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Horus un justicier au grand cœur

De
420 pages

Antef, pharaon de la Haute et de la Basse-Égypte, règne sur le pays depuis des décennies. Sous sa gouvernance, le pays vit dans le chaos le plus total. La majeure partie de la Basse-Égypte est sous le contrôle des Hyksos et la population est réduite en esclavage. Le restant du pays est sous l’emprise de la noblesse et du clergé. La corruption est devenue courante et Pharaon n’en a plus que le nom. Sentant la population se détourner d’eux, les dieux et déesses décident d’agir pour rendre à l’Égypte toute sa splendeur et sa puissance. À sa demande, Horus obtient les pleins pouvoirs et vient sur terre afin de rétablir l’ordre et la justice. Mérétitès, servante au palais royal, lui voue une telle dévotion qu’elle deviendra divine adoratrice dans le temple d’Edfou.


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ISBN numérique : 978-2-414-10851-0
© Edilivre, 2017
Commencé le 9 mai 2016 et terminé le 21 juin 2017 Tous droits réservés Toute reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur. Copyright © 2017 Robert Laval
Mes plus sincères remerciements à Nadine Reginster, Carine Strobbe, pour l’aide qu’elles m’ont apportée lors de la relecture.
Chapitre I Conseil divin
L’Égypte, jadis grande puissance militaire et commerciale, vit maintenant dans le chaos le plus total. Les Hyksos, groupe pluriethnique vivant dans l’Asie de l’ouest, avaient envahi l’est du delta du Nil. En moins de trois ans, toute la Basse-Égypte était passée sous leur domination. Après la prise de Memphis qui se fit quasi sans résistance, les Hyksos poussèrent encore plus loin l’invasion et descendirent jusqu’à la ville d’Hérakleopolis qui tomba après quatre jours de combats. Pharaon se montra totalement impuissant et incapable de gérer la situation. Son armée, en déroute, se replia abandonnant sur place ses morts et blessés. Ces derniers furent tous massacrés par l’ennemi et laissés en pâture aux charognards. Sans tombe, ces vaillants soldats étaient privés de vie éternelle. Furieux de voir l’incompétence de leur représentant régnant sur d’Égypte, les Dieux tutélaires d’Égypte se réunirent en Grand Conseil. Celui-ci se composait d’Osiris, de son épouse Isis, de leur fils Horus, mais également de Rê, Amon, Nephthys, Hathor, Thot, Sobek, Anubis et Ptah. Installés dans la salle des trônes, chaque Dieu occupait une place bien précise selon son rang dans la hiérarchie divine. Osiris et Isis, Dieux des Dieux occupaient les trônes principaux. Formant un cercle, chaque Dieu voyait la décadence de l’Égypte. La famine régnait au sein de la population. L’armée n’était plus que l’ombre d’elle-même. La corruption régnait dans les administrations et le clergé. Pharaon qui occupait le trône d’Égypte depuis près de vingt ans avait perdu tout contrôle. Les prêtres et les nobles possédaient les rênes du pouvoir, asservissaient et taxaient une population de plus en plus mécontente. Plusieurs années de sécheresse avaient vidé les réserves de nourriture et la population n’avait presque plus rien pour s’alimenter. Par contre, les magasins des temples regorgeaient de nourriture. La noblesse était aussi à l’abri du besoin. Mais aucun ne voulait partager et approvisionner la population. Il fallait intervenir de toute urgence, sinon le Panthéon égyptien risquait de s’effondrer. – OSIRIS : « Membres du Conseil des Dieux, la situation est très grave et nous ne pouvons laisser la population, nos enfants, vivre ainsi. Nous nous devons d’intervenir et de rétablir l’ordre et la prospérité. Je vous ai donc tous réunis en ce lieu afin d’écouter vos propositions. » – ISIS : « Osiris, mon époux, mon frère, je pense qu’il est grand temps que l’on mette fin au règne de Pharaon et qu’il aille rejoindre