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Infinie

De
229 pages
Ces dernières années ont réservé à Clara Gardner plus de surprises qu’elle n’aurait
jamais pu imaginer. À travers l’euphorie d’un premier amour et les moments creux causés par la perte d’un proche, elle ne peut tout simplement plus nier qu’elle n’est pas destinée à une vie normale. Depuis qu’elle a découvert le rôle qu’elle jouait parmi les autres êtres dotés de sang d’ange, Clara a été déterminée à protéger Tucker Avery du mal qui la poursuivait… même si pour cela elle devait briser leurs coeurs, à tous les deux. Quitter la ville semblait sa meilleure option et elle retourne donc en Californie — tout comme Christian Prescott, le garçon irrésistible de la vision qui l’a entraînée dans cette toute aventure en premier lieu. À mesure que Clara fait sa place dans un monde effroyablement nouveau, elle s’aperçoit que l’ange déchu qui l’a attaquée surveille ses moindres gestes. Et il n’est pas
le seul… La bataille contre les Ailes Noires approchant, Clara sait qu’elle doit enfin accomplir son destin. Mais cela ne se fera pas sans sacrifices et trahisons. Dans cette captivante finale de la série (Unearthly), Clara doit choisir son destin une fois pour toutes.
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Copyright © 2013 Cynthia Hand Titre original anglais : Boundless Copyright © 2014 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec HarperTeen, une division de HarperCollins Publishers Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Danielle Champagne Révision linguistique : Isabelle Veillette Correction d’épreuves : Katherine Lacombe, Nancy Coulombe Conception de la couverture : Sasha Illingworth Montage de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © 2013 Howard Huang Mise en pages : Sébastien Michaud, Sylvie Valois ISBN papier 978-2-89733-640-0 ISBN PDF numérique 978-2-89733-641-7 ISBN ePub 978-2-89733-642-4 Première impression : 2014 Dépôt légal : 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Hand, Cynthia, 1978-
[Boundless. Français] Infinie (Un roman de la série Céleste ; 3) Traduction de : Boundless. Pour les jeunes de 13 ans et plus. ISBN 978-2-89733-640-0 I. Champagne, Danielle, 1958- . II. Titre. III. Titre : Boundless. Français. IV. Collection : Hand, Cynthia, 1978- . Roman de la série Céleste ; 3. PZ23.H353In 2014 j813’.6 C2014-940111-6
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.com
Pour mon père, Rod
Celui qui, d’une zone à l’autre, Éclaire dans le ciel sans frontière mon inévitable vol, Ce long voyage solitaire, Guidera mes Qas correctement. — William Cullen Bryant
PROLOGDE
Je prends d’abord conscience de l’obscurité. Comme si quelqu’un venait d’éteindre les lumières. Je plisse les yeux dans le néant noir comme de l’encre, m’efforçant de discerner quelque chose, n’importe quoi. Mais mes yeux ne s’accommodent pas. Avec mes pieds, je tâte le sol, étrangement incliné, comme si la pièce était penchée vers le bas. Je recule d’un pas, et ma jambe heurte un objet dur. Je m’arrête. Je tente de reprendre mon équilibre. J’écoute. Il y a des voix, faibles, provenant de quelque part au-dessus de moi. J’ignore encore à quoi se rapporte cette vision, où je suis, ce que je suis censée faire et de qui je me cache. Mais je sais une chose : je me cache. Et il s’est produit quelque chose de terrible. Je pleure peut-être. Mon nez coule, mais je n’essaie pas de l’essuyer. Je ne bouge pas. J’ai peur. Je pourrais faire appel à la gloire protectrice, pensé-je, mais alors ils me trouveraient. Je serre plutôt les poings pour faire cesser les tremblements. L’obscurité m’écrase, m’enferme, et pendant un instant, je lutte contre l’envie d’appeler la gloire. Si fort que mes ongles déchirent mes paumes. Reste tranquille, me dis-je. Sois calme. Je laisse la noirceur m’avaler toute entière.
