Inspirations poétiques / par F.-M.-M. Novario,...

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Tresse (Paris). 1845. 1 vol. (158 p.) ; gr. in-8.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1845
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Imprimerie do IIEKSUÏÉR et TUKW, rue I.emcrcier, 21. Batignolles.
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NOTICE
DE MES IHSFIRATIOMS POÉTÎQ'JES,
Méprisant les discours, les clameurs de l'envie
Qui poursuit les héros et s'attache à leur vie,
Oui, je dis que la France a reçu les bienfaits
Que sa gloire attendait de l'honneur de la paix ;
Que seul Louis-Philippe a su la rendre libre
Et maintenir l'Europe en son juste équilibre;
Que sa prospérité n'eut jamais tant d'éclat
Qu'au règne glorieux dont nous voyons l'état.
Je chante ce grand Roi, ses fils, nos nobles princes,
Et mes vers, à Paris comme dans les provinces ,
Montrent que le poète est sûr d'être goûté
Quand de leur âme il peint la sublime bonté,
fi NOTICE.
De nos princes charmants la jeunesse aguerrie
Et dans tous leurs labeurs, l'amour de la patrie!
Lorsque ma voix redit leurs généreux efforts,
L'écho prolonge au loin mes fidèles accords,
Et rend à tous les coeurs le saint nom de la reine ;
À ce nom bien-aimé l'envie éteint sa haine,
L'incrédule, soudain attendri, combattu,
Lève les yeux au ciel et croit à la vertu !
Ah ! si du feu sacré quelque étincelle brille
Et jaillit de mes vers, c'est que pour leur famille,
Qui rassure le monde après l'avoir calmé,
De la plus noble ardeur mon coeur est enflammé.
En chantant leurs hauts faits, la gloire de l'empire,
L'honneur de ma patrie est mon guide, il m'inspire ;
Et, dans mes chants d'amour pour le meilleur des Rois,
D'un bon Français encore on reconnaît la voix
Qui rappelle à jamais l'invincible courage
Dont les tils de la Seine ont tous donné le gage
En défendant l'honneur, les lois, la liberté
Contre le despotisme et la témérité,
NOTICE. 7
Quand l'astre de Juillet, que leur gloire reflète,
A de tous ses rayons éclairé la défaite
Et le dernier combat de l'empire des lis...
D'épancher mes regrets, ah ! qu'il me soit permis;
D'un génie étonnant, unique dans l'histoire.
Les hauts faits, les malheurs, le nom cher à la uloire
Me les ont inspirés : j'ai vécu dans les camps,
Et chaque vieux soldat applaudit à mes chants.
Riche en mes souvenirs de plus d'une campagne.
Je vais peindre Grenade el, dans ses moeurs, l'Espagne.
Je vis les Espagnols combattre contre nous.
Fiers de servir leur roi, de leur honneur jaloux,
Défendre leur patrie, et disputer naguère
Aux plus vaillants soldats les lauriers de la guerre.
C'est clans l'Andalousie, en ces malheureux temps,
Que je vis l'Àlhambra que célèbrent mes chants.
Les souvenirs d'enfance aussi sont un bien-être ;
Nous aimons à songer au lieu qui nous vit naître,
A nos premiers plaisirs, à nos premiers amis.
Qui chérit sa patrie adore son pays.
INSPIRATIONS
Entendez-vous du ciel une voix dans la nue.
Du Messie à la terre annonçant la venue ?
De tous les êtres, être, esprit vivifiant,
Il vient sauver le monde et rajeunir les âges,
Quand l'astre de la foi, brillant aux yeux des Mages,
Se lève en Orient.
C'est le réveil du monde à sa seconde aurore.
Des mystères sacrés l'Esprit saint vient d'éclore:
10 INSPIRATIONS
Sur la terre apparaît le fils du Roi des cieux.
L'étable d'un pasteur reçoit ce divin Maître;
Humble dans une crèche, homme il a voulu naître
Pour dessiller nos yeux.
Croire, aimer le vrai Dieu que les anges adorent,
Voilà les biens promis aux âges qu'ils décorent.
Pour nous, il descendit au séjour des douleurs.
À la nuit du néant il vint ravir nos âmes,
Les enivrer d'amour et de ses vives flammes,
Sécher nos tristes pleurs.
Engendré dans le sein de la Vierge bénie,
Il endura les maux de la fragile vie ;
Holocauste divin, il s'offrit sur la croix ;
De son précieux sang, calice d'espérance,
Il paya le rachat de notre délivrance,
Et du pauvre il fit choix.
Il prêcha la douceur et l'oubli des injures;
S'il eut pour le méchant de sévères censures,
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POÉTIQUES. i 1
Pour le juste il montra l'ineffable bonté.
Le bonheur, disait-il, non, n'est point de ce monde :
Priez quand de vos jours la dernière seconde
Ouvre l'éternité !
L'éternité, grand Dieu ! que ce mot épouvante !
