Hudibras. T. 1 / . Poëme ecrit dans le tems des troubles d'Angleterre ; et traduit en vers françois avec des remarques & des figures. Tome premier. [-troisieme.] = Hudibras. A poem written in the time of the civil wars. Adorned with cuts

De
Publié par

A Londres [i. e. Paris]. M. DCC. LVII. = London. M. MCC. LVII. [sic]. 1757. 3 t. ([14]-365-[1] p., [5] f. de pl. ; [4]-480-[1] p., [8] f. de pl. ; [4]-365-[1] p., [2] f. de pl.) ; in-12.
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Publié le : samedi 1 janvier 1757
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HUDIBRAS.
.P O Ë ME
ECRIT. DANS LE TEMS
des Troubles d'Angleterre
E T
TRADUIT EN PERS FRANÇOIS,
avec des Remarques & des Figures,
TOME PREMIER.
A LONDRES.
M. D C C. LVII.
HUDIBRAS
POEME.
TOME PREMIER.
HUDIBRAS
A P O E M
VRITTEN
IN THE TIME OF THE
CIVIL WARS-
ADORNED WITH cuis.
Z 0 N D 0 N,
M, MÇÇ, ]LVII,
a iij
AVERTISSEMENT
DU LIBRAIRE-
L eft étonnant que malêré les pro-
grès qu'a fait l Ançlois en France,
perfonne n'air tenté de-traduire Hu-
dibras en notre Langue. L'ejllme où
ce Poëme fe foutient depuis près d'un
Siecle parmi une Nation éclairée étoit
un _sûr garant qu'il ne déplairoit pas à
la nôtre. On m'a remis entre les mains
une Traduction en vers de cet Ouvra-
ge; j ai cru faire plaifr au Public
en lui en faifant part. Je n'ai rien
épargné pour mériter fon [uffrage.
Les Figures ont été la plûpart gra-
vées d'après les deffeins du fameux
Hogarth dont-les talens font connus
de toute l'Europe. Un Homme de
Lettres m'a confeillé de faire impri-
mer l'Anglais à côté du François &
ils'eft bien voulu charger à ma priere
PRÉ FA C Ë.
deux Royaumes ôc le meurtre des
deux Rois.
Pour dévoiler l'hypocrifie & l'ex-
travagance des Fanatiques des Sectes
différentes qui s'étoient unies fans
s'aimer, ni s'eflimer l'Auteur a fait
Hudibras Héros du Poëme Pref-
bytérien, & Ralpho fon Ecuyer, In-
dépendant i &. dans les converfa-
tions & difputes qu'il fait naître cn-
tr'eux, a.ufli bien que dans leurs
.actions il démarque leur mauvaife
foi, & la turpitude de leurs Sectes.
Le jugement qu'en a porté le célè-
bre M. de Voltaire fume. pour l'é-
loge de ce Poëme.
II y a Surtout, dit-il un Poëme
•wAnglois que je défefpererois de-
)) vous faire connoître. Il s'appelle
«Hudibras: le Sujet eft laguerre ci-
» vile& la Secte desPuritains tournée
« en ridiçule^C'eft Dom Quichotte
» c'eft notreSatyre Ménippée fondus
» enferhble. C'eft de tous les livres
PRÉFACE.
M que j'ai jamais lus, celui ou j'ai
«trouvé le plus .d'efprit; mais c'eft
«auflï le plus intraduisible. Qui croi-
» roit qu'un livre qui faifit tous les ri-
>j dicules du genre humain & qui a
» autant de pensées que de mots., ne
» pût fouffrir la Traduction ? C'eft
» que tout y fait allufion à des avan-
ie tures particulieres. Le plus grand
» ridicule tombe fur les Théolo-
» giens, que peu de gens du monde
» entendent. Il à tout mo-
ment un Commentaire, & la plai-
» fanterie expliquée cefTe d?êtreplai-
»j fanterie &c.
Le Traducteur eft bien éloigné
de prétendre avoir fait ce qui paroît
fi difficile à M. de Voltaire c'efl^à-
dire, une Traduction qui. rende la
finefle de l'original; mais il s'eft flatté
que cet efïai quelque foible qu'il
foit en pourroit faciliter l'intelli-
gence à ceux qui favent l'Anglois
médiocrement, fans autre préten-
tion.
P R È F A C Ei
Ce que les Aniglois appellent the
humour eft bien intraduifible èc
comme c'eft cela qui fait la Princi-
pale beauté du Poëme on ne peut
préfumer que ceux qui ne liront
que le François y trouvent au-
tant d'efprit que Monfieur de Vol-
rai re..
On trouve dans toutes les éditions
• Angloifes de,ce Poème une Lettre
d'Hudibras à S idrophel que le Tra-
ducteur a' palTée, comme n'ayant
aucun rapport au refte de l'Ouvrage.;
fi quelque main plus habile veut
s'exercer à la mettre en François, la
difficulté de traduire dignement cet
Auteur le portera à excufer la foi-
̃blefïe de cet efïai.
Le Traducteur déclare qu'il n'a
aucune part aux notes que l'on trou-,
vera à la fin de chaque Volume, l'E-
diteur s'en eft abfolument chargé.
VIE
DE M. B UT LE R,
-AUTEUR D'HUDIBRAS.
LA Vie des Gens de Lettres eft com-
munément aÍfez ftérile la folitude de
leur Cabinet ne fournit pas de ces grands
événemens qui furprennent & qui atta-
chent le Lecteur on n'en eft pas moins
curieux cependant de çonnoître les main-
dres particularités d'un homme dont les
t.alens ont fait honneur à fa Patrie,
Samuel Butler naquit en 16 1 à à Stren-
çham dans le Comte de Worcefter. Le
Pere qui ¢toit un gros Fermier remarquant
dans fon fils une grande inclination pour
l'étude, l'envoya au College de W orçef-
,ter, &de-là à l'Univerfitéde Cambridge;
mais ne pouvant foutenir une dépenfe fi
forte, il le rappella auprès de lui. Le jeune
Butler, fe voyant alors beaucoup de loi-
IJr s'appliqua à l'Hiftoire à la Poëfie à
la Mufique & quelquefois aufli à la Pein-
tare.
