Hommage public de la Société des bonnes études de Toulouse à la mémoire de M. le duc Mathieu de Montmorency, prononcé dans la séance du 16 juillet 1826, par M. R.-O. Bénech,...

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impr. de J.-M. Douladoure (Toulouse). 1826. In-8° , 12 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1826
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DE LA SOCIÉTÉ
A LA MÉMOIRE
DE M. LE DUC
MATHIEU DE MONTMORENCY,
PRONONCÉ DANS LA SÉANCE DU l6 JUILLET 1826,
PAR M. R.-O. BENECH,
ÉTUDIANT EN DROIT , SECRÉTAIRE DE LA SOCIÉTÉ.
TOULOUSE,
IMPRIMERIE DE JEAN-MATTHIEU DOULADOURE,
RUE SAINT-ROME, N.° 4l.
1826.
DE LA SOCIÉTÉ
A LA MÉMOIRE
DE M. LE DUC
MATHIEU DE MONTMORENCY.
Consolateur de la souffrance,
Du pauvre il était le soutien;
De l'avenir de notre France
Il devait être le gardien.
M. le Marquis D'AGUILAR
Stances sur le même sujet.
MESSIEURS,
Est-il un sujet plus riche en hautes leçons de
toute espèce, que l'éloge de ce descendant des Mont-
morency auquel la Société des Bonnes-Etudes paie
en ce jour le tribut de ses regrets ? L'éloquence fut-
elle jamais appelée à célébrer un héros plus digne
de la vénération publique, et vit-on jamais des qua-
lités plus rares réunies dans un même personnage?
(4)
D'un coté, un homme d'état d'une droiture sévère
exerçant, par une politique inconnue de son siècle,
une influence salutaire dans les conseils des souve-
rains et sur l'esprit de la nation ; admirable par sa
modération dans les honneurs , et plus admirable
encore par la grandeur d'âme avec laquelle il sut y
renoncer; assez habile pour rendre à son pays de
nombreux services, tous dictés par l'amour du bien,
tous récompensés par l'estime de la nation et les
témoignages les plus éclatans de la confiance de son
Roi : de l'autre, un citoyen d'une naissance illustre,
plein de modestie et d'humilité, unissant à la piété
la plus austère le commerce le plus facile , à l'esprit
le plus délicat le coeur le plus aimant et le plus
charitable; un père tendre, un époux chéri, un
ami fidèle s'éteignant tout à coup au milieu de sa
gloire, et laissant après lui de grands exemples et de
précieux souvenirs : tel est le tableau qui se pré-
sente à l'orateur , lorsqu'il médite sur la vie de ce
grand homme ; tableau magnifique et touchant,
qu'une main exercée pourrait seule fidèlement re-
tracer. Heureux si, en m'entretenant avec vous de
cet homme d'état distingué et de ce vertueux citoyen,
je parviens à charmer quelques instans votre juste
douleur !
L'homme de bien trouve toujours dans les catas-
trophes qui bouleversent les empires, des leçons que
ne sauraient lui donner ni de longues études ni de
brillantes théories. Témoin et trop souvent victime
du triomphe du mal, il médite en silence sur les
événemens, réfléchit sur le caractère des peuples,
recherche les fautes de la politique, et découvre en
( 5)
frémissant les tristes effets des passions déchaînées.;Il
se désabuse,alors des illusions dont on a peine quel-
quefois à se défendre dans le jeune âge ; il apprend
à connaître les projets des méchans; il pénètre bien
avant dans le coeur des hommes... Cette expérience.
ne sera point perdue pour la patrie Lorsque les
voeux de cet homme de bien seront accomplis, lors-
que la Société long-temps agitée aura retrouvé le
calme et le bonheur sous ses institutions légitimes ,
s'il est appelé lui-même par la confiance du Souve-
rain à gouverner les peuples, on le verra, profitant
des leçons qu'il a reçues, développer à leurs yeux
toute la supériorité d'une fermeté rare et d'une
sublime sagesse. En vain les partis le menaceraient
de leur haine, les grands de leur envie , le siècle
de sa censure; plein de ce noble courage que donnent
à la fois la puissance des souvenirs et la pureté des.
intentions, il marchera d'un pas intrépide et sûr
vers le but qu'il se propose ; la prospérité de la
nation et le repos des familles.
A ces traits vous reconnaissez, Messieurs, la politi-
que de M. de Montmorency, et cette politique il la
devait à son expérience. « Il avait vu une révolution,
« et ses terribles , et ses abominables suites , l'anar-
» chie, la terreur, le despotisme militaire. » Et de là,
ces efforts soutenus pour le triomphe des principes
religieux, cette fidélité inviolable à l'auguste dynastie
des Bourbons, et cette franchise admirable qu'il
déploya dans l'exercice des fonctions publiques. Pair
de France, il vote constamment avec les amis de la
monarchie, et lutte avec force contre les conseillers
de la couronne qui compromettaient les intérêts de

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