Hommage de la France royaliste et littéraire, à S. A. R. Mgr. le duc de Bordeaux...

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1820. In-8°.
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Publié le : samedi 1 janvier 1820
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HOMMAGE
DE LA FRANCE
ROYALISTE ET LITTERAIRE,
A S. A. R. MONSEIGNEUR
LE DUC DE BORDEAUX.
IMPRIMERIE DE LE NORMANT, RUE DE SEINE.
HOMMAGE
DE LA FRANCE
ROYALISTE ET LITTERAIRE
A S. A. R. MONSEIGNEUR
LE DUC DE BORDEAUX,
ou
RECUEIL DES PIÈCES DE POESIE, DISCOURS ET MORCEAUX DE PROSE,
PDBLIÉS A L'OCCASION DE L'HEUREUSE NAISSANCE DE HENRI-
CHARLES -FERDINAND - MARIE-DIEUDONNE DE BERRY, ET MIS
EN'ORDRE PAR M. SAINT-PROSPER.
A PARIS
A LA LIBRAIRIE MONARCHIQUE DE N. PICHARD,
QUAI DE CONTI , N° 5 , PRÈS LE PONT-NEUF.
MDCCCXX.
PREFACE.
NOUS connoissons un temps 7 et il n'est pas
encore bien loin de nous, où la police cora-
mandoit l'enthousiasme, payoit la joie, et avoit
comptes ouverts avec certains poètes dont le
délire, au bout de l'année, se montoit à un taux
fort honnête. Aujourd'hui, que les Bourbons
régnent pour le bonheur de la France et de
l'Europe, l'enthousiasme, la joie, la poésie, tout
est spontané ; on crie vive le Roi! on chante, on
rime, parce que l'on aime, que l'on est heureux.
Nous croyons donc que le Recueil que nous
imprimons dans ce moment peindra parfaite-
ment l'époque actuelle. Publié aux frais même
de ceux qui l'ont composé, il sera un monu-
ment éternel de la reconnoissance et des talens
des Français royalistes, c'est-à-dire de tout le
pays, hors certains TACITURNES qui ne savent
ni lire ni écrire, ni même rire, à moins
(6)
que Le lecteur est chargé
de remplir l'espace.
Paris , faubourg Saint-Germain ,
20 octobre 1820.
HOMMAGE
DE LA FRANCE
ROYALISTE ET LITTÉRAIRE,
A S. A. R. MONSEIGNEUR
LE DUC DE BORDEAUX.
NAISSANCE
DE S.A. R. MSr LE DUC DE BORDEAUX.
.... J'AI cru devoir aux larmes, aux prières,
Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières.
C'est ainsi que la pieuse épouse de Joad cherchoit à
attirer les bénédictions du Très-Haut sur le dernier né
de la race de David. C'est aussi par ses prières et par ses
larmes que la France a attiré un regard miséricordieux
sur le rejeton à naître de la famille de saint Louis. Durant
sept mois cette France catholique et royaliste , cette
France fille aînée de l'Eglise, en un,mot celte ancienne
et bonne France a, comme jadis Josabeth., levé vers le
ciel ses mains suppliantes. Durant sept mois, le sacri-
fice, dont celui des Hébreux n'étoit que l'image, a été
offert dans nos temples, et ses mérites infinis, qui man-
quoient aux voeux d'Israël, appliqués incessamment à
l'objet de nos voeux. Durant sept mois, pas une oeuvre
charitable, pas une aumône chrétienne n'a été faite à
(8)
autre intention ; aucun malheureux n'a été secouru, aucun
affligé n'a été consolé, sans que le bienfaiteur, pour seul
prix du bienfait, n'ait imposé à la reconnoissance le de-
voir si doux d'implorer la Providence pour le royaume
menacé de manquer de Rois Et pendant sept mois
aussi, la Providence a couvert de son aile la veuve qui
portoit l'avenir de la monarchie, l'a conduite comme par
la main à travers les écueils et les orages, permettant aux
vents de se déchaîner, aux flots de se soulever contre elle,
pour mieux faire éclater la puissance de sa protection.
Pendant sept mois, cette fleur si tendre a vu les tempêtes
se former, croître, gronder, s'éloigner, revenir plus me-
naçantes, et passer enfin sur elle sans la flétrir. Pendant
sept mois, les Enfers défiant le Ciel, ont en vain ébranlé
la terre ; en vain de nouveaux volcans se sont ouverts ;
en vain trois trônes se sont écroulés ; la fille des Rois
tombés est demeurée debout; et quand le terme a été
venu , elle a mis au monde, sans, douleurs, l'héritier des
martyrs, le protégé des saints, l'enfant DONNÉ DE DIEU !
Un aveuglement volontaire pourroit seul le mécon-
noître, la plus stupide ingratitude pourroit seule le nier :
il y a ici quelque chose de surnaturel, ou même, pour
parler plus juste, quelque chose de contraire a la nature,
à ses lois ordinaires, à sa marche accoutumée. Tout dans
cet événement tient du prodige : et l'agonie sublime et
l'héroïque mort du père qui s'en va protéger dans le Ciel
l'enfant qu'il lègue à la terre; et le courage plus qu'hu-
main de la veuve - mère, qui survit à tout ce qui lui est
enlevé pour se consacrer à tout ce qui lui est promis ; et
la conservation de l'enfant contre lequel la nature et les
hommes conspiroient à la fois, et sa naissance qui n'ar-
rache pas un cri à sa mère, comme pour nous avertir ?
par ce merveilleux trait de ressemblance avec le Sauveur
du Monde, qu'une mission de salut lui est aussi confiée.
(9)
On chercheront en vain dans l'histoire entière des siècles
une telle accumulation de merveilles. Jusque dans les
annales même du peuple de Dieu, de ce peuple qui n'a
vécu que de miracles, nous n'avons trouvé qu'un point
de comparaison incomplet ; et Joas, échappant seul dans
une foule de victimes, et survivant au seul coup mal assuré
donné parmi tant de coups inévitables, attestoit moins
évidemment une protection divine que le nouveau Joas,
conçu à la vie pour ainsi dire en présence de la mort,
arrosé, avant de naître, du sang d'un père, et sept mois
nourri des larmes d'une mère; objet dehaine pour lesmé-
chans, même avant d'être un objet d'amour pour les bons;
déjà la terreur des uns, quand pour les autres il étoit à
peine une espérance ; entouré d'embûches, cerné de dan-
gers de toute espèce, à chaque instant menacé de finir
sans avoir commencé, et devenu, par une monstrueuse
anticipation, la proie désignée de la horde révolution-
naire, qui, dans sa prévoyance régicide, déjà creusoit
une tombe à celui qui n'avoit pas encore essayé son
berceau !
.Or, qui a pu faire échouer tant de complots? qui a
pu protéger tant de foiblesse contre tant de force? qui
a pu obtenir de la Providence une suite de prodiges si
rapprochés et si éclatans, que l'incrédule en a été ébranlé,
que l'athée lui-même, disirait du néant, s'est presque
douté de Dieu? Je le répète : la prière, la prière seule.