Elizabeth Comteffe de Kent qui a beau»
coup d'efprit joignoit les plusyaftes con.
VIE DE M. BUTLER.
noiffances & qui fe faifoit un plaifir d'en-
courager les Sciences & ceux qui les
cultivent l'attira chez elle. Il y profita
d'une excellente Bibliotheque qui étoit
toujours ouverte aux perfonnes de Mé-
rite, & plus encore de la converfation de
la Comteffe & de celle de M. Selden, un
des plus favans hommes qui aient jamais
paru.
Il paÍfa aufli quelques tems chez le Che-
valier Samuel Luke d'une ancienne Fa-
mille dans le Bedforshire & l'un des
Officiers Généraux de Cromwell. On pré-
tend que ce fut-là qu'il compofa fon Poë-
me d'Hudibras. On ne peut disconvenir
qu'il étoit dans une excellente école &
qu'il fe trouvoit très-à portée de s'inftruire
des différens Partis qui divifoient fa Pa-
trie. Je n'ofe décider s'il leur a toujours
rendu juflice je laiffe ce foin aux perfon-
nes verfées dans l'Hiftoire de ces tems-
là. Mais il me femble qu'il devoit épar-
gner le Chevalier Luke fon bienfaiteur,
que la gratitude & la reconnoiuance au-
roient dû mettre à couvert contre les
traits de la fatire de notre Auteur.
Charles haiffoit mortellement les Pref-
bytériens quoiqu'ils euffent le plus con-
tribué à fon Rétabliffement ils ne lui en
PIE DE M. BUTLER.
étoient pas moins odieux. La gravité de
leur maintien & l'auflérité de leurs mœurs
étoient devenus l'objet perpétuel des rail-
leries d'une Cour voluptueufe, où l'on fe
faifoit gloire d'être fans Moeurs & fans Re-
ligion. Un Poëme qui tournoit ces Seftai-
jes en ridicule & ceux qui avoient pris
les armes contre Charles I. ne pouvoit
manquer d'être goûté. Le Roi fit à l'Au-
teur l'accueil le plus gracieux les cour-
tifans lui témoignerent à l'envi l'un de
l'autre le plaifir que leur -avoit fait la
leftyre de fon Ouvrage. Mais ces éloges
ne furent point accompagnés d'effets foli-
des, & notre Auteur ne remporta que
des louanges tlériles qui ne le mirent pas
à l'abri de l'indigence.
Il époufa une Demoifelle de très-bonne
Famille £t d'un bien honnête mais qui
eut le malheur d'en perdre la plus grande
partie. Le Lord Buckhurfl: & le Comte
de Dorfet tous deux Poëtes & trop
grands pour être jaloux tâchèrent par
leurs bienfaits de lui faire oublier fa mau-
vaife fortune.
Il mourut à Londres en 16 80 fans laitier
de poftérité. M. Longueville du College
des Jur-ifconfultes du Temple le fit entera
jrer à fes dépens dans l'Eglife de S. Paul
VIE DE M. B UTLEK..
Covent-Garden (i). Le Dofteur Patrick
que fon profond {avoir & fon rare mérite
'firent depuis élever à l'Epifcopat étoit
po.ur lors Minière de cette Paroiffc ce
fat lui qui fit le fervice. M. Longueyille au-
roit foùhaité mêler les cendres de notre
Auteur avec celles des Rois & des Grands
Hommes qui repofent à Weftminfter
ceux qui avoient montré le plus d'amitié
à M. Butler refuferent d'y contribuer.. En
Siyi.i un Citoyen de Londres lui fit éle-
ver dans cette Abbaye un Monument fur
'lequel il fit graver l'Epitàphe fui vaflte
̃ M. S.
Samuelis Butlerd
Qui Sttenslia.ni ice inagro Vigorn. Nat. i6iz
Obüt Lond. I6%o.
Vir dodus imprimis acer integer;
Operibus Ingenii, non:item, prœmiis, fodix
Satyrici apud nos Carminis Artifex egregius
Quo fimulata? Religionis Larvam detraxit
Et PerduelliurafceletaHbetrimè exagitayit
Scriptorum in fuo génère primus & poftremus.
Ne eu vivo deetant fetè omoia
Deeflet etiam mottuo Tu.mul.us
Hoc tandem pofîto Marmore cutavit
JohannesBarber, CivisLondinenfis, 17x1.
(1) On appelle cette Eglife Saint Paul, Covent-Garden,
patçe qu'elle efl bâtie fut la Place de Covent-Gaideo, Se pour
la diltinguer de Saint Faut de la Ciré qui eft la Cathédrale.
& de Saint faut de Shadwell une des'feize Paroifles fituées
dtiu ie.Comcé de J^iddlcllcx.
HUDIBRAS
Tome 1. A
HUDIBRAS
HUDIBRAS.
THE ARGUMENT
OF THE FIRST CANTO.
Sir Hudibras his paffing worth,
The Manner how he fally' d forth
His Arms and Equipage are shown
His Horfe's s Vertues and his ovn.
Th' Adventure of the Bear and Fiddle
Is fung but breaks off in the middle.
CANTO L
\y Hen civil Dudgeon firfi grew high
And Men fell out they
A ij
HU DIS RAS.
SUJET
DU PREMIER CHANT.