1 BIENVENUE À LA FERME
Comment t’en sors-tu, Clara ? Je reviens à moi dans un soubresaut au milieu de ma chambre, une pile de vieux magazines étalés à mes pieds, que j’ai dû laisser tomber quand la vision m’a saisie. Mon souffle est encore figé dans mes poumons, mes muscles, tendus comme s’ils me préparaient à courir. La lumière qui filtre par la fenêtre me fait mal aux yeux. Je cligne des yeux en regardant Billy, appuyée sur le chambranle de ma porte, m’adressant un sourire compréhensif. — Que se passe-t-il, petite ? insiste-t-elle puisque je n’ai pas répondu. Aux prises avec une vision ? J’aspire un bon coup. — Comment as-tu deviné ? — J’en ai aussi. Et puis, presque toute ma vie, j’ai côtoyé des personnes qui avaient des visions. Je reconnais les visages post-vision. Elle me prend par les épaules et s’assoit avec moi sur le bord de mon lit. Nous attendons que ma respiration se calme. — Tu veux en parler ? demande-t-elle. — Elle n’est pas encore très précise, dis-je. J’ai eu cette vision tout l’été, en Italie avec Angela. Jusqu’à maintenant, il n’y a que l’obscurité, la terreur, un plancher étrangement incliné. — Devrais-je quand même t’en parler ? Billy secoue la tête. — Si tu veux, si tu as envie de te libérer de ce poids. Mais à mon avis, les visions sont personnelles ; elles ne sont réservées qu’à toi. Je suis soulagée de la voir si décontractée à ce sujet. — Comment y arrives-tu ? demandé-je après une minute. Comment fais-tu pour vivre normalement quand tu sais qu’il se produira un malheur ? Je perçois de la douleur dans son sourire. Elle pose sa chaleureuse main brune sur la mienne. — On apprend à trouver son bonheur, petite, dit-elle. On découvre ce qui donne un sens à notre vie et on s’y raccroche. On essaie de ne pas se faire de souci avec ce qu’on ne maîtrise pas. — Plus facile à dire qu’à faire, dis-je en soupirant. — Il faut s’entraîner. Elle me tapote l’épaule, puis la serre. — Ça va mieux maintenant ? Prête à rebondir de toutes tes forces ? Je réussis à sourire faiblement. — Oui, m’dame. — Très bien, alors. Au travail, dit-elle gaiement. Je continue donc de faire mes bagages, mon activité avant que la vision me terrasse. Billy attrape le dévidoir de ruban adhésif et se met à sceller les boîtes pleines. — Tu sais, j’ai aidé ta mère quand elle est partie pour Stanford en 1963. Nous étions colocataires à San Luis Obispo ; nous partagions une petite maison près de la plage. Billy va me manquer, me dis-je tandis qu’elle bavarde. La plupart du temps quand je la regarde, je ne peux m’empêcher de voir ma mère. Pas qu’elles se ressemblent un tant soit peu,
à part qu’elles sont toutes les deux grandes et belles, mais parce qu’en tant que meilleure amie de ma mère durant les 100 dernières années, Billy conserve un million de souvenirs, comme celui à propos de Stanford, des histoires drôles ou tristes, par exemple quand maman s’est retrouvée avec une affreuse coupe de cheveux, ou quand elle a mis le feu à la cuisine en essayant de faire flamber des bananes, ou encore quand elles étaient infirmières toutes les deux durant la Première Guerre mondiale et que maman a sauvé la vie d’un homme avec seulement une épingle à cheveux et une bande de caoutchouc. C’est ce qui me rapproche le plus de maman : passer du temps avec Billy. Durant ces quelques minutes où elle me raconte ces histoires, maman reprend vie. — Hé, ça va ? demande Billy. — Presque terminé. Je tousse pour ne pas montrer que j’ai la gorge nouée, puis je plie un dernier chandail que je dépose dans une boîte et je jette un coup d’œil autour de moi. Même si je n’ai pas tout emporté, même si j’ai laissé mes affiches sur les murs et certains articles, ma chambre paraît vide, comme si j’avais déjà déménagé. J’ai peine à croire qu’après-demain, je ne vivrai plus ici. — Tu peux venir à la maison n’importe quand, dit Billy. Ne l’oublie pas. C’est chez toi. Tu n’as qu’à téléphoner pour dire que tu arrives et je mettrai des draps nets dans ton lit. Elle me tapote la main avant de descendre charger des boîtes dans sa camionnette. Elle vient en Californie avec nous demain et je la suivrai dans ma voiture avec Anna, la mère d’Angela. Je sors dans le couloir. La maison est tranquille, mais semble aussi dégager une sorte d’énergie, comme si elle était pleine de fantômes. Je fixe du regard la porte fermée de la chambre de Jeffrey. Il devrait être ici. Il aurait déjà dû commencer son année scolaire à l’école secondaire de Jackson Hole. Il aurait dû amorcer son entraînement de football, avec ses mixtures matinales protéinées dégoûtantes et ses tonnes de chaussettes de sport puantes dépareillées dans le panier à linge sale. Je devrais pouvoir frapper à sa porte en ce moment et l’entendre répondre : « Va-t’en. » J’entrerais quand même et il m’observerait depuis son ordinateur, ou peut-être baisserait-il son infernale musique d’un cran ou deux, m’adresserait un petit sourire suffisant et dirait : « T’es pas encore partie ? » Je trouverais peut-être un truc intelligent à lui répliquer, mais dans le fond, nous saurions tous les deux que je lui manquerais. Et qu’il me manquerait. Il me manque. La porte claque en se refermant au rez-de-chaussée. — Tu attends quelqu’un ? me crie Billy. J’entends le bruit d’une voiture dans l’allée. — Non, crié-je à mon tour. Qui est-ce ? — C’est pour toi, dit-elle. Je me dirige vers les marches. — Oh, super, dit Wendy quand j’ouvre la porte. Je craignais de t’avoir manquée. Instinctivement, je cherche Tucker du regard, mon cœur y allant d’une petite danse stupide. — Il n’est pas ici, dit doucement Wendy. Il, euh… Oh. Il ne voulait pas me voir. Je me force à sourire même si ma poitrine se tord douloureusement. C’est vrai, me dis-je. Pourquoi voudrait-il me voir ? Nous avons rompu. Il poursuit sa vie. Je me concentre sur Wendy. Elle tient fermement une boîte de carton, appuyée sur sa poitrine, comme si elle craignait qu’elle s’envole. Elle déplace son poids d’un pied à l’autre.