Histoire et statistique des ordres de chevalerie de l'Europe, par H. de Cormette,...

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impr. de C. Lahure (Paris). 1853. In-4° , 79 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1853
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HISTOIRE ET STATISTIQUE
DES
ORDRES DE CHEVALERIE
«
DE L'EUROPE
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ORDRES DE CHEVALERIE
DE L'El'ROPE
PAR H. DE CORMETTE
OFFICIER DES HARAS IMPÉRIAUX MEMBRE DE PLUSIEURS «OCIKTËS
SCIENTIFIQUES
PARIS
ANCIENNE MAISON CHAPELET
IMPRIMERIE DE CH. LAHURE
Rl'E DE VAIGIRARU, 'J
1853
PRÉFACE.
Les ordres de chevalerie sont très-peu connus. On ne se préoc-
cupe guère, en général, que des signes distinctifs de ceux en
renom.
Là se bornent même les connaissances de beaucoup de per-
sonnes d'une position élevée, dont l'instruction est d'ailleurs so-
lide, variée, étendue.
Ces institutions ont cependant joué un rôle important en Europe
depuis dix siècles, et leur histoire propre est intimement unie à
celle des peuples chez lesquels elles ont été établies.
Pénétré de l'utilité de les faire mieux connaître, et surtout de
faire apprécier les motifs de leur création, ainsi que leur influence,
suivant les époques, nous avons recueilli et réuni dans ce but les
documents de cet ouvrage.
Bien que le titre de celui-ci indique que nous n'avons dû nous
occuper que de l'Europe, nous avons fait entrer dans nos études
plusieurs institutions des États chrétiens d'Orient, créées dans les
mêmes conditions que leurs sœurs, et chez des peuples, de fait
complétement européens.
4
Ayant surtout en vue le côté historique nous ne nous sommes
pas arrêtés aux insignes et emblèmes des ordres que nous n'avons
envisagés que d'une manière générale.
Nous devons dire aussi que nous avons négligé les ordres tout à
fait sans valeur réelle afin d'apporter plus de concision et de
clarté dans l'ouvrage. Comme il est bon de mettre toujours un peu
de philosophie dans ses pensées comme dans ses œuvres nous
avons consacré un chapitre spécial à la statistique des ordres de
chevalerie. Cette étude conduit à des observations qui ne manquent
pas. 'd'intérêt.
Nous serons heureux si nous pouvons contribuer quelque peu à
faire mieux connaître par cette publication des institutions qui repo-
sent sur la religion, la morale et l'honneur.
CHAPITRE PREMIER.
INSTITUTIONS DES ORDRLS DE CHEVALERIE.
Les institutions des ordres de chevalerie occupent une place im-
portante dans l'histoire des peuples de l'Europe.
La plupart sont étroitement liées à des faits politiques graves.
Dans presque toutes, on reconnaît, à divers degrés, la traduction
d'une idée chrétienne et généreuse.
Tous les gouvernements ont eu depuis longtemps recours à ces
institutions.
La démagogie seule, toutes les fois qu'elle est parvenue à saisir
momentanément le pouvoir, a tenté de les détruire, sous prétexte
qu'elles étaient en opposition avec l'égalité absolue rêvée par tant
d'utopistes.
Les républiques anciennes, qu'on a voulu si maladroitement
prendre pour modèles, n'avaient pas, il est vrai, d'institutions
analogues aux ordres de chevalerie. On glorifiait néanmoins et
d'une façon tout aussi éclatante relativement aux conditions
sociales du moment, ceux qui avaient bien mérité de la patrie.
A Athènes et à Sparte, des ciseaux ou des pinceaux remarqua-
bles transmettaient aux générations futures leurs traits, et retra-
çaient leurs belles actions ou bien le peuple entier, assemblé devant
la tribune aux harangues, entendait leur éloge de la bouche d'un
des hommes les plus éloquents de la nation.
Le gouvernement romain ne se contentait pas de décréter que les
citoyens avaient bien mérité de la patrie.
Il décernait pour des actions d'éclat des signes distinctifs, hono-
rifiques.
C'était, certes, une belle et glorieuse récompense, que de monter
au Capitole, le front ceint de la couronne de branches de laurier,
et traînant à son char les chefs des peuples vaincus, aux acclama-
tions de deux millions d'hommes.
Cette distinction n'était accordée qu'aux généraux les plus illus-
tres. La couronne civique formée de branches de chêne pouvait
être le partage du citoyen qui avait sauvé la vie à un de ses sem-
blables, et dont les vertus étaient notoires.
On décernait aussi les couronnes ovale, obsidionale et vallaire.
Les intérêts matériels étaient toujours, en fait, l'objet ou l'occasion
de ces distinctions.
Il était réservé au christianisme d'en élargir le cercle, et d'en
élever la valeur en leur donnant pour base la religion et la morale,
de protéger par la même institution les faibles et les nécessiteux et
d'imposer plus particulièrement à certaines catégories d'individus
des devoirs impérieux envers Dieu et la société, et envers eux-
mêmes et de récompenser en même temps les vertus religieuses,
civiles et guerrières.
Le premier anneau de la longue et glorieuse chaîne des ordres de
chevalerie, commence au v" siècle, au berceau de la nation fran-
çaise, à l'occasion d'un fait religieux important à tous égards, le
baptême de Clovis.
Ce prince avait invoqué le Dieu de Clotilde, sa femme, avant sa
victoire de Zulpich contre les Souabes il avait promis de se con-
vertir au christianisme s'il triomphait de ses ennemis.