Du Sieur Hudibras le mérite
Comment il partit de fort gîte
Armes Harnais du Chevalier,
Ses vertus* celles du Couper:
D'Ours & Violon l'équipée
Mais qui n'ejl qu'à moitié contée, (i)
CHANT PREMIER-
-V^Uand les hommes en désarroi
Se brouilloient fans fçavoir pourquoi j
4 C A N f O I.
When bard Words, Jealoufies and Fcars
Set Folks together by the Ears
And made them fight like mad or drunk,,
For Dame Religion as for Punk
Whofe ô 1-loneflf they all durfifwear for
Tho' not a Man of them knew wherefore
When Gofpel-Trumpeter furroundèd
With long-ear'd Rout, to Battle founded,
And Pulpit, Drum Ecclefiafiick
Was beat with Fift, 3 inftead of a Stick
Then did Sir Knight abandon Dwelling,
And out he. rode a Colonelling.
A Wight he was whofe -veryfight wou '4
Entitle htm Mirrour of Knighthood
That never bow'A ,his,fiubborn Knee
To any Thing'but Chiyalry
Nor put up Blo w but that which laid
eight Worshipful on Shoidder-blade
Chief of Domeftick Knights and Errant,
Either for Chartel or for Warrant
Great on the Bench Great in the Saddle,
That coud os well bind o' er as fwaddle
CHANT I. f
A iij
Qaandgïos mots, craintes, jalousies (2)
Caufoient partout des batteries,
Et les gens en diuenfton
Pour la Dame Religion
Se chamailloient dans la dicpute
Comme gens ivres font pour pute
Dont chacun difoit tant de bien
Sans que perfonne y connût rien
Quand le Trompette d'Evangile (̃>,)
Sonnoit la charge par la Ville
Et pour tambour, la Chaire au loin
RetentifToit à coups de poing
Lors le Chevalier prit le large, (t,)
Et de Colonel fit la charge.
Son aspect étoit trait pour trait
D'un preux Chevalier le portrait,
Dont le fier genoux de fa vie
Ne plia qu'à Chevalerie (f )
Qui jamais qu'un coup n'endura
Qui fon épaule décora.
'A bon droit la fleur de la clique.
Soit errante foit domeftique
Grand fur les bancs, grand à cheval;
Sur tous deux d'un mérite égal
Brilloient fon coeur & fa cervelle
A juger, ou vuider querelle (6)
6- C A NT 0 1.
Mighty he was at both of thefe,
And fiyl'd of War às well as Peace.
.( So fome Rats of Amphibious Nature,
Are either for the Land or Water. )
But here our Atithors make a doubt,
Whether he were more wife or fiout.
Some hold the on'e and fome the other;
But howfoe'er they màke a pother
The diff'rence was fo finall his Brain
Otitweigh'd his Rage but half a Grain;
Which made fome take him for a Tool
That Knaves do work with call'd a Fool.
For't bas been held by many that
.As 'Montaigne, playing with his Cat,
Complains fhe thought him but an Afs,
t/Luch more fie wou'd d Sir Hudibras
( For that's the Name our valiant Knigbt
To all his Challenges did writé. )
But they're miftakenvery much:,
'Tis plain enough he was no fucfi
We grant, altho' he h ad much Wit,
H'was very fhy of ujîng it
As bèing loth to wear it out
And therefore bore it not abolit
Unlefs on Holy-days or fo
As Men their befi Apparel do.
CHAN T.
A iiij
Et fut renommé pour fes faits
Pendant la Guerre comme en Paix;
( Ainfi certain Rat Amphibie
Dans l'air où. l'eau trouve fa vie. )
Mais ici doute maint Auteur
S'il eut plus d'efprit, ou de coeur;
C'eft difputer & faire glofe
En vérité, fur peu de chofe
L'efprit ne paflbit c'ett certain,
La valeur, que d'un demi grain;
Ce qui fit paner pour manie
L'éclat dont brilloit fon génie,
Et qu'on le prit ( tranchons le mot )
Pour l'outil des fripons un fot.
La chatte dont fe plaint Montagne (7)
Prenoit fon Maître pour un âne
Elle eut formé, fans embarras,
Même jugement d'Hudibras; (8)
( Car c'eft le nom que de coutume
A fes cartels fîgrioit fa plume. )
Mais il eft clair affairement
•Qu'on fe trompoit très-lourdement;
Car en efprit il étoit, riche
Quoique fouvent il en fût chiche
Et ne le portât qu'aux bons jours,
Comme bourgeoife fes atours.
8 CA N T 0 I:
Befde, 'tis knownhe couldfpeak Greek,
As naturally as Pigs fqueak
That Latin was no more difficile,
Than to a Blackbird 'tis to whiftle
Being rich in both, he néver fcanted
His Bounty unto fuch as wanted
But much of either Vsou 'd afford
To many, that had not one Word.
For Hebrew Roots, altho' they're fottnd
To flourish mofl inbarrehGround
He had fuch Plenty, as fuffic'd
To make fome thinh htm circttmcis 'd
And truly fo he was ferhaps
Not as a Profelyte but for Claps.
He was in Logick a gréai Critick
Trofoundly skill'dt» An'alytick;
He cou'd d diftinguish and divide
A Hair 'twixt South and. South-we/îjîde
On either which he wou'd' difpute
Confute change Hahds and flill confute j
He'd undertake to prove by force ̃̃
Of Argument a Man's no Horfê; •
CHANT 1. 9
Av
D'ailleurs on eft dans l'affurance
Qu'il parloit Grec avec aifance
Que Latin il vous eût parlé,
Toutcommeun merle auroit fiflé;
Parfait en tout deux, chofe rare
Il n'en fut pourtant onc avare
Surtout il en donnoit très -bien
A ceux qui n'en entendoient rien; (i o)
Pour les racines Hébraïques
( Quoique fouvent ces exotiques
Se plaifent en mauvais terroir )
Il fe picqua tant d'en ravoir,
Que le foupçon en vint à naître
Qu'il fut circoncis & peut-être (i i)
Le fut-il j non comme a portât,
Mais pour certain mal au Proftat.
Il étoit gavant en Logique,
Et profond dans l'Analytique
Un cheveu fçavoit divifer
Et fur les parts fubtilifer '̃
En pédant retors qui difpute
Change la ihéfe & puis. réfute.
Il eut démontré bien ou mal
Qu'un homme n'eft pas un cheval
io C A "N t 0 I.