C'est l'effroi des pervers, et des justes l'attente.
Pour mériter d'y vivre un chrétien doit souffrir.
Chargé d'un lourd fardeau, marchant d'un pas timide
Sur le sentier glissant où le Sauveur le guide,
Pour elle il doit mourir.
Le pécheur doute encor de la Toute-Puissance !
Sur le chemin du vice avec joie il s'élance,
Consumé de désirs et de folles ardeurs ;
Mais il est un pardon que le Sauveur lui-même
Accorde au repentir de notre instant suprême.
Lorsqu'il en voit les pleurs.
Dans cet exil de deuil, de larmes, de misère
Des chrétiens, de leur reçue il vint commencer l'ère,
12 INSPIRATIONS
Et des prophètes saints il accomplit la loi.
De l'incrédulité levant les voiles sombres,
Aux rayons de sa gloire il dissipe les ombres.
Et fait briller la foi !
A sa touchante voix les coeurs au jour s'ouvrirent,
Dans le sein des tombeaux les mânes tressailliront.
L'oracle est accompli, l'homme connaît son sort.
Sur l'océan des jours, dans la course des âges,
L'étoile du pasteur guidera les vrais sages
Vers le céleste port.
Astres de l'univers, intelligence, vie,
Vous montrez du Sauveur la puissance infinie.
Eh! vous, faibles mortels, vous lui devez le jour.
Vos éphémères biens, où votre orgueil se fonde,
Passant comme les flots qui s'effacent sur l'onde,
Vous perdent sans retour.
Des premières vertus, la pitié, la justice
Se bannissent des coeurs que sèche l'avarice,
POÉTIQUES. 13
Insensés! oubliant les préceptes pieux,
Pour ne point voir les maux que souffre l'indigence,
Qui réclame en pleuvant l'aumône à l'opulence,
Vous détournez les yeux.
Oui, ces fragiles biens causent votre misère :
Quoi! le frère toujours les dispute à son frère,
Eh ! même à l'orphelin il en ravit la part...
Si vous les possédez, le luxe les dévore,
Et quand la tombe s'ouvre, hélas! ils ont encore
Votre dernier regard.
Heureux celui qui croit, dont la croyance est ferme !
Des mortelles douleurs il trouvera le terme.
Non, des biens d'ici-bas son coeur n'est point épris;
Le Sauveur en bénit la fervente prière,
Et de ses saints labeurs, à son heure dernière,
Il recevra le prix.
De nos pesants liens, dans ce triste passage
Que l'on nomme la vie, un instant; nous dégage ;
14 INSPIRATIONS POÉTIQUES.
L'âme aussitôt s'endort et se réveille au ciel,
Resplendissante, heureuse et par lui rachetée
Sur l'aile de la foi, loin du monde emportée
Au sein de l'Éternel !
PREMIÈRE ODE
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DE S. A. R. MOHSEI&HETJR LE D^O D'ORLÉAHS,
ARRIVEE LE 13 JUILLET 1842.
Dans ce funeste jour, notre perte est immense :
D'Orléans, ce bon prince, ô Ciel ! le sort jaloux
Le ravit à nos coeurs, à l'espoir de la France,
Et nous consterne tous.
Il n'est plus, et la France en deuil, inconsolable,
Épanche sa douleur, ses larmes, ses regrets,
Dans le sein de son Roi que le malheur accable
Et perce de ses traits.
16 . INSPIRATIONS
Par sa bonté suprême et ses vertus sublimes
Nos modernes Brutus entraînés et séduits,
Abjurant leurs erreurs trop longtemps unanimes,
A l'aimer sont réduits.
Sous le canon d'Anvers il montra son courage,
Et fut pour les blessés le meilleur des humains.
De sa valeur encore il nous donna le gage
Sur les bords africains.
Nos soldats étaient fiers de suivre sa bannière :
De Mars et d'Apollon il avait tous les traits,
De ses nobles aïeux l'âme grande, guerrière,
Digne du nom français.
Ses talents, ses vertus, son âme chaleureuse,
Promettaient à la France un brillant avenir -,
Secourable au malheur, sa bonté généreuse
Nous le faisait bénir.
Oui, ce jeune héros, en montant sur le trône,
De son père eût suivi l'exemple et les projets,
POÉTIQUES. .
Pour limiter toujours les droits de sa couronne.
Au bien de ses sujets.
Il lègue à notre amour l'héritier de sa gloire,
L'héritier de son nom, son fils cher et sacré,
Qui d'une heureuse paix, ou bien de la victoire,
Est le gage assuré.
Ah! puissent les accents d'une sainte tristesse,
Que son trépas inspire à l'âme des Français,
De son épouse en deuil consoler la tendresse
En montrant leurs regrets.
Non, ce n'est point en vain que notre espoir se fonde
Sur les jours précieux du fils de ce héros ;
Le Ciel nous l'a donné pour assurer au monde
La paix et le repos.
