J'irai cracher sur vos jobs !

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Voici un petit bréviaire de 30 « bons » métiers bien plus ingrats qu’ils n’y paraissent, et que l'auteur vous déconseille vivement d'exercer, même si vous êtes tentés, qu’ils rapportent ; même si tout le monde vous y pousse, même s’il paraît qu’il n’y a pas de sot métier, même s’il faut bien vivre, même s’il faut de longues études pour y arriver, même si c’est toujours mieux que balayeur, même si, même si, même si...
Chirurgien, avocat, directeur marketing, agent immobilier, hôtesse de l’air, journaliste, comédien, animateur TV, Pompier, volontaire dans l’humanitaire, dentiste, astronaute, wedding planeuse, attachée de presse, décoratrice, agriculteur, nounou, pharmacien, arbitre de foot, religieux, et d’autres encore, fuyez les tous !!!!


Publié le : lundi 16 novembre 2015
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EAN13 : 9782334008723
Nombre de pages : 358
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-00870-9

 

© Edilivre, 2015

 

Introduction

Lorsque l’on est enfant, l’adulte nous agace. Rassurez-vous, pas autant que l’inverse, et en particulier lorsque l’enfant n’est pas le nôtre. Qu’y a-t-il de plus laid, bête et mal élevé que l’enfant d’un autre ? Votre enfant a de grandes oreilles ? il est mignon, alors que le marmot de votre voisin doté des mêmes feuilles, c’est Dumbo.

L’endroit où l’on déteste le plus l’enfant des autres reste définitivement l’avion. Je milite d’ailleurs depuis longtemps en faveur de la commercialisation de vols garantis sans enfants. Et je serais prêt à payer un supplément pour me garantir l’absence de hurlements 5 heures durant alors que je m’étais préparé à une méditation réparatrice. Au lieu de vous offusquer, réfléchissez-y !

Mais replaçons-nous dans la perspective de l’enfant. Pourquoi l’adulte agace-t-il tant l’enfant ?

La raison principale est cette manie systématique de poser des questions. Et toujours les mêmes, des questions que nous ne nous poserions pas entre adultes. Impossible, quoique. En tout cas pas avec cet air de niaiserie confondante. Mais dans l’ensemble non quand même, nous, adultes, sommes des êtres autrement plus évolués que les enfants, naïves créatures à l’intérêt proportionnel aux liens du sang que l’on a avec eux. Comme les chiens d’ailleurs. Liens du sang en moins. Quand votre chien chie sur la moquette, ce n’est pas grave. Quand c’est celui du voisin, le chien se transforme en porc.

Le questionnaire basique que doit supporter l’enfant face à un adulte se limite généralement à 5 questions :

Question 1 : Comment tu t’appelles ? jusque là ça va. La réponse est certes assez souvent difficilement compréhensible, ce qui nous place dans un certain embarras vis-à-vis des parents. « Pê ! »… « pardon ? »… « Pê ! », petit coup d’œil vers le haut pour chercher un indice dans l’œil de la maman au sourire béat, forcément. « Ah ! Pierre ! c’est mignon ça Pierre ! ». Le prénom d’un enfant à qui on pose la question 1 est toujours par définition un mignon prénom. Même Jean-Pierre ou Bernard, c’est mignon, point. Ça s’appelle la politesse.

Question 2 : Et tu as quel âge ? « A ton avis, regarde, je mesure moins d’un mètre, je bave, je suis incapable de prononcer correctement plus de deux phrases, ça donne quoi ? allez, entre 3 et 5, ok ? et tu t’en doutes non ? si je te dis 14 tu vas pas me croire, alors pose pas la question. »

Question 3 : Et tu vas à l’école ? « non, mes parents m’ont enlevé de l’école quand ils ont appris que j’allais lever des vieilles à la Coupole pour passer l’aspi à poil chez elles et récupérer 10 Euros pour m’acheter de la Blédine ! Mais bien sûr que je vais à l’école ! C’est obligatoire ! »

Question 4 : Et elle est gentille ta maitresse ? « non c’est une pute ».

Question 5, celle qui nous intéresse car elle participe du modelage social de tout individu qui intègre la grande communauté des humains, cette question qui arrive tellement tôt et qui dure, qui dure, qui dure jusqu’à l’adolescence et encore après, une question que l’on nous pose et que parfois nous finissons par nous poser nous mêmes jusqu’à la retraite : Et tu veux faire quoi comme métier plus tard ?…

Les années passent, ou pas, on se rend vite compte que Zorro ou fée ne sont pas des métiers. La réalité d’une société lourde qui compte 4 millions de chômeurs nous happe dès notre plus jeune âge et nous tombons avec violence sur cette vérité et ce stress : mon Dieu, il va falloir que j’exerce un métier, mais avant cela, il va falloir que je trouve un métier, et en plus essayer de trouver un métier qui me plaît. Le métier qui plaît étant d’ailleurs souvent celui qui ne paie pas.