He'd prove a Buzzard is noFowl
And that a Lord may be an Owl
A Calf an Alderman, a Goofe a Jttftice
And Rooks Committee-Men undTmflees.
lie 'd run in Debt by Di/putatitn
And pay with Ratiocination.
'.AU this by Syllogifm j true
In Mood and Figure he wou'd da.
For Rhetorick he cou'd not ope
Ris Mouth j but out there flew a Trope
'And when he happen'd to break off
T th' middle of his Speech, or cough
H'had bard Words ready to shew why,
And tell what Rules he did it by
Jïlfe when with greafeQ Art he fpoke,
7 ou 'd think he talk'd like other Folk.
For all a Rhetorician's Rulés
Teach nothing but to name his Tools.
But, when he pleas'd to shéiv't, his Speech
In loftinejf of Sound. wds rich-
.A Babylonish Dialeft
Whkhlearned-fedan.timttchàffeH ̃• •••
Avj
Que celui qui prend une Bufe
Pour un oifeauy fouvent s'abufe
Qu'un Lord peut bien eue un Hibou,
Et maint Echevin' un Coucqu
Un Juge une Oye,,& la Corneille (t.t)
PafTer pour^ tutrice. à ̃.mer.v.eiUe.i
Parlà'difpùtéàl.s'ende.ttoit,;
Et par raifonnement payait
En Dialectique très-pure,
Sans manquer à mode ou.figure.
La Rhétorique étpjt fonfait
Et fa bouche, comme, l.'on fçait,.
Ne s'ouvroit que pour faire éclorré. ,y
Trope brillant ou métaphore.
Et fi par fois dans fon difcours
il touffoic, ou bienreftoit court ,(i } .)
Il fe fervoit de plirafe obfcure,
Pour faire palier .cette .allure,
Quand avec. plus d'art il parloit y
Tout comme, un .autr(e »-. pn ^efit^jo.^ctit s
( Car les régies de Rhétorique,
Ce font fes outils^ qu'elle e?plique.,j
Mais quand il parloit de fop mieux,
C'étoit langage harmonieux,. • ̃
Du ton que le Pédant affefte, >>
Ou de 'Babel je Dialecte,
t%-
̃ hwas aParty-coloiir'dDreJf ̃ .•• ;< "}
Of patch'd and py^Ball 'd
'Twas Englisfc cût'àn Gxeek and.Latiti ,u ̃ J.
Like "Suftittn heretoforê ̃on'SattinC< jI: J m- ,n
it s c • -.•< "'3
As if h' had i:ri
Which made fome think'.ywhén 'hé: did.
Th' had heard three Laboufeti ofBftbet îi
Or Cerberus w'
A Lexsh ofLangtidgés'at^once. c
This he as volublj i iùotïid~veni",
As if his Stock wouid'Tfë'ér beftfent
And truly, to
He had Supplies1 as -tià'ft and large .̃•
For he could Coin orCotlntirféiê1 J
New Words
And when witb hajfyÈïïfMfpih'Ùmf 'y'
The Ignorant fôr, curren't
That had the ̃' i
Did fill his Mouth
When he
iïe wtttldhavt us'd noîthirMvayi.
:ij
C'étoit un habit d'Arlequin
D'Anglois, de Grec, & de Latin (14)
Que de coudre il prenoit la peine,
Comme oh coud Catin fur futaine
Son ton mixte étoit moins commun,
Que n'efl: trio chanté par un;
Ce qui pouvoit bien faire accroire
Quand il parloit, à l'auditoire
D'entendre encor le bruit mortel
De trois oùvriers'de Babel-, (if)
Ou Cerbere'ânx âmes errantes
Japper trois langues différentes.
Son difcours itôit vite & long, *'•'̃-
Sans crainte H'épuifer fon fond;.
Pour fuffire à cette dépenfe
Il fçavoit faire amas d'avance;
Carde nouveaux'mots il forgeoit,'
Et bien ou' mal contre -faifoit^v v-
Mots fi durs qu'aucune carrière ̃- • .̃
Pour les toucher,. nè fournit pierre (-1 S)
Mais parlant vîte aux ignorans •- 1
Ceux-ci les prenoiënt pour coùrans. <̃̃
De forte que fi Démofthene, (t y)
Qui fe foiiifralâ bouche pleine •̃̃
De cailloux avoir fçu fôri' ton
Il n'eut pas pris d'autre fa^on,
InMathematicks hewasgreater
lhan Tycho-Brahe, or Erra Pater:
For he by Geometrick •
Could take the Size of Pots of Aie
Refolve by Sines and Tangents ftratght
If Bread or Butter wanted Weight
And wifely tell what Hour o'th'Dav
The Clock doesftrike by Algebra,
Be/ide be Was ashrewd Philofopher,
And bad read e-v'-ryT?xt'anil.Glp{fovet-i
Whate'ertbe crabbed'fi Autborbath t) •
He underflood b' ipifliçit faith
Whatever Sceptïckr could
forevery why ,hehad a wberefore •;
Knéw more than forty of them do
jîï far as Words and Terms coud go.
AU which be underftood by^ Rote
And as occajlonferv'ds', woa' dénote- j •,•
No matter whether right or ,wrmg •
His Notions fitted Thingsfo Well,
That which tell}.
Butoftentimesmijlookthe:0ne
Forth' other, 3 as grtat Clenfo,have dpne.
He cou'd reduce all ThingstoAcîsjr ,̃̃
Atidiiimv their Natures by abfkatts
CHANT L 15
Tome 1.
Plus habile en Mathématiques
Que Ticho-Brahé de cent piques, (1
En Géometre ratine:
Un pot de Biere il eut jaugé; (19)
Par tangente & finus, fur l'heure
Trouvé le poids de pain ou beurre,
Et par Algèbre eut dit aufri,
A quelle heure il fonne midi.