Saint Rémi archevêque de Reims, baptise le vainqueur au milieu
des magnificences du culte chrétien. Le fier Sicambre est profon-
dément ému il veut témoigner hautement sa reconnaissance au
Dieu des armées, il institue l'ordre de la Sainte-Ampoule en sou-
venir de ce que, suivant la chronique, une colombe lui apporta
l'huile sainte.
Quatre des principaux chefs francs, qui s'étaient convertis en
même temps que Clovis, reçurent seuls cette distinction, qui dis-
parut avec eux.
Le vi9 siècle qui a été marqué par l'organisation tumul-
tueuse des envahisseurs de l'empire d'Occident, a été pour l'Angle-
terre une série de luttes meurtrières et continues pour la défense
de son indépendance contre les Saxons.
L'année même où on a commencé à compter l'ère chrétienne
(51 G), Arthur de Caerlon fonda l'ordre de la Table ronde pour
unir par les mêmes liens les défenseurs du pays contre les envahis-
seurs, et stimuler leur courage.
Le vu" siècle n'est marqué par aucune institution d'ordres
toute l'activité des peuples qui se sont partagé l'empire romain est
concentrée vers leur installation, ou bien ils sont occupés de dis-
sensions intestines. Au vin* siècle, l'an 722, l'armée de Navarre
est en présence des Maures. La lutte est acharnée, la victoire sem-
ble pencher vers les barbares Ximenès implore le Dieu de ses
pères; il croit apercevoir aussitôt au sommet d'un chêne une croix
de bois adorée par les anges, il reprend immédiatement courage,
ramène à l'ennemi ses soldats démoralisés, et triomphe. L'ordre du
Chêne récompense les principaux chefs, et perpétue le souvenir de
cette victoire.
Les Sarrasins, dont les conquêtes furent si rapides pendant le
vu' siècle, mais qui assiégèrent, sans succès, en 672, Constan-
tinople, dont ils furent repoussés par le feu grégeois, se ré-
pandirent aussi en Afrique et en Europe. Au commencement du
vin' siècle ils s'étaient emparés d'une grande partie de l'Espa-
gne. En 732, ils avaient pénétré au delà de Poitiers, lorsque
Charles Martel, maire du palais, s'opposa au passage de l'armée
d'Abdérame et la tailla en pièces. Le champ de bataille fut jonché de
nombreuses dépouilles, notamment de magnifiques fourrures en
genette.
Charles Martel pour récompenser ses barons, leur accorda la
faveur de porter des marques de distinction en fourrure de cette
espèce.
Quelques années après, le gouvernement de la république de
Venise instituait l'ordre de la Calza dans le but d'engager les
citoyens du rang le plus élevé à se dévouer au service de la patrie.
Un seul ordre a été fondé pendant le ix° siècle.
Charlemagne pendant les guerres qu'il entreprit pour le renou-
vellement de l'empire d'Occident, distingua les services des chefs
Frisons par l'ordre de la Frise.
Au milieu de l'anarchie féodale du xe siècle un prince de
Normandie, Guillaume, plus tard le Conquérant, conçoit et exécute
une invasion en Angleterre, où il réussit à fonder une nationalité
puissante, qui a résisté aux causes de destruction qui menacent
toutes les sociétés, le temps, et les révolutions il crée avant de
s'embarquer l'ordre d'Ilarfleur, désignation tirée du point de rallie-
ment de son armée, et le confère à ses nobles barons. C'est un
puissant encouragement pour les plus valeureux, le présage des
succès et des récompenses à attendre de la victoire.
L'institution des deux ordres fondés au xie siècle se rattache à
une pensée religieuse.
En Navarre don Sancho nomme trente-huit chevaliers de Notre-
Dame du Lys pour engager la noblesse à combattre les infidèles.
En 1099, Godefroy de Bouillon fonda l'ordre du Saint-Sépulcre,
pour procurer secours et assistance aux pèlerins allant en terre sainte.
Quelques considérations historiques, relatives au rôle des ordres
de chevalerie institués à cette époque, doivent trouver place ici.
Pendant le x° siècle et la première partie du xie, le christia-
nisme avait failli céder au développement du génie barbare. C'était
l'époque de la maturité des nations incivilisées et les instincts
sensuels manquèrent l'emporter.
La lutte fut terrible.
Le christianisme représenté par la papauté triompha, et dès lors
l'ordre se rétablit, les nations modernes s'organisèrent.
Les dernières années du xi* siècle furent signalées par des éta-
blissements d'une haute importance pour l'Europe et pour l'ave-
nir, et qui portent l'empreinte du génie religieux.
Ces institutions ont le double but d'organiser la société, et de
préparer des bases d'ordre.
La plus importante, celle qui prouve le plus jusqu'à quel point
l'influence chrétienne dominait, est la chevalerie.
Son but fut d'appliquer à la religion et aux choses utiles le génie
turbulent et guerrier de la féodalité qui se composait de seigneurs
descendant des Germains.
Ils avaient conservé dans presque toute leur pureté les habitudes
de leurs pères.
Ennuyés de rester dans leurs châteaux forts, ils en sortaient
armés, et pillaient les négociants qui passaient dans la contrée, ou
bien, ils allaient chercher des aventures, afin de passer le temps,
et d'avoir quelque chose à raconter le soir au coin du feu. En un
mot, l'amour des plaisirs sensuels de toutes sortes, voilà quelle
était la vie des seigneurs d'alors, avec la débauche habituelle, et la
désorganisation de la famille comme conséquence. Quels moyens
le christianisme devait-il employer pour remédier à ces désordres? a
Il ne pouvait changer ces hommes totalement il fallait tourner
la difficulté il fallait donner à cet amour des combats un but utile
à la société.
