Histoire de Saint Fulgence évêque et confesseur , rédigée d'après les fleurs de la vie des saints...

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Deville (Paris). 1824. 36 p. ; in-18.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1824
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HISTOIRE
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CONFESSEUR DE LA FOI CATHOLIQUE.
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HISTOIRE
DE
SAINT FULGENCE,
ÈVÊQUE ET CONFESSEUR,
RÉDIGÉE d'nprcs les fleurs de la oie des Saints, par
k R. P. RIBADÉAÉIBÀ de la Compie de jésus, eu
1637; et d'après les Vies des Pères et Martyrs,
traduites de l'anglais d'Alban Biitler , par l'abbé
Godescard, remues, en 1811, par M. l'abbé
NAGOT, ancien directeur du Séminaire de
Saint Sulpice ;
ORNEE D'UN PORTRAIT DE SAIMT-FULGENCE,
prophétisant, à Carthage, la fin de la persécution.
jKjT&.rfïKn Jeu accor d ez-mo i ma i ntenant la pa-
- « n me oui * l'heure indulgence et par d on
WARIS,
CWJ £ ^WBEYILLE, ÉDITEUR,
-
RUEMAZABINE, S" b.
Et" après le 8 juillet, même rue, n° 40.
1824.
AMIENS. — De l'Imp. cVAug. CARO.N",
cloître Saint-Nicolas, u. 3.
HISTOIRE
DE
SAINT FULGÈNCE,
ÉVÊQUE ET CONFESSEUR.
SAINT Fuigence naquit en Afrique d'une fa-
mille illustre et chrétienne; son aïeul, nom-
méGordien, sénateur de Carthage, àl'époque
de l'irruption des Vandales, se sauva en
Italie. Après la mort de Gordien, ses deux
fils, revenus en Afrique, recouvrèrent une
partie de sa fortune. L'un d'eux, nommé
Claude, euty de Marianne sa femme, saint
Fulgence, qui reçut le jour, en 468, dans
la ville de Télepte, l'une des principales cités
de la Byzacène.
Claude mourut peu après.
6 HISTOIRE
Saint Fulgence devint très-savant dans les
langues grecque et latine. Jeune encore, il
administra avec autant de modestie que de
sagesse le patrimoine et les affaires de sa
famille. Il était le bonheur de sa mère, la
consolation des affligés, l'exemple de tous
ceux qui le connaissaient, et malgré son ex-
trême jeunesse, on Je nomma procurateur ou
receveur général des impôts de la Byzacène.
Mais cette gloire ne satisfaisait point son âme,
car !a voix du Seigneur l'appelait à lui.
D'abord il renonça aux entretiens, aux
plaisirs, aux affections du monde, et se con-
damnant lui-même au silence qui favorise
les méditations religieuses, il se livra avec
ardeur à la prière, aux saintes lectures, au
jeûne et à la pénitence.
PE SAINT FULGENCE. 1
Quand il se crut préparé suffisamment par
ces pieux exercices, alla supplier Fauste,
évêque, et chef d'un monastère, de vouloir
bien l'y admettre comme novice. Fulgence
était riche et noble, et d'ailleurs bien jeune et
bien délicat pour un régime aussi austère !
cependant, vaincu par ses instances, Fauste
consentit enfin à le recevoir. Il avait caché
son projet à sa mère, dont il redoutait la
tendresse ; elle accourt désespérée au monas-
tère, redemande, en versant un torrent de
larmes, le fils utileappui de sa vieillesse, l'en-
fant respectueux qui ne lui a jamais désobéi.
Mais le Saint adolescent, qui aurait donné
sa vie pour sa mère, lui préféra son Dieu,
çt, de peur de succomber, il refusa de la
Tpirt Admis au rang des religieux;, il s'ap-
8 HISTOIRE
pliqua tous les jours d'avantage à l'exercice
de toutes les vertus chrétiennes, et à la péni-
tence. La rigueur et la continuité des jeûnes
l'ayant mis aux portes du tombeau, il persé-
véra dans son abstinence, persuadé que Dieu
lui envoyant cette maladie pour l'éprouver,
prendrait soin de le guérir; et cet espoir ne
fut pas trompé.
Il abandonna tout son bien à sa mère, non
à Claude son jeune frère, parce que, disait-il,
si l'affection venait à manquer à Claude pour
cette mère chérie, l'intérêt du moins le rc-
tiendrait dans le devoir.
