Jean des Lacs, souvenir d'une excursion dans les Vosges. [Signé : Aug. Prost.]

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Rousseau-Pallez (Metz). 1864. Jean des lacs. In-8° , 29 p..
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Publié le : vendredi 1 janvier 1864
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JEAN DES LACS
SOUVENIR
D'UNE
EXCURSION DANS LES VOSGES
EXTRAIT DE LA REVUE DE L'EST
METZ
TYPOGRAPHIE ROUSSEAU-PALLEZ, ÉDITEUR
LIBRAIRE DE L'ACADÉMIE IMPÉRIALE
RUE DES CLERCS, 14
1 864
JEAN DES LACS
SOUVENIR D'UNE EXCURSION DANS LES VOSGES
Jean des Lacs est le guide ordinaire des trop rares tou-
ristes qui viennent à Orbey dans la belle saison pour faire
la course pittoresque du lac blanc et du lac noir. De là le
nom qu'il porte, car il n'a pas de famille. Jean, qui est
homme aujourd'hui, a été autrefois recueilli à l'hospice
de Colmar comme enfant trouvé; c'est le hasard qui l'a
fixé dans les lieux qu'il habite et où nous allons le ren-
contrer.
Orbey et sa vallée sont pays de langue française, quoique
situés en Alsace, c'est-à-dire sur le versant germanique des
Vosges; c'est là une des singularités de cette petite contrée si
curieuse et si intéressante à plus d'un titre. Les grands
cours d'eau peuvent bien former entre des états voisins les
frontières les plus convenables ; mais ce sont les montagnes
qui, généralement, séparent les peuples et les races. La
preuve en est dans la distribution géographique du langage.;
et celui-ci est, on le sait, un des signes les plus caracté-
ristiques et les plus persistants de la nationalité. On parle
toujours la même langue sur les deux rives d'un fleuve,
presque jamais sur les deux versants d'une chaîne de mon-
tagnes. Je dis presque jamais, parce qu'il y a des exemples
du contraire; le val d'Orbey est un de ceux qu'on peut
citer.
La vallée d'Orbey, dont il est ici question, coupe la chaîne
des Vosges à peu près à la hauteur de la ville de Colmar.
Kaisersberg, ancienne cité impériale, est assise à son dé-
bouché dans la plaine du Rhin ; le col du Bonhomme, à son
autre extrémité, offre un des passages les plus faciles et pro-
bablement le plus anciennement fréquentés pour venir de la
Lorraine en Alsace. Une population française a pu pénétrer
par cette voie dans ce petit pays. Les noms de ses villages, le
Bonhomme, la Poutroye, la Baroche, semblent en témoigner;
mais son histoire n'en dit rien, et tout ce qu'on sait de son
passé le rattache au contraire exclusivement à l'Alsace et
au groupe jadis essentiellement germanique de ses intérêts.
Aujourd'hui le point principal de la Vallée est le bourg
d'Orbey où règne une vie industrielle très développée; autre-
fois c'était le château féodal de Hohenach qui n'est plus
maintenant qu'une ruine, ou bien la grande abbaye de
Pairis dont il reste à peine quelques' débris. Hohenach ,
connu dès le onzième siècle, berceau d'une famille puis-
sante qui existait encore au quatorzième; Pairis l'un de ces
fameux monastères qui ont illustré l'Alsace au moyen âge,
maison importante de l'Ordre de Cîteaux, dont les vénérables
archives renfermaient quelques-uns des titres les plus an-
ciens des comtes d'Egisheim, ses fondateurs, et des comtes
de Ferrete qui avaient succédé aux premiers dans le patro-
nage de la vieille abbaye.
Les ruines du château de Hohenach dominent au loin la
vallée; quant au bourg d'Orbey, qui donne aujourd'hui son
nom à celle-ci, il n'est pas situé dans son artère princi-
pale, mais dans un petit vallon qui s'en détache latéralement.
Là , il est posé à peu près au point de rencontre des deux
cours d'eau qui sortent, l'un du lac blanc, l'autre du lac
noir; et c'est en s'élevant dans la direction de ce dernier
qu'on trouve l'antique Pairis, dont il ne reste plus qu'un
dernier corps de logis, où les intelligents administrateurs
de la commune d'Orbey ont, dans ces derniers temps,
installé un hospice qui rend de grands services à la contrée.
Le lac noir, qui est au-dessus de Pairis, prend son nom
de la teinte foncée que donne à ses eaux le reflet des sombres
sapins qui l'encadrent. Le lac blanc, situé au couchant et à
peu de distance du premier, emprunte le sien à son aspect
brillant mais froid et désolé, lequel est dû à la ceinture de
rochers nus et déchirés qui l'enveloppe. L'un et l'autre
sont profondément encaissés dans l'entonnoir naturel où
dorment leurs eaux immobiles, retenues encore par de puis-
santes digues que les industriels de la vallée ont récemment
établies à leur point de dégorgement, pour en régler la dis-
tribution. Rien de plus sauvage que ces lieux écartés qu'il
faut aller chercher dans la solitude des parties les plus
élevées de la montagne. Rien au contraire de plus riant
que le petit bourg d'Orbey, situé bien au-dessous d'eux
dans la vallée.