C'est à quoi visa l'institution de la chevalerie.
Ces guerriers désœuvrés jusque-là prenaient un engagement
public de secourir le faible, de défendre l'opprimé, et de repousser
les ennemis de la religion; ils se mettaient sous la protection de
l'Église, et recevaient leur armure bénite des mains du simple
prêtre du village. Cette institution répondait tellement à l'état des
esprits, qu'elle fit bientôt des progrès rapides, et se conserva long-
temps dans toute son intégrité.
Le x' siècle avait été un siècle de mort, le xie fut celui de la ré-
surrection.
Il est marqué par le triomphe public et populaire de l'esprit chré-
tien sur les sensualités du monde barbare.
On quittait son pays, ses parents, sa fortune, pour une croyance,
et on frappait celle qui lui était opposée.
Un siècle plus tôt, la croisade n'eût pas été possible. Déjà les
Arabes étaient venus en Bourgogne; ils avaient vu Paris, et on ne
s'était pas soulevé.
D'où vient cela -?
C'est qu'avant le xie siècle l'esprit chrétien n'était pas enthou-
siasmé.
La croisade a été provoquée par cette puissance de conviction
chrétienne, qui fut le résultat des efforts tentés par Grégoire VII
ses successeurs, et le nouveau clergé. L'Europe tout entière, sans
distinction de race, oubliant les antipathies de peuple à peuple,
prit part à la croisade ce fut véritablement une insurrection de
l'Europe contre l'Asie.
Toutes les institutions chevaleresques du xne siècle se ressentent
de l'état des esprits à cette époque. Elles ont pour but la défense de
la religion chrétienne. Les statuts de la plupart sont soumis à l'ap-
probation des papes.
Les ordres des Templiers, de Saint-Jean de Jérusalem, de Mont-
joie et de Chypre sont établis en Asie par les princes croisés.
Isaac.Comnène, empereur d'Orient, fonde l'ordre de Constantin.
Les souverains d'Espagne, les plus religieux de la chrétienté,
créent successivement les ordres de la Hache, de Calatrava, de Saint-
Jacques, et d'Alcantara.
L'ordre de la Nouvelle Milice est établi par Henriquez, roi de
Portugal.
L'ordre du Saint-Esprit de Montpellier est institué dans cette
ville, pour venir en aide aux pauvres malades.
Le même mouvement religieux continue pendant la plus grande
partie du xme siècle.
Les ordres de Saint-Georges d'Alfama, de Saint-Dominique, des
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frères hospitaliers de Burgos, de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de
Notre-Dame des Grâces, de la Merci et de la Concorde, prennent
naissance en Espagne.
Saint Louis, roi de France, établit l'ordre du Navire en souvenir
de son expédition au delà de la mer.
Au xme siècle, l'élan qui avait emporté l'Europe vers l'Asie s'arrête.
Mais le sentiment religieux subsiste, et l'on voit poindre la renais-
sance du droit civil, et les influences de la politique.
L'ordre de la Scama est établi en Espagne en vue de la défense
du pays et de la religion contre les infidèles.
Un peu plus tard, l'ordre de l'Écharpe sert de marque de distinc-
tion à la noblesse.
La France fonde les ordres de la Noble-Maison, de Saint-Georges
du Camail, de la Sainte-Colombe.
L'ordre de la Jarretière et celui du Bain prennent naissance en
Angleterre.
Charles 111, roi de Naples, fonde l'ordre du Navire.
Albert de Bavière perpétue le souvenir des guérisons miraculeuses
attribuées à saint Antoine, par l'ordre de ce nom.
Les institutions du xve siècle ont lieu à peu près dans les mêmes
conditions.
Sigismond empereur d'Allemagne, institue l'ordre du Dragon,
renversé en vue de la guerre contre les hérétiques. ·
Le pape Pie II fonde l'ordre de Notre-Dame de Bethléem pour
encourager à la défense de l'île de Lemnos reprise sur les Turcs.
Plus tard, Alexandre VI crée l'ordre de Saint-Georges pour la
défense de l'Église contre les attaques de ses ennemis.
L'ordre de la Tour et de l'Épée rappelle la victoire remportée à
Fez sur les Maures par les Portugais.
Le politique Louis XI, roi de France, fonde l'ordre de Saint-
Michel pour flatter la noblesse, et se faire des partisans.
Au milieu de la renaissance des arts et des lettres qui se manifeste
au xme siècle, des attaques se produisent contre la religion.
CIl
La papauté fait appel aux chrétiens fidèles pour la défense de
leurs croyances.
Léon X fonde l'ordre de Saint-Pierre et de Saint-Paul dans le but
de provoquer à une lutte énergique contre les Turcs.
Paul III est le fondateur des ordres de Saint-Georges et du Lys;
le pape Pie IV convie, au moyen de l'ordre de l'Éperon les guer-
riers nobles à la défense de la religion catholique il fonde aussi
l'ordre de Saint-Jean de Latran.
