois de fan III (
TIRÉE DES LIVRES D'ORDUS DE CES
DEUX ARMEES.
Par le Citoyen David témoin de la plupart
de leurs exploits.
quant stygitu j'mrtur ad timbrât
/V' V- Vos jata trakmnt
Senec. Trot. Hercal. OEt«.
De lf Imprimerie de Gderbart, rue du Colom-
bier Maison dit Parc N>
A L I L L £.
aiij
AUX OFFICIERS ET SOLDATS
DES ARMÉES DU NORD
ET D E sa mère ET meuse-
Citoyens,
Sans être attaché à aucune Armée, je
vous ai fuivïs et vous ai obfervé dans la
majeure partie de vos expéditîons.Tant d'àc-
tes héroïques, qui ont fauve la France &
l'on- préfervée du partage que les Coalifés
prétendoient en faire,' méritent de paflèr a
la Potence.
T'entreprends donc de les^fouifïèr & je
vous établis les juges de ma ^éracité. Les
Gens de Lettrés en critiqueront fans doute
le ftyife, mais mes prétentions fur cet ar-
ticle font abfolument nulles je n'afpire
qu'à être exact et- c'eft vous qui pouvez me.
juger fous cp point de vue.
Pour mettre de la méthode dans ce récit,
j'ai divifé la Campagne en 'deux parties; la.
première comprendra vos exploit d'été et
s'étendra depuis votre entrée en campagne,
la Meufe; l'autre,
tera vos expéditions d'hiver et décrira la
conquête de toute la Hollande.
Quoiqu'a&eurs dans tous ces actes hé-
roïques, j'efpère que vous ne ferez pas
fâchés de les voir repères dans un même
volume, et d Y trouver les dates fcrupulcu-
fement gardées. Vous aurez encore du plaifir
de connoitre les plans que vous avez fi.cou-
rageufemenc exécutés^ Et lôrfque vous
ferez rentrés da^ts vos foyers, vous ferez
fort aifes de pouvoir fixer, et les époques ou
vous avez fait de Û feelles proueffes & tes
projets des Généraux qui vous ont ffflou-
vent menés à la victoire.
Sâlut et amitié
a iv
P R É F A CE.
Dans le temsoùla Erjmce é'toit en délire;
lorsque toutes les furies de l'enfer
déchaînées et avoient fixé içur domicile parmi
nous qrnmà la plupart de nos
sembloient s'être véms de cette. Epbe ajjé-.1
gorique qui avoit la propriété de rendre
furieux dans le teins qu'un fils, .devenu
énergumène attentoit à la liberté-de ses
parehs ( ;-que le mari se défioit de sa
femme et celle-ci de son époux ^uer le
valet fçsoit trembler le maître et que l'ami
fuyoit son ami. une partie de
nos Sénateurs ressemblent à une troppe de
maniaques; que les Magistrats de justice
tranSformoient Terreur et même la vertu en
crime et le crime en vertu; ne pouvant singer
ni la folie ni la rage ni la fureur je devois
Quitter ma patrie pour toajo^s étoit u»
'{̃*) Ua Regrésentant du Peuple1» fait
parti eytréme dont l'idée seule me fait frémff;
malgré sa frénésie elle m'étoit chère, et je ne
Jésespérois pas de sa guérison. J'allai donc
,ne réfugier à l'Armée.
Un scélérat, assassiné pour ses crimes et
béatifié par des frénétiques un être il dont
le nom seul excite l'indignation dans le cœur
de tout bon Français', avait dit une grand*
vérité. Il avoit affirmé que le tems vieruhoii
pu de j>ouvoir aller
se faire massacrer dans les armées; ses prin-
cipes atroces et ceux d'une partie de srs
Collègues ont justifié son assertion. En
ëitef ta tous les ennemis étoient devant
vous; ici, ils vous entouroient, s'introduit
soient dans vos domiciles et partageoient
souvent votre lit. LA, vous aviez la faculté
de combattre de vous défendre est de vendre
cIter votre existence ici, oh vous lioit les
bras et l'on vous égorgsoit méthodiquement,
comme un mouton àu'on: envoie à la boù-
chérie. Là, il n*y avôit que quelques Fro-r
Consuls qui fussent furieux; ici tout le mQnde.
paroissoit l'être. En urt mot,
alors la seul») retraite où l'honHéte
homme, le vrai patate pût. respirer. Je
m'y réfugia?» est f avoué" cnie l.y aiirois vécu
content-, si4a liste des crimes de m*)*! Pays
ne m'y ètoit- pas parvenue,
II ne.falloit rien moins que .des circons-.
tances pareille/? pour me forcer à aMer.eher-
cher moii> «alut au mille* des foudres de
revoit cl«
que moi contre tout ce ijûi porte le nom de
Conquérant. ne savent
que détsrnire et qui n'éditent jamais, «dut'
rarement du goût d'un 'Atè^
xandre, César Charles KH
et aboient Quelquefois
excité mon jamais
fëction. Celui <jui fesoit un cahal ou une
route qui art (Wi
une nouvelle branche de commetc® dans mort
;*eton moi ml -dessus de Pous'
les Héros antiques et modernes.
Obligé de traverser la République je dùâ*
souvent eotnparoitre devant les* Comités revo-
ltiHo»n»ires. Je me présentai même à celui
d'Arras dans un moment où le bourreau des
Départemens du Nord s'y trou voit. Le crime
ou la terreur étoient peints sur toutes les
%ures, et le portrait d'un homme qui avoit
été fait un an auparavant, avoit perdu la
ressemblance. La passion ou la fureur don-
noient à toutes les pliisionomies une exprès-'
son étrange, et les rendoientméconnoissahles.
A travers tant d'écueils j'arrive enfin à
rArmée; ayant le coeur déchiré de l'état où
je laissois ma chère Patrie. Là comme ici
f étudie les figures et je suis tout étonné de
les-.trouver calmes.. Beaucoup de Militaire
m'inspirent de la confiance; je communique
avec eux et je trouve des hommes. En un
inot, je ne tardait pas à m'appercevoir^mo
les Patriotes des frontières ne resaembîoient
en rien aux soi-disant Républicains de l'inté-
rieur. Ceux-là avoient la fierté et la géné^
rosité du lion;' ceux-cKavoicnt la rage et la
fureur du tigre.
*f
Je* itï'occupois pendant tout l'hiver à con-
noître l'organisation de nos Armées, et k
étudier l'esprit qui les dirigeoit. Je vis avec
plaisir que l'élite de la Nation française y
étoit, et que le peu de lie qui s'y trouvoit
seroit bientôt" précipite '.par une exacte et
sévère discipline. L'on me charge oit quelque-
fois de faire de. Proclamations pour rappelle'
fiux principes d'équité1. Je voyois
avec un pl.aisir indicible qu'ils n' et oient pas
étranger â 'leur cœur» pans une:Àrmée il y
a ordinairement un petit nombre de pillards
incorrigibles. Ce sont toujours les mémos qtri
exercent les brigandages et les ravages. sont
inhérens à la présence d'une grande armée;
Mais l'atteste à l'UniTer» que ceux que
l'Armée a faits ne sont capables de des-»
honorer la Nation française. Ils sont) moin»
dres que ceux que les Anglais ont commis.