Anubis dans le domaine des morts. Son passage sur terre est un vrai désastre. Il ne dirige plus rien et il n’est plus qu’un pion sur le jeu de senet qui se laisse manipuler par les prêtres et le Grand Vizir. » – ANUBIS : « Je suis d’accord avec Isis. Il ne fait aucun doute que quand il se présentera 1 devant moi, son cœur pèsera bien plus lourd que la plume de Maât, sur la balance . » – RE : « Il n’y a pas que de Pharaon dont il faut s’occuper. Mes rayons brûlent chaque jour le sol d’Égypte. Osiris tu dois faire intervenir la déesse du ciel afin qu’elle fasse tomber la pluie sur la terre et que le Nil entre en crue et fertilise à nouveau les terres cultivables. » – AMON : « Je suis entièrement d’accord avec vous tous. Mais il faut aussi faire cesser la corruption et les temples doivent aider la population à se nourrir. Si rien n’est fait d’ici peu de temps la population égyptienne n’existera plus. » – HATHOR : « Grand Osiris, en tant que déesse de l’amour et de la fécondité, je dois t’avouer que je suis très inquiète. La natalité en Égypte ne cesse de régresser. La mortalité infantile ne cesse de croître. Nous ne pouvons plus rester dans l’ombre les bras croisés. Il faut agir sans délai. Je propose que l’un d’entre nous soit envoyé sur terre afin de redresser la situation. » – NEPHTHYS : « Oh ! Osiris, ma tâche de déesse protectrice des morts devient de plus en plus insoutenable. Je ne peux retenir mes larmes quand je vois arriver, chaque jour, tant de
pauvres gens victimes de hauts dignitaires sans scrupule. Jamais je n’ai connu cela depuis que le monde est monde. » – THOT : « En tant que Dieu de l’écriture et des scribes, je suis au regret de devoir dire que certains scribes n’hésitent pas à falsifier les comptes aux profits de prêtres ou de hauts fonctionnaires. Je préconise donc une intervention divine urgente. » – PTAH : « Moi qui suis le Dieu de la construction, de la métallurgie, de la sculpture, patron des chantiers navals et des charpentiers en général, je constate depuis bien longtemps que les ouvriers et artisans travaillent de plus en plus, mais reçoivent de moins en moins en échange du travail accompli. Quand ils tentent d’obtenir ce dont ils ont droit, ils se font molester par les gardiens à la solde des hauts fonctionnaires. Cela doit cesser. Nous ne pouvons rester à regarder ce qu’il se passe sans agir. » SOBEK : « Par mon statut de Dieu de l’eau et de la fertilité, je vais m’atteler dès ce jour pour que le Nil entre en crue et que la terre d’Égypte soit inondée. Malheureusement les récoltes abondantes ne pourront se faire avant six mois. » – HORUS : « Étant le fils d’Isis et d’Osiris, Dieu du ciel, du soleil et aussi Dieu protecteur des pharaons, je me sens responsable de ce qu’il se passe. J’ai laissé Pharaon se faire piéger trop longtemps et je ne suis pas intervenu pour lui venir en aide. Je demande donc que l’on me permette de rattraper mes erreurs et que l’on me laisse descendre sur terre pour mettre fin au chaos qui règne en Égypte. » – OSIRIS : « Merci à tous pour vos avis et suggestions. Nous sommes tous d’accord pour effectuer une intervention urgente. Horus s’est proposé comme volontaire, que ceux qui sont d’accord lèvent la main. » Tous les Dieux et Déesses levèrent la main acceptant à l’unanimité qu’Horus intervienne sur la terre d’Égypte. – OSIRIS : « Horus, mon fils, la décision est donc prise. Ta tâche ne sera pas facile, mais nous comptons tous sur toi pour remettre de l’ordre à la tête du pays. » – HORUS : « Je le sais très bien, et nous nous devons d’agir au plus vite, il n’y a plus de temps à perdre. Un nettoyage complet aux plus hauts niveaux de la hiérarchie égyptienne est nécessaire. » – OSIRIS : « Horus je te donne tout pouvoir pour agir au mieux afin que nous soyons à nouveau dans les grâces