La chevalerie, dans la véritable acception du mot, a complète-
ment disparu les ordres institués n'enrôlent plus sous la même
bannière pour en former un corps agissant par lui-même ceux qui
leur appartiennent ils confèrent seulement des distinctions hono-
rifiques, et servent d'encouragement et de récompense pour les
belles actions. On ne saurait révoquer en doute que beaucoup de
celles-ci, surtout de nos jours, ont eu en partie pour motif l'es-
poir d'une marque de distinction particulière, ou d'une décora-
tion.
En Ecosse l'ordre de Saint-André est spécialement destiné à la
noblesse par le roi Jacques V.
L'ordre de Saint-Étienne de Toscane rappelle la bataille gagnée
par le premier grand-duc, Côme de Médicis, sur le maréchal de
S trozzi.
Henri III, roi de France, établit en 1578 l'ordre du Saint-Esprit
pour opposer une barrière sérieuse aux attaques de la Ligue.
Le même prince veut récompenser les officiers et soldats invalides
par l'ordre de la Charité chrétienne.
Les événements politiques empêchent la réalisation complète de
son projet.
La plupart des ordres de chevalerie institués pendant le xvne siècle
ont, comme ceux du précédent, un cachet et des motifs religieux.
En 1607, Henri IV, roi de France, crée l'ordre de Notre-Dame
du mont Carmel, pour consacrer le souvenir de sa sincère conver-
sion au catholicisme
Louis XIII essaie par l'institution de l'ordre de la Madeleine en
1614, d'empêcher les duels si fréquents à cette époque.
Le pape Paul V institue l'ordre de Jésus et de Marie pour la pro-
tection de l'Église contre les infidèles et les hérétiques. Les ordres
de la Conception et de la Vierge ont le même but.
Le duc de Wurtemberg rappelle à ceux qui l'entourent, par l'or-
dre de la Tête de mort, la vanité des choses de ce monde.
L'ordre des Dames de la vertu est fondé par l'impératrice Éléo-
nore, après la mort de son mari, Ferdinand III, dans le but de
faire partager ses sentiments religieux aux dames de sa cour.
La défense de la religion est le motif de l'institution de l'ordre
de Saint-Michel de Bavière.
Un siècle avant les horreurs de la révolution française, en
avril 1G93, Louis XIV fonde l'ordre royal et militaire de Saint-
Louis, pour la récompense des officiers de ses armées Le sen-
timent religieux préside à cette création concurremment avec
l'esprit militaire. Chaque membre doit faire avant tout le serment
de vivre et mourir dans la religion catholique, apostolique et ro-
maine.
Cinq ans plus tard le czar de Russie, Pierre le Grand, établit
l'ordre de Saint-André, pour la récompense des services rendus à
l'État.
Avec le xvme siècle coïncide le dé\eloppement de l'élément poli-
tique des nations modernes.
Les institutions des ordres de chevalerie se ressentent de ces in-
fluences nouvelles.
Les souverains ont à récompenser des services rendus à leur per-
sonne ou à l'État.
Les ordres se multiplient dans des proportions considérables.
L'ordre du Mérite militaire est fondé en France pour les officiers
non catholiques.
Les rois de Prusse établissent les ordres de l'Aigle noir, de l'Ai-
gle rouge du Mérite militaire.
L'ordre de Sainte-Catherine de Russie rappelle le courage de
l'impératrice.
La même nation voit s'établir successivement les ordres d'Alexan-
dre Newski pour les mérites civils et militaires, de Saint-Georges
et de Saint-Wladimir.
Marie-Thérèse fonde, en Autriche, l'ordre de son nom exclusi-
vement réservé aux militaires.
Le Wurtemberg a sa décoration pour le mérite militaire. L'ordre
de Saint-Hubert est spécialement réservé à la noblesse.
Gustave III institue en Suède l'ordre de Wasa, pour la récom-
pense des mérites de toutes espèces.
L'Espagne continue à se montrer la plus fidèle nation dans ses
tendances religieuses.
Le roi Charles III établit l'ordre de son nom dans un but reli-
gieux, en le consacrant au mystère de la Conception.
L'ordre de la reine Marie-Louise récompense la vertu et encou-
rage à sa pratique.
L'importance et la diversité des événements politiques qui se sont
accomplis depuis le commencement du xixe siècle jusqu'à nos jours
justifient les motifs et la forme des institutions de cette période.
Pendant les vingt premières années, les ordres de chevalerie sont
surtout destinés à récompenser les vertus guerrières. Avec le calme,
l'élément civil reparaît plus librement. Plusieurs récompenses lui
sont exclusivement destinées et quelques ordres précédemment
existants lui sont appliqués.
Le grand homme qui a porté si haut la gloire de la France, et
dont le neveu continue l'oeuvre avec tant de fermeté et de talent,
comprit, dès son avènement au pouvoir, qu'il fallait relever en
France les sentiments religieux et moraux émoussés ou épars par
une anarchie sans égale dans l'histoire.
Napoléon créa en 1802 l'ordre de la Légion-d'Honneur « qui dé-
core le savant dans son modeste réduil l'homme d'État sur les
bancs du conseil, la valeur jusque dans les derniers rangs de l'ar-
mée, et qui établit un lien fraternel entre toutes les gloires, et les
recommande également à l'estime des nations, et à la reconnais-
sance des citoyens. »
Ferdinand VII, roi d'Espagne, institue en 1814 l'ordre de Saint-
Herménégilde dans le but de récompenser son armée.
L'ordre royal et militaire de Saint-Ferdinand date de 1815.