Je Mus bien faché de né pouvoir en dire
autant des Administrations et de quelques
Proconsuls montagnards.
Dés k commencement de la Campagne
wif
je commentai à dater toutes les opérations
des deux Armées. Je nie transportons sur le»
champs de liataille j examinois nos dispo-
ftitipns fit celles Je l'ennemi et j'en
chaque jour la note.. Quand je ne couc.evoit
pas les mouve'mexis- tes
Reuitier ou d'autres m'en .fesoi#nt conoeître
les .motifs et ce un planer de $otis-
faire. curiosité; y<*âk ce qui ma donné la
facilité d'esquisser .cetfz Histoife. Je ne &ui*
pas Militaire, et cependant tous les, 4étaiU
que je donne sont .exacte. J'ét ois sur les lieux »
ieconviersois journeilemem avec tousleigrRudfi
«etmtrs et ils »<le n«
c i.
Un long voyage iqiue. j'avois projet Ce m'a
£o9Gé'£ précipiter
IL- xaèjsuce que je l'ai
éétit y cet qe neme. sais ses
le relisait daii^ tjenfieinbl^jt
,IL
n'a donc que le mérifi» 4«f
h: jua& est 4nn* U»
*ema où l'on qe fait un jeu de mentir impu*
détriment.
Je préviens tous *ceux qui entreprendront
d écrire l'Histoire de cette Guepre qu'ils
doivent se tenir en garde contre les relations
des. Journalistes et même contre celles delà
Convention. On n'en a que de trés-infidelles.
Etant sur les lieux observant des veult
tout ce qui se passoit et lisant les rapporta
des Journalistes et ceux' qui se fesoient à la
Tribune de la Convention étonné de
les trouver aussi inexacts. Ainsi, quand
cette Histoire ne devroit servir que de ma-
tériaux aux Ecrivains qui entreprendront de 1
la îaïïïè en gran<J je ne de*vois pas balancer
de la mettre au jour. C'est ce motif qui m'iL
guidé. l i
Les Politiques sensés seront étonnés de ce
<pie je me trouve en opposition avec les meih
leurs Administrateurs de l'Europe, 4ur les
Compagnies de commerce. Je les prie d'ob-
server <|u*âncune de mes
matière, n'est absolue. Je redoute autant que
*.v
personne le» prérogatives des, Compagnies
et je sais qu'elles entravent toujours le négoce*
LorSkptë Ip célèbre Turgot écrirait contre
"la France étoit dan* un état de santé. Nous
avions des Armateurs qui pouvoient expédier
vingt navires pour lune des deux Indes.
Aujourd'hui que les tems sont changés si
le vertueux Turgot vivoit il changeroit
çeut-étre de système. Les principes de la
bonne administration sont toujours fixes
mais le tenu et les Circonstances en empé-
chent souvent l'application.
En générai, tant qu'il y aura des particu-
liers qui pourront et voudront faire le com*
roeice des deux Indes, il ne faudra point
exclusifs si même
on peut réunir par l'appât d'un encourage-
ment une société de Négociane il Ulut bien
se garder de leur accorder des [prrrjlèges*
Mais il faut que les Français fassent ce com-
.«nerce n'importe dé qu'elle manière, est
si nos Administrateurs pas le choix des
moyens ils doivent se servir de celui-là

L'impression de cet Ouvrage étolt très-
avancée lorsqu'on m'a fait appercevoir qu'il
«koit nécessaire d'y insérer quelques notes.
J'ai été obligé de les porter à la fin. Elle»
ont été mal numérotées > ainsi on les trou-
rera plutôt par la désignation de la page que
par celle du numéro. Un Ouvrage qu'on
écrit à bâton» ronkpus n'a jamais la régu-
larité dont il est susceptible.
Dans tout le cours de cette Hi6toire, fat
rapporté les hautes prouesses des Militaires,
en méme-tetns que lés extravagances dèqnef*
ques Proéonsuls. Mon but n'a point été de
louer les premiers pour les flatter, ni de
blâmer les autres pour les mortifier. J'ai
Homme les uns avec plaisir, parce que le*
conduite est honorable. J'ai passé tous si-
intention n'est pas de les désobliger. Ceux
qui aurontla modestie de se reconnoîtrè dana
quelqu'un de mes portraits ou dans quel-
qu'un des faits que je Vapporte se feront
plus de mal que je ne leur en fais s'ils
prennent de l'humeur et. qu'ils s'en fassent
Les Factieux Qui liront cet Ouvrage ne man-
queront pas d'impartir à l'Auteur toutes les
Comme il s'en faut Je beau-
coup qu'il soit leur partisan ils le traiteront
sans doute, d'Aristocrate, de Royaliste, de
Chouan, etc. Il prévient le Public qu'aucune
de ces qualifications ne lui convient il est Pa-
triote et passe pouf tel dans l'esprit de tous
ceux qui It$fr connaissent. Mais si pour con-
server faut avoir l'audace
d'un voleur ou celle d'un assassin il se fera
toujours un devoir d'y renon<>er. il >déteste
autant ceux qui assassinent les Aristocrates
que ceux qui poignardent les JgxcftUtfs, L^
fureurs de que contre les Albi-
geais, ne sont pas plus de son goût que
Robespierre et
A
HISTOIRE CHRONOLOGIQUE
DES OPÉRATIONS
D E, 1/ ARMÉE DU NORD,
ET DE C EJL.L E
D E S A MB RE E T US E.
PRE MI È RE PARTIE.
C H A F I T R «Ê P R E M I E R-
Etat de la France avant la campagne,
A l'époque où commence cette Histoire la
France étoit. en proie à une anarchie dont
aucun Peuple n'a donné l'exemple ceux qui
la gouvernaient étoient plus vicieux que Ca-
ligula, plus stupides qué Claude et plus crùels
que Néron. Aucun Etat ne eest trouve dans
une position aussi alarmante et aucun corps
social ti11». été si près de sa dissolution.
La guerre, ou les tribunaux de sang, détrui-,
soient chaque jour les 1 tomme s î> plus cott-
rageux, les mieux instruits et di'moralisoi<-nt
les ignorans est lésâmes .pusillanimes pour
échapper kja proscription il faiioît (•trecom-
plice de la faction 'dominante. Mourir,, se
rendre criminel, où fuir, voilà i iilfernnt îve
où étoiciit réduits toits les Français. La mort
planoit sur tous et menaçoit toutes les
les échos ne que ses lugubres cris
et tous les murs rteient tapissés de son image.
Les loix qui soucient du Corps législatif,
la plupart des arrêtés des Représentans du
Peuple, ceux des Administ^ ations subalternes»
les extravagantes délibérations des Comités
révolutionnaires et des SoGiétés, populaires
tout po,toit un caractère din|uotice d'extra-
vagance et de dissolution, dont le tableau
fçra toutes les races futures.