Et donc chaque être humain face à sa destinée professionnelle navigue entre passion, pression et raison.

La passion de métiers que l’on rêverait d’exercer parce qu’ils offrent prestige, fierté, et collent à ce que vous pensez être et mériter ; la pression de l’entourage, des parents, inquiets de votre avenir incertain, et la raison finalement de prendre ce qu’il y a après avoir vaguement opté pour des cursus scolaires et universitaires pas toujours plus excitants que cela.

Mais avec un peu de chance, vous exercerez de vrais bons métiers que les gens aiment, ces métiers qui sont sources d’accomplissement de soi, ces métiers que tant de personnes rêvent de faire, ces métiers qui vous permettent d’exister en société, qui rendent fiers vos parents. Ces métiers qui pourtant n’ont rien d’exceptionnel, et même pire, sont souvent des métiers à chier au sujet desquels on nous a menti.

Car on nous ment. On nous ment pour faire de nous de bons petits soldats créateurs de richesses.

Comme on ment aux futures mamans en leur disant que la grossesse, l’accouchement, et les premiers mois avec un enfant ne sont que bonheur et épanouissement. Alors que pas du tout bien évidemment. Mais si on leur dit la vérité aux futures mamans, elles ne vont plus faire d’enfants parce que c’est une énorme galère, et alors notre race humaine s’éteindra et nous serons remplacés par des bots ou des mutants ou des animaux.

Et bien c’est pareil pour les métiers dont vous allez pouvoir découvrir la description vraie dans cet ouvrage, ils nous sont vendus comme de bons métiers, de belles carrières, des professions « aspirationnelles » comme on dirait dans la pub (mot bien entendu inexistant, même le correcteur automatique m’a souligné ce mot sans proposer d’alternative orthographique satisfaisante). Car si tout le monde venait à découvrir la vérité, plus personne ne voudrait les exercer et ils mourraient ces beaux métiers. Alors que nous en avons quand même besoin !

Journaliste, comédien, coiffeur, chirurgien, agent immobilier, dentiste, animateur TV, wedding-planner, astronaute, agriculteur, chargé de projet dans l’évenementiel, pharmacien, policier, avocat, etc… mais que deviendrait-on si plus personne ne voulait exercer ces métiers ?

Alors on vous ment, on vous raconte de belles histoires, mais moi je vais vous sauver et vous expliquer pourquoi il ne faut jamais exercer ces métiers. Les laisser pour les autres, ceux qui n’auront pas parcouru ce livre, ceux qui vous toiseront du haut de leur fonction et que vous regarderez en souriant car vous, vous saurez, vous connaitrez la vérité, car, en toute modestie, vous aurez lu ce satané bouquin.

Tous les métiers ne sont pas expliqués et décortiqués ici car il existe des métiers corrects, soit reposants, soit sans grande contrainte, soit avec une belle valeur ajoutée bien qu’usants, ceux-ci n’ont donc rien à faire là. Et d’autres qui sont de toute façon des métiers que personne ne rêve d’exercer, des métiers de merde. Je ne les cite pas mais réfléchissez 5 minutes aux 5 pires métiers que vous pourriez exercer, et vous aurez un élément de réponse. Puis réfléchissez aux 5 dont vous reveriez, et il doit y en avoir au moins 3 dans ce livre.

Donc, il s’agit bien ici d’une entreprise de destruction, au gravillon ne vous inquiétez pas. Et en plus, aucune alternative ne vous sera proposée.

Oui c’est à la limite du scandaleux, j’en conviens.

Certains pourront penser que ce livre ne vaut rien.

D’autres qu’il ne vaut juste pas grand chose.

Encore d’autres qu’il vaut largement bien assez cher pour ce qu’il y a à l’intérieur.

A tous ces pourfendeurs de la liberté d’expression, parangons de la vertu littéraire que je combattrai tel un gladiateur musclé, transpirant de courage et de sex appeal latin, sachez que cet opus s’adresse à 5 catégories de gens :

1 – Les enfants qui ne savent pas lire et qui trouveront certainement une utilité à cet objet comme support de Lego ou mur de château fort.