Oui, France chrétienne, c'est ta foi qui t'a sauvée ; c'est
ta loi qui a désarmé la colère de Dieu ; c'est à ta foi que
sa bonté s'est laissé attendrir. Jouis du fruit de ta pieuse
victoire. Cet enfant qui vient consoler tes douleurs, tu
le dois à tes larmes; ce sauveur, gage de ta réconciliation
avec le Ciel, tu le dois à ton repentir; ce Roi qui sera
la grandeur et ton orgueil, tu le dois à ton abaissement
fit à ton humilité. Glorifie-toi en lui : fils de France et
( 10)
l'enfant de tes prières, il est doublement à toi, et tu
possèdes ton HENRI
Et par droit de conquête et par droit de naissance!...
Grande et profonde leçon! Pour la première fois, depuis
l'ère .d'impiété, tu as levé les yeux vers celui qui t'avoit
frappée, et perdue, ,et pour prix de ce regard que son in-
dulgence attendait, que sa miséricorde désiroit peut-être,
il t'a guérie et ressuscitée (1). O France! puisqu'après un
demi-siècle d'égaremens, lasse enfin d'errer dans les té-
nèbres, dégoûtée des voies trompeuses de ta folle raison,
tu l'as retrouvée cette voie de salut et de lumière où mar-
choient nos pères, ne l'abandonne donc plus. Un fils de
saint Louis te l'a rouverte ; marches-y avec lui. Eclairée
par le malheur, qu'un jour de bonheur ne t'aveugle pas-.
Remercie aujourd'hui le Dieu que tu implorois hier, et
confesse hautement ton bienfaiteur, pour mériter qu'il
te conserve le bienfait !
Mais déjà cette reconnoissance éclate de toutes parts;
et c'est une chose bien digne de remarque, et qui n'est
pas la moins prodigieuse parmi tant de prodiges, que le
caractère religieux de l'allégresse publique dans cette cir-
constance. Depuis les paroles solennelles prononcées par
la bouche royale jusqu'aux exclamations familières du
plus obscur citoyen, depuis les félicitations des premiers
corps de l'Etat jusqu'à l'humble adresse de la plus mo-
deste corporation , partout se retrouvent ce sentiment
universel, cette conviction unanime que tout ici a été
conduit d'une main divine. Si l'expression en varie selon
les caractères, les états, les habitudes, partout le fond
de la pensée est le même. L'homme du monde comme
(1) Tu frappes et guéris, tu perds et ressuscites.
( RACINE , Athalie. )
( 11 )
le solitaire, le savant comme l'ignorant, le noble comme
le paysan, le soldat comme le prêtre, ont simultanément
reconnu l'oeuvre de Dieu. Partout son nom est sorti le
premier de toutes les bouches. Dans les lieux que fré-
quente la frivolité, comme dans ceux où médite la sa-
gesse, il lui a été rendu gloire ; et ce saint nom a retenti
dans les joies des casernes comme dans les actions de
grâces de l'Eglise.
C'est bien cet accord qui, tout à coup , a consterné la
secte infernale qui se voit toujours perdue chaque fois
qu'on retrouve Dieu ; elle, qui se croyoit quelque chose ,
et qui n'est jamais que ce qu'on la fait; elle , qui si long-
tepms avoit semé à loisir ses poisons, et en regardoit la
récolte comme prochaine; qui, dans son fol orgueil, se
flattoit d'avoir partout inoculé la mort, et tout infecté
de son néant, il lui a suffi d'un jour pour reconnoître
l'impuissance de ses efforts, la vanité de ses illusions. Le
vingt-neuf septembre , elle a pu compter le nombre hon-
teux de ses isolés, de ses taciturnes ; elle a pu voir en
frémissant la France tout entière se lever au premier
coup de canon, et au treizième, s'agenouiller tout en-
tière !
Ah! que l'occasion est opportune! qu'il seroit facile
à la légitimité, forte du nouvel appui que Dieu lui en-
voie et de la renaissance de l'enthousiasme des peuples,
d'écraser ses, vils ennemis, déjà couchés dans la
poussière, et saisis d'un effroi pareil à celui qu'éprou-
vèrent les soldats de Pilate quand ils virent celui qu'ils
croyoient aussi la proie du tombeau , s'en échapper vain-
queur de la mort !... Toutefois ne nous flattons pas trop ;
et si des espérances , qu'on auroit nommées raison-
nables alors qu'espérance et raison pouvoient encore
s'allier, si ces espérances, comme tant d'autres, ctoient
démenties par l'événement, royalistes, ne vous découragez
( 12 )
pas. Peut-être Dieu, dans ses impénétrables desseins,
veut-il retarder le jour de notre entière délivrance, pour
la rendre plus complète et plus assurée; peut-être aussi
veut-il l'opérer sans les hommes et malgré les hommes,
afin de faire mieux éclater sa force et notre foiblesse. Peut-
être enfin ne juge-t-il pas la génération acluelle digne
encore du repos , et ne nous trouve-t-il,
.... Pour servir sa cause et venger ses injures ,
Ni le coeur assez droit, ni les mains assez pures.
Sans doute, nous revenons au bon sens, et les événemens,
surtout depuis quelques mois, nous y ramènent avec une
étonnante rapidité. Il ne se passe pas de jour où quelque
voile ne tombe , ou quelque illusion ne se dissipe. Cepen-
dant, même parmi les honnêtes gens, combien d'aveugles
encore! combien d'yeux délicats, long-temps fermés à
la lumière, et qui ont peine à en supporter le retour! Or,
dans la crise sans exemple et probablement décisive où
se trouve le monde civilisé, dans cette guerre universelle
de toutes les erreurs contre toutes les vérités, on peut
présumer que la société, ébranlée à la fois dans ses
croyances religieuses et dans ses institutions politiques,
ne se raffermira que lorsqu'elle aura renoncé, sans
exception, à l'impiété de ses doutes comme à l'extrava-
gance de ses essais; en un mot, qu'elle ne sera sauvée
qu'en abjurant ce qui l'a perdue.
L'époque de cette grande restauration morale est en-
core incertaine ; mais du moins il est maintenant certain
qu'elle doit arriver. La France vient d'en recevoir d'en
haut la promesse vivante; il faudra qu'elle s'accomplisse.
Beaucoup d'entre nous ne verront peut-être pas se re-
lever l'édifice de la société européenne; mais il nous a
été donné de voir celui qui le relèvera, et nous lui légue-
rons nos enfans pour l'y aider, comme aussi nous le lègue-
(13)
rons à nos en fans pour qu'il fasse leur bonheur. D'ici là,
sans doute, les hommes hors de l'humanité qui vou—
loient l'empêcher de naître, tenteront de l'empêcher de
vivre; mais leurs fureurs seront stériles, il grandira à
l'ombre même de leurs complots, et plus leur rage écla-
tera, plus leur impuissance seramise en lumière, et plus
les vues spéciales de la Providence croîtront en évidence.
Ce ne sera pas en vain que Dieu se sera révélé; il ne
retire sa main que lorsqu'on la repousse, et sa colère est
plus prompte à se lasser que sa miséricorde. Ainsi donc,
quoi qu'il arrive, ne l'oublions jamais : le miracle est
commencé ; il a commencé parce que nous avons prié ; prions
encore, et il continuera.
Florissez donc, rejeton des martyrs fils de saint Louis
DESCENDU du ciel, florissez pour le bonheur de la terre !