Des premiers citoyens le noble aréopage
Du fils de ce bon prince a proclamé les droits ;
Du royal orphelin il garde l'héritage
Soiis l'égide des lois.
18 INSPIRATIONS
Digne fils d'une souche en grands princes féconde.
Il sera, sur le trône à jamais affermi,
L'arbitre fortuné de tous les rois du monde,
Et des Français l'ami.
Que nos coeurs et nos voeux implorent la clémence
Du Ciel qu'ont irrité nos sinistres débats ;
Pour nous punir, il vient, hélas ! sur l'innocence
D'appesantir son bras.
Craignons un Dieu vengeur qui suspend sur nos têtes
Le foudre menaçant dont il peut nous frapper ;
Quand l'esprit factieux fomente les tempêtes,
Sachons les dissiper.
Pour rassurer la France en sa douleur amère,
Le roi montre à son peuple encore un front serein,
Sa constance invincible et son grand caractère
Au-dessus du destin !
De nos grands orateurs l'éloquence hardie
Doit craindre de troubler le bonheur de la paix;
POÉTIQUES. 19
La gloire de nos ans n'est point abâtardie,
En dépit des pamphlets.
La chaleur des partis s'éteint dans le silence,
Tant ce malheur public afflige tous les coeurs.
Dans leur rapprochement, la loi de la régence
Vient de sécher nos pleurs.
De l'empire français veuillent les destinées
Voir nos enfants unis sous le régent Nemours,
Et de notre bon roi prolonger les années
Et consoler les jours !
A S. A. R. IVF LE DUC DE NEMOURS,
Prince du Sang.
EN SEPTEMBRE 1844.
Trente mille guerriers, sous l'éclat de leurs armes,
Vont simuler à Metz la guerre et les alarmes.
Dans ces jeux qui sont chers aux coeurs de nos soldats,
L'image des périls, des sièges, des combats,
En montrant les lauriers que donne la victoire,
Rappelle et nos hauts faits et notre antique gloire.
Jadis on combattit, aux yeux de l'univers,
Pour conquérir la paix, la liberté des mers.
Aujourd'hui, pour l'honneur de notre indépendance,
Joinville à Mogador remplit notre espérance :
INSPIRATIONS POÉTIQUES. ±\
Son canon, de Tanger, noble écho de nos droits,
Retentit dans l'Europe et redit nos exploits.
L'Angleterre s'émeut des palmes triomphales
Que ce grand prince rend à nos forces navales:
Oui, mon trident, dit-elle, est le sceptre des mers,
Le commerce du monde est encor dans mes fers ;
Mais ce jeune amiral, digne de sa naissance,
Relève la splendeur du pavillon de France,
Et, de tous mes rivaux, lui seul peut les briser...
Entouré des guerriers, qu'il voit fraterniser,
Nemours lit dans leurs coeurs quel est son noble empire.
Et, dans tous leurs regards, que d'ardeur il inspire.
Le peuple en foule accourt au-devant de ses pas;
On le cherche, on l'admire au milieu des soldats.
Pour l'approcher, le voir, personne n'a d'entraver
Le pauvre et l'artisan à l'égal de ses braves.
S'il voit un malheureux les yeux noyés de pleurs,
Il n'en repousse point l'aspect, ni les douleurs.
Sa parole et ses dons soulagent l'infortune;
22 INSPIRATIONS
Il montre à chaque instant sa bonté peu commune.
Ala religion les saints jours consacrés,
Dans les temples chrétiens par lui sont honorés ;
Les lettres, les beaux-arts, fruits de l'intelligence,
Ont eu de nobles prix de sa munificence,
Et, savant dans la guerre et sage dans la paix,
Il veille sur l'honneur si cher au nom français.
Dignes de leurs aïeux, pour servir la patrie,
D'Aumale, Montpensier, Nemours dans l'Algérie,
Sous le soleil ardent des sables du désert,
Nobles rivaux de gloire, agissant de concert,
A leur char triomphal ont enchaîné le More ;
D'Aumale resté seul, là le subjugue encore,
Bien plus par sa bonté, la douceur de ses lois,
Que par le souvenir de nos derniers exploits.
Quand Nemours quitte Metz pour en faire le siège.
Il laisse aux citoyens un noble privilège :
POÉTIQUES, 23
Pour défendre leurs murs de se joindre aux guerriers
Que Montpensier commande au sein de leurs foyers.
Sur les tentes du camp l'aube paraît à peine,
Que déjà son canon retentit dans la plaine ;
Le salpêtre enflammé tonne sur les remparts,
Les bourgeois, les soldats font feu de toutes parts.
Là, Nemours les regarde et leur montre la gloire,
Chacun, pour l'obtenir, dispute la victoire.
La tranchée est ouverte et le blocus formé,
Le Messin, dans ses murs, se trouve renfermé.
Que d'effroi ! minuit sonne, on bat la générale.