2 – Les étudiants qui réfléchissent à leur futur emploi et retournent chaque jour les « pour » et les « contre » de telle ou telle orientation, de telle ou telle fonction. J’aime ce métier mais mes parents me disent que ce n’est pas un métier, alors je vais faire ça, ça me fait chier mais au moins j’aurai la paix avec mes vieux et finalement je gagnerai quand même un peu d’oseille. Ok dentiste c’est pas excitant mais plus sûr que comédien.

3 – Les actifs qui exercent un métier qui ne leur plaît pas forcément, ou alors qui pensent que ce qu’ils font leur plaît mais qui n’y ont pas bien réfléchi. Les plus aveuglés étant ceux qui bossent en entreprise, que l’on force au bonheur à coups de séminaires, bonnes ambiances, promesses et cotisations vieillesse.

4 – Les chômeurs parce qu’ils ont un peu de temps à perdre à lire ce bouquin mais qu’ils ne s’excitent pas, ça ne va pas les aider à retrouver un emploi.

5 – Les retraités qui ont un peu de temps libre aussi, qui regardent souvent les excités et ambitieux du monde du travail avec distance, posant sur eux les yeux des hommes et femmes qui ont été comme ça et qui ont compris qu’eux aussi s’étaient fait happer dans une frénésie de la vie qui leur a fait perdre plus de temps utile qu’autre chose.

6 – A ceux qui s’interrogent sur le monde du travail, de l’entreprise, de l’entrepreneuriat, sur le rapport « études-travail »

7 – A ceux qui veulent juste passer un moment agréable devant une littérature moins ambitieuse et vaguement plus modeste que celle de BHL, plus rigolote que l’Assommoir de Zola, et avec moins de drogue que celle de Bret Easton Ellis.

Alors je ne peux vous souhaiter que de prendre un vague plaisir devant tant de vérités largement discutables (mais discutez entre vous, je ne veux pas être mêlé à ça) et de mauvaise foi.

Ce livre n’est pas la Bible, encore moins un manifeste ou un petit livre rouge, certainement pas une méthode ou une étude, il sera juste ce que vous voulez qu’il soit.

Mais ne me le répétez pas, je risquerais d’avoir de la peine…

Mesdames et Messieurs, veuillez trouver ci-après, une sélection aussi aléatoire qu’arbitraire de 30 métiers à éviter et pourtant on pourrait croire que non. Et pourtant si.

Commençons notre tour d’horizon par une série de métiers où l’on se doit d’être proche des gens, et surtout par un métier assez fascinant par sa nature. Une fonction dont il faut souligner l’écart abyssal qui existe entre le sentiment d’un caractère indispensable de la part de ceux et celles qui l’exerce, et cette impression d’inutilité totale de la part du reste du monde…

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Dans la catégorie
« Métiers où l’on se sent utile
et proche des gens »

Arrivent en tête du classement des métiers à éviter :

– Wedding Planner

– Volontaire dans l’humanitaire

– Entrer dans les ordres

 

Wedding planner

Non non, ne rigolez pas, il existe un métier qui consiste à organiser les mariages des autres. Si si, c’est un métier.

Et le pire, c’est que ce métier a sa place dans cet ouvrage puisqu’il s’agit aujourd’hui d’un souhait émis par de jeunes gens qui annoncent fièrement un jour à leurs parents à table : « papa, maman, je veux devenir wedding planner, et il faut que vous me financiez l’école pour devenir wedding planner, ou planeuse ».

Car la plaisanterie ne s’arrête pas là, il existe des écoles de wedding planeuses. Mais on apprend quoi dans une école de wedding planeuse ?

Alors remettons-nous à la place des parents qui doivent faire face à cette terrible nouvelle doublée d’une révélation dramatique : « ma fille est une pouffe, et une pouffe décérébrée » et qui n’ont donc comme réaction plausible que celle-ci : « mais d’où te vient cette idée ? »

Souvent, il en faut peu pour déclencher une vocation. Voir Bernard Kouchner sauver des enfants de la famine vous donne envie de devenir un french doctor au chevet de familles africaines désœuvrées ; admirer le professeur Frydman extraire de l’abdomen élastique d’une adolescente des sextuplés aussi violets que des aubergines bien mûres mais vivants et hurlants déployant leurs frêles poumons vous donne envie de devenir un grand chirurgien ; parfois même le modèle du père ou de la mère suffit à provoquer une vocation ; une série télé peut déclencher des envies. Par exemple, le nombre de candidats à une carrière dans la police scientifique connaît depuis quelques années un pic hallucinant. Parce que c’est épanouissant d’aller chercher un mégot dans une voiture calcinée ou d’analyser les salives de 250 mecs pour savoir lequel a craché sur le mannequin qu’on a retrouvé dépecé dans le parking du centre commercial. Et oui ! Et en bonus, à chaque fois que vous allez partir en prélèvement vous aurez droit à un titre des Who ! Ou alors vouloir devenir chanteuse et faire The Voice pour pouvoir dire « La chanson c’est ma vie, d’ailleurs je chante depuis que j’ai 4 ans et demi »… et là, Nikos : « 4ans et demi ? alors là je comprends mieux, vous avez vraiment votre place ici »… Le fils de ma concierge il a chanté Petit Papa Noël à 3 ans, et alors ? c’est Pavarotti ?