Dieu lui-même a annoncé votre mission, et vous la rem-
plirez ; d'avance, il a entouré votre berceau d'exemples
et de leçons; d'avance, il a mis toutes les vertus dans
votre héritage. Trois Rois qui vous précéderont sur le
trône, vous indiqueront la route à suivre, les écueils à
éviter ; Marie-Thérèse vous enseignera l'héroïsme ; un
Condé vous reste pour vous apprendre l'honneur; un
père mourant vous a légué son inépuisable Charité; un
jour, en vous racontant
De vos jours conservés l'étonnante merveille ,
la bouche maternelle vous confiera la force secrète de la
Foi; et tous les Français vous diront les douceurs de
l'Espérance !
Le Comte O'MAHONY.
( 4)
LE VOEU DELA FRANCE.
O TOI, déjà cher à la France
Avant d'avoir reçu le jour,
Toi, des Rourbons seule espérance,
Et qu'appelle tout notre amour,
Auguste Enfant, viens à ta mère
Rendre, dans les traits de ton père,
L'espoir d'un reste de bonheur;
Viens, quand la douleur l'a flétrie,
Lui faire encore aimer la vie
Dont le poids accable son coeur.
D'un deuil, hélas ! trop légitime
Le crêpe ceindra ton berceau ;
En sa fureur, la main du crime
L'a rendu voisin d'un tombeau !
Mais, cher enfant, à ta naissance
Le bienfait qu'implore la France
Des larmes suspendra le cours,
Et l'on verra l'épais nuage
Qu'après lui nous laissa l'orage
Faire place à quelques beaux jours.
Si de la céleste colère
Le vent a soufflé sur les lis !
Si du noble sang de ton père,
Hélas ! ils ont été rougis ,
Crois que, toujours impénétrable,
Mais aussi toujours adorable,
( 15 )
Dieu, dans ses immortels décrets,
Réserve à cette antique race
Des Rois dont tu suivras la trace
Un éclat plus vif que jamais.
Egarés dans leurs faux systèmes,
Vainement d'orgueilleux humains,
Au mépris des ordres suprêmes,
Prétendent régler nos destins :
Le Ciel, qui seul en est le maître,
Leur apprend bientôt à connoître
Que lui seul est fort et puissant ;
Et quand il venge ton offense,
Le triomphe de l'innocence
Fait le supplice du méchant:
Oui, sans craindre une ligue impie,
Ni ses complots audacieux,
Accepte, auguste Enlarit, la vie
Que demandent pour toi nos voeux :
Des criminelles injustices
Ils ne furent jamais complices
Les peuples dont tu seras roi ;
Ta race leur fut toujours chère,
Tu les gouverneras en père,
Heureux, ils béniront ta loi.
Viens donc, en son.triste veuvage,
A ta mère offrant un appui,
T'instruire à l'école d'un sage
Dans l'art de régner comme lui :
Que les Français de ta présence
Ressentent la douceiinfluence
(16)
Par l'oubli de leurs maux passés,
Et que des pages de l'histoire
Les souvenirs de notre gloire
Seuls ne soient jamais effacés.
Pour qu'un destin aussi prospère
A nos neveux soit réservé,
Pour que du sceptre héréditaire
L'éclat demeure conservé,
Cher Enfant, hâte-toi de naître;
Il te suffira de paroître,
Et les coeurs te seront soumis ;
Partout désormais révérée,
Des Rourbons la race adorée
Ne comptera plus d'ennemis.
M. HIIXECOCQ , avocat.
CANTATE
Mise en musique par M. HALÉVY,
DANS les murs de Sion pourquoi de toutes parts
Ces femmes, ces soldats, ces enfans, ces vieillards?
Pourquoi dans tous leurs traits et l'espoir et la crainte !
Pourquoi le temple où du maître des cieux
Repose la majesté sainte,
Voit-il ces flots religieux
Inonder son auguste enceinte?
Tous prosternent leurs fronts aux pieds de l'Eternel*
Le dernier des rois d'Israël,
C t7 )
D'un ténébreux projet innocente victime,
A YU sous le poignard du crime
Trancher ses destins glorieux
Mais la fille des Rois, sa veuve magnanime,
Egalant à ses maux son courage sublime,
Porte en son noble sein le germe précieux
Qui va bientôt, par un heureux prodige,"
De l'arbre de David renouveler la tige :
Oui, l'Etemel, bornant le cours de ses douleurs,
Lui doit la main d'un fils pour essuyer ses pleurs.
UNE voix.
Puissant Dieu d'Israël qui vois notre souffrance,
Signale enfin pour nous les bienfaits de ta main.;
Dans nos coeurs abattus ranime l'espérance,
Et daigne féconder la couche de l'hymen.
Que nos voeux supplians désarment ta colère ;
A tes divins autels accorde un défenseur,
Accorde à l'indigence un appui tutélaire,
Un chef à nos tribus, au trône un successeur!
Mais jusqu'au fond du sanctuaire
Ont retenti soudain les accens du bonheur.
Le Ciel a des Hébreux exaucé la prière;
L'héritier de David a reçu la lumière.
Solyme ! quitte enfin tes vêtemens de deuil,
Et lève une tête plus fière !
L'impiété, dans son crédule orgueil,
Espéroit, au mépris des promesses divines,
Voir l'arbre antique d'Israël
Frappé jusque dans ses racines....
Voeu perfide ! espoir criminel !
( i8)
Cet arbre triomphant étendra d'âge en âge
Sur les fils de nos fils son immortel ombrage.
Gloire au Dieu de Jacob ! honneur à Jéhova !
Lévites, entonnez le céleste Hosanna!
Que vos hymnes pieux et vos voix pacifiques
Du temple du Très-Haut remplissent les portiques !
CHOEUR GÉNÉRAL.
Il est né, le fils du Seigneur ; ,
Les Cieux ont tenu leur promesse.
Peuple ! qu'au cri de la tristesse
Succèdent les chants du bonheur.
UNE VOIX.
Comme on voit au sein des orages,
Sous un ciel chargé de nuages,
Aux yeux du pâle nautonnier
Rriller l'étoile radieuse
Dont la clarté victorieuse
Le guide au port hospitalier :
Ainsi, quand la voix des tempêtes
Mugissoit encor sur nos têtes,
Un enfant parut : Israël,
De ses maux perdant la mémoire,
De bonheur, de paix et de gloire
En lui voit un gage éternel.
LES JEUNES GUERRIERS.
Plein de l'exemple de son père,
Il égalera sa valeur.
( 19)
LES JEUNES FILLES.
Fidèle aux leçons de sa mère,
Comme elle il plaindra le malheur.
CHOEUR DE GUERRIERS.
Amis ! veillons sur son enfance,
Jurons de protéger son sort,
Et consacrons à sa défense
Et notre vie et notre mort.
CHOEUR GÉNÉRAL.
Noble Enfant ! sur toi seul tout notre espoir se fonde ;
Les destins d'Israël sont fixés sans retour.
Par tes exploits, deviens l'honneur du monde ;
Par tes vertus, mérite notre amour.
A. BIGNAN.
COUPLETS
Pour la fête donnée à Versailles, le 11 octobre 1820,
par MM. les Gardes du corps du Roi, compagnie de
Noailles.
Air de l'Oriflamme*
SEXE adoré, préside à cette fête ;
Certe, elle est tienne aux titrés lés plus saints ;
Qui, plus que toi, quand grondoit la tempête,
Par le courage a lassé les destins?
a,
( 20 )
Sois fier, surtout, de notre CAROLINE,
La femme forte et sublime en ses maux;
Comme THÉRÈSE , admirable héroïne
Ah ! parlons mieux admirable héros (1 ) !