On. a quelquefois comparé notre horrible
situation à celle d'Athènes sous Draeoti mais
quelle différence! Dracon, il est vrai, a voit r
tait des iôix cruelles il en avoit même fait
4'inju^tes. puisqu'il punissoit la par nçsse de
4 peine capïtaie et on ne peut lire le code &$
cet austère, Législateur, sans frémir et saiis
nvoii? envie d'arraclier $ps pages de
qu'elle jettera les yeux sur celui de 4 Cou-
̃ < 3 )
a.
vpnhon pendant les
i-iè opprimée? la paresse est un défaut nuisible
et Ù la soeiYié., et a l'individu qui en est eiuâ-v •
thé; la corruption des Athéniens powrroit, si
non justifier, au moins atténuer la rigidité de
° cette me^iiff. Mais comment justifier;, co'm~
loix qui punissent de
ni ort les plus belles vertus sociales
1 hospitalité la piété cct?que diront nos des-
cendanslorsfjuils apprendront qu'un homme
mis hors de la loi, parce qu'il étoit de tel ou
tel parti, ou plutôt parce qu'il n'était d/aucun,
qui lui lorsqu'ils liront )
le dJcret de mise }lors de débats, ççjuidu qh
Prairial ect. 10 Juin v. st.
ils pas tentes de croire que ces Joix nojit pu
être proposées que par des antrol ophages, et;
qu'elle n'ont pu être adoptées que pair des,
foux, ou des ivrognes? et ne%era-troti pa*
pénétré de haine et de mépris pouj- toute la
génération présente ?
,0 postérité 1 suspends ta haine et
pt ne fais réjaillir ton exécration que sur ceux j
qui Font méritée. dans ces tems
^e cruautés et de brigandages, la
sédoit encore des hommes de qui con- i
principes et
( s
• i o i s < 1 < • p r n-
encore
<̃̃ nuis de la tvrannic
et toi (;u<>
h(i;iuiu'.s, il si;
cors on ne
€Îoit:[>ns en conclure l'auuéc n < t>t ̃
composée que de
qu'une s c>l lai \u\v
notre COîMiiute à et
t'empêche de laite L- s mêmes iVntie.s s.Ttlie
qiic les Français presque point de
des revu. étions; qr.v.
ce\ïx "ijiïî èuroien! pùlexir endo'nner croient en.
fui Jë'jou dans les fers, attendant une mort
Pense, avant de nous -blâmer, que
dans toutes les les ihtrigans les
assassins et les Jbourreaux ont toujours im
pkin- les, gens probes n'en ont jt-
niais; que ceux-là se coalisent et se corres-
• poncent exactement parce qn'iis sont en
minorité tandis que 1k crainte et l'aversion
pour le meurtre isjolentlesaûties; qu'en un mot
cetm qui savent -voler et assassiner iiiîissenjt
toujours par .imprimer", la* terreur et par
dominer, jusqu'à ce qu'ils tombent sous 1»
glaive de la Loi,
(5)
A :3
C H p RE ï I.
Tribunaux
Leurs grades
qui souvent pour placer leurs
ou leur:¡ amis et faisoîcnL incâ^
ceux dont Ils
ces.
étoient des titres qui faisoient perdre et les
grades et la liberté $&' ceux qui
ces belles qualité. Le véritable moyeu de bO
̃maintenir, n pas de mettre de l'exacti-
tude dans ses devoirs mais d'aller des
motions dans les Clubs. Un
Soldat abàndoiïnqit-il soa po^té pour aller
vociférer dans une Société populaire,. l!of-
iicièr ijiiî s'avisait de vouloir punir cette in-
fraction à la djsci])linë.étoit sûr des
rarniéo du Nord cônnoit l'aveu--
turedu J\!nî heu-
reusement cet exemple n'es; pas l'unique de
ce genre.
L'existence .physique «1rs lUniîair.'s éioit
donc plus exposée d. s auirvs Ci-
toyens., puisque indépendamment (:' ¡¡ne
commission de mort,
élémens que les Tribunaux rt'wliit:iù!inaires
ils nvoient à craindre le et iVui de
l'ennemi. Leur existence poîiii?rnc dc-pcndoit
d'un ge^te, d'un mot, ou d'un calomniateur
qui vouloit prendre leur place (t nos Pro-
consuls se faisoient un jeu de placer et de
déplacer, c'est-à-dire, de tout désorganiser.
Qri se demandera peut-être pourquoi plu-
sieurs milliers d'Officiers courageux, qui
avouent la confiance de leurs camarades, se
sont ils disses avilir et despoti-er par une
trentaine de coquins à pouvoirs illimités? La
réponse est facile les bons Militaires n'envi-
sageoient que la-destruction des armées enne-
mies ils savoient que nous ne pouvions
triompher qu'en observant une exacte disci-
pline. Or le moindre murmure qui eût éclaté,
auroit en traîné des suites funestes. D'un autre
cAté les
une destitution faisoit quelquefois avancer
Cent individus ceux qui n'y gagnoient rien,
Ai
tTosoicnt point murmurer, de peur cîè perdra
l'occasion de s'avancer dans une autre circons*
tance» Les rempïaçans s'érigeoient sQuvent en
cnloniwiateurs contre le destitué; bientôt Tin-
justice finissoit p*rr être préconisée; :par-ce
moyen les pouvoirs des Proconsuls devénoient
f.bs-olus et ne s'îirrétoiènt jamais où il falloir.
llitltard et Pichegru (1) étoient sévères, mais
justes la plupart des autres ('toient férocement
injustes. Ceux quisavoient allier la justice avec
la sévérité étoient a imés et estimées les autres
Jusqu'au commencement de cette catnv
pagnef }¡armée' du:, Nord avoit toujours été
battue, excepté à Honscthoote et au débloctis
de Maubeuge; elle étoit dispersée par petits
corps, cantonnés au tour des places depuis
Givet jusqu'à JDunkerque; elle étoit sans en-«
semble, et pour couvrir les v illes que les Pro-
consuls habitoient, ils y avoient rassemblé le
plus de troupes qu'il avoit été possible..
Il falloit. Occuper tous les villages de la
frontière si on en eût évacué un seul qu'on j
eût découvert une partie peu importante, pour
centraliser les forces et eh couvrir de plus
considérables, on étoit en butte à toutes les,
dénonciations des Sociétés populaires; on
était accusé de traité de contre»
(«)̃
révolutionnaire, et il n'y avoir que la, desti-
tution, la guillotine, ou la fusillade qui pût
expier cette mesure.
Le Gouvernement d'alors qu'on
Comité de salut publie ,» -̃ niioit il que nous
triomphassions de nos beaucoup
de gens pensoient que non; jVn ai vu qui me
vordo.t nous faim battre.
Ce qui a un peu dirige mon opinion de ce
cote-la., c'est la destitution deJourdan, au
moment où il avoit chassé l'ennemi de devant
au moment enfin où.il .ivf.it sauvé
la cliosepubtique. Beaucoup (!c 'Militaires qui
ont comme moi suivi les ordres impératifs
f|ue lé Comité envoroit aux armées, ont une
propension à être de cet a vis.
Quoi qu'il en soit, Condé, Valenciennes
le Quesnoy et une foule d'autres places et oient'
au pouvoir des coalisés. Ils çampoient, dana.
tous les points, sur le territoire français, et
nous n'occupions pas un seul de leurs villages.