Cependant Tramond, roi des Vandales ,
recommença la persécution contre les ca-
tholiques en Afrique , et le saint évêque
DE SAINT FULGENCE. 9
Fauste, obligé de s'enfuir, engagea Fulgence
à se réfugier dans un monastère dont l'abbé
se nommait Félix. Ce saint homme n'ayant
pu déterminer Fulgence à prendre à sa place
les fonctions et la dignité abbatiales, lui per-
suada enfin de partager l'administration de la
communauté. Félixresta chargé du temporel,
Fulgence s'occupa de l'instruction. Rien n'é-
gale la candeur de cette union qui dura six -
années sans aucun nuage. Mais enfin une
multitude de barbares s'étant répandue dans
toute la province, Fulgence et Félix avec
leurs religieux n'échappèrent à la mort qu'en
se sauvant à Sicca- V énéria, ville de la pro-
vince proconsuiaire d'Afrique. Alors ils tom-
bèrent au pouvoir des Ariens.
Un prêtre de cette secte, appelé aussi Félix,
10 HISTOIRE
d'origine barbare, riche et arrogant, fléau j
des catholiques dans cette contrée, se saisit
par ruse de Fulgence et de Félix qu'il tour-
menta cruellement à cause de leur foi. Quand
ils furent livrés aux bourreaux, chacun de
ces deux personnages s'efforçait d'attirer sur
lui la rage du persécuteur pour diminuer les
tourmens de son compagnon. Ce généreux
dévouement des victimes ne désarma point
leur ennemi. Après avoir ordonné de les
hattre à outrance, le prêtre arien leur fit raser
la barbe et les cheveux, les dépouilla igno-
minieusement et les chassa ensuite.
Cette conduite odieuse indigna rapme l'é-
vêque de Cartilage, tout arien qu'il était; ii
offrit de punir le prêtre Félix, pourvu que
Fulgence le voulut accuser ; jnais le Saint re-
DE SALNT FULGENCE. 1 1
fusa de venger les maux qu'il avait eu la gloire
de souffrir pour Jésus-Christ.
Cependant il aima mieux retourner en sa
province au milieu des barbares que de rester
parmi les ariens.
Depuis il passa en Sicile, delà à Sarragosse
où l'accueillit le saint évêque Eudale, ensuite
en une île (près de la Sicile) où s'était réfu-
gié l'évêque Rosignan, fuyant la persécution
d'Afrique, enfin à Rome pour visiter les maints
lieux et les corps des apôtres saint Pierre et
saint Paul.
Ce pèlerinage accompli, il retourna parla
Sardaigne enAfrique; sa présence consola ses
religieux. Il reçut de Silvestre, catholique
riche, puissant et zélé, un terrain commode
où il bâtit un nouveau monastère. Il y réunit
12 HISTOIRE
beaucoup de religieux qu'il gouverna sainte-
ment. Néanmoins comme il aspirait à une
retraite plus obscure, et à des fonctions plus
modestes, il s'enfuit et s'alla cacher dans un
autre monastère pour y vivre ignoré et con-
fondu avec le reste des moines; mais il fut
découvert, et l'évêqué Fauste lui enjoignit
d'abord de retourner à son troupeau et de
reprendre ses fonctions d'abbé; puis il le Et
prêtre , et ensuite évêque de Ruspe ( 1), ville
opulente et ornée d'une population estimable.
Ce fut un triple sacrifice imposé à la mo-
destie de saint Fulgence. Il se résigna pour-
tant. Les catholiques d'Afrique, alors persé-
(') Aujourd'hui Alfaques, gouvern. de Tunis.
DE SAINT FULGENCE. l5
eutés, se réjouirent de son élection, les ariens
en gémirent.
Un diacre ambitieux, encore appeléFélix,
briguant le siège de Ruspe, s'était seul op-
posé à l'élection de saint Fulgence; il mourut
dans l'année. Un homme riche et puissant qui
avait favorisé-cet ambitieux, perdit tout son
bien et SOD crédit.
Saint Fulgence, parvenu à l'épiscopat,
conserva toute sa modestie, son costume de
simple moine, son étonnante sobriété, sa
douceur pour le prochain, sa sévérité pour
lui-même et son amour pour son Dieu. Seule-
ment dans sa vieillesse, il ajouta à sa nourri-
ture un peu d'huile et à peine assez de vin
pour teindre l'eau qu'il buvait.
Il reprenait sur son sommeil le temps que

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