« Oui! disoit-elle , en sa ferme assurance,
» Je porte un Prince !... Et pourquoi doutez-vous?
» J'en ai le mot du Patron de la France :
» Croyez-le donc; il en sait plus que nous (2). »
Et tous ont cru, comme elle, aux saints oracles
Et le voilà, le HENRI-DIEUDONNÉ;
C'est notre bien, c'est l'Enfant des miracles,
C'est un Rourbon, ce Roi qui nous est né!
Qu'il croisse et vive à l'abri des tempêtes,
Ce tendre lis, objet de notre amour !
Gardons-le bien, l'Enfant qui, sur nos têtes,
En père, en Roi, doit dominer un jour !
De CAROLINE il aura la belle âme,
De son aïeul, la grâce et la bonté,
Du Réarnais, le grand coeur tout de flamme,
Et de RERRT, la noble loyauté.
Si l'ennemi, si les suppôts du crime
Osoient encor troubler notre horizon,
Qu'il soit, pour nous, cet Archange sublime
Qui d'un bras fort terrassa le dragon!
(1) Quelqu'un l'a dit : c'est un héros que cette femme-là^
(2) Mot de madame la duchesse DE BEIUIY à MONSIEUR.
( 21 )
Et nous, amis, sous ce drapeau sans tache,
A DIEUDONNÉ jurons tous, aujourd'hui,
Que nous saurons, suivant son blanc panache,
Combattre et vaincre, ou mourir avec lui.
Que de hauts faits ce beau jour nous présage !
Et quelle gloire au royal étendard !
Moi, qui déjà me sens poussé par l'âge,
Peut-être, hélas ! n'y pourrai-je avoir part !...
Oh ! si mes yeux s'ouvrent à la lumière,,
Alors qu'HENRI conduira nos guerriers,
Quand ils devroient m'y porter en litière,
J'irai, comme eux, moissonner des lauriers.
Oui, soyons prêts à marcher sur ses traces,
S'il faut, pour nous, qu'il vole au champ d' honneur:
Mais, dès ce jour, Français de toutes classes,
Jeunes et vieux, chantons noire bonheur.
Nous le tenons, l'Enfant de l'espérance!
A nos transports donnons un noble cours :
Buvons aux Lis.... Et vivent, pour la France,
Le Roi long-temps, et nos Bourbons toujours!
Par M. DE FRASANS.
Colonel d'Etat-Major en retraite, Chevalier de-
Saint-Louis et du Phénix de Hohenlohe, an-
cien Chasseur-Nohle à l'armée de Condé.
ODE.
Hic erit magnus.
LE doux parfum de la prière
S'est élevé jusqnes aux cieux ;
Je vois encor la France entière
Relever un front radieux.
Une race antique et chérie,
La gloire de notre patrie
Vient de rallumer son flambeau;,
Et l'espérance fugitive,
Déjà prête à quitter la rive,
Reste à ce miracle nouveau.
Une main cruelle, homicide,
A fait tomber un autre Henri ;
Mais les anges, d'un vol rapide,
Ont ouvert les cieux à Berri ;
Là, de la demeure éternelle
Il entend un peuple fidèle
Bénir le fruit de son amour.
Eh ! comment à cette naissance
Méconnoître la Providence?
Elle éclate comme un beau jour.
Le Ciel, à nos voeux plus sensible,
Désarme sa longue rigueur,
11 répare le coup terrible
Qui nous plongeoii dans la douleur;
( 23)
Déchirons nos voiles funèbres,
Le temps dissipe ses ténèbres ;
Nous voyons des jours plus heureux:
Du milieu même des tempêtes
Qui menaçoient encor nos têtes ,
Sort un enfant miraculeux.
Vainement l'Océan murmure
Et porte jusqu'au Ciel ses flots,
Le Dieu puissant de la nature
Le fait rentrer dans le repos :
Ainsi, lorsque la race humaine
Ne se contenant plus qu'à peine,
De l'ordre meconnoît les lois,
Pour fermer un abîme immense
Où l'entraîne l'indépendance
Dieu maintient le sceptre des Rois.
Sèche tes pleurs, ô Caroline !
Ton fils, astre à peine naissant,
Sauve d'une entière ruine
Cet empire vaste et puissant;
Du passé la sanglante image
S'efface dans le nouvel âge
Que prépare un juste avenir.
Toujours le cercle des années
Amène d'autres destinées,
Voici le temps qu'on va bénir.
Un jour de la tige royale
Il naîtra d'autres rejetons;
Une grandeur que rien n'égale
Doit perpétuer les Bourbons;
(24)
Peuples, quelle insigne victoire ?
Quoique de longs siècles de gloire
Couronnent leurs fronts immortels,
Nos Rois poursuivant leur carrière
Répandent toujours leur lumière
Comme les astres éternels.
Un cri d'amour et d'espérance
Retentit dans chaque cité;
Il croît, cet enfant de la France,
Plein de force et de majesté.
Ne craignez plus pour la couronne:
Aujourd'hui que le Ciel nous donne
Un Prince auguste et désiré ;
La paix, l'honneur et la justice,
Long-temps offerts en sacrifice,
Entourent son berceau sacré.
Victor BLANC ,
Adjoint d'intendance militaire.
STANCES.
IL est ressuscité le noble Fils de France !
Voyez-le s'élancer de la nuit des tombeaux !
L'airain tonne... J'entends le signal d'espérance...
Il est né, le Duc de Rordeaux !
Race de saint Louis, tu régneras encore,
Et les fils de nos fils reconnoîtront tes lois.
Auguste Enfant, salut ! salut, brillante aurore.
D'une postérité de Rois !..~
(25 J
Famille malheureuse, essuie enfin tes larmes !
Ce jour peut consoler de trente ans de douleurs :
Ce jour, des coeurs français bannissant les alarmes,
A ranimé tes.défenseurs!
Hélas ! de nos regrels que la source est amère !
Quel souvenir funeste environne un berceau !
Quand l'orphelin royal demandera son père,
Il ne trouvera qu'un tombeau !
Ah ! du moins, sur sa vie une jeune héroïne
De l'amour maternel versera les trésors;
Et du plus haut des cieux l'époux de Caroline
Viendra sourire à leurs transports.
Français, du bon Henri c'est la vivante image ;
C'est le reste d'un sang si cher à nos aïeux ;
Après tant de malheurs, c'est l'unique héritage
Qu'attendent nos derniers neveux !
Jeune Enfant, un grand peuple invoquoit ta naissance !
Le Ciel, en t'accordant, vient de se découvrir.
Tu régneras sur nous ! armés pour ta défense,
Pour toi nous jurons de mourir.
Et toi, noble cité, modèle de constance,
Par l'héritier des lis ton nom sera porté :
Ce nom, cher désormais à l'honneur, à la France,
Est sûr de l'immortalité.
M. TKZFNAS de Monlljiïson.
CHANSON.
AIR : Mon galoubet.
C'EST un Bourbon ; ( bis )
Français, pour nous quel doux présage !
Nous savons tous qu'il sera bon ;
Esprit, gaîté, gloire et courage,
Voilà quel est son héritage.
C'est un Bourbon, (4 fois.)
Du grand Henri ( bis)
Le nom qu'on aime et qu'on révère
Convenoit au fils de Berri;
Si Jeanne d'Albret nous est chère,
Ah ! que dirons nous de la mère
De ce Henri. (4 fois.)