Allons, braves soldats, garde nationale,
A l'instant soyez prêts à repousser l'assaut,
Que jamais l'ennemi ne vous trouve en défaut.
La sentinelle encor crie aux armes ! aux armes !
Et le bronze répond à ce cri des alarmes...
Les clairons, les tambours résonnent dans les airs,
Sous leurs princes chéris, nos bataillons divers,
Au-devant du canon, d'une mort assurée,
Marchent d'un pas égal en colonne serrée
24 INSPIRATIONS
Français, contre Français ah ! ne combattez plus ;
Si vous êtes vainqueurs, vos frères sont vaincus,
Et vous couvrez de deuil votre courage utile.
Que de crimes, d'horreurs voit la guerre civile !
Que de bons citoyens, que de braves soldats !
Immolés l'un par l'autre à ses sanglants débats.
Ses lugubres lauriers, indignes de nos armes,
Ont été trop longtemps arrosés de nos larmes.
Jadis si l'étranger chez nous eut des succès.
C'est qu'il nous divisa, comme au temps où l'Anglais
Disputait aux Valois la couronne de France.
Les plus tristes revers sont dus à l'inconstance...
Oui, nous aimons la paix, mais plus encor l'honneur:
Si nous restons unis, non, ni l'or suborneur,
Ni les nombreux vaisseaux des fiers tyrans de l'onde
N'oseront point troubler la chaste, paix du monde;
Quand Philippe le Sage, à l'ombre des lauriers,
ODE
Reine des Français.
AU Ier JANVIER 18i5.
Dans une paix chaste et prospère,
Qu'en tous lieux l'honneur applaudit,
Du peuple Philippe est le père,
Le Dieu du Permesse le dit.
Seul ce Dieu peut chanter la vertu souveraine,
Et le coeur et l'esprit de notre auguste reine.
Si des douleurs du pauvre elle entend les soupirs,
Il se voit exaucé dans ses justes désirs ;
A son âme sensible aux pleurs de l'infortune
Jamais de l'indigent la voix n'est importune.
INSPIRATIONS POÉTIQUES. 27
De Marie-Amélie, ah ! le nom est sacré !
On ne l'invoque point sans être rassuré.
Quand Philippe le Sage à nos destins préside,
Au secours du malheur le Ciel clément la guide ;
Et, comme l'espérance et la sainte amitié
Son coeur a de nos maux une tendre pitié ;
De sa vertu pure, suprême,
La bonté se peint dans ses yeux;
Sa chaste piété de même
Est digne du maître des cieux !
De tous ses dons le Ciel, ô Reine ! vous partage :
Vos fils sont l'ornement, la gloire de notre âge;
Des plus grands souverains nul prince n'est plus qu'eux
Cher aux coeurs des sujets, affable, généreux.
Nos princesses aussi, nobles autant que belles,
Des grâces, des vertus, sont les parfaits modèles;
Dans leurs perfections, qui charment tous les yeux,
On voit leur mère aimée et bénie en tous lieux,
28 INSPIRATIONS
Et son âme et sa foi, pures comme les anges
Qui portent dans les cieux chaque jour ses louanges,
Et qui montrent pour elle, au céleste séjour,
Et les voeux d'un grand peuple et le plus saint amour.
Non, non, près d'elle point de crainte:
Le respect nous mène à ses pieds;
Là l'innocence est hors d'atteinte,
Les méchants seuls sont effrayés.
De nos dissensions quand l'Europe alarmée
Revit avec effroi toute la France armée,
Et de nouveau la guerre appelant les soldats
A venir se ranger sous le dieu des combats,
Le maître des humains eut pitié de nos larmes :
Philippe vint bannir la crainte et les alarmes;
Et, prenant dans ses mains le timon de l'État,
Il montre d'un vrai roi la sagesse et l'éclat.
Sur les trônes encor quand l'orage s'apprête,
Ce grand prince, soudain, dissipe la tempête ;
POÉTIQUES. 29
Comme envoyé du Ciel, dans les bras des Français,
Il rassure le monde et conserve la paix !
C'est à vous, ô Reine chérie,
Que nous devons un bien si doux :
Quand pour la France, un ange prie,
Le Ciel apaise son courroux.
Les lettres, les beaux-arts, que protège la Reine,
Ont encore en Philippe un généreux Mécène,
Qui, partout, secondant tous les nobles efforts,
A leur triomphe aussi consacre ses trésors.
Sur les ailes du temps vole la Renommée
Publiant que par lui la France est animée:
Sous ce roi juste et bon, défenseur de nos droits,
Puissance, honneur, richesse et les plus sages lois,
Dons du Ciel, elle a tout; eh ! sa gloire est sublime \
On peut juger ainsi de l'esprit qui l'anime.
Oui, de sa gratitude éclate tout d'abord,
 l'aspect de son roi, le généreux transport.