Les choses étant dans cet état, le général
iPichegru ( 5 arrive en méme-tema que le
Représentant du peuple. Richard. Ces deux
Citoyens vouloient sincèrement "fairftc triom-
phernos aimes, ils s'appliquèrent donc à
rétablir l'ordre bientôt les dénonciations
furent moins fréquentée, et les destitution
( 10 )
CHAPITRE II I.
JEni/'ée en campagne prise tic Courtrai
bataille de Mocscrocn prise de
par les Français prise de Lan die des
par les Autrichiens.
JL/àns ce iems-là, le Gouvernement envoyait
aux Généraux Tordre impératif fet ridimle de
vaincre;
dans le môment où les trois meilleures forte-
resses de notre première ligne de fortification
Ploient au pouvoir de l'ennemi. Cet ordre
dc^oit lui tenir lieu d'instruction, car il n'en
eut pas d'autres il n'eut pas même de plan
de campagne dans les conférences qu'il avoit
précédemment tues à Paris il avoit été ques-
tion d'agir. au contre, et d'inquiéter rennemi
sur les flancs. Quoique cette marche présenta
bien des obstacles on la suivit d'abord mais
'on ne tarda pas l'abandonner.
Au commencement de Germinal ( fin Mars
<r. su > on fit sortir les troupes de leurs cati.
tonnemens; elles formèrent de petits campa
disséminés sujp toute "la (rentière. Gea cana-
jpemens n'a? oient d'autre but que d'accou-
(,Il )
tumer les soldats au mouvement et à l'activité.
Us àvôient en mème-tems celui d'empêcher
que l'ennemi ne pénétrât nos projets.
Ou rassembla <msuite un plus grand nombre
de troupes autour de Cambrai et de Guise.
On avoit alors dessein d attaquer l'ennemi
dans son centre, entre ïe Ca te au- Cambres is et
le Quesnoy, dé le chasser de cette fameuse
forêt cita :• Monnaie (lui étoit l'épouveritail de
tous les politiques^ de Paris et défaire en.
suite le siège du 'Quesnoy.
L'ennemi avoit aussi porté la plus grande
partie de ses forces sur ce point, etTavoit
choisi pour centre de ses opérations; a'insi,
le ag Germinal Avril v. il attaqua
Landrecies et en Et, l'investissement, sans
cpi'on pût lui opposer une assez forte résis-
tance,
Nos troupes constamment battues sur ce
point» étoient presque tombées dans le dé-
couragement, et ne tenoient plus en présence
de Tennfemi Pichegru vit qu en s' obstinant à
agir sur un terrein tant de fois teint du sang
de nos Défenseurs il devenoit impossible de
délivrer cette Place il dut donc ajourner sa
défense changer de plan, et voici celri qu'il t
Tout en faisant agir puissamment sur 10
(»O
centre d'après les ordres du Comité de Salut
Public "pour faire* une très- fort e diversion
et arracher l'ennemi du théâtre de ses vis-
toires Pichegru ordonna une invasion dans
la Flandre à cet effet, la division du
rai Souham(4)t forte de pics de 5o,«>oo
hommes, et celle du Gémial IMorcau
évaluéeà environ se mirent en marche
le,7 Floréal (âC Avril v. st.)- La première rnar-
cIta sur Courtrai, par tous les chemins oui
sont à la droite de Menin força tous les postus
qu'elle rencontra sur son passage, et entra
clans Courtrai à six heures du soir fi t dos pri-
fionniers et prit quelques canons.
L'autre dirigeant sa marche sur les deux 1
rives de la Lys, se pîara pour former le blocus
de Menin; ainsi, par cçtte marche^hirrdie et
Menin investi dans le raémejouri
iiiàrche aussi auda-
cieuse et aùs^ inattendue, jassenibia les "I
troupes g qui étoient autour de Tournai lit
venir une partie de sa réserve, qui étoit
entre Valencîennes et St.-Amandf, et lit la
tentative de nous forcer à débloquer Menin.
(28 Avril v. &t. ), Il repoussa quelques
postes de qui cou vroient les routes
de Lille à Courtrai prie position à
• ( i3)
<5t sur les hauteursdeCastrel,nous coupapres-
qrto toute communication deCourtrai à Lille
ef'Mcnin pouvoit étre délivré le lendemain.
Cependant on chauffoit vigoureusement
cette dernière Place et le feu s'y manifestait
dans beaucoup d'endroits mais pour l'envr
rorter, il LU oit battre l'armée ennemie et
c'est ce qu'on fit le 10. (f.9 Avril v. st.)
Connoissant le caractère national et sa-
chant que le Soldat français est meilleur pou*
l'attaque que pour la défense, Pichegru fit
prévenir Claïrfait eh l'attaquant. Le premier
choc fut vigoureux et força l'ennemi à se
retirer sur les hauteurs de Castrel. Nous na
pouvions chanter victoire qu'après l'avoir
chassé de cè poste et l'avoir forcé de se re-»
tirer sur Tournai; voilà ce qui donna lieu k
ce premier combat qui fut vif et sanglant
rnais qui fut le premier pas fait vers
Cependant cette attaque présentoitde grande
obstacles on ne pouvoit monter sut les haï»-
teurs pour atteindre l'arma de Clairfait que
par cinq défilés très-étroits que les batteries
de l'ennemi couvroient de mitraille il falloil
de l'audace et même de la témérité pour ât-«
taquer l'ennemi dans cette position. Mais le
Français nu combat n'eiivîsa^e que la victoire
O4">
et jamais le danger; on y arriva donc, le choc
| fut vif et sanglant. Clairfait fut.cn/in il de
céder, les Autrichiens et ie^ Hannov riens
j furent mis en déroute complue et uoo pri-
$onmers,8o officiers, canons, 4 drapeaux
j et5oo fùsils furent le prix de cette première
victoire.
On a toujours dit que l'influence physique
des Généraux ne déci^oit rien à !a guerre jt;
occasion. Notre aile droite «Hok en coinjiîette
déroute le 9 (aSAvril v. s ); 1 a niaj e u re pn r ii e dé
I cette armée étoit déjeunes gonsde la première
réquisition qui n'avouent: pas encore vu de
combats. J'ose dire que si les Généraux et les
Officiers âe leur avoient pas donné l'exemple
du courage, il$ n'auroieut pas tenu devant
l'ennemi. Mais leur exe.mple fit rallier les
fuyards et depuis ils n'ont pas fait un pas ré-
trograde on ne connut nïétrte plus
It pence entre les jeunes. gens et les anciens
militaires.
Tous les Généraux et tous tes corps se sont
distingués dans cette affaire niais le Général
cinquième régiment de chas-
s in pas3é#. x
Après cet échec l'ennenit ne pouvant plus
secourir Menin, cette place se r^ndijt le 4
( '5 y
Dans la nuitdu loau 1 1(29 et3o Avril v; st.),
il se passa unévéncment qui prouve que le^
hommes exaspérés sont capables de grandes
choses. La majeure partie de la garnison de
Meninétoit composée d'émigrés fiançais vers
une heure après minuit, ils firent une sortie
vigoureuse entre la porte d'Ypres et celfe dp
Courtrai. Au qui vive, ils répondirent en fran-
çais et au nomd'un bataillon français; ils égor-
gèrent les postes qui étoient sur ce point $t
non content d'échapper au de tçu#
les dangers, ils firent des prisonniers. Un exr
ploitaussihardiquoiquefait par nos plus grands
ennemis, Histoire.,
Le même jour que Menin se rendit aux
Français, Landrecies devint la proie des Au-
tr^ch i ens sans avoir fait la résistance qu'on au-
rait dû en attendre.
