Histoires de saint Martin, patron de l'église de Heilles, et de la Sainte Vierge Marie, mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ, racontées aux enfants du village de Heilles (département de l'Oise), par Mme Millière

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E. Lantez (Mouy-Oise). 1853. Martin, Saint. In-16, 11 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1853
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PATRON DE L'ÉGLISE DE HEILLES,
ET
MÈRE DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST,
RACONTÉES
Aux Enfants du village de Heilles,
DÉPARTEMENT DE L'OISE,
Par Mme MILLIÈRE,
PATRON DE L'ÉGLISE DE HEILLES.
Puisque Saint Martin est le patron de notre Eglise
de Heilles, il faut, mes enfans, que vous connaissiez
Bon histoire* D'abord qu'est ce qu'un Patron? le sa-
vez vous? Un patron, c'est un protecteur dans le
Ciel. Lorsque l'on baptise un petit enfant on lui donne
le nom d'un sainte c'est comme si le parrain et la
marraine disaient à ce saint là; « nous donnons
« votre nom à ce petit enfant pour que vous ayez
« soin de lui ; pour que vous le protégiez auprès de
« Dieu. « De même lorsque l'on bâtit une Eglise on
lui donne le nom d'un saint, pour lui demander de
prendre sous sa protection les habitans du pays où
est située cette Eglise. Voici pourquoi c'est une bon-
ne coutume d'honorer le patron de sa paroisse, puis-
que c'est un ami qui ne peut nous oublier.
Saint Martin naquit il y a bien longtems, en .316,
dans la Pannonie, pays très éloigné de Beauvais. Ses
Parents étaient idolâtres: c'est à dire qu 'ils adoraient
des statues de pierre et de bois, qu'ils disaient être
les maîtres des hommes, ensorte qu'ils n'avaient
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point fait baptiser leur petit garçon: Le père de
Saint Martin était Tribun: c'était un officier qui com-
mandait à plusieurs soldats: il voulait que son fils
suivît la même carrière que lui, qu'il fût militaire et
qu 'il adorât les idoles. Mais Dieu avait sur cet en-
fant des vues de miséricorde. Vous voyez que le
père et la mère de Saint Martin ne lui donnaient pas
de bons exemples, et cependant, dès l'âge de douze
ans, il aimait à se rendre dans les endroits où se réu-
nissaient les chrétiens afin de s'instruire de la loi du vrai
Dieu. Suivez en cela l'exemple de votre saint Patron,
mes enfans, et quand vous seriez seuls dans vos
maisons à prendre le dimanche le chemin de l'Eglise,
ne manquez point à ce devoir sacré.
Saint Martin partit à dix-sept ans pour l'armée,
et s'y conduisit en véritable chrétien, faisant du
bien atout le monde, soignant les malades et sou-
lageant les pauvres. On raconte qu'un jour d'hiver
il rencontra un mendiant sans vêtement : Saint Martin
n'avait plus d'argent, que faire? Il coupa la moitié
de son manteau et la donna au pauvre homme pour
se couvrir. On voit sur l'autel de l'Eglise de Heilles
un tableau qui représente ce beau trait.
Dieu, pour récompenser saint Martin de sa charité,
lui envoya un chrétien pour le baptiser, ce qu'il dé-
sirait extrêmement.
Saint Martin ayant eu son congé voulut aller revoir
ses parents dont il était séparé depuis longtems. Com-
me il était bon fils, son souhait le plus ardent était
de les instuire de la foi chrétienne ; son voyage fut
long et dangereux; enfin il arriva chez son père bien
— 3 —
fatigué. Ses exhortations eurent un plein succès au-
près de sa mère, qui reçut le baptême. Les habitants
du pays ne furent pas si dociles, ils eurent la mé?
chanceté de chasser Saint Martin en le maltraitant,
lui qui ne voulait que leur bien: il ne se fâcha pointi
se résigna à la volonté de Dieu qui avait permis qu'on
le traitât si mal, et se retira auprès d'un saint Prêtre.l
En ce tems-là, l'Evêque de Tours étant mort, les
habitants de cette ville voulurent avoir Saint Martin
pour lui succéder ; il fallut employer la ruse poui; je
tirer de sa retraite et l'entrainer à l'Election: Saint
Martin avait alors cinquante ans. L'Episcopat ne chiujf
gea rien à sa vie mortifiée, et il donna à son clergéjes
leçons et les exemples des plus saintes vertus,,,Ça
charité qui avait été la passion de sa jeunesse ne l'avait
pas abandonné: on dit qu'étant un jour prêt à. célé-
brer la messe, un mendiant se présenta à lui;,cet
homme se plaignit qu'on ne lui avait point eneprp
donné un vêtement que l'Evêque lui avait promis;
Saint Martin quittant de suite l'habit qu'il portait
en revêtit le pauvre, et mit celui qu'il avait donné
ordre de lui envoyer. Dieu témoigna combien cette
action lui était agréable : pendant le Saint-Sacrifice
un globe de feu parut au-dessus de le tête du chari-
table Evêque.
Saint Martin avançait en âge, et le temps de la
récompense approchait. Dieu lui annonça sa mort
prochaine, et cette bonne nouvelle le rendit plus
ardent à utiliser ses derniers jours. Une fièvre vio-
lente étant venue l'accabler, ses disciples accoururent
auprès de leur cher maître, et versèrent beaucoup

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