J.-A. Porchat, ministre du Saint-Evangile

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Impr. de Veronèse (Pau). 1866. Porchat. In-16. Pièce.
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Publié le : lundi 1 janvier 1866
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J. A. PORCHAT
MINISTRE DU SAINT ÉVANGILE
« Ceux qui auront été intelligents luiront
comme la splendeur de l'étendue, et ceux
qui en auront amené plusieurs à la justice
luiront comme des étoiles à toujours et à
perpétuité. »
(DANIEL XII, 3.1
PAU
IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE VERONESE
Rue des Cordeliers
1866
J. A. PORCHAT
MINISTRE DU SAINT ÉVANGILE
» Ceux qui auront été intelligents luiront
comme la splendeur de l'étendue, et ceux
qui en auront amené plusieurs à la justice
luiront comme des étoiles à toujours et à
perpétuité. »
(DANIEL XII, 3.)
PAU. — IMPRIMERIE ET LITHOGRAPHIE VERONESE
Rue des Cordeliers, Impasse la Foi
AVANT-PROPOS
La petite Notice que nous publions sur ce
serviteur de Dieu, nous a été remise par la
compagne même de sa vie. Nous avons pensé
que ce simple récit où l'on n'a voulu rappeler
pour le moment que le Ministre de l'Evangile ,
aurait un intérêt plus réel et serait plus utile
que des détails plus intimes sur l'homme lui-
même ou sur son intérieur domestique. Plus
tard peut-être, ferons nous suivre ce court récit
des mémoires et des lettres de notre ami. En
attendant qu'il me soit permis de dire ici quel-
ques mots à la mémoire de l'excellent chrétien
qui a exercé partout où il a passé, une influence
aussi douce que bénie ! C'est un faible à-
compte de la reconnaissance et de l'affection
qui lui est due.
— II —
C'est en 1841 que je le rencontrai pour la
première fois. Il assistait à ma consécration à
Orléans. Bien que pasteur d'une église indé-
pendante, il avait assez de largeur dans les
principes pour imposer les mains à un jeune
frère qui allait devenir, quoique dans une
église établie, son collègue et son collabora-
teur dans le même champ-bù lui-même avait
travaillé, après Pyt et F. Caulier, avec tant de
bénédictions.
Mais je n'avais fait qu'entrevoir alors M. Por-
chat, c'était quelques jours plus tard- que je
devais le retrouver et faire connaissance avec
lui dans sa propre maison et dans son église.
Je n'oublierai jamais l'impression que j'é-
prouvai en arrivant dans le presbytère de
Gaubert, - petit village sur les confins d'Eure-
et-Loire et du Loiret. Je parcourais pour la
première fois ces plaines fertiles mais mono-
tones de la Beauce. Après avoir visité ces
petits troupeaux disséminés, ces fermes et
ces chaumières isolées j'arrivais fatigué dans
- Ili -
la demeure de M. Porchat, qui me parut
comme un oasis dans le désert. Un joli jardin
ombragé entourait la modeste maison et for-
mait un contraste avec la nudité de ces vastes
campagnes. -La nombreuse famille, joyeuse
et paisible, était réunie dans le petit salon,
autour -d'une table. La sœur aînée arrivait
d'Angleterre et étalait devant ses jeunes frères
et sœurs ravis , les divers objets qu'elle
apportait de ce lointain pays. La mère digne
et sérieuse était l'objet d'un tendre respect,
le père partageait la joie commune et l'aug-
mentait par sa douce gaîté; tout cela tempéré,
on le sentait, par la présence d'un être in-
visible mais non-inconnu et qui était le chef
suprême de cette famille.
Accueilli avec confiance et comme un futur
ami, je me sentis bientôt comme au milieu
des miens, et le soir quand à l'occasion de
mon arrivée on réunit la congrégation dans
lé temple, à la vue de cet auditoire, recueilli,
intelligent, sérieux, sympathique, il me sem-
- iv —
bia que la piété, la paix, le bonheur avaient
trouvé leur asile dans ce coin ignoré d*
inonde.
jamais je n'avais mieux senti l'influence
qu'un vrai chrétien peut exercer sur n
famille et sur son troupeau !.
