Jardin secret

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Lorsque Mwanda ouvre grandement les yeux et voit son épousée couche ses côtés s'approcher avec tendresse, il réalisée que le rêvée dont il émergée a dévoilé les affres des meurtrissures, puis s'est évanoui pareil un désir inassouvi. De son esprit s'éloignent ainsi le Commandant Mukalamusi, le chef des rebelles, et la belle Safi. Leur rencontre aura laissé une simple trace dans le jardin secret de Mwanda. Une trace fragile qui s'est vite efface, ne laissant pour souvenir que le filet d'un furtif parfum. Tel est ce Jardin secret perturbé par un bruit de porte dont la résonance, semblable un coup de feu, fait penser un début de guerre qu'on croyait pourtant éviter.
Publié le : mardi 1 juin 2010
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EAN13 : 9782296375185
Nombre de pages : 136
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Collection Périscope
Du même auteur
Roman
Retour de manivelle, Riveneuve, Paris 2008.
Poésie
Au creux de mon être(recueil de poèmes bilingue français-grec), Editions du Cygne, Paris 2010 (Médaille des mots d’or pour le dialogue des cultures).
Essais
Langue française en Francophonie. Pratiques et réflexions, L’Harmattan, Paris 2009.
Le français et la littérature de langue française en milieu multilingue congolais. Structure et méthodologie de l’enseignement, L’Harmattan, Paris 2009.
Jardin secret
© Acoria éditions, 2010 Joseph MAKELE, éditeur Mail : acoriadiffusion@free.fr Site : www.acoria.net ISBN 978-2-35572-022-2
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Julien Kilanga Musinde
Jardin secret
Roman
I
Mwanda est revenu tard à la maison. Il était 2 h 30, quand il s’était mis au lit. Tout le monde était plongé dans un profond sommeil. Fatigué, il ne traîna pas à sombrer dans le royaume de Morphée. Ce fut le moment où le rêve succéda à la réalité. « Comme un grain semé sur son visage Un rêve lui apporte les affres Des meurtrissures Et puis il s’évanouit Pareil à un désir inassouvi »
Dans cet univers onirique, il a entendu son épouse l’interpeller : — Mwanda, deux personnes veulent te voir. Elles t’attendent dans l’antichambre de ton bureau.
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— Qui sont-elles et que me veulent-elles si tôt matin ? — L’une d’elles est ta cousine ; celle qui vend ses marchandises au marché communal. Elle vient solliciter ton aide. L’autre, je ne la connais pas. Elle dit avoir un message urgent à te transmettre. — D’accord. Dis-leur de m’attendre. Il s’agissait là d’un rituel quotidien qui le poursuivait dans le rêve. Chaque matin avant de se rendre au service, Mwanda devait régulièrement recevoir des gens qui venaient lui soumettre une série de problèmes familiaux qu’il était appelé à résoudre. Il ne s’appartenait plus. Il se consacrait non seulement à sa famille, mais aussi à toute l’humanité. Mwanda s’était rendu célèbre par ses brillantes recherches, ses écrits qui ont connu un succès mondial et surtout son modèle de gestion des institutions en période de crise. Il a à maintes reprises abordé dans ses romans des thèmes qui touchent l’humanité entière. Mais la
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société dans laquelle il vivait confondait le succès culturel et scientifique avec l’acquisition des richesses et la possibilité d’accéder au pouvoir politique. On assistait ainsi à une sorte de malentendu, fruit de tendances diverses entre le pouvoir du savoir et le pouvoir politique et le domaine de la praxis qui vise l’action visible, palpable et saisissable. Ce malentendu était tellement accentué qu’il a fini par paraître comme une sorte de conflits entre le savoir et le pouvoir qui pourtant sont condamnés à vivre ensemble comme le verso et le recto d’une feuille. Malentendu certes, mais issu de la conception de la science à ses origines et surtout de la pratique scientifique dans la République des Tropiques. On savait bien que les savants au départ cherchaient à fonder un mode de connaissance n’intervenant pas directement dans la pratique politique. Ils s’engageaient dans une recherche effrénée de l’objectivité. N’est-ce pas là donner libre cours à des théories contemplatives qui, aux yeux de
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l’homme au pouvoir et de la population, ne peuvent qu’être qualifiées de stériles ? C’est ce qu’on a pris l’habitude d’appeler, non sans ambages, des discours académiques dans lesquels se complaisaient les chercheurs de la République des Tropiques. Le savant trouvait un plaisir à vivre du haut de sa tour d’ivoire pour être contemplé au loin par le commun des mortels cherchant vainement à le faire venir à lui. N’avait-on jamais perçu la difficulté qu’il y avait, même dans les sciences dites exactes, de penser théoriquement les limites de l’objectivité ? Le connu était-il réel ? C’est que, toute pensée comme toute science est toujours, à la fois, produit d’un moment déterminé d’une histoire donnée. En d’autres termes, il y a toujours un primat de l’être et de son conditionnement socio-historique sur la pensée. Et la vérité de la science est celle d’une interrogation constante. Elle est dans le processus même de la connaissance, dans la longue évolution historique de la science s’élevant des degrés inférieurs à des degrés
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