Grand philofophe en toute chofe;
Il avoit lu tout texte ou glofe s
Par implicite Foi fïavoit
Ce qu'auteur obfcur entendoit;
Rendoit raifon & fans replique
De tous les doutes du fceptique (10)
Comme quarante, il en fçavoit,
Aufli loin que parole alloit
Cotant tout cela par routine,
Tôutcomme, ou mieux, qu'une machine;
Et fon jargon étoit noté,
Pour être dit ou bien chanté.
Si bien les chofes aux idées
Dans fa tête étbient adaptées (il)
Que l'un pour l'autre bien fouvent
II prenoit, comme maint gavant,
A des faits réduifoit les chofes
.Et par abftraits faifoit leurs glofes
16 Ç A N T 0 I.
Where Entity and Quiddity
The Gbofls of defunB Bodies fly;
Where Truth in Perfon does appear
Like Words congeal'd in Northern Air.
He knew what's what and that's as high
As Metaphy/îck Wit can fly.
In School-Divinity as able
As he ¡bat hight Irrefragable;
A fecond Thomas or ar once
To name them ail } anoiber Dune,
Profound in all the Nominal
And Real ways beyond them ail;
For he a Rope of Sand couldtwift
As tough as learned Sorbonifi
And weave fine Cobwebs fit for Seuil
That's empty when rhe Mxonisftdl;
Such as take Lodgings in a Head
That's to be let unfurnisbed.
He couldraife Scruples dark and niée
And after folve 'em.in a trice
AsifDivinityhadcatch'd
The Itcb onfurpofetobefcriach'di
Or like a Motintebank did wound
And ftab herfelfwith Doubts frofemd
CHANT 1. 17
Sçavoit où va la quiddité
Des corps morts Pâme, & l'entité; (il)
Où la vérité fe décote,
Comme cnmotgelé, qui dégele. (1;)
Diftinguoit ceci de cela,
Métaphyfique en refle là. (14)
Avec fuccès ce grand génie
S'exerçoit en Théologie
Comme Thomas d'Aquin & plus, ( 1 )
C'étoit un fécond Duns Scotusj
Dans les Nominaux, ainfi comme (xtf)
Dans les Réaux, le,plus grand homme.
De fable une corde il tordoit
Mieux que le Sorbonhifte adroit. (x7)
1 Filoit des toiles d'Araignées,
Meubles pour tètes mal timbrées,
Vuides quand la Lune eft au plein,
Comme maifon pour qui l'on craint.
Il imaginoit un fcrupule
Puis en montroit le ridicule
Comme qui s'en iroit gagner
La galle, exprès pour fe gratter;
Comme fi la Théologie
D'un Charlatan eut la manie
Se perçant de doutes exprès,
Pour faire voir à tous après
i8 C A N T O 1.
Only to shew with how fmall pain
The Sores of Faith are cur'd again;
Altho by woful Proofwefind
They always leave a Scar behind.
Ne knew the Seat of Varadife
Con'd tell in what Degree it lies
And, as be was difpos'd coiïd prove it,
Below the Moon, or elfe ttbovt it.
What Adam dreamt of when his Bride
Came from her Clojet in his Side
Whether the Devil tempted her
By a High-Dutch Interpréter.
If either of them had a Navel:
tFhofirft made Mufick malléable
Whether the Serpent, at the lait,
Had cloven Feet, or none at all.
All this without a Glojf, or Comment
He coud mriddle in n Hument
C HA NTL 1,9
De quelle façon prompte & (tire
La foi guérit de fa bleuure
On a pourtant vu de nos jours
Que la marque y reftoit toujours.
Il connoiflbit la longitude
Auffi bien que la latitude
Du Paradis, & le plaçoir, (18)
Selon l'humeur dont il étoit
De!fous) ou par deffus la Lune
Dédaignant la façon commune,
Se piquant ordinairement
D'être feul de fon fentiment.
,D'Adam il fçut quel fut le rêve
Quand fon époufe-, Madame Eve
Sortit dans toute fa beauté
Du cabinet de Con côté.
Il fçavoit de quel vieux langage
Le Tentateur faifoit ufage;
Si nos premiers parens avoientf'i^
Un nombril, ou s'ils en manquoient
Qui fut le premier agréable
Qui fit Mufique malléable j ( j o )
Si le ferpent, faifant fon coup,
Eut pieds'fourchus ou point du tout.
Et tout cela fans commentaire
Comme fans glofe 11 fîavoit faire
ao C A N T O L
In proper Terms fuch as Men fmatter
When they throw out and mijfthematter.
For his Religion it was fit
To match his Learning and his Wit
'Twas Presbyterian true Bitte,
For he was of that flubborn Crew
Of Errant Saints, whom all Mengrant
To be the true Church Militant
Such as do build their Faith upon
The holy Text of Pike and Gun;
Decide all Controverfies by
Infallible Artillery
And prove their Doctrine Orthodox
By Apoflolick Blows and Knocks;
Call Fire and Swàrd and Defolation
A godly-tborougb -Reformation
Which always muft be earry don
And jlill be doing, never done
As if Religion were intended
For nothing elfe but to be mended.
A Sea whofe chief Dévotion lies
In odd perverfe Antipathies
In falling out with that or this
And findingfomewbat fiill amiff:
CHANT I. il
En termes propres comme expert,
Qui prend à gauche, & puis fe perd.
Sa religion au génie ( 31
Et ravoir, étoit afiortie;
Il étoit franc Presbytérien
Et de fa Secte le foutien
Secte qui jugement fe vante
D'être l'Eglife Militante; (^i)
Qui de fa foi vous rend raifon
Par la bouche de fon canon
Dont lé boulet & feu terrible
Montre bien qu'elle ei infaillible
Et fa Doctrine prouve à tous (3 3J
Orthodoxe à force de coups.
Chez eux guerre & carnage énorme
Prend le nom de Sainte Réforme
Laquelle il faut inceflamment
Pourfuivre juiqu'au Jugement;
La foi ne leur étant donnée,
Que pour être raccommodée
Comme.fi la Religion
Fût faite à cette intention.