30 INSPIRATIONS
C'est un droit de votre apanage
0 Reine! qui séchez les pleurs.
D'inspirer le plus pur hommage,
L'amour et les chants des neuf Soeurs.
Quand du sort pour jamais la funeste inconstance
Tout à coup nous ravit l'aîné des fils de France,
Notre amour, notre espoir, la gloire de nos ans,
Un magnanime prince !... un héros !... d'Orléans !...
Au pied des saints autels, en foule la patrie
Accourut pour son roi, pour sa reine chérie :
Que de sincères voeux et que d'éternels pleurs
S'élevèrent au ciel du sein de nos douleurs !
Mais, pour nous consoler, oui, Dieu vous prédestine,
Illustres descendants de leur noble origine,
Sur l'empire de France à régner à jamais,
A toute guerre injuste à préférer la paix.
De votre ancienne famille,
Comme l'astre des plus beaux jours,
POÉTIQUES. 31
Dans tout l'univers l'éclat brille
Et s'éternise clans son cours.
Comme nos bons aïeux toujours de chaque année
Nous célébrons encor la première journée;
Et, quels que soient les rangs où le sort les a mis,
De coeur, d'affection les Français sont unis
Pour demander au Ciel, que touche leur prière,
Qu'il bénisse Philippe et sa famille entière;
Que du Roi, de la Reine, il prolonge les ans,
Et comble de faveurs les nobles descendants.
Tels sont les voeux sacrés que la France prononce,
Lorsque d'un nouvel an le premier jour s'annonce,
C'est au sein du repos, des douceurs de la paix,
Qu'on chérit d'un grand roi la gloire et les bienfaits.
Dans ce beau jour, pour notre reine
Sur les autels brûle l'encens ;
Et les riants bords de la Seine
Retentissent de nobles chants.
ODE
POUR LA FÊTE DE S, h, R. 5F LE COMTE DE PARIS,
AU PREMIER MAI 1845.
Enfant chéri du Ciel, symbole d'espérance,
Né des rois, il sourit à l'honneur de la France,
Qu'il saura soutenir.
Formé par son aïeul et marchant sur sa trace,
Il sera comme lui la splendeur de sa race,
En son noble avenir.
Sous ses yeux il grandit en noblesse, en courage,
Et la gloire l'attend pour être son partage
INSPIRATIONS POÉTIQUES. 33
Au saint règne des lois.
Il voit comme un héros doit illustrer sa vie
Pour mériter l'amour de sa noble patrie,
Qu'inspirent nos grands rois.
Dans les âges passés, ses aïeux, qu'il contemple,
Lui disent leurs hauts faits pour le guider au temple
De l'immortalité !
De Philippe il aura cette haute prudence,
Qui rend le peuple heureux, et la noble puissance
Chère à la liberté !
Seul ce grand roi montra contre la tyrannie
Ce que peut le pouvoir du plus profond génie
Pour défendre l'État !
De notre jeune prince, ah! que l'âme est émue
Quand sur la France heureuse il repose la vue,
Et qu'il en voit l'éclat !
Il apprend comme on doit honorer la vaillance,
Encourager les arts, protéger la science.
34 INSPIRATIONS
Sous un roi vigilant,
Le mérite à la cour avec plaisir se montre :
Où l'orgueilleux dédain jamais ne se renconù
Là se plaît le talent.
Que d'émulation Louis-Philippe excite
Dans le noble concours des vertus, du mérite
Qu'il sait entretenir !
Fière de son-pays, de son roi, la jeunesse,
A l'étude, au travail, s'attend à la promesse
D'un heureux avenir.
Du plus sage des rois, de ce prince qu'elle aime,
La liberté soutient l'éclat du diadème
Si pur, si radieux!
Les pouvoirs de l'État, dans un juste équilibre,
Montrent que le pays ne fut jamais plus libre,
Ni plus aimé des Cieux.
Ses armes soutiendront les droits des alliances
Faites par ses enfants chez d'illustres puissances,
POÉTIQUES. 35
Gomme au siège d'Anvers!
Et Joinville, son fils, chéri du Dieu de l'onde,
Seul saura mettre un frein, pour le repos du monde,
Au léopard des mers.
11 est de nos marins les plus chères délices.
Tanger et Mogador ont été les prémices
Des fruits de ses exploits.
L'honneur de son pays, qui seul toujours l'inspire,
Lui donne ce grand coeur que l'Anglais même admire,
Et la gloire à la fois.
La liberté, l'éclat, les triomphes de Rome,
Ses vertus, ses travaux montrent aux yeux de l'homme
Les beaux jours des Romains ;
Mais que d'affreux tyrans, de millions d'esclaves,
De vices, de forfaits chez ce peuple de braves
Opprimant les humains !
Vainement sur la guerre un empire se fonde,
Quand sans cesse il combat tous les peuples du mo nde
38 INSPIRATIONS
Pour leur dicter sa loi.
