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Impressions de voyages

De
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Mon fidèle bâton qui toujours m’accompagnes
Quand je vais gravissant les sentiers des montagnes,
Toi qui soutiens mes pas, toi qui me sers d’appui,
Je te viens décrocher, je voyage aujourd’hui.
Quant à vous, mes enfants, chargez-vous de la gourde ;
Bientôt, soyez-en sûrs, elle sera moins lourde,

Car nous aurons besoin

De recourir souvent à sa liqueur vermeille.
Il est déjà bien tard, mettons-nous en chemin.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Impressions de voyages

Ascension du Grand Som - Le couvent de la Grande Chartreuse

GRENOBLE — SES ENVIRONS

LA GRANDE CHARTREUSE

I

LE DÉPART

Mon fidèle bâton qui toujours m’accompagnes
Quand je vais gravissant les sentiers des montagnes,
Toi qui soutiens mes pas, toi qui me sers d’appui,
Je te viens décrocher, je voyage aujourd’hui.
Quant à vous, mes enfants, chargez-vous de la gourde ;
Bientôt, soyez-en sûrs, elle sera moins lourde,

Car nous aurons besoin

De recourir souvent à sa liqueur vermeille1.
Il est déjà bien tard, mettons-nous en chemin.

II

HÉSITATION

Mais, où porter nos pas ? Ici tout est merveille

Et je voudrais pouvoir
Tout explorer, tout voir.

De Sassenage2 irais-je admirer les cascades
Et ses grottes, séjour de maintes Naïades ?
Irais-je contempler ses bouillonnantes eaux,
Ses rochers déchirés, image du chaos ?
Irais-je, à la lueur de torches vacillantes,
Le pied mal assuré sur des pierres roulantes,
Suspendu sur un gouffre, en des antres tout noirs,
Admirer, contempler ses vastes réservoirs
D’où l’onde, en mugissant, s’élance dans les plaines
Et forme des torrents, des ruisseaux, des fontaines ?
Irais-je au Belledonne, Irais-je au Taillefer,
Ces éternels séjours d’un éternel hiver ?
Irais-je me baigner aux sources d’Uriage3 ?
Irais-je au Saint-Nizier, visitant au passage

Ce désert enchanté, ce ravissant plateau,
Où vint souvent rêver notre immortel Rousseau,
Où sa plume écrivit l’Emile et l’Héloïse ;
Puis la tour Sans-Venin sur une roche assise,
Où l’on voit à l’entour de ses débris croulants
Errer toutes les nuits des fantômes sanglants4 ?
Irais-je, gravissant toujours jusqu’à la cime,
Là m’asseoir et les pieds suspendus sur l’abîme,
Avec des yeux ravis regarder tour à tour
Des vallons pleins de fleurs et les monts d’alentour ?

*
**

III

DÉTERMINATION POUR LA GRANDE-CHARTREUSE ; ROUTE DU SAPPEY

Voyez-vous bien là-bas, aride, sourcilleuse

Vers le septentrion,
La crète de ce mont

S’élancant dans les airs5. C’est la Grande-Chartreuse,
Mes enfants allons y visiter son couvent.
Nous avons dépassé la porte Saint-Laurent
Et le poste des preux qui veillent sous sa voûte.

On commence à gravir. — Nous voici sur la route
Qui traverse la Tronche6 et mène à Chambéry.
Voici là Bouqueron7 ; plus loin c’est Montfleury8
Dont l’élégant clocher tout entier se dessine
Sur le riant tapis d’une verte colline :
L’un, établissement de minérales eaux,
S’ouvre à celui qui cherche un remède à ses maux ;
L’autre, pieux couvent, reçoit dans son enceinte
Des enfants qu’on élève en la morale sainte.
Chacun d’eux occupant un mont proéminent,
S’avance en promontoire et comme un belvédère,
Au-dessus de la route, au-dessus de l’Isère

Et du Grésivaudan9.