Leur dévotion plus chérie
Confifte en pure antipathie
Ils ont toujours quelques raifons,
pour blâmer d'autres les façons
,41 C A N 7 O L
More peevish crojf, and fplenetick
Than Dog dijlraft, or Monkeyjîck.
That with more Care keep Holy-day
The wrong, than others the rtght way
Compound for Sins they are inclin'd to 3
By damning thofe they have no mind to.
Still fo perverfe and oppofte,
As iftheyjivorship'd God for fpight.
The felf-fame thingthey will abhor
One way and long another for.
Free-will they one way difavow
Another, nothingelfe allow.
.All Piety confiH s therein
In them in other Menait Sin.
Rather than fail, they will de fy
That which they lova mofl tenderly;
Quarrel with Minc'd pies and difparage
Their beft and de are fi Yriend Plum ..porridge;
Fat Pig and Goofe itfejf oppofe,
And Blafpheme Cuflard through the Nefe,
Th' Apo files of this fieree Religion,
Like Mahomet 's were AJf and Widgeon.
To whom our Knighi byfafi înfiinci
Of Wit and Temper, wasfo linkt
:C HA NT I. aJ
Tom I.
Chien enrage, finge malade,
N'ont pas de bile fi mauflade.
Fête au mauvais jour, chommeront
Mieux qu'au bon les autres ne font ( 3 4)
Ce qui leur plaît eft légitime
Et ce qui leur déplaît un crime }
Ils font rétifs & leur efprit
N'honore Dieu, que par dépit;
Ils font friands de même chofe
Qui, d'autre fens les indi{po{è
Ce qui dans eux eft piété,
Dans les autres c'eft un péché
Libre arbitre un jour ils admettent,
Et le lendemain le rejettent.
Ils fe brouillent en furieux ( 3 r )
Avec ce qu'ils aiment le mieux
Les jambons les pâtés d'ufage
Et leur cher ami le potage
Défendent les petits cochons,
Les oeufs au lait, & les oifoas.,
Les Apôtres de cette Secte,
Semblables à ceux que refpe&e
L'Ottomane Religion
Etoient ou bien âne ou pigeon (\6)
Auxquels par inftinft de Nature
Par esprit, ou partempérature,
M
CANTO 7.
AsifHypocriJyandNonfenfe
Hadgot th' Advowfon ofhis Confcience,
Thus was hegiftéd and /(écouter" d
We mean onth' Infide, not the Ouzw4rd.
That next of all we shall difcujf;
Then liflen, Sirs, it fbllows thus.
His tawny Beard was th' equal Grue*
Both ofhis Wifdom and his Face;
In Cut tend Dyefo like a Tàle
A fudden View it wou'd beguile
T'he t4pper part thereef was Whey
The nether Orange mixt wirh Grey.
This hairy Meteor did denounce
.The F ail pfSçepters and ofCrowns
With Type did reprcfent
Declining Age of Gavernment
And tell with Hieroglyphick Spade
lts own Grave and the State' s were mndc t
Like Sampfon' Heart-brealiers it grew
ln time to make a Nation rue
Tho' it contributed irs own Fall^
T? W^tt H^on the publick Downfal,
CHANT I.
n
Tome I. B
Hudibras s'attacha fi fort,
Qu'on eût deviné fans effort
Sa confcience être foumife
A l'hypocrifie & bétife.
C'eft ainfi qu'il fut accoutré
Sans que le portrait foit outré
C'eft par dedans que je veux dire
Car le dehors je vais décrire.
Sa barbe ornoit tout à la fois (3 7)
Sa & fon minois
A fa coupe & fa teinte bife
Pour une -tuile on l'auroit prife,
Le haut, couleur de laitcoupé,
Le bas, orange & gris mêlé;
Ce Météore & fa criniere
Annonçoient l'époque dernière
Du Trône & de la Royauté,
Et des fujets la liberté.
Par fa grifaille & vieilleffe
De l'Etat montroit la foiblefle j
A la bêche elle reflembloit,
Et fa fofle elle préfageoit,
En cela d;auffi trifte augure,
Que de Samfon la chevelure,
Courant à fon propre deflin
Pour d'un Etat hâter la fin.
%6 C A N T O L
It was monaftick and did grow
In holy Orders byftricl Vow;
Of Rule as fullen and fevere
As that of rigid Cordeliere
'Twas bound tofuffer Perfecution
And Marryrdom with Refolution;
T'oppofe it felf againfl the Hâte
And Vengeance of th'incenfed State
In whofe Defiance it was worn
Srill ready to be pull'd and torn
With red-hot Irons to be tortur'd^
Revil'd, and fpit upôn and martyr'd
Maugre all which 'twas to fland faft
As long as Monarchy shou'd laft
But when the State should hap to réel
'Twas to fubmit to fatal Steel,
And fall, as it was confecrate.
A facrifice to fall offiate;
Wbofe Threadoflife the fatal fifters
Diti twift rogether with irs Whiskers,
And twine fo clofe, that time shottld never
In Life or Death their fortunes fever
But with his rufly Sickle mow
Both down together at a Blow.
So learned Taliacotius, from
Thebrawny part of Porter' s Bum
CHANT I.
27
Bij
Elle avoit fait voeu dans un Ordre (3 9)
Qu'elle obfervoit, fans en démordre,
Dont la régle auroit rebuté
Le Moine le plus entêté.
Elle devoit fouffrir l'outrage,
Et le martyre avec courage;
Et s'expofer avec éclat
A la vengeance de l'Etat
Qu'elle narguoit bien réfolue
D'être déchirée ou tordue;
Dut-on la couvrir de crachat,
La tirailler comme un forçat;
Et croître, malgré fa difgrace,
Tant que le Roi feroit en place;
Mais quand le Trône écrouleroit,
Qu'au rafoir elle céderoit,
En s'immolant comme une Hoflie,
A la chute de Monarchie
Dont les Parques avoient fi fort,
Avec fon poil, tordu le fort,
Que le tems, de façon aucune,
Ne pût féparer leur fortune,
Mais d'un feul coup ce furieux
Devoit les faucher tous les deux.