De doux et sérieux entretiens sur le mi-
nistère, sur l'Eglise, sur la Parole de Dieu,
jsur notre propre cœur, me firent compren-
dre que j'avais trouvé en mon cher voisin,
Je pasteur dissident de Gaubert, un excellent
frère et un pieux guide pour conduire Trias
premiers pas dans les fonctions du ministère
pastoral.
M. Porchat me semblait unir à une grande
bienveillance, à beaucoup de tact et de prudence
la plus vraie et la plus austère fidélité. Ce
sentiment qui m'attirait vers lui dès l'abord
n'a fait que croître à mesure que je l'ai plus
suivi, plus connu. Malgré les reproches de
légèreté, de présomption, d'infidélité qu'il
s'adresse souvent dans ses mémoires et qui
- v -
étaient sans doute l'humble expression de
son âme, nous ne craignons pas de dire que
notre ami a été un des chrétiens les plus
conséquents qu'on puisse citer.
Mais voilà! Nous habitons la terre! Vingt-
cinq ans à peine ont passé depuis lors et ce
quart de siècle a suffi pour tout changer
dans cette famille, dans cette église, dans ces
lieux mêmes. Ce père, cette mère que je
trouvais alors si heureux dans leurs enfants
et dont la famille avait été à peine entamée
par la mort d'un Benjamin, devaient passer
par les plus cruelles épreuves domestiques.
Trois jeunes filles qui brillaient-là comme
l'ornement de la maison, deux fils doués d'une
remarquable intelligence devaient être enlevés
dans la fleur de l'âge, la plupart par des
accidents. M. Porchat devait, quitter cette
Eglise à laquelle son cœur s'était attaché,
et à laquelle, après s'être efforcé avec vigilance
de la préserver de l'erreur ou du péché, il
allait laisser faire de nouvelles expériences !
— VI -
— Lui-même enfin après de nouvelles luttes
pour la liberté de l'Evangile devait aller dé-
teindre dans une obscure retraite, seul avec.
sa compagne, mais aussi dans un saint re-
cueillement devant Dieu: -.
Nous avons pensé que le récit de sa vie,
tout abrégé qu'il paraîtra, sera accepté avec
joie par ceux qui l'ont connu, et non -dé-
pourvu d'intérêt pour ceux qui ne le con-
naissent point encore. Il ne donnera sans
doute qu'une faible idée de ce chrétien que
son journal ferait mieux connaître ! Ce que
nous pouvons dire, c'est que, par la grâce
de Dieu, Antoine Porchat était devenu - sé-
rieux, droit et simple dans sa vie, fidèle dans
son enseignement, large et conciliant sur les
points secondaires, inébranlable sur les points
essentiels, attentif à ne scandaliser personne
et particulièrement les petits de l'Eglise, doux
et pourtant ferme et indépendant; car autant
il était disposé à se mettre au service d'autrui
ou à rester dans l'humilité, autant il savait
— VII —
i,
être libre, ne subissant le joug d'aucun homme
ni même d'aucune société. Il aurait été intéres-
sant de suivre, d'après ses mémoires, le dé-
veloppement de son christianisme. — Com-
mençant par l'étroitesse quant aux formes
d'Eglise nous l'aurions vu finir par une grande
largeur à cet égard et une grande liberté dans
la pratique; attachant chaque jour plus d'im-
portance à la doctrine, à la piété, s'élevant à l'i-
dée de la vraie Eglise que nous ne faisons que
préparer ici-bas, s'unissant autant que possi-
ble à tous les frères. L'union spirituelle in-
dépendante des dénominations et des formes
particulières, voilà l'idéal qu'il poursuivait
et dans lequel il trouvait la paix !
Mais le sentiment qui dirigea toute sa vie,
ce fut celui de l'immense amour dont il avait
été l'objet, lui misérable pécheur, de la part
de Dieu en J. -C..! (1 Oh! soleil de justice!