L'ordre royal d'Isabelle la Catholique a été institué à la même
époque pour récompenser le dévouement et la fidélité au souverain,
ainsi que le zèle déployé pour la conservation des possessions de
l'Espagne dans les Indes
En 1833, le roi Ferdinand a fondé l'ordre d'Isabelle II, pour
consacrer la prestation de serment à la princesse Isabelle son au-
guste fille, aujourd'hui reine d'Espagne, qui devait lui succéder à
défaut de mâle.
Les ordres de Saint-Grégoire le Grand et de Saint-Sylvestre ont
été établis par les papes.
L'Autriche, la Prusse, la Russie, la Saxe, le royaume de Naples,
la Sardaigne et les royaumes nouvellement établis ont leurs ordres
nouveaux.
La croix de Fer rappelle la séparation de la Belgique et de la Hol-
lande.
L'ordre de Léopold devient l'ordre national de ce nouvel État,
il a beaucoup d'analogie avec la Légion-d'IIonneur de France.
Le roi de Grèce récompense par la croix du Sauveur le dévoue-
ment de ceux qui ont concouru au glorieux affranchissement de la
nation ou qui la servent avec honneur.
Cette longue série d'institutions est terminée par celle de l'ordre
de Pie IX.
Sa Sainteté, dont la bonté est connue du monde entier, a voulu
récompenser en même temps ceux qui ont délivré la chaire de saint
Pierre de la démagogie, ou qui la soutiennent, et ceux qui montrent
par leurs actions qu'ils sont profondément attachés à la religion ca-
tholique.
La Providence a permis, qu'au moment où nous écrivons, la
chaîne des ordres de chevalerie s'attache, d'un bout, au berceau de
la nation française, à un acte chrétien d'une haute importance pour
l'avenir, le baptême de Clovis, chef de la tribu des Francs, et de
l'autre à la reconsolidation de la foi et de la religion par l'heureux
retour à Rome de la papauté, momentanément éloignée de son siège
par l'esprit de désordre, de sensualisme et d'incrédulité.
CHAPITRE II.
LES ORDRES DE CHEVALERIE DANS LES PRINCIPAUX ÉTATS
DE L'EUROPE.
La religion catholique a de tous temps joué un grand rôle dans
l'institution, ou le maintien des ordres de chevalerie, dont l'action
moralisatrice et bienfaisante a été d'autant plus efficace, qu'ils lui
étaient plus étroitement liés.
C'est dans les États où le sentiment religieux est le plus déve-
loppé, que les premières fondations ont eu lieu; c'est là aussi que
les ordres se conservent le plus longtemps, et qu'on les trouve en
plus grand nombre.
Trois contrées de l'Europe sans conteste les plus chrétiennes et
les plus catholiques ont, sous ce rapport, une supériorité bien mar-
quée sur les autres.
L'Espagne a eu vingt-six ordres.
La France en a possédé dix-huit.
On en compte trente et un dans l'agglomération italienne.
Pour les trois peuples, c'est un ensemble de soixante-quinze
ordres, c'est-à-dire plus de la moitié de ceux institués dans toute
l'Europe, et dans les États chrétiens d'Orient.
La France ouvre la marche par l'institution, en 496, de l'ordre
de la sainte Ampoule, à l'occasion du baptême de Clovis à Reims
par saint Remy.
Ximenès fonde en Espagne l'ordre du Chêne, en 722, en souve-
nir de sa victoire sur les Maures.
La première institution des ordres de chevalerie -en Italie remonte
à l'ordre de la milice de Jésus-Christ, établi en 1219 par saint Do-
minique pour la défense de la religion.
Les ordres de Notre-Dame de Bethléem de Saint-Georges de
Saint-Pierre et de Saint-Paul, du Lys, de l'Éperon d'Or, de Saint-
Jean de Latran de Saint-Étienne, de Notre-Dame de Lorette de
Jésus et Marie, de la Vierge, etc., sont successivement institués.
Cette longue série des ordres d'Italie est terminée par ceux de
Savoie (civil), de Saint-Grégoire, de Saint-Sylvestre et de Pie IX.
Il n'est pas une seule de ces fondations, qui n'ait été empreinte,
à un certain degré, d'un cachet religieux.
Toutes révèlent des croyances profondes. Elles ont été consacrées
pour la plupart par l'intervention directe ou l'approbation des sou-
verains pontifes.
Les ordres de cheyalerie de l'Espagne, le royaume chrétien et
catholique par excellence, sont tout à la fois religieuses, chevale-
resques, et politiques.
La longue et glorieuse lutte de la péninsule ibérique contre les
infidèles a son histoire tout entière dans les ordres de chevalerie
institués pendant cette période, et plus particulièrement dans ceux
des Dames de la Hache, de Calatrava, de Saint-Jacques, d'Alcantara,
de Saint-Georges, de la Scama. La charité envers les pèlerins allant
prier Notre-Dame de Galice, ou saint Jacques de Compostelle a été
exercée par les frères hospitaliers de Burgos.
Les Dames nobles de Barcelone de l'ordre de Notre-Dame de la
Merci assurent, en 1228, des secours aux pauvres et aux prisonniers
malades. L'ordre de Notre-Dame des Grâces a été fondé pour le
rachat des chrétiens tombés entre les mains des infidèles.
La fin de la lutte avec les Maures n'amène pas en Espagne le re-
froidissement des croyances religieuses. En 1771, le roi Charles III
consacre l'ordre de son nom au mystère de la Conception.
Les noms des ordres de Saint-Ferdinand et d'Isabelle la Catho-
lique, créés en 1815, indiquent assez que l'Espagne est, à toutes les
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époques, éminemment religieuse, et que ses souverains sont tou-
jours fiers d'être les plus catholiques de la chrétienté.
