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Icebergs

De
204 pages
Le Sherpa, petit hôtel des Alpes, est isolé par une violente tempête de neige. Ce huis clos, va provoquer une catharsis collective qui durera une semaine. Très vite, la tension monte et atteint son apogée lorsque le cuisinier est retrouvé mort. À cet événement dramatique s’ajoutent les étranges crises du barman, Diego, et la découverte d’un client clandestin dans la cave de l’hôtel. Qui a tué le cuisinier? Qui se cache dans le sous-sol? Qui est cet Allemand au sourire carnassier que Diego aperçoit dans des visions délirantes? Un souvenir? Multiple et haletant, le suspense nous prend aux tripes et ne nous lâche plus.
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IDDN.FR.010.0115106.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2010
Premier jour Isolement
Quand le monde déroule son infinitude sans autre réalité que celle que les hommes fixent sur le papier ou inventent dans leur cur. À moins que ce ne soit au cours dun de ces rêves vol-caniques, rien ce matin-là, alors que je méveillais, inté-rieurement replié comme un enfant à naître, rien ne mavait préparé à la tempête qui allait ébranler mon fragile édifice. Le petit hôtel dans lequel je travaillais se situait en amont de la station. Dun accès difficile, le patron y ache-minait marchandises et clients avec son véhicule à chenil-les ; les skieurs appréciaient particulièrement laccès direct aux pistes. Située sur un promontoire, la bâtisse offrait par temps clair un magnifique panorama sur la vallée. Un chemin serpentant sous les sapins permettait de descendre au village en trente minutes. « Le sherpa» allait rester plusieurs jours totalement isolé du reste du monde : téléphone coupé, voie daccès impraticable, téléphérique fermé. Le mauvais temps inter-disant également le vol des hélicoptères. Une quinzaine de personnes se retrouvèrent prisonnières des neiges. Parmi les clients rentrés à temps, certains attendirent, tendus et inquiets, le retour de leurs proches. Avant de se résigner. Puis, la nuit tomba brusquement. Sur les rafales de vent. Sur la vallée engloutie. Sur les visages inclinés.
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Absents, le patron et la patronne, partis au ravitaillement juste avant le début de la tempête, ainsi que quelques clients surpris sur les pistes ou en bas dans la station. Ce premier soir, curieusement, un vent léger et joyeux souffla dans létablissement ; personne ne se doutait alors que lisolement durerait sept jours. Le groupe électrogène ayant refusé de démarrer, les cheminées du salon et du bar furent doublement nourries. Cétait un dimanche. Les clients, arrivés la veille, métaient, pour la plupart, incon-nus. À lexception dune douce dame âgée inquiète sur le sort de son vieux mari et dune jeune fille boudeuse et nyctophobe, chacun y alla de sa joyeuse remarque sur le retour aux bougies et lampes à pétrole. « Le sherpa » re-trouva pour les uns son aspect dantan quand il nétait en-core quune vaste bergerie dans les alpages ; il prit pour dautres linquiétant et lugubre aspect dun manoir hanté. Dans les deux cas, il gagna en charme et en fascination. Le personnel : Roland, le chef cuisinier, taciturne et an-tipathique, simprovisa pour un temps patron de létablissement ; Babeth, sa femme, toujours égale et joyeuse, occupait le poste de femme de chambre sous la surveillance de Josette ; cette dernière, la plus âgée, ren-frognée et désagréable, travaillait au bon maintien de la maison ; Ester et Javier, les plus jeunes, complétaient léquipe : Javier en qualité de plongeur et aide-cuistot, Ester servait au restaurant et aidait au ménage. Sans ou-blier le barman, Diego, à votre service. Quelques clients se retrouvèrent au bar avant de passer à table. Pas délectricité et donc, pas de musique dambiance. Au début, chacun parle à voix basse, puis, peu à peu, latmosphère se modifie, et les voix séchauffent. Les humeurs changent, et les corps, comme les langues, se délient.
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