1 Après ces premiers .avantages Pichegru
\Vi striiit par l'expérience vit que tant qu'on
s'obstineroit à agir sur le centre on nepou-
voit pas espérer de succès. Il changea donc
totalement de pkn se détermina à n'agir vi^-
goureùîsement que sur les ailes, et tte tenta
pas de reprendre Landrecies.
Il ne laissa donc plus dans les places du
centre que les garnisons suffisantes pour les
mettre à l'abri d'un coup de main j, fit venir

( iG )
CHAPITRE
uo,ooo hommes qui avoient eu- près de
Cambrai et les fit camper à Sangliien, pour
les rapprocher du corps victorieux qui ctoii à
Courtrai; il fit marcher toutes les autres troupes
'sur la Sambrè pour agir avec î ai m e des Ar-
dennes contre le flanc gauche des ennemis*
Ces troupes commandées, savoir -celles tlel ar-
mée du Nord, par le Général .Desjardins, e-
celle des Ardennes par le Général Charbon-
mer, agirent ensemble s'emparèrent de Beaut
mont, et firent quelques inclusions dans le
territoire d'entre
( j8 )
renforcerlagarnisoiujt;Couiir..i
en même d'attaquer l'eiimini. Celte contre
marche se fit sans bruit', t.t il quatre, heures
du matin tout fut ira mémo ciat que la veille.
L'ordre fut donne 'd'altaqucr Claii l'ait à
iaux Macdonal( 5 ) et Maibrank re< urent ce-
lui d'aller passer la L) s k Menin et de
l'ennemi à dos pendant la sottie qu'on ferôit
deCourtrai cette parlail<imenl
bien combinée niais les troupes de ces deux
ijénéraux, fatiguées des marches de la veill«
ne purent pas être rendues à tems pour l'e'xr;-
cuter.
Le^ dispositions de reniiemi devant Cour-
trai ploient supérieurement, faites, il aveit
établi sept batiferics depuis la chaussée de
Bruges de Menin, dont deux con-
vroient de iiiitrailie ces deux défilés les seul»
paroù nous pouijioniï opérer une sortie. Leur*
tirailleurs ëtoieiJt postés dans les maisons de*
deux fâuxbourgs dans les bleds et les colzats,
jusq'ues sous les moulins qui, nous ser voient
de cavaliers leurs bataillons et leurs esca-
drons, qui formoient le cordon de l'arc
aboient de su[)cibes positions dans la plaine;
et quoique .Clairfait n'ait jamais eu le dessus
avec Picliéfri-i les miliUaiids de bonne foi»
B a
n'ont jamais pu s'empêcher de lui accorder
les talens et les coanoi$>ances d'un très-
grand Général il n'a cessé d'en donner des
preuves.
La multiplicité de tant d'obstacles n'effraya
point nos jeunes militaires. Jls firent leur sor-
tie au milieu des boulets et delà mitraille; ils
parvinrent à se développer et se battirent
avec tant d'acharnement jusqu'à dix heures du
soir, que Clan fait, désespérant depouvoirleur
résister, profita de l'obscurité de la nuit
augmentée par un brouillard très- épais pour
se retirer à Thielt sa retraitefut atême si pré-
ciritée, qu'il laissa ses morts et ses jblessës sur
le champ de bataille. Le Générai Autrichien
Wanekem y perdit la vie. C
Notre perte dans Cette sangïïm te sortie,
il n'en resta sur la place qu'environ deux
Cens mais de six à sept cens blessés qu'on
enleva il en mourut plus de la ino|tié L'en-
nemien perdit pour le moins autant..
Ce les réquisi-
tionnaires voy oient. Tous les/ morts | et les
blessés qu'on enlevoit traversaient les rangs,
et il ne faut rien moins que le fanatisme de la
liberté, pour n'être pas rebuté par un spec-
tacle aussi déchirant. Que la France ait trouva
(20 )
des Généraux capables de conduire les troupes
à là victoire cela 5e conçoit sans peine une
Nation instruite, que Iq Vandalisme n'avoit
pas encore totalement ravagée renferme des
hommes éclairés qui il ne faut que des
occasions pour se montrer grands mais que
Je nos chaumières paisibles il sorte subi-
tement des soldats capables de faire face aux
troupes les mieux àgu eriies voiià ce qui doit
étonner, et faire trembler en même tems tous
les ennemis' de notre Patrie. La Mythologie
nous dit dans ses hyperboliques allégories,
que les fondateurs de Thèbes sortirent tout ar-
inés de la terre l'Histoire peut assurer sans
hyperbole, que les Français naissent soldats,
et qulil neleur faut que des arines.
Le ttiéiiké jour 22 ( 1 1 Mai v. st. ) pendant
que npus triomphions à Courtrai l'aile droite
,de l'armée du Nord, réunie à celle des Ar-
dennes passoit laSambre, et s'emparoit de
Fontaine. TEvéque et Binch mais des renforts
arrivés du centre aux armées Autiichiennt
et Hollandaise la forcèrent le 24 ( i3 Mai
V. st. ) à la repasser. |
Cçitte armée agissoit sans accord; elle étoit
terrifiée par Saint-Justet Lebas plus que par
les cohortes ennemies. Ces deux tyrans you-
loient lafaire agir viTôflient mais ils ne cou-
(21 ) (
A 5
noissoient ni n'étoienr en état de conno1tre
ses moyens d'exécution. Iîàcrbyoient que pour
vaincre il sufifisoit de mettre le soldat entre
la .mort et la victoire voilà pourquoi leurs ex-
travagant arrêtas portcientpresque tous peine
de mort pourles feules les plus légères. Quand
on pense que ces monstres ont fait fusiller des
militaires pour avoir été sans permission à leur
Etat-major, on esi tenté de croire qu'ils av oient
plutôt envie de détruire notre armée que ce:le
des ennemis. Ce qui'peut venir à l'appui de
cet te conjecture, c'est que depuis le 24 Floréal,
(i5 Maiv. st.), ilsflre'it impérativement passer
et repasser plusieurs fois la Sambre, sans avoir
calculé les moyens de se maintenir de l'autre
côié etceîa donna lie:i a plusieurs combats
très sanglans qui nous firent perdre une
quantité prodigieuse de braves dv fenseurs ,'•̃•
et qui n'eurent aucune influence dans le
succès de la campagne»
4'près t'avantage obtenu à Courtrai Piche-
gtiï remit pour quelques )*ours le ccnrmande-
ment de atr G étiéral Sou*
ltàin et se rendit à 1-ailè- droite pour l'or-
ganiser la faire agir avec méthode
Icîx-i hcs opérations. Il prit même des mesures
pour lui faire repasser la Meuse fet pour at-
taquer Cbarlerpi; mais voyant que les deux
( 22 )
tigres, que j'ai déjà nommes, vouaient, d'une
volonté de tyrans, ne faire la guerre qu'a coup
d'hommes, sans tactique ni méthode", il re-
vint promptement donner ses soins à l'aile
gauche.