L'ordre d'Isabelle II rappelle la prestation de serment à Sa Majesté
la reine actuelle.
En France, comme partout ailleurs, les ordres de la chevalerie
ont été l'expression des mœurs du temps, des conditions sociales, et
des événements politiques.
Les institutions sont religieuses, guerrières, avec Clovis et Charles
Martel, et pendant les croisades.
Louis XI, Henri III et Henri IV fondent des ordres spécialement
politiques.
La décoration de Saint-Louis reflète la gloire militaire du siècle
de Louis XIV.
L'ordre du Mérite militaire est affecté en 1759 aux officiers pro-
fessant la religion protestante.
La Légion d'honneur, institution si bien nommée, et dont l'ac-
tion moralisatrice et stimulante est si manifeste sur les masses, réunit
toutes les gloires depuis le commencement de notre siècle.
Le royaume de Belgique, dont les institutions rappellent beau-
coup celles de France, a une décoration analogue à la Légion
d'honneur, et qui est destinée à la récompense de tous les mérites.
L'ordre de Léopold est un des ordres récemment établis les plus
estimés.
CHAPITRE III.
EMBLÈMES DES ORDRES DE CHEVALERIE.
Les marques distinctives des ordres de chevalerie ont eu pour
base, à toutes les époques, la croix, signe de la divine rédemption
de l'humanité par le christianisme.
On y a ajouté, suivant les circonstances et les Etats, des acces-
soires rappelant le fait qui avait provoqué l'institution, ou ayant un
caractère allégorique, avec des devises emblématiques.
L'ordre de la Sainte-Ampoule, institué par Clovis, avait pour
marque distinctive une croix supportant une colombe apportant le
flacon d'huile sainte.
L'ordre du Chêne était représenté par un chêne surmonté d'une
croix.
Les chevaliers de l'ordre de la Genette suspendaient à leur cou
l'effigie de l'animal dont ils étaient autorisés à porter la dépouille
en souvenir de la victoire de Charles Martel sur les infidèles.
Une couronne royale était le signe de l'ordre de la Frise institué
par Charlemagne.
Les Templiers ne portaient, comme les croisés, qu'une simple
croix sur leurs vêtements.
Les figures d'animaux jouent aussi un certain rôle dans les orne-
ments chevaleresques.
L'aigle est l'emblème de la puissance et de la vigilance; le lion
est employé comme le symbole du courage et de la bravoure.
La licorne est une devise de foi et de loyauté.
Outre les marques distinctives de l'ordre auquel il appartenait,
chaque chevalier avait son blason particulier dont les signes sont
soigneusement conservés dans les armoiries de nos jours.
Le chevron la pointe renversée indiquait l'étrier du cavalier,
la pointe en haut, il représentait les engins de la guerre.
L'échiquier était le signe d'un champ de bataille où on avait eu
l'honneur de commander une armée.
Les besants d'or ou d'argent, les pièces de monnaie rappelaient
la rançon payée pour le rachat d'un prisonnier.
Les tours étaient le signe de la prise d'assaut de villes fortifiées.
Les devises des ordres de chevalerie sont spéciales à chacun. Nous
croyons devoir en citer quelques-unes.
Les insignes de l'ordre romain de Saint-Sylvestre consistent dans
une croix d'or octangulaire représentant au milieu de l'effigie du
souverain pontife, saint Sylvestre, sur un champ d'émail blanc, en-
touré d'un cercle émaillé bleu, avec l'exergue ci-après SANC SYL-
vesteb P. M au revers, sur un cercle d'émail bleu, on lit ces mots
GREGORIUS XVI restituit; et au centre, l'année de l'institution.
La légende de l'ordre de Saint-Grégoire le Grand est PRO DEO ET
principe.
La décoration de l'ordre royal et militaire de Saint-Ferdinand
d'Espagne porte l'inscription suivante AL bierito militar. – El REY
Y LA PATRIA. On lit cette légende sur la croix de l'ordre d'Isabelle la
Catholique A LA LEALTAD ACRISOLADA, POR ISABELLA CATOLICA.
La devise de l'ordre du Saint-Esprit institué en France en 1578,
et dont les membres portaient un costume d'une extrême richesse,
avec une croix sur la poitrine, était celle-ci DUCE ET AUSPICE.
La légende de la Légion d'honneur est Honneur ET PATRIE.
L'ordre de la Jarretière a pour devise Honny SOIT QUI MAL Y
PENSE.
Voici la belle légende de l'ordre de Sainte-Anne (duché de Schles-
wig-IIolstein) Foi, PIÉTÉ, JUSTICE.
Comme nous n'avons pas en vue de nous occuper dans cet ou-
vrage des insignes des ordres de chevalerie nous n'entrerons dans
aucun détail à ce sujet. Nous dirons seulement, qu'ils consistent
aujourd'hui en bijoux affectant la forme de croix, et suspendus
généralement par des cordons de diverses nuances, qui servent
d'ordinaire à leur tour de marque de distinction dans les circon-
stances habituelles.
CHAPITRE IV.
STATISTIQUE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
Les chiffres ont leur valeur en toutes choses, aussi bien en his-
toire, qu'en économie politique.
La statistique éclaircit ou confirme les faits.
Les tableaux placés à la fin de ce chapitre i enferment en quelques
lignes beaucoup de renseignements, et l'on peut dire, l'histoire
tout entière des ordres de chevalerie en Europe.