Le feu républicain couve encor sous la cendre ;
Mais le sombre Brutus aime enfin à se rendre
Au bien que fait le Roi.
L'histoire des forfaits qu'avec peine on retrace,
Laisse de nos Brutus un souvenir qui glace
Gomme un songe d'horreur.
0 liberté française ! à ta noble origine,
Tu nous abandonnas à la guerre intestine,
Aux jours de la terreur.
Quand de hideux tribuns, souillés de tous les crimes,
En prononçant ton nom, immolaient leurs victimes,
Tu fuyais à grands pas...
Laissant la France en pleurs déchirer ses entrailles,
Oui, l'honneur te suivit sur les champs de batailles,
Dans l'âme des soldats !
Alors, dans les prisons, la nobesse opprimée,
Voyait, contre ses jours, de l'anarchie armée
POÉTIQUES. 37
La h aîné et les complots.
Ni les nobles vertus, ni l'innocence même,
Ne pouvaient retarder, hélas ! l'instant suprême
Fixé par les bourreaux.
Sur la France en leurs fers quand le deuil se déploie,
Elle semble à l'Europe une facile proie
Que sa main doit saisir;
Mais, parmi nos soldats défendant la frontière,
Napoléon paraît, et de l'Europe altière
Réprime le désir.
Du célèbre guerrier qui releva l'empire,
Le génie et l'éclat, la chute et le martyre
Instruisent les grands coeurs...
Ah ! que pour lui la France, au milieu des alarmes,
Paya cher ses succès, ses triomphes, ses armes,
De son sang ! de ses pleurs !
Nulle paix, nul repos ; pour subjuguer la terre
Comme Rome, il se voue au fier Dieu de la guerre
38 INSPIRATIONS
Qui lui prête son bras !
Mais il reste une tache aux lauriers de sa gloire
Que l'Espagne désigne au burin de l'histoire
Des injustes combats.
Que de pur héroïsme inspira la patrie
Aux valeureux enfants de la noble Ibérie
Quand il ravit leur roi !
A la voix de l'honneur un généreux coeur vibre :
Défendre son pays, mourir, ou le voir libre,
C'est la première loi.
Hélas ! toujours le sort montra son inconstance.
Mais le Ciel nous devait Philippe et l'espérance
Pour réparer nos maux.
Comme lui pour remplir ses hautes destinées,
Son petit-fils se livre, en ses jeunes années,
Aux plus nobles travaux.
De la religion les sentiments sublimes,
Les vertus de sa mère et les pures maximes
POÉTIQUES. 39
Se gravent dans son coeur.
Nemours lui donne encor les leçons de la gloire ;
Pour illustrer la paix, ou guider la victoire
Il lui montre l'honneur !
Au grand art de régner se forme son jeune âge.
De son père, un héros, il est la vive image,
Il en a la bonté.
Déjà, les droits du peuple, il aime à les comprendre ;
Il ne fuira jamais , ni ne craindra d'entendre
L'auguste vérité.
Pour éprouver Philippe et sa rare constance,
Quand l'arrêt du destin ravit à l'existence
Le premier de ses fils,
Oui, tous les nobles coeurs, pleurant avec la Reine,
Partagèrent du Roi, de la princesse Hélène
Le deuil et les. ennuis.
Jeune, auguste princesse, au trône destinée
En France, elle reçut du Dieu de l'hyménée
40 INSPIRATIONS
D'Orléans pour époux.
Les plus chers dons du Ciel, l'esprit et le courage,
Et des Français l'amour, il les eut en partage;
Le sort en fut jaloux.
L'inexorable Parque, à la voix de l'envie,
Tranche le fil des jours d'une si belle vie
À son premier printemps.
Devais-tu donc ravir, ô destinée humaine,
Au bel âge, aux vertus de la princesse Hélène
Le bonheur de ses ans ?
Mais lorsque ses beaux yeux, éteints dans la tristesse,
Parla mort d'un grand prince, époux de sa tendresse,
Versèrent tant de pleurs,
De ses deux fils l'amour, la jeunesse, les charmes
Calmèrent les regrets et les brûlantes larmes
De bien saintes douleurs.
Henri le Grand jeta, du haut de l'Empyrée,
Sur ses nobles enfants, sur leur mère éplorée
POÉTIQUES. il
Un regard plein d'amour ;
Il pressa sur son sein bien tendrement leur père
Quand ce héros quitta les douleurs de la terre
Pour la céleste cour.
11 montra les vertus, les prières, la peine,
La résignation de notre noble reine
Sous les coups du destin ;
Eh ! le sort attendri regretta sa colère,
11 promit au saint roi d'être toujours prospère
Au royal orphelin.
La splendeur de l'État, le bonheur de la France,
0 Philippe ! sont dus à ta ferme constance
En tes sages projets.
Quand après le repos à l'aube tu t'éveilles,
Ton regard voit, pour prix de tes savantes veilles,
L'amour de tes sujets.