Vive Bordeaux, (bis)
Il vient déjà remplir mon verre
Pour boire à l'oubli de nos maux,
Pour combattre, régner et plaire,
Comme Henri, comme son père,
Vive Bordeaux. ( 4 fois. )
M. Claude BAZENERYE de Dun,
département de la Creuse.
(27 )
ODE.
ASSEZ long-iemps, grand Dieu, votre juste courroux
Sur nos bords désolés a fait gronder l'orage :
Qu'enfin votre bonté détourne loin de nous
Les restes d'un sombre nuage !
Qu'il naisse sans péril à nos yeux satisfaits
L'auguste,rejeton où notre espoir se fonde ;
Qu'il s'élève avec force, et qu'il puisse à jamais
Rendre sa tige plus féconde 1
Que bientôt!., mais, quels cris s'élancent dans les airs!
Vers le palais des Rois quelle foule s'empresse,
Jalouse d'exprimer, par ses bruyans concerts,
Une vive et pure allégresse !
Eh quoi! le Roi du Ciel, sensible à nos douleurs,
D'un destin plus heureux fait-il briller l'aurore ?
Et de ce noble sein, qu'ont baigné mille pleurs,
Un tendre fruit va-t-il éclorc?
Oui, mon cceur le devine à ce transport nouveau,
L'adorable Princesse, à nos malheurs unie,
Rallume des Bourbons le précieux flambeau,
Et son fils sauve la patrie !
V oilàdonc du repos un présage cerlain !
Si nous avons tremblé pour le sort de la France,
Jamais, en déplorant son funeste destin,
Nous n'avions perdu l'espérance.
(28)
Tel que de l'arc-en-ciel le prisme radieux
Annonce aux matelots la fin de leurs alarmes,
Tel, du royal Enfant, le souris gracieux
Nous invile à sécher nos larmes.
C'est en vain qu'en frappant le généreux Rerri,
Un monstre, d'un seul coup, crut éteindre sa race;
Il renaît, Ce héros; voilà qu'un fils chéri ,
Nouveau Joas, a pris sa place !
Comme lui, des Condés il aura la valeur;
Des chevaliers français l'aisance, la noblesse ;
Et comme lui, du peuple il fera le bonheur,
Par sa bonté, par sa largesse.
Dès ses plus jeunes ans, il portera ses pas
Au milieu des guerriers que décore la gloire :
C'est d'eux qu'il apprendra comment, dans les combats,
Les Français fixent la victoire.
Nous le verrons aussi, réprimant son ardeur,
Et pour nos libertés plein de sollicitude,
Atumulte des cours, à l'encens séducteur,
De nos lois préférer l'étude.
Du peuple et des soldats réunissant l'amour,
Son sceptre bannira les discordes civiles,
El de l'aimable paix guidera le retour
Au sein de nos vallons fertiles.
Ah ! puisqu'un juste espoir vient alléger nos maux,
Et que du Ciel sur nous la faveur se déploie,
Opulentes cilés, et vous, simples hameaux,
Laissez éclater voire joie.
(29)
Tu triomphes, Bordeaux, l'Enfant qui nous est né
De ton nom glorieux daigne accepter l'hommage.
Par quels concerts d'amour ton peuple fortuné
Va chanter ce noble avantage !
Pour nous, de quels plaisirs nos coeurs sont transportés,
En entendant gronder les bronzes pacifiques,
Dont la voix, se mêlant à nos cris répétés,
Du Louvre ébranle les portiques !
Que de chrétiens pieux offrent à l'Eternel,
Pour la mère et son fils, leur touchante prière !
Leurs voeux sont exaucés : je vois du haut du ciel
Descendre un ange tutélaire !
0 messager fidèle, écarte le danger
Loin des objets chéris qui consolent la France;
Et puisse à chaque instant ta main les soulager
Dans leur passagère souffrance !
Près de ce Roi naissant, du naufrage sauvé,
Veille sans cesse, armé d'un glaive formidable;
Et réyèle aux méchans le rempart élevé
Contre le fer d'un bras coupable.
L. A. DE LA VILLESTREUX.
ROMANCE.
AIR. : Portrait charmant*
PORTRAIT vivant d'un noble fils de France,
Fils de Berry, tu nous rends tous ses traits;
Arrêtez-vous, soupirs, larmes, regrets!
Sur un berceau repose l'espérance.
Tel un phénix, étant prêt à descendre
Aux sombres bords, vole au mont escarpé,
De mille fleurs se former un bûcher;
Le soleil brille, il renaît de sa cendre.
Ainsi nos coeurs n'espéroient plus de joie,
Mais l'Eternel sur un-lis-abattu
Jette un regard, un lis nous est rendu;
L'avare mort enfin lâche sa proie.
Ah ! Caroline, oubliant ta souffrance
Pour nous montrer ton Henri-Dieudonné,
Qui t'inspira ce courage sacré?
Ton Dieu, ton Roi, ton amour pour la France !
Duc de Rordeaux, pour former ta jeunesse ,
De ta famille imite les beaux traits,
De Caroline et Berry les bienfaits,
Et de Louis, les vertus, la sagesse.
(3i )
De ton aïeul imite la manière,
Chère aux Français et ses mots si charmans;
Et de Thérèse, en ses malheurs si grands,
Imite encor le noble caractère.
Qui conduira tes pas à la victoire!
Vois, du midi, près de toi, le héros,
Et t'associer à ses nobles travaux,
Et te guider au chemin de la gloire.
Tous les Rourbons t'apprendront comme on aime;
Nous t'apprendrons combien ils sont aimés,
Ceux qui, toujours, sur les champs, les cités,
Versent la paix du sein du diadème.
Offrons, offrons à l'héritier du trône,.
Nos coeurs, nos bras, notre éternel amour;
Si, du danger, venoit jamais le jour,
Malheur à qui toucheroit sa couronne.
LOVIAT fils,
Officier, 6e lég. de la garde nat.
LE 29 SEPTEMBRE 1820.
AlR : J'ai rêvé que deux militaires.
EN songe, hier, j'ai cru voir qu'une veuve,
Auguste objet de nos plus tendres voeux,
Souffrant encore une nouvelle épreuve,
De son bonheur nous rendoit tous heureux.
(32)
Oui, j'ai rêvé que, d'une tige illustré,
Un rejeton bravant l'adversité,
Le sang royal brilloit d'un nouveau lustre.
Ce songe, amis, étoit la vérité. (bis)
Du Roi des Rois la colère est éteinte,
Puisqu'un Bourbon à nos voeux est rendu;
Séchons nos pleurs, bannissons toute crainte,
Un don du Ciel- enfin est descendu.
Auguste Enfant du plus malheureux père,
De nos chagrins viens modérer l'ardeur,
Viens consoler ta bonne et tendre mère,
Et ramener le calme dans son coeur. (bis)
Pour être, un jour, des princes le modèle
De tes parens tu suivras les leçons ;
D'abord du Roi la bonté paternelle
Te montrera ce que sont les Rourbons;
De ton aïeul l'aimable courtoisie,
Modèle heureux du chevalier français,
Du bon Henri viendra t'offrir la vie,
Et la franchise et les nombreux bienfaits, (bis)
De la droiture et d'un courage extrême
Auprès du trône un modèle est encor,
Et sur les pas du vaillant d'Angoulême
Nous te verrons, un jour, prendre l'essor.
S'il le falloit, la moderne Antigône
Sauroit t'instruire à braver le malheur ;
Et quand ton front recevra la couronne
De tes sujets tu feras le bonheur. (bis.)