0 grâce ! 0 miséricorde ! » C'était là la source
de sa joie, la force de son ministère, le
dernier cri qu'il poussa sur la terre et qu'il
- VIII —
âitne sans doute encore à répéter dans le
eîél !
Les quelques pages qui suivent la Notice,
sont les dernières lignes du journal de notre
ami. Il y manifeste beaucoup mieux que
sous ne pourrions le faire, la suprême pen-
sée dont nous venons de parler. Puissent-
belles être particulièrement bénies du lecteur !
A. C.
Pau, 22 mai 1866.
J. A. PORCHAT
MINISTRE DU SAINT ÉVANGILE
Jacques-Antoine Porchat naquit à Paris en
1792, pendant les horreurs de la Révolution.
Son père qui avait un emploi de confiance dans
une importante maison de commerce, se trouva
plus d'une fois en grand danger de porter sa
tête sur les échafauds de cette époque de sang.
Ayant perdu sa mère à l'âge de sept ans, il fut.
envoyé,en Suisse chez sa grand' "mère pater-
nelle, où il demeura jusqu'à la mort de celle-
ci. Il fut ensuite, reçu dans la famille d'un frère
J desQn père,, homme bon et sensé, pour lequel
] le- petit parisien, léger et insouciant, conserva
jusqu'à la fin, une affection toute filiale. Il l'ap-
-pelait touj ours : « Mon bon oncle, mon second
i-pere., It
— 2 —
Lorsqu'il eut 11 ans, son père qui s'était
remarié le rappela auprès de lui, le mit dans
un pensionnat à Beaumont-sur-Oise, où il le
laissa pendant deux ou trois ans, puis le mit
en apprentissage. Dans cette position, le jeune
homme se trouvait entouré de jeunes gens élevés
dans les sentiments incrédules, profanes, dé-
pravés de la Révolution. Le pauvre enfant per-
dit ses bonnes habitudes de piété qu'il avait
contractées en Suisse, et entraîné par son rcarac-
ctère léger, il suivit l'exemple de ses compa-
gnons , négligeant souvent son travail pour le
plaisir. — Toutefois, Dieu qui veillait sur lui
et qui savait ce qu'il en ferait, ne permit pas
qu'il tombât dans tous les excès _de cette jeu-
nesse corrompue.
Les plaisirs auxquels il participait aux dé-
pens de son travail et de sa bourse (car il
contracta des dettes) étaient le théâtre et le
jeu ; jamais il ne s'est adonné à l'ivrognerie.
Lorsqu'il eut atteint dix-sept ans, son père
afin de le retirer de cette vie de Paris, l'envoya
encore chez le même oncle, qui résidait alors
à Genève et gérait la campagne Diodati. —
Lui-même disait souvent : « J'arivai chez mon
— 3 —
pauvre cher oncle comme l'enfant prodigue ; il
me reçut à bras ouverts. » -
Ses deux cousins Elisée et Georges, placés
tous deux dans une maison de banque, étaient
des jeunes gens rangés, sérieux, quoique non
- convertis encore. Ils reçurent ce cousin com-
me un frère qui revient après une longue ab-
sence.
- Le pauvre Porchat, si léger, n'était guère
disposé à aimer le sérieux de cette maison, où
.régnait certainement la crainte de Dieu, - peu
disposé à prendre plaisir à la lecture de la
Bible qui se faisait en famille chaque dimanche
soir. Aussi, quand il demandait à ses cousins :
« Que fait-on le dimanche ici? A quoi s'a-
muse-ton ? Y a-t-il un théâtre ? » était-il peu
satisfait de leurs réponses : « On lit, on chante
des psaumes, on fait la prière et l'on se cou-
che tranquillement. » Cependant il n'était pas
vicieux, ni ce que le monde appelle mauvais
sujet ; déjà même sa conscience avait été tou-
chée par quelques circonstances providentiel-
les, et, disons-le, à la gloire de la grâce de
Dieu qui conduisait comme par la main ce
7 - 4 - i --
pauvre jeune homme, il accepta sans oppo-
sition ce nouveau genre de vie.
