Intrigue et Amour

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Extrait : "MILLER : Femme, écoute bien ceci... Je te le dis, et je te le répète, la chose devient sérieuse : on commence à jaser par la ville de ma fille et du baron... Le bruit des visites du jeune homme dans ma maison arrivera jusqu'aux oreilles de son père, le président... et, crois-moi, il vaut mieux prier le jeune gentilhomme de cesser ses visites." À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes. 

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Publié le : samedi 8 août 2015
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EAN13 : 9782335050257
Nombre de pages : 145
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EAN : 9782335050257

©Ligaran 2015Acte premier
D i s t r i b u t i o n
LE PRÉSIDENT DE WALTER.
FERDINAND.
MILLER.
WURM.
LE MARÉCHAL DE KALB.
UN VIEUX SERVITEUR.
UN DOMESTIQUE.
UN HOMME DE JUSTICE.
MADAME MILLER.
LOUISE MILLER.
LADY MYLFORT.
SOPHIE.Premier tableau
Une chambre chez Miller.
Scène Première
Miller, madame Miller.
MILLER
Femme, écoute bien ceci… Je te le dis, et je te le répète, la chose devient sérieuse : on
commence à jaser par la ville de ma fille et du baron… Le bruit des visites du jeune homme
dans ma maison arrivera jusqu’aux oreilles de son père, le président… et, crois-moi ; il vaut
mieux prier le jeune gentilhomme de cesser ses visites.
MADAME MILLER
De quoi t’inquiètes-tu, et qu’as-tu à te reprocher ? Tu n’as pas attiré le baron Ferdinand chez
toi ; il y est venu de lui-même.
MILLER
Oui, pour prendre des leçons de musique, mais non pour faire la cour à ma fille… Ah !
j’aurais dû, vois-tu, femme, quand je me suis aperçu que la chose prenait cette tournure,
j’aurais dû m’en aller immédiatement tout raconter à Son Excellence monsieur son père… Le
jeune baron en eût été quitte pour une réprimande ; j’eusse envoyé Louise passer trois mois
au couvent de Florsheim ou de Nonnenverth, et tout eût été dit, tandis que, maintenant, les
choses en sont venues à ce point qu’il faut que l’orage éclate. Sur qui tombera le tonnerre ?
Ce ne sera point sur le château du premier ministre, ce sera sur la maison du pauvre
musicien.
MADAME MILLER
À quoi bon t’inquiéter de tous ces bavardages ? que peut-il t’arriver ? qui peut t’en vouloir ?…
Ton état est de donner des leçons de musique, n’est-ce pas ?… Eh bien, tu prends des
écoliers où tu en trouves ; fallait-il refuser ta porte au fils du ministre, au baron Ferdinand,
parce qu’il est riche, jeune et beau ? C’eût été le comble de la stupidité.
MILLER
C’eût été la suprême sagesse, au contraire ; car, enfin, que résultera-t-il de tout ce méchant
commerce ?… Rien de bon… Il aime Louise, je ne dis pas le contraire… et cela se voit… ou
plutôt, cela se devine dans chacune de ses paroles ; mais le fils du noble président
n’épousera pas la fille du pauvre musicien.
MADAME MILLER
Qui te dit cela ?
MILLERSotte que tu es !
MADAME MILLER
Et si je te disais, moi, qu’il a promis d’épouser notre fille !
MILLER
Et à qui a-t-il promis cela ?
MADAME MILLER
À notre fille elle-même.
MILLER
Mordieu ! la belle promesse, et comme nous allons dormir tranquilles sur cette assurance !…
Le baron de Walter a promis à Louise d’épouser Louise… et, en attendant, qui sait ce qu’il a
déjà demandé à compte sur ce mariage ! Ô femme, femme, prends garde ! ce sont les
mères qui répondent à Dieu de la pureté de leurs filles… prends garda !… il la séduira sous
tes yeux, c’est moi qui te le-dis… Puis, un beau matin, tu trouveras ta fille en pleurs ; tu lui
demanderas quelle ; cause fait couler ses larmes : elle te répondra, ce jour-là, que c’est la
fuite de son amant… et, le lendemain, elle, t’avouera que c’est la perte de son honneur.
MADAME MILLER
Que Dieu nous garde d’un pareil malheur !
MILLER
Oui ; mais gardons-nous-en d’abord nous-mêmes ; et, pour cela, il faut qu’à la première visite
que fera ici le baron de Walter, je lui montre cette porte, en lui faisant comprendre que le
menuisier l’a faite pour entrer dans cette maison quand on y entre avec de bonnes
intentions, mais aussi pour en sortir quand on y est entré avec de mauvaises.
MADAME MILLER
Fais attention, Miller ; car, avec cette résolution, non seulement tu te fais un ennemi dû fils
du président, mais encore tu diminues nos pauvres ressources de moitié, en te privant de ton
meilleur élève.
MILLER
Je diminue nos ressources !… c’est-à-dire, que tu as peur de renoncer à ton café et à ton
tabac ? Va-t’en au diable avec tes ressources, si ces ressources doivent s’augmenter au prix
de l’honneur de ma fille ; j’aimerais mieux, vois-tu, aller de porte en porte avec mon violon,
comme un mendiant… j’aimerais mieux donner des concerts où chacun payerait sa place en
apportant un morceau de pain… j’aimerais mieux mettre en pièces ce vieil ami qui est là, et
qui m’a si souvent consolé quand je pleurais… le briser en mille morceaux, entends-tu bien,
que de me laisser un seul instant tenter par l’or honteux qui perdrait l’âme de mon enfant…

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