La pointe hardie que cette portion d'armée
avoit fait dans la Flandre attirait principa-
lement l'attention des coalisés.
L'Empereur 'trompé par les succès de la
campagne précédente ne rêvant que vic-
toire;» s'étoit rendu en personne sur la fron-
tière. Lui vinrent à,Tournai avec
̃20,060 hommes, ils se joignirent au Duc
cTYorçk. qui y étoit déjà avec l'armée An-
glaise et Hannavrienne et ils formèrent le
téméraire projet de blocquer la portion d'ar-
mée Gonrtrai. Cette entreprise étoit
concertée avec Clairfait, et fut on ne peut
pas mieux conduite, tant de la part du Duc
d'Yorck que de celle de Clairiait le lecteur
va en juger.
Tournai avec une armée de 46,000 hommes
attaqua le Camp de Sanghien et s'empara le
Nouveau, en un
mot de tous les postes .qui sont à là droite de
la grande route de Liîîé à Courtrai. Clairfait
partant de Thïelt avec un corp$ de 25,obo
hommes égorgera les postes qui garaoient la
Lys passa cette rivière à Vervik et Comines,
et vint prendre positron sur les hauteurs du
Blatôn et de Lincelks; il ne lui falloit plus
que trois quarts d heures pour opérer sa jonc-
t'on avec l'armée du Duc d'Yorck et pour
couper toute communication entre Lüle et
Couitrai mais ou la. prudence, ou la lenteur
de la marche l'empêchèrent d'arriver avant la
nuit du ?¡) ( 17 Mai v. st. ), de manière que
bissant libre la grande route de Lille à Coûi;*
irai le ordres de les prendre sur le tems, et
d attaquer le lendcmai.i à la pointe du jour
parvinrent aux troupes qui s'étoient retirées
autour de Lille.
Le lendemain 29 Floréal, (18 Mai v. st. )
a quatre heures du matin, la principale ct-
laque- se dirigea contre l'armée partie de
Tournai. Elle fut des plus vigoureuses et ja
résistane fut très- opiniâtre. Le combat dura
presque toute I& journée, et la victoire de
ineura iong-tems indécise; mais enfin lau-
dacéiet la constante bravoure de nos soldats
la fit peacher de notre côté. L'ennemi Put en-
foncé se mit en déroute et s'enfuit à Ton r
nai, laissant sur le champ de bataille une
quantité prodigieuse de morts et de bless s.
Cette victoire nou* vailut i,5oo pri«oa«iai
( 24')
Go canons beaucoup de chevaux de selle et
J d'artillerie beaucoup de bagages, de cais-
.ion» deux drapeaux et deux étendarts et
le Duc d'Yorck qui avoit établi son quartier-
gënnal à Koubnix ne dut son salut qu'à la
îegèreté de ses 'chevaux.
Le corps, commandé par Clairon, fut at-
tatjuê.par la division de JMoreau, à huit heures
et demie du matin comme il avoit la suné-
riorité du nombre Et rav;*ntage des positions,
itetit un moment de succès. Notre avant-garde
plia un instant et les «:harrois, ainsi que le
parc qui étoit à Hailuin, frappés (lune ter-
reur panique se mirent en déroute etfilèrent
sur Lille mais nos braves défenseurs eurent
bientôt repris courage et quand on eut battu
îe£)uc d'Yorck ou ne projeuoit rien moins
que de blocquer Clairfait sur la rive gauche
de ta Lys, et de le forcer, s'il y. passoit la nuit,
ou de se rendre ou de passer cette rivière
la nage. apprit, sans doute la., défaite du
Duc d'Yorck. » puisqu'il profita de* ténèbres
de la nuit pour repasser la rivière et il fit sur
Tliielt une si belle retraite que lô lendemain
on ne découvrit aucun .'ivestîge de son armée.
reconnoltre
les endrom où l'on pour roit passer l'Escaut f
place si on en
trouvoit l'occasion, et profiter du dénuement
d'artillerie où la victoire du Floréal (i$ Mai
v. st. ) avoit réduit l'ennemi l'armée se mit
en mouvement le 5 Prairial ( Mai v. st. ),
et se porta sur.la rive gauche dé l'Escaut. Ce
mouvement, qui n'aboutit à non, par la rai-
son qu'on changea de projet, fut très-funeste,
et enleva à la République une grande quantité
de braves soldats il est vrai que leur courage
.les entraîna plus loin que Pichegru .n'avoir or-
donna Il s'engagea sur plusieurs points, m ?.î$-
sur-tout près de Pont- Acliin les combats
les plus vifs et. les plus meurtriers de là.cam
pagne; on se battit toute la journée avec une
opiniâtreté et un acharnement inoui, sans
aucun, avantage de part ni d'autre et enfin
n»s, troupes rentrèrent la nuit dans leurs
positions de la»veille.1,
La. perte fût très considérable des doux
la
Ieurà3o©o lidnimes. On peut, sans exagérer,
pnrten à ce taux, et cette sanglante
affaire n'aboutit qu'à brûler s,ur l'Escaut quel-
ques be^andreschargées-dè. fourrages. On peut
regarder ce combat comme le plus meurtries
que nous ayons eu pendant toute la C4ix|- #
< *6 )
C H A P1T RE V.
Passages réitérés de la S ambre par l'aile
droit-- de V Armée du Nord retraité de
t Empereur ci f^iennc fausse attaque sur
Ypres investissement de cette Place
bataille d'Hooglède capitulation d' Ypres.
JLj' aile droite de l'armée du Nord avoit re-
passé la Sambre le premier prairiat ( 20 niai
v. st. j elle avoit enoore une fois repris Fon-,
taine-i'Kvéque et Binch et avoit fait l'inves-
seraaintiat
quelques jours dans cette position ;nais, le 5
( st. ), le Gëi?iéral Kaunitz 5' étant
renforcé avec les troupes qu'il avoit tirées du
centre, nous attaqua avec vigueur, et nous
força encore de repasser la per-
dîmes dans cette malheureuse affaire a& ca-
nons, sans compter les morts l'ennemi nous
lit plus de 12 ou i3op prisonniers.
Le 6 ( «5 mai v. st. ) et les jours suivans c«
corps d'armée Et de nouvelles tentatives. pour
repasser cette rivière mais tous ses efforts
furent infructueux malgré la guillotine et la
fusillade, dont Saint vaincu?,
(̃»7.>
Le i o ( ?9 mai v. st.), cette aile droite reprît j
encore ses positions au-delà de la Samtore
forma de nouvea le blocus de Charleioi, et
commença le Il 1 ( 3o mai v. et..) à y envoyer
des bombes mais le i5 l'ennemi
par des troupes qu'il avoit fait vettîr de Tour*
nai prit le moment que la garnison de Char-
leroi faisoit une sortie pour nous attaquer.
nous força de repasser encore la Samb;-e
de lever le siège de Cbarleroi dcmt une par-
tie étoit déjà .en feu.
