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Hôtel du bord de mer, saison 1 épisode 4

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Selon Joanna, la gentillesse excessive de sa fille est suspecte. Elle est pourtant contrainte d’écourter la conversation quand un problème surgit à l’hôtel du bord de mer. Là, elle découvre que Mélanie n’est pas venue travailler. Personne ne l’a revue depuis la fête de départ en retraite de Marguerite. En plus, Rodolphe G. Gaspardin affirme que quelqu’un a fouillé dans ses affaires. Joanna pourra-t-elle tout mener de front ?
Agnès Ruiz est l'auteur de plusieurs romans adultes et jeunesse vendus à plus de 300 000 exemplaires. Ma vie assassinée, L'ombre d'une autre vie, La main étrangère, Et si c'était ma vie? Etc...


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Agnès RUIZ


Hôtel du bord de mer


Saison 1 - épisode 4



Édition originale 2015 

Copyright © Agnès Ruiz pour la couverture et le texte

ISBN 979-10-91305-79-2

Du même auteur

Ma vie assassinée

L'ombre d'une autre vie

La main étrangère

Et si c'était ma vie?

Les larmes du Cameron

La belle naufragée suivi de Cadeau de noces

L'indomptable Molly suivi de Le voyage de Colonel

Metro stories, vol. 1 (Trois pâtisseries suivi de Mélodie en mémoire)

Assassinat d'un prêtre

Un striptease de trop

L'assassin de la gare

Un cadavre sur la plage

Les jeunes mariés

Un petit écureuil, un zest de citron, premier rendez-vous

Le laveur de vitres de Trifouilly-les-Oies

Pur sang

Les âmes vertueuses et Brume dans le métro

Mr le Président et Eugénie au pays des merveilles

Jour de pluie, jour de rêverie et L'anniversaire de Guillermo

Les temps d'hiver, Naissance d'un roman et Flocons de neige

Question d'apparence, Le triomphe de la république et Mon bien-aimé

Le conducteur poete, Le joueur de saxo, Lumière et S'accrocher

Série Pom-pom girls
- Une équipe du tonnerre
- Le secret de Brittany
- Coup dur
- Tous les coups sont permis

Série Elias Sparte
- L'oracle des trois soleils
- Les oeufs sacrés
- Le sanglier de Calydon

39

Zoé s’était montrée très serviable toute la semaine. Elle avait multiplié les propositions pour aider sa mère. Elle avait par exemple passé l’aspirateur, ce qu’elle détestait en temps normal. À table, elle ne se contentait plus de venir juste au moment de dîner. Elle dressait la table sans rechigner et débarrassait avec empressement. Elle alla même jusqu’à faire la vaisselle à quelques reprises, non sans avoir cassé deux verres et une assiette. Mais ça, Joanna ne lui en voulait pas. Comme elle avait coutume de dire, celui qui ne fait rien ne casse rien.

Joanna voulait croire que sa période rebelle était finie, mais elle sentait qu’il y avait anguille sous roche. Avec l’arrivée du week-end, elle intercepta sa fille qui filait sous la douche.

— Zoé, il faut vraiment qu’on ait une petite discussion.
— Quoi, maintenant ? regretta Zoé.
— Oui, maintenant, insista Joanna.

Zoé avait l’habitude de ne tenir aucun compte des demandes de sa mère. Le maintenant pour elle voulait dire plutôt « un de ces jours »… Là, elle regarda vers la salle de bain puis sa mère.

— D’accord, si tu juges que c’est important.

Joanna aurait pu jubiler « Enfin l’âge de raison ». 
Elle n’en était plus à son premier espoir en la matière, alors, elle se retint. 

Elles se retrouvèrent toutes les deux dans la cuisine. Joanna proposa un verre de jus d’orange.

— ça va durer si longtemps, cette « petite discussion » ? s’informa Zoé en grimaçant.
— Le temps qu’il faudra, se contenta de répondre Joanna en posant le verre de jus.
— Allons-y, alors…

Zoé montrait de la volonté, ça ne faisait aucun doute. Mais il y avait aussi de la résignation. Espérait-elle en finir au plus vite pour retourner à ses petites affaires ?

Joanna n’avait plus le loisir de faire comme si. Elle avait provoqué cette discussion, elle devait aller jusqu’au bout. Même si ça devait finir en dispute, comme tant de fois, se dit-elle intérieurement.