« Wedding planeuse, mais d’où te vient cette idée ? j’ajouterais même ma fille que j’aime, cette idée saugrenue ? car pour saugrenue elle est saugrenue ! n’est-ce pas Martine ? Martine ? ça va ?… ta mère n’est pas très bien, passons au salon tu vas m’expliquer parce que là… » Et c’est là justement qu’intervient la touche finale, le crochet droit à la Georges Foreman :

« En fait, j’ai vu Jennifer Lopez dans « Un mariage trop parfait » avec Matthew mc Conaughey et ça m’a donné trop envie. »

Je continue ? Après la maman, le papa décède à son tour, ça y est, package 2 en 1 commandé chez Roblot, Funeral Planners.

Les vocations nées du cinéma, cela existe et a toujours existé. Comment reprocher à un jeune ricain des 80’s de vouloir devenir pilote de chasse après avoir vu Top Gun ? Ou de devenir aventurier après avoir vu Harrison Ford dans Indiana Jones ? ça a quand même un peu de gueule !

Mais là, la vocation est née de Jenifer Lopez, actrice aussi déplorable que chanteuse à cul (les chanteuses à cul sont l’équivalent de ce que l’on appelle les chanteuses à voix. Les chanteuses à voix sont souvent moches, chantent de la soupe, nous insupportent mais il faut reconnaître qu’elles ont une sacrée voix. Les chanteuses à cul sont peut être moches, on sait pas vraiment, elles chantent de la soupe, mais il faut reconnaître qu’elles ont un sacré cul. Elles peuvent chanter plus ou moins bien, peu importe, seul leur cul leur permet d’exister. Elles sont assises sur leur capital et l’exhibent dès que possible. Le CAC 40, classement des 40 chanteuses à cul les plus importantes est évidemment primordial pour toutes les candidates, ne pas y figurer est un désastre).

Vouloir exercer un métier après avoir vu un film avec Jennifer Lopez, c’est un peu comme vouloir devenir comique après avoir assisté à un spectacle des Chevaliers du Fiel.

Bon, de toute façon, il n’y a plus rien à faire, certaines veulent exercer ce métier. Ce non-métier plutôt.

Je dis « certaines » car à l’instar d’autres professions c’est une voie essentiellement empruntée par des filles. C’est comme ça. Je n’y peux rien.

Il faut reconnaître que le mariage est plutôt ce que nos amis américains appelleraient un « woman’s matter ». D’ailleurs les wedding planners s’en rendent bien compte, la chose matrimoniale est une donnée exclusivement féminine. Les décisions sont prises, ou en tout cas actées par la femme. C’est un bastion. La décision de la couleur des nappes au mariage est un bastion. Défendez-le !

A part peut être le choix de la voiture qui accompagnera les mariés. C’est hors bastion. C’est d’ailleurs à peu près le seul truc qui intéresse le futur marié.

Pour entrer un peu plus dans le détail, c’est quoi le boulot d’une wedding planeuse ?

– devenir hyper copine avec la mariée mais attention, complice mais pro, quand il s’agit d’aller acheter de l’organza, faut être hyper pro.

– savoir garder une distance raisonnable avec le marié, parce que c’est bien le film avec Jennifer Lopez, mais faut faire gaffe quand même. (pour les non cinéphiles, dans le film elle se tape le marié à la fin, je le dis parce que certains crétins ont dû préférer passer 2 heures à regarder Citizen Kane à la place, ah je vous jure y a des benêts ! Pour les autres, désolé, je vous ai raconté la fin, je sais c’est odieux comme de savoir dès le début que Keyser Sözé c’est le boiteux dans Usual Suspects)

– S’intéresser à la vie d’un couple qui se croit unique et exceptionnel alors que… non.