Orbey est tout vivant, animé par les bruits et par l'acti-,
vité de ses nombreuses usines. Ses maisons, serrées au
centre, vont en s'éparpillant vers les extrémités, où elles
s'accrochent aux premières pentes de la montagne, et par-
tout elles sont mêlées à d'épais ombrages du milieu desquels
on voit s'élever çà et là les grands édifices des fabriques,
ou bien les constructions plus élégantes de confortables
habitations, demeures des riches industriels qui sont au-
jourd'hui les hauts et puissants seigneurs de la contrée.
Au plus épais des maisons se trouve une excellente auberge,
j'allais dire un hôtel, à l'enseigne de la Croix-d'Or ; c'est là
que nous placerons le point de départ de notre récit.
On est au milieu du mois de septembre, à celte époque
de l'année où sont passés les longs et brûlants jours d'été.
Il est six heures du matin, la fraîcheur, jointe à l'éclat pé-
tillant d'un ciel parfaitement pur, annonce une belle jour-
née. A l'auberge de la Croix-d'Or on est éveillé depuis
longtemps. Les deux grandes salles du rez-de-chaussée
sont ouvertes aux allants et venants. Dans la seconde, et
devant la longue table qui indique sa destination de salle
à manger, sont installés deux voyageurs qui, avant de se
mettre en route, se livrent à l'importante opération du
déjeuner. Madame Papirer, l'attentive hôtesse de la Croix-
d'Or, va et vient autour d'eux. Fidèle aux vieilles et bonnes
traditions, elle ne dédaigne pas de prendre part au service
de sa maison et de s'occuper elle-même des étrangers qu'elle
y reçoit.
— Vous avez, dit-elle aux voyageurs, annoncé hier au soir
l'intention d'aller aujourd'hui aux lacs ; vous aurez le beau
temps. Ne comptez-vous pas prendre un guide? Je vais,
si vous le voulez, faire prévenir Jean des Lacs. C'est un
pauvre homme à qui vous rendrez service en l'employant ;
il connaît bien le pays, et il y conduit habituellement les
étrangers. Vous lui donnerez deux ou trois francs selon le
temps que vous l'aurez gardé, et vous aurez fait une bonne
action.
La proposition est acceptée, et l'hôtesse expédie en deux
mots,.à maître Jean, un domestique qui part en courant.
Les voyageurs ont pris leurs dernières dispositions; ils
ont bouclé leurs sacs, minces et légers comme on les prend
quand on sait qu'on aura quelquefois à les porter soi-même;
ils ont délié leur cravate et serré dans la guêtre le bas
de leur pantalon; leur compte est réglé; ils sont prêts à
se mettre en marche. Jean des Lacs paraît dans la porte
ouverte de la salle. Il s'arrête sans rien dire, observant et
attendant le premier mot. C'est un petit homme d'une
extrême laideur et d'un aspect presque sauvage. Il est court
et mal tourné, avec de longs bras pendant le long du corps
et une tête inculte, sur laquelle se hérissent des cheveux
en désordre. Joignez à cela, pour l'air du visage, une barbe
rousse et mal plantée qui accompagne une grande bouche
irrégulière, et des yeux enflammés dont le regard est inquiet
et incertain. L'homme est vêtu d'une blouse bleue en bon
état, qui est sans doute sa parure du dimanche; il est coiffé
d'une casquette informe et chaussé de vieilles bottines qui
n'ont certainement pas été faites pour son pied, sous lequel
leur semelle a tourné. Un bâton et une petite hotte qu'en
entrant il a posée derrière lui complètent son accoutrement.
La première vue ne lui est pas favorable. Les deux voya-
geurs se communiquent d'un coup-d'oeil l'impression com-
mune qu'ils en reçoivent; puis leurs regards rencontrent
ceux de l'hôtesse qui semble leur demander indulgence et
confiance pour l'étrange compagnon qu'elle leur présente.
Pas un mot n'a été échangé et on s'est compris.
— Tu vas conduire ces messieurs aux lacs, dit madame
Papirer.
— Est-ce qu'il y a quelque chose à porter? fait l'homme
en roulant ses gros yeux dans leurs orbites rougies et en
quêtant du regard à la dérobée comme s'il voulait trouver
lui-même la réponse à sa demande.
— Sans doute, dit l'un des étrangers, vous prendrez
nos sacs ; ils ne sont pas lourds, comme vous pouvez voir.
Combien voulez-vous pour nous conduire aux lacs et de là
aux Trois-Épis où nous devons coucher?
— Je ne taxe personne, et on me donne ce qu'on veut.
— Vous connaissez bien le chemin des Trois-Épis?
— Parbleu ! Si je ne connaissais pas les chemins je ne
serais pas conducteur. J'aurais tout de même bien pu con-
duire aussi Monsieur le préfet, mais les Messieurs.....
