Influence des mouvements de l'utérus sur les vomissements de la grossesse, par P. Aubert,...

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impr. de A. Vingtrinier (Lyon). 1871. In-8° . Pièce.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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INFLUENCE IDES MOUVEMENTS DE L'UTÉRUS
SUR LES
VOMISSEMENTS DE LA GROSSESSE
PAR P. AUBEET.
N^datofi^T..., demeurant quai d'Albret, ayant eu, à la fin du
mois de juin 1870,un accouchement heureux et à terme, et nour-
rissant son enfant, me fit appeler à la fin du mois de décembre
pour savoir si elle était enceinte et si elle devait cesser d'allaiter,
et, dans ce cas, sevrer son enfant ou prendre une nourrice. Ce
qui avait attiré son attention, c'était le long retard de son retour
de couches et quelques très-légers malaises ressentis le matin en
se levant. Les règles n'avaient pas reparu depuis l'accouche-
ment; une seule fois, vers le milieu du mois d'octobre, a la suite
d'une émotion morale vive, il y avait eu un léger écoulement
sanguin, qui avait à peine duré quelques heures.
L'exploration me fit constater que le col n'avait pas une con-
sistance entièrement ferme, la périphérie était assez résistante,
mais son tissu au pourtour de l'orifice était légèrement ramolli et
comme pulpeux. Un fait me frappa surtout, c'est que, en essayant
de déplacer l'utérus latéralement avec le médius appliqué sur la
partie latérale gauche du col, je provoquai immédiatement une
nausée et une envie de vomir qui aurait facilement abouti a un
vomissement réel si j'avais insisté sur cette exploration ; j'es-
sayai de faire ballotter l'utérus en sens inverse, la sensation nau-
séeuse fut positive, mais moins nette, peut-être parce que le doigt
était moins favorablement placé pour faire mouvoir l'utérus dans
ce sens; enfin, j'essayai de repousser directement l'utérus en
haut et en avant, de manière a apprécier ses dimensions entre le
doigt placé dans le vagin et la main posée sur la paroi abdominale.
Cette manoeuvré produisit une légère sensation douloureuse, mais
qui ne ressemblait en rien à l'état nauséeux provoqué par le
déplacement latéral.
Dans 'ces conditions, la grossesse pouvant être considérée
comme douteuse,, la mère et l'enfant se portant bien, je fis con-
tinuer l'allaitement.
Vers le milieu du mois de mars, la mère ayant senti quelques
mouvements qui lui parurent assez nets, je fis une nouvelle explo-
ration, et je pus alors constater que le ramollissement du col
s'était étendu, que l'utérus, augmenté de volume, se percevait
facilement h travers la paroi abdominale. À ce moment le dépla-
cement latéral de l'utérus provoquait encore une sensation nau-
séeuse, mais moins forte qu'au début.
Récemment encore, j'ai vu la même personne en prévision
d'un accouchement prochain, la pression sur le col est un peu
sensible, mais ne détermine aucune nausée. Il est du reste tout
a fait impossible de faire ballotter l'organe par le toucher vaginal.
: En résumé, il s'agit d'un fait de grossesse normale sans au-
cun malaise et dans lequel un mouvement latéral imprimé à
l'utérus, dans le courant du deuxième mois et vers la fin du cin-
quième, provoquait des nausées et aurait aisément amené le vo-
missement si j'y avais mis un peu d'insistance. La sensation fut
même si intense à la première exploration, que celte dame fut
obligée à la suite de garder le lit pendant plus d'une heure pour
voir disparaître cet état nauséeux.
A l'occasion de ce fait, nouveau pour moi, je me suis demandé
deux choses :
1° S'il n'y aurait pas, dans cette provocation de la sensation
nauséeuse, un élément de diagnostic de grossesse dans les pre-
miers mois, alors qu'il y a^ quelques chances pour que ceîle-ei
existe et qu'il n'y a pas du reste de maladie utérine.
2° Si ce ballottement n'était pas, sinon la cause des vomisse-
ments de la grossesse, cause que les faits obligent a considérer

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