– Entrer dans l’intimité d’une famille au sens large. Un couple de parents mariés depuis 40 ans et qui méritent un hommage particulier car ils ont apporté tant alors qu’en face c’est un couple divorcé avec un père qui a perdu son frère cette année alors c’est hyper dur à gérer sans parler de la grand mère sourde et handicapée qui est tout pour la mariée et qu’il faut placer à une table pas trop loin mais pas trop près non plus faut pas déconner, se méfier de tonton Michel qui a tendance à picoler et à coller des mains au cul à tout ce qui ne dépasse pas 30 ans, etc, etc, etc…

– Etre à l’écoute tout en étant force de proposition. Ce que ça signifie ? Et bien par exemple quand la mariée dit : « je veux des dragées blanches », être capable de répondre : « ok, c’est très bien, et si on en ajoutait des bleues ? »

– Etre capable de gérer et de peser en même temps sur les différents intervenants extérieurs d’un mariage qui ont chacun une manière très personnelle de gérer leurs relations commerciales avec la wedding planneuse :

• Le traiteur : « écoutez mademoiselle vous êtes bien gentille mais je connais mon boulot »

• Le photographe : « écoutez mademoiselle vous êtes bien gentille mais je connais mon boulot »

• Le caméraman : « écoutez mademoiselle vous êtes bien gentille mais je connais mon boulot »

• Le fleuriste : « écoutez mademoiselle vous êtes bien gentille mais je connais mon boulot »

• Le DJ ou l’orchestre live : « écoutez mademoiselle vous êtes bien gentille mais je connais mon boulot »

– Enfin surtout, être capable d’avoir de vraies convictions que vous défendrez coûte que coûte, car vous y croyez, vous êtes une vraie pro :

Exemples :

« Pour faire les photos de groupe, je vous garantis qu’il vaut mieux qu’il fasse jour… »

« Je vous conseille vivement de mettre ensemble à table des gens qui s’apprécient… »

« Pour que la soirée dansante démarre bien, le dj doit mettre des morceaux bien punchy, mais dès le début… »

« Si j’ai un conseil à vous donner, quand le plat chaud arrive à table, il faut absolument qu’il soit chaud… »

Voilà en bref les compétences qui vous seront demandées pour être une excellente wedding planeuse. Ce qui laisse entier le mystère de l’Ecole de Wedding Planner… Mais ici, c’est pas la Nasa, je peux pas tout expliquer non plus, certains sujets sont opaques.

Surtout que la plupart des wedding planeuses ne font pas l’école. Elles pensent avoir les compétences naturelles pour exercer le métier.

Alors jeunes femmes ? Vous croyez que c’est suffisant ? Qu’avec une liste de courses vous avez tout bon ? Que vous n’avez plus qu’à créer votre petit site « pourunjourpourtoujours.com » avec 3 témoignages de vos copines qui se sont mariées et qui vous ont demandé de passer 3 coups de fils ou de nouer les rubans derrière des chaises Napoléon pour devenir Jenifer Lopez ? Mais pour l’instant vous n’êtes que Monique Lopez ! Pour devenir Jenifer Lopez et être une VRAIE wedding planeuse, celle qui aura des trucs de dingue à raconter dans les salons où le combat pour ne pas passer pour une conne à l’annonce de son métier s’avèrera aussi compliqué que celui d’un caniche nain contre une division blindée, il vous faudra passer par les 3 everests de la wedding planeuse :

1/ La crise de nerf de la mariée

2/ Les spectacles des copains

3/ Terminer la soirée avec les invités, « adoptée par le clan ».

1/ La crise de nerf de la mariée :

La mariée, cette jolie fleur d’un soir qui a rêvé toute sa vie depuis son enfance à bouclettes de ce jour merveilleux où elle deviendrait une princesse embrassant enfin son éternel prince charmant, drapée dans sa robe blanche aux 1000 plis (et à 12 000 boules) et voilages, une choucroute quoi.

Cette charmante jeune femme qui depuis un an travaille chaque jour à chaque détail de son bonheur, avec exigence mais bien sûr aussi bonne volonté et une certaine dose de coolitude parce que finalement, quand on est rassemblés avec les gens qui comptent le plus au monde pour soi, ce n’est pas un bouquet déplacé de 4 centimètres, un champagne trop chaud d’1/4 de degré, un enchainement raté entre deux morceaux ou même une mêche mal replacée par Steve le coiffeur qui vont chambouler autant de joie, non, surtout pas une mêche, pfff ! On s’en fout, on est pas une mariée chiante ! On est pas comme les autres, on est différente, unique bien sûr.

Comme vous êtes une excellente wedding planeuse, elle est devenue votre amie la mariée, elle a compris l’importance de votre job, vous êtes devenue sa confidente, vous avez compris l’importance de ce jour.

Mais, la tension, la pression, se retrouver face à son destin, au cœur du plus grand moment de son histoire, cet espace temps qui restera à vie dans un cadre posé sur le marbre de la cheminée du salon comme fixant un bonheur éternel, cela peut provoquer de petits énervements, voir des crises de nerfs incontrôlables.