Peu de temps après, son cousin Elisée l'in-
vita à l'accompagner à un cercle d'amis, que
l'on pourrait comparer à ce qu'on appelle au-
jourd'hui l'Union chrétienne : « Qu'y fait-on?
Voudra-t-on m'y recevoir ? demanda-t-il. »
Il y alla pourtant, et ce fut là que l'Esprit
parla à son coeur et lui montra que la religion
seule rend véritablement heureux. - Il con-
tinua à fréquenter ces réunions et d'autres, où
se trouvaient des étudiants de l'Académie déjà
réveillés et cherchant la vérité, alors enfpuie
sous de vains raisonnements. Deux serviteurs
de Dieu, venus d'Ecosse, MM. Drummond et
R. Haldane, expliquaient. les Ecritures à ces
étudiants, avides de leurs précieux enseigne-
ments. Porchat fut - invité,par l'un d'eux à as-
sister à ces leçons ; il comprit l'Evangile, donna
.son cœur à Dieu, et dès lors s'ouvrit devant
lui, sans qu'il le cherchât, une carrière - nou-
.velle.
C'est ainsi que r l'Ange de l'Eternel , trouva
ce nouveau Gédéon et, le choisit d'entre les
petits pour annoncer la délivrance à des cen-
— 5 —
.taines d'ares qui devaient entendre de sa bou-
.che l'Evangile de paix.
Son oncle fut le premier à qui Dieu lui ac-
corda le privilége de faire du bien: celui-ci,
protestant pharisaïque, ne pouvait se figurer
que ce jeune homme, léger et insouciant, pût
le devancer dans les voies du Seigneur. —
Aussi, -tout d'abord, la piété évangélique de
son neveu l'offusqua; il lui opposa même une
forte résistance qui allait parfois jusqu'à une
sorte de persécution. Deux circonstances éclai-
rèrent pourtant ;cet homme droit. Il alla trou-
ver M. C. Malan, lui exposa ce qu'il appelait
les nouvelles idées de son neveu. Celui-ci, lui
répondit : « Mais c'est la vérité! c'est la doc-
trine de l'Evangile ! » L'oncle revint tout pen-
isif et dit à sa femme : « Antony a raison. »
L'autre circonstance fut celle-ci • La tate_avflit
trouvé un sermon de Saurin, et, après l'avoir lu,
elle fut frappée de l'accord de son contenu, avec
;ce que, A. Porchat leur disait ; elle le pria, donc
-de lire ce sermon et de leur dir. ce qu'il ^en
penait; le jeune Jiomme, après cette lecture,
ss'qcria tout joyeux : « G'est FEyangile ! ; c'est* le
pur; Evangile ! Il L'oncle -et la tante convaincus
— 6 —
se dirent alors: « C'est nous qui avons tort; nous
n'avons pas encore compris cet Evangile xlont
Antony nous parle tant, et nous avons persé-
cuté ce pauvre enfant ! » Ils fondirent en lar-
mes, reconnurent leur erreur ; dès ce mo-
ment , ils devinrent d'humbles et sincères
chrétiens et l'affection de sollicitude qu'ils
avaient eue jusqu'alors pour cet enfant de
Paris se - changea en un véritable amour fra-
ternel.
Vers cette époque, un de ses amis qui
était Tégent dans une paroisse voisine de
Genève, pria Porchat de le remplacer dans se
fonctions de lecteur et de chantre au temple.