Cent quarante-huit institutions d'une valeur réelle ont été faites
en quinze siècles (tableau n° 1).
Du v0 au xi" inclusivement, leur nombre est fort restreint;
mais au xn* siècle la chevalerie a pris naissance, l'Europe est en
lutte avec les infidèles il faut grossir le nombre des combattants,
exciter leur courage douze ordres, la plupart militaires et reli-
gieux à la fois, sont créés tandis que deux seulement avaient été
institués dans le siècle précédent.
Le nombre des ordres établis dans chaque siècle varie peu jus-
qu'au xvih' siècle, où l'organisation politique de l'Europe, et des
conditions sociales et des mœurs nouvelles, provoquent des insti-
tutions plus que doubles de celles des siècles antérieurs.
Il en est de même du xix" siècle.
Si nous comparons, par siècle, le nombre des ordres institués au
nombre total de ceux établis, nous trouvons les résultats ci-après
xii* siècle. 0,08 pour cent.
xiii* siècle 0,09
xve siècle. 0,06 pour cent.
xviii* siècle 0,16
xixe siècle 0,32
Le nombre des ordres existants en 1853 est de 0,62 pour cent,
celui des ordres éteints est de 0,37.
En général les ordres existants sont moins nombreux pour les
premiers siècles que ceux éteints, ce qui s'explique facilement, et
doit être (tableau n° 2). Le xnc siècle fait cependant exception.
Douze ordres ont été fondés dans cette période six ont subsisté,
et ont conservé leur renommée, malgré la date reculée de leur insti-
tution.
C'est qu'ils étaient l'expression de besoins réels, et qu'ils avaient
leur appui sur des bases solides.
Religieux et militaires, en même temps, ils ont acquis une gloire
impérissable.
On n'oubliera jamais les chevaliers de Calatrava, de Saint-Jacques
et d'Alcantara.
Sur les six ordres, quatre appartiennent à la péninsule Ibérique.
Un seul ordre institué avant le xne siècle existe encore celui du
Saint-Sépulcre fondé en 1099.
Beaucoup d'ordres, véritables associations créées en vue de
la guerre contre les infidèles, ont dû nécessairement tomber en
désuétude lorsque cette lutte a cessé.
On peut se rendre compte par cette observation pourquoi sur
les quatorze ordres du xm* siècle, il n'en existe plus que deux.
Envisagés au point de vue des motifs de leur institution, les
ordres de chevalerie prennent rang conne il suit (tableau n° 3)
Ordres politiques et mixtes. 0,28 pour cent.
Ordres militaires et religieux. 0,28
Ordres religieux 0,17
Ordres militaires 0,13
Ordres spécialement civils. 0,06 pour cent.
Ordres distinctifs de certaines classes. 0,06
La proportion du nombre des ordres créés dans chaque État
avec le nombre total des institutions, est celle-ci
États italiens réunis. 0,20 pour cent.
Espagne 0,17
États allemands de second ordre réunis. 0,17
France. 0,12
Autriche. 0,04
Prusse 0,04
Iles Britanniques. 0,03
Portugal 0,02
Belgique. 0,013
Grèce 0,013
1.'Espagne occupe de fait le premier rang, si on examine séparé-
ment les institutions dans les divers États formant l'agglomération
italienne. En effet, Rome figure dans ce cas pour 0,12, Naples
pour 0,04. Le chiffre de la Sardaigne sera 0,02, comme celui du
Portugal et prendra rang avant la Belgique et la Grèce.
La faiblesse numérique de ces derniers États résulte de leur for-
mation récente.
Ce n'est pas à dire, d'ailleurs, que leurs ordres de chevalerie
aient moins de valeur que d'autres. Les institutions de ce genre
ont au contraire souvent d'autant plus de prestige qu'elles sont
moins nombreuses, et surtout qu'il est plus difficile d'y être
admis.
N° 1.
TABLEAU
DES INSTITUTIONS DES ORDRES DE CHEVALERIE.
INDICATION NOMBRE NOMBRE
DES ÉTATS
DES DES dans lesquels les OBSERVATIONS.
ordres
SIÈCLES. ORDRES ÉTABLIS. ordres
ont ete établis.
V» 1 1
VIe 1 1
vu » » 11 n'y a aucune institution importante dans le
courant de ce siècle.
vui" 3 3
ix6 1 1 J
x« 1 1
xie 2 2
xne 12 5
~«jl« H o L'ordre de la Milice de Jésus-Christ est institué
en même temps en Italie et en France.
xrv* 10 4
««• Q <j L'ordre de la Toison d'OrT fondé au xv" siècle
dans les Pays-Bas, passe ensuite en Autriclie, et en
.«.< 1 2 4 Espagne, où il a son siège principal aujourd'hui.
XVII* 10 5 L'ordre de la Conception, fondé au xvu" siècle,
est institué en même temps en Italie et en Alle-
XVIII* 24 10 magne.
HX* 48 11 1
148
4
--1 NO «2.
TABLEAU SYNOPTIQUE
DU NOMBRE DES ORDRES INSTITUES, ET DE CEUX EXISTANT EN 1868.
i
INDICATION NOMBRE NOMBRE NOMBRE
du du du DU OBSERVATIONS.
ORDRES
SIÈCLES. ORDRES ÉTABLIS. ORDRES ÉTEINTS existant eo ) 853.