H. SARDIN,
Volontaire royal en i8i5.
(33)
VERS
SUR. LA NAISSANCE DU DUC DE BORDEAUX,
L'AIRAIN tonne ; oh ! jour fortuné !
Berry n'est donc point mort ! un Bourbon nous est né !
C'étoit peu que le Ciel, brisant la tyrannie,
Sur nos bords désolés eût conduit un sauveur ;
C'étoit peu que Louis, heureux législateur,
Eût vu l'oeuvre de son génie,
Entre le Prince et la patrie
Former le pacte du bonheur ;
Il falloit que Dieu, d'âge en âge,
Du Roi que. nous aimons éternisât l'ouvrage;
Il falloit un Français de plus :
Nous l'avons demandé; nos voeux sont entendus :
Ce Français vient de naître, et Dieu, dans sa clémence,
Des ombres de la mort a tiré l'espérance.
Ainsi, de nos Bourbons, le règne est assuré;
Un rejeton nouveau croît sur l'arbre sacré ;
Ainsi, famille révérée,
Tu pourras de la France égaler la durée;
Tranquilles comme nous, soumis aux mêmes lois,
Nos fils vivront heureux sous les fils de nos rois :
Notre malheur passé disparoît et s'efface,
Des factieux tremblans je vois tomber l'audace;
En vain leurs sacrilèges voeux,
Impatiens du calme, invoquent les orages;
Une seconde fois en vain sur nos rivages
Ils voudraient déchaîner les-autans furieux :
3
(34)
Ils n'arrêteront pas, dans leur rage impuissante,
Du vaisseau de l'Etat la marche triomphante.
Insensés qu'on a vus, dans nos jours de malheur,
Rire de nos chagrins, jouir de nos alarmes,
A votre tour versez des larmes ;
Malheureux de notre bonheur,
Pleurez la France consolée,
De nos climats la licence exilée,
Les arts se ranimant sous nos princes chéris ;
Pleurez de vos pareils la colère inutile,
Pleurez la liberté florissante et tranquille
Au pied du trône de Louis ;
Pleurez : mais n'allez pas, troupe ingrate et perfide,
D'une douleur publique attrister ce beau jour;
Dans l'ombre de la nuit, dans un obscur séjour,
Allez cacher au loin votre deuil homicide.
Aujourd'hui, malgré vous, les Français sont heureux :
Partout des cris d'amour et d'allégresse ;
Partout une joyeuse ivresse
Fait battre tous les coeurs, brille dans tous les yeux.
Chacun du nouveau né saluant la naissance,
D'un autre Henri Quatre accepte l'espérance.
Avec quels doux transports la France voit s'ouvrir
Devant le fils des rois un brillant avenir!
On le voit des Bourbons continuant la gloire,
Et de hauts faits nouveaux enrichissant l'histoire.
Que de rois, de héros, sortiront de son sang!
Quel long espoir repose en cet enfant !
O toi ! qui viens par ta naissance
Perpétuer le repos de la France,
Accepte notre amour, accepte notre foi;
Nos voeux, nos bras et nos coeurs sont à toi.
(35)
Et toi, salut, mère de la patrie;
Ce beau titre est le tien, ô princesse chérie !
Quand l'âme de Berry s'envola loin de nous,
A ton palais désert demandant ton époux,
Plaintive tu pleurois ; ton amour solitaire
Brûloit de partager son sort;
Le front baissé, prête à quitter la terre,
Tu n'aspirois plus qu'à la mort.
Mais tout à coup, dans ton âme flétrie,
A retenti la voix de la patrie :
« Fille des rois, tu me dois un Bourbon;
» Tu portes dans tan sein le salut de la France. »
Alors un rayon d'espérance
Vient ranimer ton coeur et luire à ta raison.
Alors, princesse infortunée,
Par le devoir à la terre enchaînée,
Tu lèves vers le ciel des yeux mouillés de pleurs ;
Tu lis dans l'avenir la fin de nos douleurs ;
Le Dieu de saint Louis, à ton âme attendrie,
Révèle ton destin, te rattache à la vie ;
Tu vis pour nous., pp.ur nous ton npble coeur
Triomphe des regrets, résiste à la douleur,
Et par toi des Rourbons la race est affermie :
Salut, mère de la patrie.
Vous qui pleuriez sur un tombeau
L'illustre appui de votre empire,
Beaux arts, venez sourire à ce royal berceau;
Poètes, saisissez la lyre
Naguère suspendue aux branches d'un cyprès,
Et, dans les doux transports d'un généreux délire.
Du luth divin tirez des sons français.
3.
(36)
Vous aussi, successeurs d'Apelle,
Près de l'enfant royal la France vous appelle :
Multipliez partout, en des portraits vivans,
De ses traits enfantins une image adorée ;
Mais si jamais des dangers menaçans
Approchent sa tête sacrée,
Laissez là vos nobles travaux,
Brisez vos lyres, vos pinceaux,
Armez vos bras pour sa défense,
Soutenez des Français la naissante espérance,
Courez, volez, pour le servir
Briguez la gloire de mourir
Mais non.... le Ciel saura le gardera la terre ;
C'est Dieu qui l'a donné, Dieu sera son appui;
Un jour ce foible enfant deviendra votre père ;
Vivez, vivez pour lui.
Auguste FILON ,
Etudiant en droit.
LE CHANT DES PREUX,
AU DUC DE BORDEAUX.
L'ASTRE nouveau dissipe les ténèbres ;
Reprends les ris, les plaisirs et les jeux,
Réjouis-toi, quitte tes chants funèbres :
France, il est né, Henri comble tes voeux !
(37)
France, la force et la vertu
Viennent d'enfanter le courage ;
Relève ton front abattu,
De ta grandeur c'est le présage.
La noble tige de Bourbon,
Qu'en vain le crime veut combattre
Par le poignard et le poison,
Renaît dans le fils d'Henri-Quatre.
Rentrez dans le sombre chaos,
Tremblez, assassins parricides ;
La France recouvre un héros
Qui détruit vos projets perfides.
Renais à l'espoir, au bonheur,
Français, sur toi Dieu veille encore !
Des jours de gloire et de splendeur,
Dieudonné fait briller l'aurore.
Sois fidèle, tiens tes sermens,
Aime Dieu, le Roi, la patrie,
Us ont dirigé les élans
Des preux de la chevalerie.
Que les Duguesclin, les Bayard
A tes enfans servent d'exemple,
Us ont vaincu sous l'étendard
Que l'immortalité contemple.
SAINT-MACARY.
(38)
COUPLETS
Composés par M. DESCHAPELLES , officier de la 1re légion
de la garde nationale, et chantés par M. PICCINI, dans
la réunion de cette légion à l'occasion de la naissance de
S. A. R. Msr LE DUC DE BORDEAUX.
AIR : Gai, gai, marions-nous.
GAI, gai, vive Bordeaux,
L'espérance
De la France !
Gai, gai, vive Bordeaux 1
Français, oublions nos maux.
Le Henri, fils de Berri,
En courage,
Je le gage,
En bonté comme en esprit,
Vaudra bien l'autre Henri.
Gai, gai, etc.
Jeanne d'Albret en chantant
Une ronde,
Mit au monde
Ce Pioi joyeux et vaillant,
Qui sera son descendant ! ! !
Gai, gai, etc.