Garder le cap, songea-t-elle en tentant de se reconcentrer sur sa fille. Revenir à l’essentiel.

— Tout d’abord, Zoé, je voudrais te remercier pour cette semaine, commença-t-elle. Pour tout ce que tu as fait, ta gentillesse, tes actions concrètes. Je dois reconnaître que ça m’a rendu un fier service parce que… 

Là, Joanna parut embarrassée à aborder l’hôtel du bord de mer. C’était toujours un sujet sensible avec Zoé. Elle disait que sa mère ne voyait tout qu’au travers de son travail. 

— Je sais, tu bosses dur. Alors, c’est quoi le problème ? s’impatienta Zoé, je ne peux pas t’aider un peu à la maison ? Ça ne va pas…
— Si, bien sûr que si, l’interrompit Joanna, avant que sa fille ne s’emporte, j’aime ça que tu sois comme ça, serviable, agréable… Qu’on puisse discuter de tout et de rien, qu’on passe des soirées sympa, comme avant. 
— On n’est pas des sauvages, quand même. Bien sûr qu’on peut s’entendre, confirma Zoé, sur la défensive néanmoins.

C’est là que ça devenait délicat, songea Joanna. Ou c’est là que je m’abstiens et que je fais comme si… La politique de l’autruche… 

Non ! Elle ne voulait pas agir comme ça. Ce serait si facile pourtant… Pourquoi tout compliquer quand cela pouvait être si simple ?

— Bon, c’est tout ce que tu voulais me dire ? C’est bon, je suis contente que tu sois contente.

Zoé rit de son petit commentaire. Joanna se contenta de sourire.

— Ce n’est pas tout, Zoé. 

Le soupir fut trop long pour Joanna. Sa fille s’impatientait. Mais que c’était dur à sortir. Elle était sûre que Zoé allait lui crier après… Qu’importe. Elle ferma les yeux brièvement, comme si elle cherchait à puiser du courage quelque part en elle puis se lança.

— Je me disais juste que… peut-être tu voulais quelque chose en étant super gentille comme tu l’as fait toute la semaine.

Voilà, elle l’avait dit. Et le regard de sa fille était comme elle s’y attendait, ombrageux, rageur, rempli de colère. D’ailleurs, elle ouvrait déjà la bouche pour se rebeller.

— Genre, comme une récompense ? C’est ça… Tu ne me fais jamais confiance, hein ? Jamais !

Zoé avait levé le ton. C’était tout ce que refusait Joanna. Si cette conversation provoquée tournait mal, ça finirait par des cris, une nouvelle dispute et de nouveau, l’enfer à la maison… pour des semaines, voire des mois. 

Très vite, Joanna intervint.

— Cette semaine, je me suis rendue compte que tu étais capable de beaucoup d’efforts. Mais surtout, qu’on s’est bien entendu, insista-t-elle fortement (elle prit même la main de sa fille dans la sienne pour accentuer son sentiment). On s’est même amusée ensemble, tu ne vas pas le nier.

Zoé sourit devant l’évocation d’une soirée particulièrement agréable. Un soir de semaine, elles étaient allées ensemble au cinéma, juste toutes les deux. 

C’était Zoé qui avait choisi le film. Une histoire de zombies qu’elle affectionnait tant et que sa mère détestait. 
Joanna n’avait pas protesté. À la fin de la séance, Zoé lui avait demandé son avis. Devant les grimaces éloquentes de sa mère, elles avaient eu un violent fou rire, sincère et rempli de connivence. 

— C’est vrai, c’était chouette. On devrait le faire plus souvent.

Joanna lorgna vers sa fille pour détecter une quelconque manipulation. Pourtant, son visage reflétait la sincérité. Ses yeux étaient pétillants.

— Peut-être pour un autre film que les zombies, assura Joanna en souriant.

Zoé rit franchement et approuva, justifiant qu’elles pourraient sans doute trouver un sujet qui les intéressait toutes les deux. 

L’instant d’après, elle libéra discrètement sa main de l’emprise de sa mère et termina son verre de jus d’orange. Pourtant, c’est un peu trop brutalement qu’elle le reposa sur le comptoir.

40


Joanna sentit toute la tension qui l’habitait encore dans ce geste. Elle savait intuitivement qu’elles allaient aborder un sujet plus délicat. Les vannes allaient s’ouvrir. Était-ce une bonne chose ?

— C’est juste que… que je voulais te montrer que je pouvais...
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