Il le fit plus d'une fois et avec tant de senti-
ment et d'onction que plusieurs personnes lui
- conseillèrent de travailler à devenir régent
lui-même. Aidé de M. Bost (père du ministre
A. Bost), il réussit au-delà de ses espérances,
dans cette nouvelle carrière. Il sera peut-être
bon d'observer que Dieu l'avait doué de
grands moyens naturels, d'une mémoire
fidèle, d'une très-grande facilité à saisir et à
retenir ce qu'il lisait ou entendait. Il avait aussi
une voix douce, agréable, harmonieuse qu'il a
- 7 -
conservée jusqu'à la fin, un goût remarqua-
ble pour la musique, talent qui n'avait servi
jusque-là, qu'à son amusement, et qu'il em-
ploya dès lors au service de son Dieu. Ces
dons lui facilitèrent l'entrée de l'enseignement
et, quelques années après, du St-Ministère, au-
quel il fut appelé par l'église ÙXL Bourg-de-four.
Il y reçut l'imposition des mains et accepta la
vocation d'agent de la Société continentale.
Porchat débuta par quelques courses et séjours
missionnaires dans les villages plus ou moins
éloignés de Genève, entre autres à Ste-Croix;
Dieu bénit le ministère de son jeune serviteur,
plusieurs âmes réveillées, choisirent la vérité.
Mais cela même exaspéra les inconvertis et ame-
na une opposition, une persécution telle que
Porchat dut quitter le village et se faire escorter
pour sa sûreté personnelle, par quatre de ses
amis jusqu'à ce qu'il fut hors de l'atteinte
des opposants. Avant de le quitter ces chré-
tiens se mirent à genoux sur le bord du che-
min, prièrent ensemble, puis se séparèrent pour
ït}l'ao- se rencontrer sur cette terre !
,- unç :1 cite.
XvvtTne cifcoB>stance mérite d'être mention-
, 1,
— 8 —
née ici. Les réunions que tenait Porchat
étaient fréquemment interrompues par la foule
qui du dehors lançait des pierres contre les
fenêtres, en poussant des cris affreux. Une
fois une de ces pierres atteignit et blessa une
femme âgée (c'était la respectable grand-
mère de M. Pyt). Pendant la dernière réu-
nion que Porchat présidait à Sainte-Croix
les vociférations interrompirent le culte. On
attendait en silence, dans le recueillement
et la prière, que le Seigneur mit fin à ce ta-
page et empêchât que quelque chose de grave
n'arrivât. Tout-à-coup le bruit cesse, la porte
s'ouvre avec violence; quatre jeunes hom-
mes, forts et robustes, entrent avec précipi-
tation. On s'attend à les voir se saisir du pré-
dicateur et l'entraîner pour le maltraiter; mais
quelle n'est pas la surprise et la reconnais-
sance de cette petite assemblée, en les voyant
s'asseoir tranquillement et l'un d'eux se mettre
à dire : Il y a déjà quelque temps que nous
entendons parler des explications de la Bible
qui se font ici ; nous demeurons loin de ce vil-
lage, et c'est ce soir seulement que nous avons
— 9 —
pu satisfaire au grand désir que nous avons
d'entendre ces explications. Nous étions très
étonnés de voir cette foule effrénée; notre pre-
mier soin a été de la disperser et maintenant
nous voici prêts à écouter ce que l'on nous dira.
Le jeune missionnaire tout-à-fait rassuré et
joyeux leur parla jusqu'assez avant dans la
nuit qui précéda son départ de ce premier
champ de travail.
En 1819 il quitta la Suisse pour aller à Paris
auprès de M. Méjanel, agent de la Société con-
tinentale ; — il y travailla avec lui plus d'un an.
— Des pasteurs de Paris lui ont dit depuis
qu'ils avaient trouvé quelques fruits de ce
double ministère. — En 1821 Porchat fut en-
voyé auprès de son ami Pyt pour évangéliser
les campagnes de la Beauce. Là se trouvaient
plusieurs groupes de protestants disséminés qui
n'avaient guère conservé de la foi de leurs
ancêtres persécutés que des formes sans vie —
A peine la Bible était-elle connue dans ces
plaines. - Il fallait faire une œuvre toute mis-
sionnaire , aller de village en village rassem-
bler ces petits troupeaux et les instruire dans
les premiers rudiments de l'Evangile.

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