(39)
Henri prêt à défier
La victoire,
Met sa gloire
A négliger le laurier
Pour le pampre et l'olivier.
Gai, gai, etc.
Le nom vineux de Bordeau
Qu'il veut prendre,
Doit apprendre
Qu'il jure dès le berceau
Haine à tous les buveurs d'eau.
Gai, gai, etc.
Versez donc, Messieurs; vidons,
Pour lui plaire,
Plus d'un verre :
Celui que nous célébrons
Remplira bien nos flacons.
Gai, gai, etc.
Puissent le Prince et le vin
Que nous donne
Cet automne,
Nous faire, donner la main !
En répétant mon refrain :
Gai, gai, vive Bordeaux,
L'espérance
De la France !
Gai, gai, vive Bordeaux!
Français, oublions nos maux.
(4o)
STROPHES.
O TOI ! dont le feu créateur,
En embrasant les sens, élève le génie,
Dieu chéri des Français, sois mon puissant moteur,
Amour sacré de la patrie !
Tu sais nos voeux, tu vois nos larmes :
Le sang qui fume encore atteste nos douleurs;
'Amour! amour! mets fin à nos \dves alarmes,
Taris la source de nos pleurs !
Et toi dont l'auguste puissance
Des Etals règle les destins ;
Dieu de bonté, Dieu de clémence,
Renverse des médians les coupables desseins!
Déjà de toutes parts une douce allégresse
Répand la joie et le bonheur,
la Discorde frémit : une espérante ivresse
De nos malheurs passés étanche la douleur.
Le Ciel exauce enfin notre ardente prière,
Et la foudre, en tonnant, apprend au monde entier
Que sous une même bannière
Dieu nous appelle tous et veut nous rallier !
Le peuple court au temple, et la foule empressée
Aux pieds des saints autels va déposer ses voeux.
Pour le fils de Louis une seule pensée
Du coeur des bons Français s'élève jusqu'aux cieux.
(4i )
Salut! ô jour trois fois heureux!
Jour à jamais cher à la France !
Qui viens de la Discorde éteindre tous les feux,
Rendre nos coeurs à l'espérance.
Salut, Prince auguste et chéri,
Royal espoir de la Patrie !
Illustre descendant de l'immortel HENRI ,
Salut ! toi qui nous rends le repos et la vie !
Vois à tes pieds les vrais Français
Déposer leur constant hommage;
Ta naissance est pour eux le signal de la paix,
Et du bonheur public elle sera le gage.
Vainement pour troubler le repos de la France
La Discorde voudroit rallumer ses brandons;
Du trône pour jamais embrassant la défense,
Le Français bravera ses funestes poisons !
Amour sacré de la Patrie !
Embrase tous les coeurs de ton feu tout divin !
Conserve à notre amour une si belle vie,
De la France elle règle aujourd'hui les destins !
O vous qui trop long-temps, sous une autre bannière,
Méconnûtes, hélas! le plus digne des Rois,
Français ! des vrais Français écoutez la prière,
D'un Monarque clément reconnoissez la voix !
« Tout Français est mon fils, ma royale tendresse
» Promit l'entier oubli des funestes erreurs ;
» D'un Roi qui vous chérit partagez l'allégresse,
» Je veux régner sur tous les coeurs !
( 42 )
» Venez et contemplez ma plus chère espérance !
» Au berceau de mon fils voyez tous ces guerriers !
» Illustres défenseurs du Trône et de la France,
» Ils ombragent son front de leurs nobles lauriers!
» A ces preuves d'amour joignez un autre gage,
» A ces palmes joignez l'olive de la paix;
» Pour défendre ses droits gardez votre courage,
» Dieu remet ses destins à la foi des Français !
» Entendez ces nobles accens !
» Entendez ces chants d'allégresse !
» D'une éternelle paix ils seront les garans,
» Français, si votre amour répond à ma tendresse !
» Ecoutez aujourd'hui la voix de la Patrie!
» Veillez à son repos, assurez son bonheur,
» C'est votre roi qui vous en prie,
» Sa voix ne pourra-t-elle émouvoir votre coeur? »
Français ! embrassons donc du plus parfait amour
Ce trône tout brillant d'espérance et de gloire;
Et que la France en paix célèbre en ce beau jour
De ses nombreux combats la plus belle victoire !
A. GILBERT.
(43)
STROPHES.
Nos lis pâles, flétris, penchoient vers le tombeau;
Tout scmbloit présager leur perte inévitable :
Déjà l'on préparoit, au temple vénérable (1),
Le sépulcral flambeau !
La France gémissoit sur ses futurs destins :
Dans le sacré parvis, humblement prosternée,
Sans cesse elle invoquoit, de pleurs toute baignée,
L'arbitre des humains.
Eternel, disoit-elle, être puissant et bon!
Prends pitié de nos maux; que ta grâce divine
Fasse naître bientôt du sein de Caroline
Un mâle rejeton.
Que nos longues douleurs désarment ton courroux !
De nos fiers ennemis confonds la ligue impie;
Sauve de leurs fureurs cette triste patrie ;
Grand Dieu, veille sur nous!
Tout à coup mille cris s'élèvent dans les airs:
Le bronze, en éclatant, se mêle au bruit des armes.
Vient-il nous annoncer, ce signal des alarmes,
Quelques nouveaux revers?
Non, non, rassurons-nous; point de vaincs terreurs :
Disparoissez, cyprès; cessez, hymnes funèbres:
Un avenir brillant sort du sein des ténèbres;
France, sèche tes pleurs!
(i) L'abbaye de Saint-Denis.
(44)
Le Ciel est juste enfin ; le crime est confondu.
Un jeune lis renaît d'une tige féconde:
Peuples, applaudissez ! ! ! pour le bonheur du monde,
Berry nous est rendu ! ! ! ! !
Il est né ce Bourbon que demandoient nos voeux;
Vrais Français, éclatez en transports d'allégresse.
Et vous, qui de complots nous poursuiviez sans cesse,
Frémissez, factieux.
Chante avec nous aussi, cité du douze mars,
Louis, de tes souhaits a comblé l'espérance :
Ce Prince désiré, l'amour de notre France ,
Commande à tes remparts.
Citoyens et guerriers, dont le guide est l'honneur,
Rangeons-nous, serrons-nous autour de sa bannière,
Gardons ce jeune lis, fleur si tendre et si chère !
De tout air corrupteur.
O toi qui nous sauvas, Dieu, notre seul recours!
Qui sur les cieux assis règles nos destinées,
Protège ce Bourbon, retranche à nos années
Pour prolonger ses jours!
Rendons, rendons hommage au Dieu de l'univers !
Un miracle nouveau signale sa puissance ;
Témoignons-lui, chrétiens, notre reconnoissance
Dans de sacrés concerts !
Consacrons ce beau jour par des chants solennels ;
Que nos murs soient ornés de festons, de guirlandes,
Et courons déposer nos pieuses offrandes
Au pied des sains autels.
Léopold WERNERT,
Sous-Officier de la Garde royale (infanterie).
(45)
COUPLETS
Chantés par M. SAINT - CHARLES , sur le théâtre
de Versailles.
AIR : A soixante ans on ne doit pas remettre.
Toi, dès long-temps que notre voix appelle
Pour assurer le repos de l'Etat ;
Prince, sorti d'une race immortelle,
Tu vas encore en augmenter l'éclat :
De son amour le Français t'environne,
Il t'offre en foule et ses voeux et son coeur;
Et ton berceau, que l'olivier couronne,
Est aujourd'hui l'astre de son bonheur.