Ve 1 1 »
VIe 1 1 »
y ..e n )1 n Aucun ordre de quelque valeur
n'a été institué dam ce siècle.
vin' 3 3 »
IXe 1 1 »
x* 1 1 »
xi' 2 1 1
xii' 12 fi G
xme 14 12 2
xive 10 7 3
xve 9 4 5
xvr 12 7 5
xviie 10 7 3
xviii6 24 1 23
xixe 48 3 45
148 55^ 93^
N° 3.
CLASSEMENT DES ORDRES
SUIVANT LES MOTIFS DE LEUR INSTITUTION.
DÉSIGNATION NOMBRE
»b» Du OBSERVATIONS.
ORDBES. OKD&ES.
Ordres religieux. 26
Ordres militaires et religieux. 42
Ordres militaires 20
Ordres civils 9
Ordres distinctifs de certaines
classes. 9
Ordres politiques et mixtes.. 42
148
j
INDICATION NOMBRE NOMBRE NOMBRE
des de» ordre» de» ordre» desordres OBSERVATIONS.
ÉTATS. INSTITUÉS. EXISTANTS. ÉTEINTS.
Espagne 26 12 14
France. 18 6 12
États italiens 31 17 14
États allemands. 26 20 6
Autriche 7 6 1
Prusse 6 6 «
États chrétiens d'O- Le el~iffre total de la ci)lt)nne I
Le chiffre total de la colonne por- 1
rient U 2 4 tant pour titre nombre des ordres II
Iles Britanniques. 5 4 1 '««». est de im. p.« que iw I
HesHritanuiques. 5 4 1 dredelamilGrdelésus-Christetce.
es 1 dredela mil» e de Jesus-Chn&t et ce. Il
PaVS-BaS 5 4 I lui de la Conception y figurent chacun 1
K deux fuis. Le premier ayant été in- II
ttUSSIC 5 5 >> stitué en même temps en France et il
Sllèdt? 4 3 j en Italie, et le second appartenant I
pour la mrrne cause a l'Italie et a n
Portugal 3 3 >J rAUemagnr. L'ordre de la Toison-
ni< c\ c\ )7 d'Or figure aussi aux titres Pays-
Belgique 2 2 )) Bas, Espagne et Aotrici, Le nom-
OatlCIDark 2 2 p '>re total des ordres institué» n'en est
pas moins de cent quarante-huit.
1 *rCCC a. X Quatre-vingt- treize existent cin-
États divers. 4 1 3 ont été supprimés ou
a s (l\ers, IIODt éteiats.
1 52 95 57 i I
N° 4.
^L^L^L^LH TABLEAU ^LH
DU NOMBRE DES ORDRES DE CHEVALERIE INSTITUÉS DAKS LES DIVERS ÉTATS.
CHAPITRE V.
PRÉCIS HISTORIQUE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
ESPAGNE.
ORDRE DU CHÊNE.
(722. – E.)1
Cet ordre a été créé en souvenir de ce que Xiniénès dans une
bataille contre les Maures, alors que ses soldats commençaient à
plier, crut voir au sommet d'un chêne une croix de bois adorée par
des anges, et à la présence de laquelle il attribua la défaite des
infidèles.
ORDRE DE NOTRE-DAME DU LYS.
(1023.– E.)
L'institution de cet ordre, qui est due à don Sancho roi de
Navarre, se rattache à la lutte énergique de la péninsule Ibérique
contre les Maures lutte pour laquelle tous les souverains, et don
Sancho en particulier, cherchèrent à puissamment stimuler les sei-
gneurs du royaume.
Le nombre des chevaliers de Notre-Dame du Lys était fixé à
trente-huit.
i. Le nombre placé au-dessous du nom de l'ordre indique la date de son institution. –
La lettre E indique que l'ordre n'existe plus, c'est-à-dire qu'il ne compte plus aucun inembi e
ou qu'il est éteint depuis longtemps.
ORDRE DES DAMES DE LA HACHE.
(1149.– E.)
En 1149, les Maures se présentèrent avec des forces considéra-
bles devant Tortose pour s'en emparer. Ils cernèrent la ville éta-
blirent d'immenses retranchements, et se disposèrent à en faire le
siège. Mais plusieurs sorties vigoureuses des habitants culbutèrent
leurs ouvrages et les forcèrent à abandonner l'attaque.
Les femmes de Tortose se signalèrent d'une manière spéciale par
leur courage dans la mêlée.
Pour récompenser les plus valeureuses, le comte de Barcelone,
Raymond Bérenger, institua l'ordre des Dames de la Hache ainsi
nommé, parce que c'était avec cette arme que la défense avait eu
principalement lieu.
L'ordre des Dames de la Hache n'a pas survécu aux circonstances
qui en avaient provoqué la création.
ORDRE DE CALATRAVA.
(1102.)
Composé d'abord de religieux et de combattants, et formé
en 1158 sur ces bases, à l'occasion de la défense de la ville de
Calatrava, abandonnée par les Templiers, et menacée par les
Maures, cet ordre reçut en 11G2 une organisation militaire.
Don Garcias de Redon en fut le premier grand maître. Ses statuts,
basés sur la règle de Citeaux furent approuvés par le pape
Alexandre III.
Les chevaliers de Calatrava firent une guerre acharnée et glorieuse
aux infidèles jusqu'à la fin du xne siècle. A cette époque les gran-
des richesses que l'ordre avait acquises ébranlèrent la règle autre-
fois si bien observée. Des dissensions intestines s'en suivirent, on
en vint même à recourir aux armes.
De pareils désordres ne pouvaient être tolérés.

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