Àh! puissent les accents des filles de mémoire,
Rappelant tes bienfaits, concourir à ta gloire
42 INSPIRATIONS POÉTIQUES.
Dans les âges futurs.
Aux destins de l'empire en consacrant leur vie,
Tes fils sont comme toi Y espoir de la patrie !
Ses soutiens les plus sûrs.
Quand l'orphelin royal portera la couronne,
Non, il n'oublîra point que seul le peuple donne
Le beau surnom de Grand,
Auguste rejeton de la plus noble race,
Parmi les demi-dieux le Ciel marque sa place
Et l'univers l'attend !
Les heures de la nuit s'envolent en silence ;
Tout repose, tout dort sur la terre et les flots ;
Bercé par notre amour, de l'heureuse innocence
Sur lui le doux sommeil épanche ses pavots.
Aux rayons de l'aurore il ouvre la paupière,
Et son premier sourire et son premier regard.
Que sa mère reçoit et rend à la prière,
Comme son coeur au ciel s'élèvent sans retard.
La touchante bonté, la noblesse, la grâce,
Et le mâle courage ont frappé tous ses traits.
A nos yeux, à nos coeurs, de son père il retrace
Les vertus, la beauté que pleurent nos regrets.
44 INSPIRATIONS POÉTIQUES.
L'enfance des héros révèle leur génie ;
Pour leur vertu, leur gloire, il se sent enflammé:
Plutarque les lui montre, et l'antique Ausonie
Lui dit qu'un jour comme eux il sera renommé.
Sur un noble coursier qui fournit sa carrière,
Son oeil est rayonnant et sûr comme sa main.
Qui doit dicter la paix, ou conduire à la guerre
Des plus vaillants soldats le généreux essaim.
Salut, enfant chéri! sur toi veillent les anges;
Tu formes avec nous d'indissolubles noeuds ;
Aux célestes accords des hymnes, des louanges,
Reçois de ta patrie et le coeur et les voeux !
Salut, noble avenir promis à son jeune âge,
Saints jours de paix, d'amour, de gloire et de bonheur !
Oui, le Ciel vous accorde à Philippe le Sage
Dont il voit les vertus, le génie et le coeur.
ODE
POUR. LA FÊTE DE SA MAJESTÉ
LOUIS-PHILIPPE I",
Mi Ml OEâllÇâXS,
Al! 1*^ MAI 1814.
Si le Dieu des combats a désolé le monde,
Pour réparer le mal qu'il a fait aux humains,
Le Ciel entend nos voeux, de Philippe il seconde,
Sur le trône affermi, les généreux desseins.
La France enfin respire et la raison F éclaire ;
Sa gloire se repose à l'ombre de la paix.
A Philippe le Sage elle doit ces bienfaits :
Sans lui l'Europe encore eût rallumé la guerre.
Sur l'autel de la paix, à côté du pouvoir,
Pour gouverner la France il place la justice,
46 INSPIRATIONS
Aux peuples comme aux rois il montre leur devoir
Et sur tous ses sujets son regard est propice.
Non, des fiers conquérants les nombreux bataillons
De sang n'arrosent plus les fertiles campagnes :
Les laboureurs, heureux auprès de leurs compagnes ,
Répandent l'abondance au sein de leurs sillons.
Chacun pour la patrie à l'envi se signale:
La gloire a couronné le front de nos guerriers,
Les triomphes des arts le luxe les étale,
Et les lettres en France ont toujours leurs lauriers.
Veuille à jamais le Ciel des sanglantes conquêtes
Dans le coeur des héros étouffer les désirs,
Garder la chaste paix, féconde en doux plaisirs,
Alors que l'olivier ombrage enfin leurs têtes.
Oui, la France prospère, et jouit des beaux jours
Qui naissent de la paix, mère de l'abondance;
Les sciences, les arts lui prêtent leur concours,
Et les fils de son roi la comblent d'espérance.
POÉTIQUES. 47
Sous Philippe le Sage on voit la liberté
N'obéir qu'à la loi, qui la protège et l'aime ;
Ce grand roi la soutient de son pouvoir suprême,
Et montre que la Charte est une vérité.
Lorsque Paris revoit la pâle tyrannie ■
Qu'escorte de nouveau l'helvétique soldat,
Son peuple courageux qui toujours la renie
Du pouvoir arbitraire accepte le combat.
Soudain Philippe entend l'honneur et la patrie :
Grand prince et citoyen, il en défend les droits ;
Couronné par la France au temple de nos lois,
Au bonheur de son peuple il consacre sa vie !
Son coeur fut toujours grand, sensible, généreux ;
Oui, l'Algérie, Anvers, redisent à la terre
Que notre noble roi prudent et valeureux,
Sait maintenir la paix, et sans craindre la guerre.
Le bonheur de l'Europe aux hasards des combats
Seule l'ambition pourrait le compromettre ;
48 INSPIRATIONS
Mais de sanglants lauriers vaudraient-ils le bien-être
Que la divine paix donne à tous les États?