Découvrez le témoignage de Chloé, gérante, présidente, fondatrice et CEO de l’agence « Chloé by Chloé, Chloé it’s me, Chloé for you », agence de wedding-planner :

« Le ciel était bleu d’azur, la brise était douce et toute l’équipe que j’appelle « mon staff », apportait à Elodie une attention et des soins qui n’étaient pas sans m’évoquer la maman grenouille qui chérit avec attention son bébé grenouilleau sur la surface douce et suave d’un nénuphar posé sur une mare aux mille reflets d’automne troublés par les frémissements insolubles des saules pleureurs carressant l’onde de leurs branches à la sève conquérante. (NDLA : c’est tout Chloé ça, poète, mais pro. C’est à chier vous trouvez ? c’est Chloé !).

Elodie, assise sur sa chaise Napoléon Louis XV, devisait avec moi, Chloé, Chloé by Chloé, Chloé it’s me, Chloé for you, des derniers détails de l’organisation : la cérémonie, puis le transfert de l’Eglise au château dans la voiture de collection louée pour l’occasion par son amoureux, son prince, son chéri, son amour, son autre en fait, une location de voiture qui a monopolisé son énergie pendant 6 mois pendant qu’elle s’occupait de tous les autres détails sans importance (lieu, déco, traiteur, plans de table, liste des invités en dehors de sa bande de potes, réservations, robe, bagues, acomptes, comptes, bref, les broutilles).

Steve, metteur en coiffe (c’est le niveau au-dessus du coiffeur), attentif, ne perdait pas une miette de cette conversation passionnante tout en travaillant le chignon ondulatoire d’Elodie au rythme effréné de ses coups de peigne virils et agressifs lorsqu’il demanda, emprunté mais à taux faible : « Elo (une certaine familarité s’était créée entre Steve et Elodie, dont Patrick, le futur mari, acceptait la proximité avec sa promise, forcément, objet de blagues de haut vol avec ses potes : « au moins elle risque pas de sebarrer avec Steve le coiffeur, si vous voyez c’que je veux dire, enfin j’me comprends… ouarf ! ouarf ! ouarf ! »), tu me laisses cinq petites minutettes pour passer aux waters ? »

« Bien sûr vas-y, je peux regarder ? enfin, ma coupe… hi ! hi ! hi ! » (une certaine familiarité s’était créée aussi de l’autre côté, Elo trop contente de pouvoir se confier à un copain gay qui deviendra d’ailleurs son meilleur pote gay dont elle pourra parler à chacun de ses dîners de filles, c’est trop génial d’avoir un nouveau meilleur ami gay, ça prouve que je suis pas une chipie et que je suis hyper ouverte d’esprit et que si ma mère me critique parce que j’ai un ami gay, je lui dirai qu’elle est réac et que moi je fais ce que je veux et que je suis pour la liberté sexuelle de tous ! Lui de son côté considérera Chloé comme une CAP, une connasse à pédé, ces quiches qui ont besoin de leur meilleur copain pédé pour exister en société. Le copain pédé c’est un peu comme la Rolex de Séguéla, un must have.)

Puis, moment de magie, quand enfin seules, Chloé et Elodie, simultanément :

« – Euh attend Elo, une petite chose… / Euh attend Clo, une petite chose.

– Oui Clo,… Oui Elo.

– Les deux : Hi ! Hi ! Hi ! c’est dingue c’est comme si on étaient amies depuis toujours… OOOHHHH on l’a dit enseeemble le « une petite chose » !!!!

– Bon Elo, je file vérifier 2-3 trucs, à tout’ moumout’

– Ok dokey !!!

Silence pesant d’une cinquaine de secondes. Elo se retrouve cette fois-ci totalement seule. Un des rares moments de la journée où elle va pouvoir apprécier un peu de solitude et de recueillement. Elle va enfin se regarder dans le miroir. Découvrir qui elle va être aujourd’hui. Elo tourne lentement la tête, les yeux encore clos (et pas Chlo, elle est plus là) et hésitants. Elle va affronter ce miroir de contes de fées, ce miroir, meilleur ami, meilleur ennemi, celui qui aujourd’hui plus que jamais est là pour lui dire : « Oui, tu es la plus belle, une perle d’eau douce sur une fleur du danube, un lychee doré sur une soie persane, un poussin de Mandchourie sur une aurore boréale du Kazakhstan, une rivière de diamant des montagnes d’Erythrée sur un lit de mesclun et sa sauce gribiche » (NDLA : désolé pour ce style de daube, puisque je vous dis que c’est pas moi !)

