Hommage au Roi de ma pensée sur les élections... par E.-A. Ludot

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C.-F. Patris (Paris). 1816. In-8° , 24 p..
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Publié le : lundi 1 janvier 1816
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HOMMAGE
AU
ROI,
DE MA PENSÉE
SUR LES ÉLECTIONS
ET SUR LEUR RÉSULTAT.
PAR E. A. LUDOT,
EMPLOYÉ DES CONTRIBUTIONS INDIRECTES.
Antè mare et terras, et quod tegit omnia, coelum,
Unus erat toto natnrae vultus in orbe,
Quem dixère Chaos: rudis indigestaque moles,
Neequicquam, nisi pondus iners, congestaqne coderai
Non benè junctarum discordia semina rerum.
OVID lib. I.
A PARIS,
CHEZ C.-F. PATRIS, imprimeur-libraire, rue de la
Colombe, en la Cite, n° 4.
1816.
Cette Brochure se trouve aussi chez
MM.
DELAUNAY,
PELICIER ,
PETIT ,
libraires au Palais-Royal,
Et chez tous les Marchands de nouveautés.
AVERTISSEMENT.
PARTAGEANT l'enthousiasme général
qu'a produit l'ordonnance du Roi du
5 septembre dernier, et n'ayant pu con-
centrer en moi le sentiment de plaisir
qu'elle m'a procuré, convaincu en ou-
tre par les journaux de l'accueil favo-
rable qu'elle a universellement obtenu ,
j'ai cru pouvoir émettre ma pensée
toute entière, par l'exposé de mes ré-
flexions sur les prochaines élections et
sur leur résultat. L'opinion publique
(iv)
y reconnaîtra, sans doute, aujourd'hui
la sienne, puisqu'elle doit être celle de
tout bon Français, mais elle suffit à
mon bonheur. L'indulgence est la seule
faveur que je sollicite.
INTRODUCTION.
Tous les jougs divers qui ont pesé sur là
France depuis notre révolution, ou plutôt
ceux à qui le ciel dans sa colère a confié le
gouvernement de l'Etat, ont usé tour à
tour de tous les moyens pour lui donner
la stabilité dont elle est susceptible , et
n'ont pu y parvenir ; la terreur, les
proscriptions., les échafauds, le sang inno-
cent répandu, tout a été mis en usage ; le
dernier étranger, ce soldat heureux, a pris
toutes les attitudes sans pouvoir trouver
une assiette fixe. Formidable à toute l'Eu-
rope, brisant les trônes, en créant de
nouveaux, foulant aux pieds les rois, ce
colosse tremblait en France...... Un soufile
de l'opinion publique, l'opinion, cette
reine du monde, qui juge et les rois et les
hommes, l'opinion seule, l'a précipité du
haut rang où le hasard l'avait porté.
(vi
Assez et trop long-temps la France a été
trahie et abusée. Depuis vingt-cinq ans et
plus, nous courons en aveugles après un
vain fantôme de gloire, après un bonheur
chimérique ; nous n'en avons pas même
encore entrevu l'ombre. D'année en an-
née, nous avons cru atteindre le but que
nous nous sommes proposé; mais la triste
expérience du passé ne vient encore nous
offrir, pour fruit de toutes nos peines,
que des souvenirs amers et déchirants.
Après avoir été les témoins et les victimes
de tous les excès auxquels se sont portée
les prétendus régénérateurs de la France;
après avoir été, tous sans distinction, sub-
mergés par un déluge de crimes, plus
inouis les uns que les autres; après que nous
sommes tous tombés dans les pièges qu'ils
nous ont tendus, pourrions-nous oublier,
sans frémir d'horreur, qu'ils ont été les
artisans de nos malheurs, et que sans un
prodige tout spécial, ils nous' eussent en-
traînés dans l'abîme?
HOMMAGE
AU ROI,
DE MA PENSÉE SUR LES ÉLECTIONS
ET SUR LEUR RÉSULTAT.
CHAPITRE Ier.
De la situation critique de la France lors de
la rentrée du Roi dans ses états.
LE vaisseau de l'Etat, entraîné depuis long-
temps sur des mers orageuses et lointaines ,
tantôt gouverné par des pirates, tantôt par de
perfides pilotes qui l'ont toujours éloigné du
port, jouet continuel des tempêtes, flottait
encore au gré des vents, sans direction fixe,
sans pilote, abandonné à la fureur des flots,
lorsque tout-à-coup il a rencontré dans sa
course incertaine un génie tutélaire qui a dai-
gné lui-même prendre le gouvernail et le
(8)
ramener au port. S'il a échappé aux écueils
nombreux qu'il a rencontrés, s'il n'a point été
englouti dans l'abîme, des mers, rendons-en
grâce à la bienveillance toute particulière du
nouveau pilote qui est venu à son secours : il a
besoin degrandes réparations. Sa sagesse, ses
lumières, nous sont un sûr garant du succès
de son entreprise. Pour y parvenir, il a besoin
d'en renouveler l'équipage , de s'entourer de
la saine partie de ceux qui le composaient,
d'est à vous;dignes électeurs , qu'il à confié lé
soin de choisir des hommes capables d'appré-
cier et réparer les dommages que tant d'é-
cueils lui ont fait essuyer.

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