du peuple. Je te donne le pouvoir et le droit de prendre l’apparence de n’importe quel être vivant, animal ou humain, afin de mener à bien ta mission. » – ANUBIS : « Horus. Tout être que tu m’enverras, se verra à tout jamais banni de la vie éternelle. » – RE : « Horus ma contribution sera très claire, il te suffira de fixer un objet, un bâtiment ou un être vivant et que tu prononces mon nom, pour que celui-ci s’enflamme et se transforme brasier. » – HORUS : « Merci à tous pour votre soutien. Je sais que ma tâche sera dure, mais en cas de besoin je me permettrai de faire appel à vous. Je sais que je pourrai compter sur votre aide. » – OSIRIS : « Bien entendu nous serons toujours là, à ton écoute. Il ne se passera pas un seul instant sans que l’on ne suive ta progression. Use de magie à bon escient, tu as toute notre confiance. » – HORUS : « Bien, puisque nous sommes tous d’accord, je vais donc vous quitter afin de ne pas perdre le moindre instant. » Horus se leva de son trône et s’approcha du centre de la salle. Un immense cercle lui laissa voir l’Égypte du haut du ciel. Son corps se métamorphosa en quelques instants et il prit l’apparence d’un faucon. Il se lança dans le vide et déploya ses ailes. Il quitta le domaine des Dieux en volant en haute altitude. Profitant du vent, il garda les ailes bien ouvertes et sans fatigue il se laissa porter au gré des courants ascendants ou descendants. Il fit ainsi le tour de l’Égypte en passant au-dessus de toutes les villes principales afin de se faire une idée de la
situation. Il ne put que constater qu’elle était des plus catastrophiques. Les morts jonchaient le sol et y étaient laissés à l’abandon. Personne ne s’en occupait à l’exception des vautours. Il fit également un long passage au-dessus de la Basse-Égypte, territoire occupé par les Hyksos. Il y vit l’horreur : la population était maltraitée et battue par l’occupant. Ce n’étaient plus des travailleurs mais des esclaves. Les pyramides de Gizeh et de Saqqarah avaient été violées et pillées. Memphis était devenu méconnaissable. Les temples d’Hathor, de Ptah et de Neith étaient à l’abandon. Il reprit la direction du sud afin de se rendre à Thèbes. Il devait voir Pharaon au plus vite. Longeant les rives du Nil, il remonta vers la capitale de ce qui était encore l’Égypte. Il survola et tourna à plusieurs reprises au-dessus de la ville. Là aussi comme à Memphis, misère, famine, maladie et mort faisaient partie du quotidien. Il se dirigea alors un peu à l’extérieur de la ville et survola le palais de Pharaon, avant d’aller se poser au sommet du deuxième pylône. De son point de chute, il avait une vue d’ensemble du domaine royal. Il prit tout son temps pour scruter les lieux et rechercha l’endroit où se situait la résidence de Pharaon. Ayant repéré les appartements du souverain, il s’élança en vol plané et prit la direction du fond du domaine. Il alla se poser sur un appui de fenêtre et regarda à l’intérieur de la pièce. C’était le bureau du roi. Ne voyant personne à l’intérieur, Horus entra et se posa sur le sol, puis il se transforma et prit apparence humaine. Il se dirigea vers le bureau et alla lire les documents qui s’y trouvaient. Ensuite il prit la direction de la chambre du roi, située juste à côté du bureau. Il entra et trouva Pharaon occupé à jouer le joli cœur avec une jeune servante. N’ayant pas été vu, Horus prit alors l’apparence du père de Pharaon et lui adressa la parole : – « Alors Antef, mon fils c’est comme cela que tu t’occupes de ton royaume ? » Pharaon sursauta et fit un bon en arrière. Prise de panique la jeune servante remit de l’ordre dans ses vêtements et se précipita vers la sortie. Se remettant de ses émotions Pharaon prit à son tour la parole : – « Mais qui êtes-vous pour pénétrer chez Pharaon sans vous faire annoncer ? » – « Mais fils, tu ne me reconnais pas ? Je suis ton père. » – « Non… Non… Ce n’est pas possible tu es un usurpateur. Mon père est mort il y a quinze ans. » – « Oui mon fils tu as raison. Mais tu es devenu un Pharaon corrompu qui laisse mourir son peuple, qui laisse sa noblesse et son clergé diriger le pays. Alors tu n’es plus digne du trône et je viens reprendre ma place. » – « Non… Je ne te crois pas… À LA GARDE… » s’écria-t-il. La porte de sa chambre s’ouvrit. Un officier et six soldats entrèrent dans la chambre de Pharaon et se dirigèrent vers lui. L’officier se prosterna devant son souverain et dit : – « Votre Majesté a un problème ? » – « Oui… Arrêtez-moi cet homme qui se fait passer pour mon père. » L’officier se releva, regarda tout autour de lui, puis regarda dans la direction de Pharaon et lui demanda : – « Quel homme Votre Majesté ? » – « Mais celui qui est là debout juste devant moi. » – « Mais il n’y a personne Votre Majesté. » – « Ne te ridiculise pas Antef. Toi seul peux me voir et personne d’autre. Ton règne est terminé et tu dois t’en faire une raison. » Pharaon s’empara de l’épée de son officier et la planta dans le ventre de son père. Peine perdue, celle-ci ne rencontra que le vide. L’officier donna l’ordre que l’on aille chercher le médecin de Pharaon, puis il tenta de récupérer son épée. Tout hébété, Antef la lâcha et s’assit sur le bord de son lit. Quand le médecin arriva auprès de Pharaon, l’officier sortit de la pièce avec ses hommes. Le médecin ausculta le roi et lui demanda : – « Que se passe-t-il, Votre Majesté ? » – « J’ai devant moi un homme qui se fait passer pour mon père et ma garde ne le voit
pas. » – « Lui non plus, Antef, il ne me voit pas. Tu perds ton temps. Sois raisonnable et rends-moi mon trône. » – « Votre Majesté, vous êtes surmené. Il faut vous reposer. La fatigue amène parfois à avoir des hallucinations. » – « Oui… Vous avez sans doute raison. » Le médecin salua le roi et sortit à son tour de la pièce. Pharaon toujours assit sur le bord du lit ne savait plus quoi penser. Il releva son regard en direction de son père et s’écria : – « Mais qui êtes-vous pour que je sois le seul à vous voir ? » – « Comme je te l’ai déjà dit je suis ton père. » Horus changea alors d’apparence et prit la forme d’un être humain à tête de faucon. Pharaon, les yeux exorbités de stupeur, se leva du lit et tenta de fuir de la chambre. Mais en un éclair Horus l’avait rejoint et lui barrait le chemin. Il l’attrapa par la gorge, le souleva du sol et lui dit : – « Tu as osé tenter de tuer un Dieu ? Tu n’es plus digne de vivre. » – « Non… Non… Horus je ne savais pas que tu pouvais prendre l’apparence de mon père… Pardonne-moi… » – « Il n’y a aucun pardon pour un Pharaon qui est une plaie pour son peuple, qui ne sait pas diriger son pays et qui se laisse mener par le bout du nez, par son entourage. » Horus redéposa alors Antef sur le sol et l’obligea à se mettre à genoux. Puis il lui releva la tête et le regarda droit dans les yeux avant de lancer l’incantation : – « Par les pouvoirs qui me sont conférés par les Dieux, mes pères et frères, j’en appelle à Rê, que ton corps brûle et qu’il soit réduit en cendre afin que jamais tu ne puisses trouver la vie éternelle. » Horus relâcha son emprise sur Antef et fit un pas en arrière. Pharaon continuait de le regarder, mais cette fois avec un regard plein d’effroi. Quand il voulut dire un mot et ouvrit la bouche, une flamme jaillit de celle-ci. Il poussa alors un cri de douleur, ses vêtements commencèrent à s’embraser, puis il s’écroula sur le sol, sans vie. Son corps continua de se consumer jusqu’à ce qu’il ne resta plus rien de son passage sur terre. De Pharaon ne restait plus qu’un petit amas de cendres sur le sol. Horus inspira profondément puis souffla dans cette direction, les