Elodie, tu n’es que grâce, passion et délicatesse…

Les yeux s’ouvrent lentement laissant apparaître le reflet d’une silhouette au travers des cils qui s’écartent comme les ailes d’une colombe ou mieux… d’un papillon. Le grand moment est arrivé, une robe, un maquillage, une coiffure.

Le silence est assez pesant car ce que projette le miroir à ce moment précis est l’image que le monde (en tout cas la partie du monde que ça intéresse) gardera de ce jour magique.

Elo reste sans voix, submergée par une émotion indescriptible, ce type d’émotions tellement fortes qu’on ne sait plus si elles sont issues du bonheur ou du chagrin. Un jour de noces, le bonheur emporte tout.

– Oh putain… oh non ! sépavré… oh merde ! il est où… il est où cet enfoiré de coiffeur je vais lui arracher la tête, STIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIVE !!!!!!!!!!!!!!!! AAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

La partition du désespoir s’emballe, incontrôlable : crescendo molto sestenuto.

CHLOEEEEEEEEEEEEE ! VIENS LA TOUT DE SUIIIIITE MEEEEEEEERDEUUUUUU ! et amène l’autre gland avec toi, c’est quoi cette coiffure ???? Mais qu’est ce qu’y m’a fait ce gay ?!! On dirait Charlotte de Turckheim au réveil un lendemain de cuite !

Sanglotantissimo.

Ménon ménon ménon mé c’est pas possible… pas moi, pas aujourd’hui, pas comme ça, pitié Steve je voulais être Boucle d’Or et on a l’impression que Boucle d’Or elle s’est fait démonter par toute la famille Ours, mais merde ! Et en plus je peux pas pleurer à cause du maquillage ! séhorible… horrible… horribeeeeuuuul…

A tempo doloroso doppio movimiento.

Bon, elle est où cette quiche de wedding planeuse ?!!!!!

J’en ai vu des bas de plafond dans ma vie, mais alors là attention ! Encore plus conne qu’une esthéticienne ou qu’une manucure… Et il faut que je tombe dessus ! La championne toutes catégories, la vraie nageuse de l’est, 14 médailles en connerie ! Pour être aussi débile elle se dope. J’en suis sûre, elle se dope.

Mes alliances ???!!! Oh Marie Curie tu les as oubliées les alliances ?!! C’était trop dur ? Fallait réfléchir à peine plus qu’une prof de fitness dans un club de vacances ? Tu penses y arriver ?

Impetuoso Maestoso.

Un an, une putain d’année à trimer sur ce mariage de merde avec ce connard et sa bande de crétins de potes et leurs rombières qui t’inspirent du radada autant qu’un lépreux un chifoumi… Elodie, débarque now ou on annule tout. Je m’en fous. C’est pareil. Je me casse. Je sais même plus si je dois pleurer et JE ME CALME SI – JE – VEUX !!!!!!!!!!!

Mezzo forte grazioso cuatro stagione senza formaggio.

Ah t’es là toi simplette ? t’étais où ? tu cherchais ton cerveau ? t’as prévu une loupe pour le retrouver ? un microscope ? un télescope de la NASA ? J’ai failli t’attendre ça s’est joué à rien ! Non mais t’es grave je te jure ! Tu me fatigues, tu m’uses, tu me lamines…

« mais je t’ai dit que je devais checker et même j’ai dit à tout’ moumout’ après qu’on ai dit en même temps…

« TA GUEULE ! bon alors on fait quoi ? J’ai dit « ON FAIT QUOI ? »

C’est compliqué comme question ? Elle va s’en sortir Miss Sephora 2012-2013-2014-2015-2016 ? T’as 5 secondes ? alors prends-les ces 5 secondes pour réfléchir, mais 5, pas 6, va pas nous faire un AVC : Qui c’est la princesse aujourd’hui ? c’est toi ou c’est moi ? qui c’est la reine du jour ? c’est toi ou c’est moi ? Qui casque et pas qu’un peu, nom de dieu de merde ? Tu crois que le pognon ça pousse tout seul comme par enchantement sur les branches de tes roseaux de Mandchourie ou je sais plus quelles conneries tu peux encore inventer ma pauvre ?!!!! Tu crois que les 30 000 que mon papa te lâche pour faire plaisir à sa fifille c’est pour walou ? pour cette beuverie grotesque à gerber de bon sentiments ? qui va atteindre son apogée quand je vais ouvrir le bal des faux culs avec ce grand con qui essaie de me cacher depuis 2 jours que ses potes l’ont trimballé dans un bordel à se faire des putes et des putes et des putes et encore des putes comme toi ????!!!!! non mais il me prend pour une truffe ce connard ?