Ainfi Talicot d'une feue (4o)
fçavoit tailler avec adreflê
t$ C A N TO J.
Cut rupplemental Nofts, which
Wou'd lafi as long as parent Breech
But when the date of Nock was ont
Of dropt the Jympathetick.Snout.
His Back or rather Burthen, show'd
As if itftoopt with its own Load.
For as Eneas bore his Sire
Upon his Shoulders thro'the Tire
Our Knigbt did béai no lejf a Pack
Of his own Btlttocks on his Back
Which now had almoft got the Upper*
Rand of his Head, for want ofCrupper.;
To, poife this equally he bore
A Paunch of rhe fame bulk before
Wich flill he had a fpecial Care
To keep well-cramm'd with thrifty Tare
As White-pot Butter-milk and Curds
Such as a Country-Houfe affords
With other Viftual whicb anon
We farther shall dilate upon,
When ofhis Hofe Ive corne to treat,
The Cup-board where he kept his Méat,
His doublet was offiurdy Buff,
And,, tho' not Sword, y es Cudgel-Proof;
C HA NTL
29
B iij
Nez tous neufs qui ne rifquoient rien
Tant que le cul fe portoit bien
Mais fi le cul perdoit la vie
Le nez tomboit par fympathie.
Son dos, comme un fardeau, faifoit
Que fous lui-même il fe courboit
Car ainfi que portoit Enée
Son Père dans Troye embrafée
Hudibras portoit fur fon dos
De fes feffes tout auiïi gros (41)
Qui lui remontoit par derrière
La t2ce faute de croupière.
Et pour contre-poids par devant
Etoit un ventre à l'avenant;
Dont, fans faire grande dépenfe
Il avoit foin d'emplir la panfe
De lait, de fromage ou de fruit
Demaifon des champs le produit
Et d'autres vivres qu'à notre aife
Nous vous dirons, ne vous déplaife;
Quand fes chauffes on dccrira,
Le magazin s'y trouvera.
Voila l'extrait de fa figure
Parlons un peu de fa parure.
Un Buffle à l'épreuve, fi non
De l'épée, au moins du bâton

C A NT O 1.
Which made it fitter for his Ufe
Who fear'd no Blows 3 butfuch as Bruife.
Ris Breeches were of rugged Woollen,
And had been at the Siege of Bullen;
To old King JJarry Ço well known
Some Writers held they were his own.
Thro'they were lin' d with many a piece
Of Ammunition Bread and Cheefe
Andfat Black-Puddings proper Food
For Wariors that delight in Blood.
For, as wefaid, he always chofe
T» carry Vittle in his Hofe,
That often tempted Rats and Mice
The Ammunition to furprife
And when he pur a Hand but in
The one or t'other Magazine
Tbeyfloutly in defenceon'tftood,
And from the wotmded Foe drew Blood
And,rill th' were florm'd and beaten out,
Ne'er left the Fcrtify'd Redoubt.
And tho'Knigbts Erranr, asfome rhink,
Of old did neirher Eat nor Drink
CHANT 1. yt
B iiij.
Lui fervoit d'autant mieux d'armure,
Qu'il ne craignoit que meurtriffure.
Ses chauffes avoient bien fervi
Autrefois fous le Roi Henri, (41)
Devant Boulogne & l'on veut dire
Qu'elles étoient à ce gros Sire.
La doublure étoit maint lopin
De pain de fromage ou boudin
Mets propre au Guerrier intrépide,
qui toujours de fang eft avide
Car il fe plaifoit à loger
Dans fa culotte fon manger.
Cette culotte étoit fort grande
Et tenoit beaucoup de viande,
Qui mainte fouris attiroit,
Pour fourager en cet endroit;
Et quand fa main faifoit l'approche
Du magazin de chaque poche,
C'étoit du fang qu'il en coutoit
A quelque doigt qu'elle mordoit;
Se défendant en petit Diable
Tant que la place étoit tenable.
Quoiqu'un grave auteur foit garant
Que jadis Chevalier errant
Nefçavoitni manger,ni boire; (45)
Puifque, pour aller à la Gloire,
61 CANTO I.
Becaufe when thorough De fart vaft
And Regions defolate theypaft,
Where Belly-Timber above Grotind
Or tinder, was not 10 be found,
VnleJjT they graz'd s there's not one Word
Of their Provifon on Record
Which made fome confidemly write
They had no Stomachs but to fight]
'Tis falfe for Arthur wore in Htttl
Round Table like a Farthingal,
On which with Shirt pull'd out behind
And eke before, hisgood Knights din'd.
Tho' 'twas noTable, fome fuppofe,
But a huge Pair of round Trunk Hofe
In which he carry'd as much Méat
As he and all the Knights cou'd eat,
When laying by rheir Swords and Truncheons
They took rheir Breakfafls, or their Nuncheons.
But let it pajfat prefent left
We shou' d forget where we digrefl,
As Learned Authors ùfe to whom
We leave it and to th'Purpofe come.
CHANT J.
B v
Par vaftes déferts il paflbit
Où pain ni pâte il ne trouvoit
( A moins qu'il ne Ce mît en tête
De brouter l'herbe avec fa bête
Ces Meff ieurs n'ayant d'appétit
Que de fe battre, à ce qu'il dit;
La méprife me paroît lourde
Ou bien il faut traiter de bourde
Tout ce qu'ont dit du Grand Arthus (44)
Ceux qui célèbrent fes vertus;
Sçavoir qu'il portoit dans fa falle
La table ronde en Fardingalle
Qui n'étoit par bien des rairons,
Qu'une culotte à grands canons,
Oà la nappe fe trouvoit mife,
Quand il en fortoit fa chemi(e.