Encor la sombre Envie à l'oeil fourbe et timide
Sur notre beau pays distille son venin ;
Mais au bien de l'État la sagesse préside:
La France est fortunée et bénit son destin,
Plus heureuse à présent sous Philippe le Sage,
Qu'elle ne fut jamais ; eh ! l'histoire en fait foi !
Dans le calme on doit voir ce que peut un bon roi,
Comme elle quand on sort du plus terrible orage...
Sur l'océan des mers l'insulaire Albion
N'ose plus abuser des faveurs de Neptune :
A Joinville il promet tout l'éclat d'un grand nom,
Et de fixer pour lui la nautique fortune.
De nos ports repeuplés d'intrépides marins,
Le commerce opulent sans peur fait ses voyages ;
Des pirates la France a purgé ses rivages,
Et nos princes du Maure enchaînent les destins !
POÉTIQUES. 19
De scs nobles aïeux Philippe a la sagesse,
Du bon, du grand Henri le courage et le coeur.
Montrons-lui notre amour par des chants d'allégresse.
Al'envi célébrons sa fête avec splendeur.
Que dans cet heureux jour coule à flots le Champagne,
Buvons à la Patrie, à la santé du Roi!
Qu'il compte sur nos bras comme sur notre foi,
Si notre armée encor doit entrer en campagne.
A notre auguste Reine, à ses nobles enfants,
Pour la fête du Roi solennelle et prospère,
De respect et d'amour offrons un pur encens.
En Philippe le peuple aime et retrouve un père,
Et le monde un grand roi digne de tous ses voeux.
Sensible à nos malheurs, lui-même il fut à plaindre ;
Mais sa gloire jamais, non, ne pourra s'éteindre :
De l'amitié des rois il a serré les noeuds !...
DEUXIEME ODE
DE S. A. R. K01TSEI&1TETJR LE D'JOE D'ORLÉANS.
Prince Royal,
ARIUVÉE LE 13 JUILLET 1842.
Oui, l'éloquence mensongère
Se fait l'organe de la guerre
Et de l'esprit séditieux ; .
En offensant l'Être suprême,
Elle remet tout en problème,
Et ses dons sont pernicieux.
Que l'Éternel nous soit propice,
Et, sur le bord du précipice
INSPIRATIONS POÉTIQUES. 51
Où se heurtent nos passions,
Qu'il éteigne à jamais en France
L'ardeur de haine et de vengeance
Qu'enflamment nos dissensions !
Dans ces jours de deuil et d'alarmes,
Qu'il prenne pitié de nos larmes !
Notre avenir est incertain.
De l'espoir de nos destinées
La Parque a tranché les années,
Pour le malheur du genre humain.
Grand Dieu ! tu vois notre faiblesse,
Eh ! tu confonds notre sagesse
Jusque dans notre sainte foi :
Tu laisses respirer le crime,
La vertu succombe victime,
Pour nous rappeler à ta loi.
Oui, ton courroux se manifeste.
Hélas ! par le trépas funeste
•*>2 INSPIRATIONS
D'un prince adoré des Français ;
Innocente et pure victime,
Sous ses pas s'est ouvert l'abîme
Pour expier tous nos forfaits.
Doué d'une vertu suprême,
Prince digne du diadème,
Il fut la gloire de nos jours :
Veillant sur la France éplorée,
Sa belle âme, dans l'Empyrée,
A légué son coeur à Nemours.
Nemours, dont la mâle jeunesse
Des camps ne craint point la rudesse,
Est la colonne de l'État.
Sa vertu, comme sa naissance,
L'appelle à l'auguste régence,
Que lui décerne le Sénat.
Contre la loi de la nature,
Hélas ! non, rien ne nous rassure :
POÉTIQUES. 53
Seul, Dieu tient le fil de nos jours.
Du Roi si cher à la patrie
Qu'il bénisse à jamais la vie.
Et qu'il en prolonge le cours.
Par un règne illustre, prospère,
Quand Philippe enchaîne la guerre,
Du Ciel il calme le courroux.
Oui, Dieu protège encor la France;
Il retire, dans sa clémence,
Son bras appesanti sur nous.
LES JOURNÉES DE JUILLET
iSSO.
Je chante ces trois jours d'immortelle mémoire
Dont l'éclat fut si pur, si radieux de gloire.
Le triomphe des lois et de la liberté,
Et Paris combattant pour la postérité.
Un esprit de vertige, un malheureux génie
Aspirait au pouvoir qu'aime la tyrannie.
Du faible Charles Dix le conseil insensé
Fermait les yeux, le coeur aux leçons du passé.
En rêvant le retour de l'ancien régime,
Des imprudents dormaient sur le bord d'un abîme,
Qui, lorsque sur la Charte ils portèrent la main,
À leur triste réveil les engloutit soudain.

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