cendres se soulevèrent du sol et s’envolèrent par la fenêtre. Horus se métamorphosa une nouvelle fois et prit l’apparence d’Antef. Il venait de prendre le pouvoir et de s’installer sur le trône d’Égypte. Suite aux cris poussés par le mourant, l’officier de la garde de Pharaon entra dans la pièce et demanda : – « Vous avez crié, Votre Majesté ? » – « Oui, oui, mais ce n’est rien, j’ai juste heurté le lit avec mon pied. » – « Ah ! D’accord. Votre Majesté n’a plus besoin de moi ? » – « Non, tu peux retourner à tes tâches. » – « À vos ordres, Votre Majesté. » Le premier pas avait été franchi, le trône d’Égypte était à nouveau sous contrôle. Mais la tâche s’annonçait encore longue et difficile avant que le chaos ne soit définitivement éradiqué. Mais en prenant l’apparence de Pharaon, Horus pouvait agir à son gré et au grand jour sans devoir à tout moment changer d’apparence. Horus se dirigea alors vers son bureau et y prit place. Étant maintenant seul dans la pièce, toutes les portes menant à celle-ci se refermèrent et Osiris apparut devant Horus. – OSIRIS : « Excellent début Horus. Tu as agi de main de maître. Quels sont maintenant tes plans, mon fils ? » – HORUS : « Ma priorité, père, sera que la population puisse manger à sa faim je vais donc faire distribuer la nourriture qui abonde dans les temples. » – OSIRIS : « Et comment comptes-tu t’y prendre ? » – HORUS : « Humm j’ai déjà ma petite idée à ce sujet. Mais cela va faire du remous au
sein du clergé. » – OSIRIS : « Ce n’est pas grave. Fais pour le mieux. J’ai toute confiance en toi, mon fils. » – HORUS : « Merci père. » Osiris disparut comme il était venu, laissant Horus seul dans son bureau. Maintenant qu’il était devenu Pharaon et qu’il avait son apparence, il ne risquait plus d’être surpris. Il prit connaissance de tous les papyrus se trouvant dans le bureau. Il en trouva un qui attira plus particulièrement son attention. C’était une liste des noms de tous les nobles, prêtres, hauts fonctionnaires, officiers de l’armée, scribes et médecins qui profitaient de cette corruption. Même le Grand Vizir et le Général en chef des armées faisaient partie de cette conjuration. Ayant bien mémorisé cette liste, Horus rangea précieusement ce papyrus. La porte de son bureau s’ouvrit et une servante entra tenant en main un plateau de nourriture et de boisson. Elle s’avança jusqu’à la hauteur du bureau puis s’inclina en tendant le plateau vers Horus. – « Merci. Tu peux le déposer sur mon bureau. » – « Voici, Votre Majesté. » – « Comment t’appelles-tu ? » – « Mérétitès, Votre Majesté. » – « Tu m’as l’air très pâle. Manges-tu tous les jours à ta faim ? » – « Non, pas souvent Votre Majesté. » – « Assieds-toi, prends tout ce que tu veux et mange. » – « Mais Votre Majesté… Si quelqu’un entre. » – « Ne t’en soucie pas, je suis le roi. Non ? » – « Heu… Oui… Enfin je pense. » – « Je vois très bien où tu veux en venir. Tu crois que je suis un Pharaon fantoche qui se laisse mener par le bout du nez par ses proches. » – « Non… Non… Je n’ai jamais voulu dire cela. Je n’oserais pas, Votre Majesté. » – « Non, mais tu le penses et je ne peux pas te donner tort. » Mérétitès ne répondit pas et se contenta de manger une cuisse de poulet et quelques fruits. Pendant ce temps, sans qu’elle ne s’en rende compte, Horus avait pénétré son esprit et lisait dans ses pensées. Il constata que la jeune femme était d’une honnêteté à toute épreuve et qu’elle menait une vie très dure pour son jeune âge. Allant jusqu’au plus profond de son cœur il y découvrit une pureté sans égale, droite, intègre qui aimait la justice et qui avait de la peine de voir comment vivait l’Égypte actuelle. Ses parents étaient morts à cause de la famine et maintenant elle était seule pour élever ses deux jeunes frères. Plus Horus lisait dans ses pensées et