Et tous fes Chevaliers dînoient
De ce que ces chauffes tenaient
Quand ils quittoient pour Ce refaire
Bouclier cafque & cimeterre.
Mais revenons à mon Héros
Crainte, par de plus longs propos,
D'oublier net où nous en fommes,
Comme il arrive à fçavans hommes.
K 34
C A NT 0 '1.
His s puijfant Sword unto his fide,
Near his undaunted Heart -was ty'd;
̃With Basket-hilt, that wou'd hold Brotb
̃And ferve for Fight and Dinner both.
In ithemeltedLead forBullets
To shoot at Foes and fometimts Vtdlets
To whom he bore fo fell a Grutch
île ne' er gave Quarter t'any fuch.
The trenchant Blade, Toledo trufty
For want ofFighting was grown rttfty j
And are into itfelf,for.lack
Offome Body to hew and bock.
The peaeeful Scabbard where it dwelt
The Rancour of its Edge had felt
For of the lower End two Handful
Ir had devoured 3 'twasfo Manful,
Andfo much fcorn'd to lurk in Cafe
As if it durft not show iu Face.
CHANT 1.
35
B vj
A gauche, & près de fon grand coeur
Pendoit fon fabre de longueur
La garde utile, ainfî que-belle,
Etoit faite comme une écuelle;
Servoit de plus d'une façon
A parer coups d'Eftramaçon
Et tenir bouillon ou potage
Quand il étoit dans fon ménage.
Il y fondoit tous fes boulets
Pourennemis, ou bien poulets;
Pour qui fa haine étoit fi forte,,
Que contre tous ceux de leur forte
On prétend que le Chevalier
Se battoit toujours fans quartier.
La lame à Tolede forgée, (4;)
Faute d'efcrime étoit rouillée
Et Ce mangeoit de défefpoir
De ce qu'on gènoit fon pouvoir.
Le paifible fourreau, fa cage,
Se reflentoit de cette rage;
Car elle en avoit dévoré
Plus de fix pouces d'un côté
Dédaignant, en retraite obfcure
De cacher ainfi fa figure
Et par fecouffe & plus d'un tour
Elle s'étoit enfin fait jour.
3<? C A NT 0 t.
In many defperate Altempts
Of Warrants Exigents Contemptt
It had appear'd with Courage bolder
Than Serjeant Bum invading Shoulder.
Oft had he ra'en ppffejfton
And Pris'ners too, or made them run.
This Sword a Dagger had his Page
T'hat was but litrle for his Age
And therefore waited on h'tmfo
As Dwarfs upon Knights Errant do.
It was a ferviceable Dudgeon,
Mither for Fighting or for Drudging.
When it had flabb'd, or broke a Head,
It wou'dfcrape Trenchers, or chip Bread;
Toaft Cheefe or Bacon, tho' it were
To bait a Moufe-tràp 'twou'd not care.
'Twould make clean Shoes and in the Earth
Set Leeks ami Onions 3 andfo forth.
It had been 'Prentice to a Brewer
Where this, and more it did endure;
But le ft the Trade as many more
Hâve lately dont on the fame Score.
n
Jadis en mainte échauffourrée
Elle brilla s'étant liguée
Et donnant main forte aux recors,
Pour fàifie ou prife de corps.
Ce puifTant fabre avoit pour Page,
Un poignard petit pour fon âge,
A le fuivre auffi régulier,
Qu'un Nain qui fert un Chevalier
C'étoit, outre fon grand courage,
Très -bonne pièce de ménage;
II eut, au fortir d'un combat,
Chaplé du pain ratifie plat
Adroitement ôté les crottes
Des fouliers ainfi que des bottes
En terre il plantoit des oignons
Et grilloit au feu des rognons
Morceaux de lard ou de fromage
II n'importoit pour quel ufage
Fut-ce pour attraper des rats;
C'étoit là fon moindre embarras.
Car il fut en apprentiflage
Chez un Brafleur en Con bas âge (41?)
Mais depuis quitta le métier
Comme maint autre, & fut guerrier.
58 CAXTÔ L
In th' Holfters at his Saddle-bow
Two aged Piftols he did ftow
Among the Surplus of fuch Mear
As in his Hofe he cou'd not get.
Thefe wou'd inveigle Rats with th' Scent,
To forage whm the Cocks were bent;
And fometimes catch 'em with a Snap,
As cleverly as th'ableft Trap.
They were upon hard Duty flill
And every Nightftood Centinel,
Toguard the Magazine i'th' Hofe
From two-legg'd and from four -legg'dVoes.
Thus clad andfortify'd Sir Knight,
From peace ful Home fet forth to fight.
Butfirfi with aftive nimble Force
Hegot on th'Ouifide of his Horfe
For having but one Stirrup ry'd
l' his Saddle on the further fidc
It was fo shorr h' had much ado
To reach it with his defp'rate Toc.
But after many Strains and Heaves
He got up ro the Saddle-Eaves.
From whence he vaulted into th' Seat
Withfo much Vigour Strength andheat
CHANT L- 39
Deux pilotées de date antique
Dans fes fontes étoient à pique
Avec les vivres qui revoient,
Quand fes chauffes en regorgeoient.
Et fi les rats, par friandife,
Venoient fleurer la marchandife
Le chien bandé, qui les guettoit,
En s'abbattant, lesattrappoit;
Et jour & nuit en fentinelle
Gardoit la culotte ou la felle
Contre voleurs induflrieux,
Qui vont à quatre pieds ou deux.
Ainfi muni ce perfonage
Partit avec arme & bagage
Mais, pour fauter en felle, avant,
Il prit de bien loin fon élant
Car cette felle magnifique
N'avoit qu'un étrier unique;
Encore étoit-il attaché,
Par malheur du mauvais côté
Même fi haut, qu'il pouvoit craindre
Que fon pied n'y pût pas atteindre..
Enfin après plus d'un effort,
De la felle il gagna le bord
Puis voltigeant avec adrefle
Brusquement y plaça la fefle,

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