D'une héroïne adoucis le veuvage,
Dans tes regards montre-lui son époux;
Que ses talens, sa bonté, son courage,
Que ses vertus revivent parmi nous.
Aux malheureux viens rendre enfin ton père,
Ton père, hélasî qui, pendant son sommeil,
Revoit encor le bien qu'il pouvoit faire,
Et le faisoit aussitôt son réveil.
En étouffant la discorde ennemie,
Tous les partis vont s'abattre par toi.
Mais des partis !.... Déjà dans ma patrie
Il n'en est qu'un! et c'est celui du Roi.
(46)
Des nobles lis à jamais dans la plaine
Les étendards guideront le guerrier :
Pour les Condé, les Rayard, les Turenne,
Français ! le lis n'est-il pas le laurier?
Si l'on troubloit pourtant ce doux présage,
Rappelons-nous chacun notre serment.
L'homme d'honneur, enflammé de courage,
N'a que le Roi pour cri de ralliement.
Ne craignons rien : puisque la Providence
A de nos maux interrompu le cours,
Ah ! nous verrons régner sur notre France
Le Roi long-temps et les Bourbons toujours !!!
C. DE BOUCHEMAN.
ODE.
J'ADMIRE , Dieu puissant, ta sagesse profonde ;
C'est elle qui, réglant les empires du monde,
Par d'immuables lois,
Nous apprend que toujours, au plus fort de l'orage^
On voit se dissiper l'effroyable nuage,
Qui menace les Rois.
C'est ainsi de nos jours que l'Europe étonnée,
De périls et de maux encore environnée,
Verra s'évanouir,
Les projets insensés d'une secte ennemie
Qui, déchirant le sein de la mère patrie
Vouloit l'ensevelir.
(47 )
Après trente ans le Ciel désarme sa colère,
Il enchaîne l'orgueil qui, pour troubler la terre,
Ouvroit aux passions
Ce long chemin de sang, d'injustice et de crime
Que parcouraient, hélas ! sur le bord d'un abîme,
Les générations.
Grâce à nos saints martyrs nous voyons sur la France
Reluire le flambeau de la douce espérance
En ce jour solennel;
Car l'ange de la paix prélude sur sa lyre
Que le Prince orphelin gouvernera l'empire
Au nom de l'Eternel.
Aussi de toutes parts une sainte allégresse
Succède tout à coup à l'affreuse tristesse
Dont s'abreuve le coeur,
Et le brave Français que la gloire environne
En soutenant les droits de l'autel et du trône
Va sourire au bonheur.
Vainement tu voudrois, vil esprit de mensonge,
Egarer des héros ; ton règne fut un songe
Pénible et douloureux :
La vérité paroît, rentre dans la poussière !
La France n'entend pas repousser la lumière
Qui lui descend des cieux.
Nos pères la suivoient, nous la suivrons encore,
Et le Dieu de bonté que le chrétien adore,
Arrêtant son courroux,
Bénira de nouveau le sol de la patrie,
Et le délivrera des maux que l'anarchie
Faisoit peser sur nous.
(48)
De nos malheurs passés pour effacer la trace,
Imitons les vertus de cette antique race
Qui sait briser nos fers;
En tout temps on la vit s'immoler elle-même,
Et relever l'éclat du sacré diadème,
Sans compter ses dangers.
Pontifes, magistrats, et vous, guerriers fidèles,
Vous saurez empêcher le souffle des rebelles
D'approcher d'un berceau,
Où le digne héritier des vertus d'Henri-Quaire
Apprendra l'art de vaincre avant que de combattre
L'ennemi du repos.
Que dis-je ? il l'a vaincu dans le sein de sa mère
Qui, fixant vers le Ciel ses regards sur son père,
Trouvoit, tout à la fois,
Au milieu des périls d'une tempête affreuse,
La force, la prudence et l'âme courageuse
Du plus grand de nos Rois.
0 toi ! peuple chrétien, de cette belle France,
Qui par des voeux pieux demanda la naissance
De ce Prince chéri,
Retourne dans le temple, embellis ses portiques ;
De la sainte Sion entonne les cantiques,
Dieu bénit ton Henri.
Dominique BLANC DE CUERS ,
Chef de fabrication à la manufacture royale
de tabacs de Paris.
(49)
CHANSONS
Faites pour la réunion des Gardes Nationaux qui ont eu le
bonheur de composer la garde d'honneur de S.'A.R.
MONSIEUR, le 12 avril 1816, premier anniversaire de
son entrée à Paris.
AIR : Le premier pas.
Paraphrase de cette telle penssée du Roi : Il nous est né un fils
à tous.
IL est à toi, le fils qui vient de naître,
Princesse aimable, il promet un grand Roi.
Bonté, vertus en son coeur vont paraître,
Dès qu'il pourra t'imiter, te connoître :
Il est à toi.
Il vient de toi, Berry, qu'encor je pleure ;
A ce seul titre, il est sûr de ma foi.
Veille sur lui de ta haute demeure ;
Qu'il soit heureux; et qu'à l'instant je meure s
Il vient de toi.
Il naît pour vous, qui souffrez sur la terre;
Du riche heureux ne soyez plus, jaloux :
En vrai Bourbon, soulageant la misère,
Son front jamais ne vous sera sévère :
Il naît pour vous.
4
(50)
Il vient pour vous, ô Français qu'on égare;
C'est un Henri, tombez à ses genoux.
Dépouillez-vous d'une haine barbare;
A vous aimer déjà Dieu le prépare:
Il vient pour vous.
Il est à moi qui ne suis taciftlrrie
. Que si du crime il faut subir la loi;
Mais Henri vient : du Sort agite l'urne,
En fait jaillir le siècle de Saturne :
II, est à moi. ..
.11 est à vous, -.guerriers épris de gloire;
Et si jamais la paix fuit "loin de nous,
Son blanc panache au temple de mémoire
Vous conduira^devictoire en victoire:
Il estrà vous.
Il est à nous, garde nationale;
Né dans nos rangs, il nous connoîtra tous;
Nous lui jurons une foi sans égale,
C'est le serment d'une troupe loyale :
II est à nous.
Il est à tous, a dit notre monarque ; ! .
C'est un enfant né pour chacun de nous.
De ta bonté, Ciel, pour dernière marque,
Sauve ses jours des ciseaux de la Parque :
Il est à tous.
(5* )
AlR : De la Belle Esclave, musique de Philidor.
Assis au banquet de la vie, (bis.)
Amis, goûtons-en les plaisirs;.
Suivons une philosophie
Qui permet de sages désirs. (bis.)
En France, où la joie est expansive,
Franche et vive,
On rit, on aime, on chante, on boit en bon convive:
Oh ! du vrai sage, aimable loi,
D'un vieux Bordeaux vidons mille urnes ; {bis.)
Le verre en main, répétez avec moi :
Nargue, nargue des taciturnes,
Vive le vin et l'amour, et le Roi!
Vive le Roi !
Le verre en main, etc.
POT-POURRI.
A-IR : L'encens des fleurs.
Depuis long-temps la France consternée
Ne revêt plus que des habits de deuil ;
Elle gémit sur l'affreuse journée
Où de Ecrry se ferma le cercueil.
Et sa voix crie,
Dans la douleur:
Pour la patrie
Plus de bonheur !
4-

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