Bon, ELLE EST SORTIE DES CHIOTTES LA PEDZOUILLE OU JE ME PEIGNE TOUTE SEULE ??? Elle peut reprendre sa brosse et me refaire les douilles ? Je vous rappelle que c’est MON MARIAGE ! Manquerait plus que je loupe le début… Au prix qu’ça coûte !

– Voilà voilà !!!! alors, on reprend la coiffure ?

– Ta gueule toi aussi Patrick Juvet, s’il te plaît, tu bosses, tu reprends tout ce merdier et je veux pas t’entendre, tu la fermes, capici ?

Pianissimo risolutto al parmigiano e catenaccio.

Allez Chloé, Miss j’sers à rien, désolée je me suis un peu emportée, c’est bon ? on y va ?

« – C’est rien Elo, ça arrive, on fait un hug ? »…

– Et arrête de m’appeler Elo, on est pas copines ok ? Un quoi tu m’as dit ? un hug ? t’es sérieuse là ? Non mais… conne. (énorme soupir, mais énorme, le genre qui passe même pas sous le pont du même nom, le soupir ultime, THE soupir, un seul arrivera devant celui-là au classement, ce sera le dernier, c’est plus clair ?)

Vous l’aurez compris, en tant que wedding-planeuse, c’est peut être le moment de faire preuve d’un brin de psychologie et de ne pas retomber dans le copinage et la familiarité. Le « Elo » ou le « hug » à cet instant aurait pu aisément s’accompagner d’un bourre-pif façon garçon boucher, enfin j’en connais qui seraient passées à l’acte. Mais ça, Chloé…

Parce que ce qu’Elodie ignore, et c’est peut être son subconscient qui lui rappelle, c’est qu’après avoir été la reine, le centre du monde pendant bien plus qu’une soirée, pendant tout le temps qui a séparé l’annonce publique de son mariage et le jour J, elle ne sera plus qu’une épouse anonyme chargée d’assumer en public un bonheur dont elle a fait une campagne de promotion sans précédent dans sa vie. Elle sait peut être au fond d’elle-même que sa bande de copines, attentionnées, curieuses, complices, impatientes de devenir les favorites le jour du mariage, changeront de proie dès le lendemain jusqu’au jour où elles-mêmes seront les élues.

Qu’elle assistera à chaque mariage en priant pour qu’il soit moins réussi que le sien, que tout le monde aura oublié d’ailleurs.

Et cette crise ne reste que les prémices d’un wedding blues à venir, et ça, vous, wedding planeuse, vous n’y pouvez rien.

Ça soulage non ? de n’y être pour rien !

2 / Les spectacles des copains

Aïe… Aïe Aïe Aïe…

Chaque couple est différent, chaque mariage est différent, chaque personne est différente, et pourtant.

S’il y a bien un dénominateur commun à tous les mariages, c’est que tous les mariés, je dis bien tous les mariés, sont convaincus d’avoir la meilleure bande de potes du monde.

Les copines les plus cools, les plus drôles, les plus incroyables pour elle.

Les potes les plus cools, les plus drôles, les plus incroyables, et surtout, une bande de fêtards comme vous n’en verrez jamais pour lui.

Il se pourrait même que le concours de la bande de potes les plus fêtards (valeur très importante au XXIème siècle, cf « le directeur ou responsable marketing ») vienne à supplanter dans la lutte globale pour être le mâle dominant, la bagnole la plus grosse ou l’éternel concours du plus gros zboub.

Et donc comme le couple dont vous allez vous occuper a les potes les plus dingues du monde, vous allez voir ce que vous allez voir parce qu’ils vont préparer des spectacles, attention les mirettes, attention, attention ! Le Cirque du Soleil, un concert des Stones ou un Tarantino, c’est le cirque Gomez, le concert des Castors Juniors à la Salle Polyvalente Pablo Neruda d’Aubervillers ou l’intégrale des documentaires sur les rats musqués en haute Silésie.

Alors vous, fébrile, impatiente d’assister à ce qui peut-être restera dans les mémoires pour l’éternité, et que vous pourrez raconter avec autant de fierté que ceux qui ont vu les Beatles à la Cavern en 61, Prince quand il apparaît par hasard dans une vente d’appartement de lingerie violette et pelouse, ou ceux qui étaient dans la foule quand Kennedy s’est fait assassiner…

Et on vous demande de coordonner tout ça, de servir d’assistante de luxe parfois, et surtout, de ne rien dévoiler…

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