Si Saint-Just et son digne acolyte
avoient aussi bien connu la tactique militai; c
que le métier de bourreau, au lieu de s'opt-
niàtrér au siège de Charleroi, au lieu de di-
viser les forces devant cette place, au lieu.
enfin de commencer par où l'on doit finir <i-
après avoir plissé la Sambre ils avoient chrrj
ché à battre rennemi s'ils y avoient réu.i
ils a|uroient obtenu des je commencement Li
îerot auroit alors éprouvé bien moins de cjii-
ficuités; tant ee braves gens qui ont perdu
la vie dans ces passages réitérés, vivroieut
pour servir la République et nos succès- au-
roient été bien plus rapides. Mais ces deux
caiiiiibales n'a voient aucune, connoissance eii
tactique, Ils bc sa. voient que destituer, iix~
*S )
carcér«r et faire mourir ceux qyï en avoient.
Ces deux buveurs de sang vouloient-ils faire
prospérer nos armes? je soutiens que non
ou s'ils le vouloient on peut hardiment con-
jure qu'ils étoient les êtres les plus cruel-
lement ineptes qui aient jamais existé.
La postérité crayonnera avec l'encre la plut
noire,- les' noms de ceufe. qui ont marché sur
les traces de Saint-J'usr. Pour moi qui n'ai
jamais:-sa m dire parmi tant de Procon-
suls qui se sont indignement conduits. soit
dans Ies départements -soit dans les armées,
je ne nommerai que ces deux là. Il faut
eftcorérme j'y sois forcé par les circonstances;
mais j4 ne veux pis que le public impute
les fautes de ces hommes, méprisables, aux'
braves militaires qui ne les ont pas partagées.
L'Empereur témoin de la mauvaise tour-
pure, que prévoient ses affaires né put pas
plus long tems en supporter la vue; voyant t|u*H
n'y avoit plus de lauriers à cueillir et que le
seul pays que les Français passent lui êiiva-
hir alloit tomber dans leurs mains, quitta
brusquement: Tournai partit pour Bruxelles
et reprit très- proxwptementla route de Vienne.
Après la sanglante journée du 3 Prairial
t Nord |>rit quelques jours de repos dans ses,
(
positions 'de Courtrai et de Sanghiem Pour
faire des entreprises sur Tournai il auroit
fallu faire agir dans des plaines immenses une
infanterie et une cavalerie d7une bravoure
éprouvée mais pas assez exercées aux ma-
nœuvres que l'on de voit exécuteur d'ailleurs
en agissant sur Tournai on se rapprochoit
du centre de l'ennemi, ce qui lui auroit don-
né la facilité de porter ses forces dans une
marche à droit ou à gauche, là où il auroit
voulu.
On eut encore le projet d'attaquer Clair-
fait à Thielt mais il y avoit trop de dis-,
tance et il étoit à craindre que Glairfait
ne fût pré venu avant qu'on eût pi l'atteindre.
Toutes ces considérations déterminèrent
Pichegru à faire retrâncher la ville de Cour
trai pour la mettre à l'abri d'un coup de
main, abandonner toute entreprise sur
Tournai et ',il. faire une fausse attaque sur
Ypres son but étoit d'attirer G airfait qui
naturellement devoit venir au secours de
ceue place, de le battre et de rendre par sa
'défaite le siège dTpres bien moins difficile.
On fit donc approcher des troupes le,;15
Prairial ( 1 Juin ▼• st. ), qui afriT<brent devant
Ypres du côté ViUecatté.
Le 14 ( a Juin, t- *t. ), on établit quelque»
( 3o)
mencèrent à tirer sur la ville le i uin
v. st), et causèrent quelques incendies.
Clahfait dut pénétrer ce projet; car il ne
vint pas comme on l'avoir espéré.
Alors on se détermina faire
le siège d'Ypres. Cette entreprise éF it la
seule qu'on pût tenter dans ce moment avec
quelque avantage; cette place -'toit absolu-
ment nécessaire pour assurer' la position de
uotre armée dans la Flandre et il n'y javoit
«IV.utremoyen d'attirer Ciairiait et deie battre.
Ypres fut donc cerné le Prairial (5 Juin
v. ât. ), et l'armée d'observa: ion vint camper
entre Paschendal et -Loiiguemark. Le om-
mandement en fut confié au générai Soulam,
et 1^ général Mereau eut celui de l'armée de
L'attaque régulière de cette place attira
rattention de Giairfait., qui laissa bientôt les
positions de Tliielt et s'avança jusqu'à Rdus-
s eïaer et Hoogléde. On appriçpar les déserteurs
et parles rapports des espions, qu'il n'attendait
que des renforts pour nous attaquer; m 'is
comme Biçhegru çonnoissoit le caiactêre dis
soldats français et qu'il a toujours eu poiijf
principe de ne pas se laisser attaquer, ildonnl
si >
Vannée d' bgervation se mit en marche le a»
Prairial ( Juin v. st. ). Deux de nos colon-
nes partie de Courtrai se trompèrent de che-
min et ne suivirent pas parfaitement leur ins-
truccion, é qui retarda l'attaque: malgr.é ce
contre-tems l'ennerni, sans être entièrement
défait, fut pourtant repoussé et obligé de se
retirer en désordre sur Thieit. Nous fîmes dans
cette occasion un assez grand nombre de
prisonnier et demeurâmes maîtres du champ
de bataille on fit plus on. s'empara des po-
sitions qu l'ennemi avoit pris à Housseîaer et
de.
Ciâirfait s'étant considérablement renforcé
par les trot pes que Cobourglui avoit envoyées
de Tourna nous attaqua le a5 ( 1 3 Juin v. st. )
•§ur tous Ie points, depuis Rousselaer jusqu'à
Hooglède. vec des forcés supérieures et l'ini-
tiative de l'attaque, il devoit se promettre les
plus grands succès il entrevit même un ins-
tant la victoire; car son premier choc culbuta
et mit en déroute notre aile droite, qui lui
abandonna Rousselàer. Mais la division du
générai Souham et sur-tout la. brigade de Mac- j
la plaine d'Hoogléde» lui
fit bientôt perdre ce premier avantage. Cette
brigade; m'étant plus appuyée surlà droite, fut
attaquée ds frout et de flanc, et elle étoit daru
(5a )
une si mauvaise position, que tout autre que
Macdonal auroit fait battre la retraite; mais
ce brave Ecossais soutint le premier choc avec
une il fut bientôt
ïenforcé: par la brigade de Devimher et ces
deux-colonnes se battirent avec tant d'achhi-
nement, que l'ennemi fut obligé déplier.
On ne fit pas ce jour lit de prisonniers; mais
on tua une très grande quantité 'd'ennemi* et
on força Clatrlait il abandonner Bousselaer et
;V se retirer dans ses positions ordinaires de
Cette bataille a été une ries plus sanglantes
delà campagne; mais aussi elle a été la plus
décisive, puisqu'elle nous a rendus maîtres
cFYpres de toute la West Flandre, et que
depuis ce moment l'ennemi n'a pu nous resis-
-ter, niaucenire, ni à droite ni Ú gauche.