plus il se rendait compte que son intervention était urgente. – « Mérétitès, ta vie est dure et pourtant, depuis la mort de tes parents, tu fais tout ce que tu peux pour élever tes deux frères et pour qu’ils ne manquent de rien. Tu te sacrifies totalement pour eux et c’est tout à ton honneur. » – « Mais Votre Majesté… Comment savez-vous cela ? » – « Je vais te le dire. Parce que je vois en toi, je peux lire dans tes pensées et aussi voir la pureté de ton cœur. » – « Mais comment est-ce possible ? » – « Tout simplement parce que je ne suis pas Pharaon, mais un Dieu, venu pour sauver l’Égypte. » – « Un Dieu ? Mais Pharaon est un Dieu. » – « Pour vous égyptiens, oui. Mais pas pour nous. Ce matin je suis venu sur terre et j’ai pris la place de Pharaon. » – « C’est très difficile pour moi de vous croire et de comprendre Votre Majesté. » – « Ce n’est pas grave, je vais te montrer. Je sais que je peux te faire totale confiance. Mais sache que si l’envie d’en parler te prend, tu resteras sans voix et il te sera impossible de divulguer ce que je vais te montrer. » – « Est-ce bien sage de me mettre au courant alors, Votre Majesté ? »
– « Oui car je vais avoir besoin de ton aide. » – « D’accord… Alors je vous écoute et je vous servirai loyalement. » – « Je le sais très bien. Je l’ai vu dans ton cœur et c’est pour cela que je vais te donner ma confiance la plus totale. » Horus se leva de son bureau, vint se mettre face à Mérétitès et sa tête se métamorphosa prenant l’apparence du Dieu Faucon. Mérétitès tomba à genoux, bras tendu et tête baissée, avant de s’exclamer : – « Oh ! Horus es-tu bien réel ou alors est-ce moi qui rêve ? » – « Non je suis bien réel Mérétitès. Relève-toi. » Elle s’exécuta et fixa Horus droit dans les yeux pendant qu’il reprenait forme humaine. Il s’avança alors vers elle et lui prit les mains. – « Mérétitès puis-je compter sur ton aide ? » – « Oui Votre Majesté… Heu non… Mon Dieu… Heu je ne sais plus quoi. Que voulez-vous que je fasse ? » – « Comme tu travailles dans le palais, j’aimerais que tu me signales les personnes en qui on peut avoir confiance ainsi que le personnel corrompu. » – « D’accord, je vous aiderai. » – « Je n’en doutais nullement, Mérétitès. Dès à présent, toi et les tiens, vous êtes sous la protection des Dieux d’Égypte et il ne peut plus rien vous arriver. Chaque matin à ton réveil tu trouveras sur ta table toute la nourriture nécessaire pour votre journée. » Mérétitès ne put trouver immédiatement les paroles afin d’exprimer sa satisfaction à Horus. Celui-ci ayant repris sa place à son bureau, il lui adressa un sourire qui la décontracta. – « Mais ! Dieu Horus, que vont dire les gens en voyant que j’ai de quoi nourrir ma famille alors que la population meurt de faim ? Je risque qu’on me traite de voleuse. » – « Non pas du tout. Cette nourriture sera bel et bien réelle, mais vous serez les seuls à la voir. Mais, tout comme ce que tu as vu ici, vous serez dans l’impossibilité la plus totale d’en parler à l’extérieur. C’est pour votre sécurité. » – « Je ne sais plus que dire Mon Dieu… » – « Ne dis plus rien alors. Mais aide-moi. J’ai besoin de toi. Même en étant un Dieu je ne peux avoir des oreilles et des yeux partout. Tu es actuellement la seule en qui j’ai confiance. » – « Oui Mon Dieu, tu peux compter sur moi. Je serai tes yeux et tes oreilles au sein du palais. »
1. Lorsque le défunt se présente dans la salle du jugement des deux vérités, son cœur est déposé sur le plateau d’une balance dont le contre-poids est la plume Maât. Si le cœur est plus lourd, c’est qu’il est chargé de trop de péchés, et Ammout, déesse à corps d’hippopotame, tête de crocodile et pattes avant de lion, est chargée de dévorer son âme empêchant ainsi l’âme du coupable de retrouver son corps pour ressusciter dans le monde des morts.