Macdonal avbit été destitué par Saint Just
sous prétexte que n'étant pas
& ^e.P°11 voit pas être patriote les Généraux
avoieiit eu beau affirmer que ce Général étoit
un excédent officier un bon républicain,
Bfc-publicjue il La serviroit en brave et bon mi-
lifaire y n'importe', Saint Just vouloir désorga-
lîiser il le destitua. On -prétend que
::̃̃̃;̃'̃̃̃'̃"̃̃ .r'. de
( oZ )
de Saint Just, et de laisser continuer le service j
à ce brave militaire. Si cela est vrai, graces
soient rendues à ce bon Représentant.. Mac-
tloiiiol-a parfaitement bien servi dans toutes les •
occasions mais à Hoogîèdé il nous a sauvés.
S'il ne s'f fut pas trouvé, nous aurions été
peut-être obligés de lever le siège d'Ypres.
Que les militaires mesurentrétenduedo6 maux
qui en auroient jésuite.
La garnison d'Ypres ayant appris la défaite
de Ciairfait, capitula le 29 ( 17 Juin y. st ).
Quoique forte? de 6 à ymille îiommes, elle ne
pouvoit plus nous résister; elle accepta donc
toutes les conditions qu'on lui proposa. Elle
laissa tout ce qui ètoit dans la place, déposa
les armes sur les glacis et fut faite prisonnière
«le guerre.- ̃ ̃
Ça
de la Sambre. Malgré une vigoureuse résia*
tance de la parade l'ennemi, Jourdan fit passer?
la rivière et fit même reprendre les travaux
de Charleroi mais le succès ne fut que pas-
sager car le 2S ( 16 Juin w fit ) après une
action des plus vives et des plus meurtrières,
on fut forcé de lever le siège et de se retirer
derrière la Sambre; le 3o (, 18 Juin v. st. )
Jourdan tevint encore à la charge et la cons-
tante hravoure de nos défenseurs fut enfin
couronnée. Malgré une foule d'obstacles qui
paroissbient insurmontables, nos troupes pri-
rent position entre Mons, Bruxelles et Char-
leroi le siège de cette dernière place tant de
fuis entrepris et abandonné, fut encore une fois
recommencé, et c'est de cette époque qu'on
peutdateriessuccés brillans et continus de l'ar-
mée de droite pendantle reste de la campagne.
C'est à lafroide politique à, calculer les hom-
mes qu'ont coûté les passages réitérés delà
cambre et les sièges répétés de Charleroi;
le philosophe sensible jette un coùp-d'ceil ra-
pide sur l'aveuglement des humains, qui ac- i
couvrent, cçmime au spectacle, sur un point
donné s'y font massacrer; ou massacrent de
sang froid d'autres hommes de qui ils n'ont 1
reçu aucune offense qu'ils n'ont jamais vu
pour un terrein dont ils n'ont que faire et pour
C 36 )
des mots qu'il n'entendent pas, Les animaux
les plus fï-Toccs ne se battent que pour dé-
fendre leur subsistance ou l'objet de leur af-
fection les Français se son! b.atus pour dé-
fendre leurs foyers et empecht r leur territoire»
donc, légitime mais ceux q:u se battent pour
un homme qu'ils r>'aff< < t u jnnent pr.s qu'ils
necoiîiîoissi nt même pas, qui se dit leur jp.aitre
elles force de s'exposer à tous tkn^ers pouc
2iiainton:r sa puissance; ktir.s vo-
lontés etleurs bras mus par
desifoibles jnotifs? En vérité. mais jettons
lui voile épais sur les extravagances de l'hu-
est contentons-nous de conclure que homme
est le plus sot et In même- tems le plus nié-
chart de tous les êtres
caut,ét oit resté àTournai avec l'année Anglaise
eila réserve de l'armée Aatfietuenne, fut un
Soient devant Charleroi. llfievoit faire tous sea
efforts pour renforcer farrnéequiàgissôit sur
laSambre, afin de nous faire lever le siège;
en conséquence il ne laissa pour empêcher le-
passage de l'Escaut que l'iirmée Anglaise, il
lit évacuer les postes qu'il avoit en avant .dj»
(̃̃3.7 )
C S
Valenciennes, le Quesnoy etc. et alla avec
la réserve rejoindre son aile gauche. Mais
la victoire commençoît à soutire aux Répu-
et l'on véira qne tous ses efforts et
sa bonne tactique vinrent se briser devant
braves défendeurs.
Après l*a flaire et la prise d'Ypres,
toute la W est- Flandre de voit naturellement
tomber au pouvoir ifci
si bien cette partie de la con-
quise, que le ( 20 Jtûn v. st. ) l'ar-
tuée du Nord eut ordre d'obliquer à droite, et
elle vint prendre position derrière Wackemetîa
Wendelle. L'ennemi après avoir quitté Thielt
avoit établi des postes?! es de IJein.se; mais une
reconnoissance un peu forte 1 eut bientôt dé-
busqué de cette position. Ayant été instruit
de notre marche sûr la Mendelle, pour ne pas
engager une affaire il se retira sur Gànd nos
reconnoissances le poursuivirent jusqu'aux
portes de cette ville et lui firent beaucoup de
prisonniersHanovriens.Ç'étpientles premières
troupesAnglaises qu'on eut prises depuisla pu-
blication de cette infâme loi qui ordonnoit de
les massacrer on verra plus bas la conduite
qu^ont te'nue nos soldats envers ces malheur
reux.
L'on auroit pu dans cette circonstance s'em-
parer de Gand; mais le tems de cette con-
quête n'étoit pas encore at rivé. Cette plare
immense auroit exigé une forte garnison qui
durcit afîoibli l'armée et cette ville n'êtoit pas
d'une influencé réelle pour la'campagne;
d'ailleurs Pichegru avoir conni un projet bien
mieux combiné et bien plus sûr mais le Co-
mité de Salut Public lui ordonna impérative-
ment d'y renoncer. Ce projet v;< paroitru aux
yeux du lecteur; que ceux qui saventmener
les troupes a la victoire le jugent.
( 5q )
O4
C H A P I T R E V T 1.
Projet de passer V Escaut près
entrée des Français Bruges Os tende
et Garzd prise d'Ouqrnarde et de Tournai..
I iCHionu «voit formé le projet de passer
l'Escaut près d Oudenarde. Son desjieij étoit
*de séparer Cl air fait de l'armée Angaise, de
l'empêcher de. se retirer sur Bruxelles et de le
battre séparément. Il-se serpit ensuite porté
sur les derrières de l'armée ennemie qui agis-
soit sur la Sambre il l'auroit ou détruite, ou
mise dans l'impossibilité d'agir ensemble, et il
eut* très-certainement 'fait sa jonction avec
Jourdari ce prbjetétoit Superbe presque im-
m.inquàble et très économie de sang'humain
mais là où les vautours régnent il faut des ca
davres.
En exécution de ce plari| l'armée campa le
7 Messidor (26 Juin v. st.) entre Ctuipsliautea
et JVloëreghem le 9 ( orj Juin v. st ). Elle s'ap:-
procha d'Oudenaf de en prenant position entre
pour la nuit du 10 au 1 1 (^28 au a^ Juin. Dana
cet intervaîe arrive un autre plan découché par

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