— C'est bon, dit madame Papirer en l'interrompant;
pas tant de paroles, et apprête-toi.
Jean prend les deux sacs et les manteaux, il les fixe
solidement sur sa hotte, et on se met en route.
— Ne le faites pas trop parler, dit l'hôtesse aux deux
touristes en leur souhaitant bon voyage.
Recommandation superflue. Il n'y a pas besoin de faire
parler Jean des Lacs, il parle tout seul. C'est un personnage
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original et assez curieux à observer. Sous sa grossière en-
veloppe il ne manque pas de finesse; mais c'est une finesse
d'enfant, naïve et facile à pénétrer. On n'est pas sorti du
village qu'il en a déjà donné la mesure. Il est entré dans
une des dernières maisons en disant tout haut, de manière
à être entendu :
— Il faut que je prenne du tabac pour ma journée.
Il en sort presqu'aussitôt d'un air furieux et en grondant.
— Cette vieille g..., elle ne veut pas faire crédit seule-
ment pour deux sols. Je n'ai pas l'argent dans la main, et
elle ne veut pas me donner de tabac.
— Elle m'en donnera peut-être à moi, dit un des deux
voyageurs qui a compris la signification de cette petite
scène.
Et il entre à son tour dans la maison.
— Demandez du rôle, crie en se retournant avec un
empressement comique maître Jean qui, après sa brusque
sortie, s'est éloigné d'un air presque indifférent.
— C'est pour chiquer, dit la marchande ; voilà son
affaire; il va être bien content. Je ne lui fais pas crédit,
ajoute-t-elle, parce qu'il n'a pas de mémoire et qu'il se
fâche quand on en a pour lui.
Jean, qui attendait à quatre pas, saisit le paquet avec
avidité. Ses yeux louches lancent un éclair de satisfaction.
Il est arrivé à ses fins. Le voilà heureux et de bonne humeur
pour le reste de la journée, tout le monde y gagnera. C'est
un gros finot dont la malice est peu subtile; il s'est fait
connaître dès les premiers pas.
On chemine cependant ; on gravit les premières pentes
par des sentiers rocailleux bordés de haies ou de grosses
pierres dressées les unes à côté des autres; on rencontre
de temps en temps quelques habitations entourées de leurs
jardins et de leurs champs; et en continuant à s'élever, on
parvient bientôt à un point d'où le regard domine au loin
le pays dans toutes les directions. Derrière soi on peut
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apercevoir, au pied du coteau qu'on vient de gravir, les
toitures brillantes d'Orbey, au milieu des belles masses de
verdure qui les enveloppent. En regardant en avant, on voit
une suite de croupes verdoyantes que sillonnent en tous sens
les clôtures des domaines et des prairies accompagnées de
bouquets d'arbres et de maisons éparses; celles-ci plus
nombreuses dans les parties basses, plus rares vers les
hauteurs, à mesure qu'on gagne la solitude des grands
pâturages que dominent les crêtes déchirées d'un rideau de
rochers abrupts. C'est dans cette région extrême que sont
les lacs, et déjà on aperçoit, comme une brèche dans la
ligne d'horizon, le cirque dénudé qui sert de cadre au
lac blanc.
— Voilà où est le lac blanc, dit le guide; il y a deux
chemins pour y aller d'ici : par en haut, en faisant un grand
détour, ou bien par en bas, en allant toujours tout droit.
— Lequel des deux chemins est le meilleur?
— Celui du bas vaut bien mieux et il est plus court.
— Prenons donc celui du bas.
Et, marchant droit devant soi, on se met à descendre.
Cependant on s'aperçoit qu'en suivant sur le côté les
crêtes qui relient le point où on était parvenu avec les
hauts pâturages qui s'étendent jusqu'à la région même du
lac blanc, on pouvait arriver à celui-ci par une pente
presque insensible; tandis que maintenant, après avoir
atteint le fond de la vallée qui vous en sépare et où coulent
les eaux qui s'en échappent, il faudra regagner plus ou
moins péniblement la hauteur qu'on aura perdue, pour
s'élever jusqu'à lui. Mais on aura été tout droit, autrement
on faisait un détour; c'est ce qu'a très adroitement repré-
senté maître Jean qui a ses raisons pour prendre le chemin
du bas, comme nous le verrons bientôt.
On descend donc. Jean tient la tête de la caravane, c'est sa
place de guide; il répond avec empressement aux questions
qu'on peut lui adresser; c'est encore de son office; mais
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quand on ne lui dit rien il se parle à lui-même, et il le fait à
haute voix de manière à être entendu. C'est un moyen hon-
nête de fournir parfois des indications utiles, dont il juge
la connaissance nécessaire et qu'on aurait peut-être né-
gligé de lui demander.
— Un jour, dit-il, j'ai conduit des messieurs qui allaient
aux Trois-Epis. Ils ont d'abord vu le lac blanc et puis le lac
noir comme nous allons faire ; mais quand nous avons été
vers les Hautes-Huttes, ils n'ont plus voulu me garder et ils
m'ont renvoyé en me donnant quatre francs.
Excellent renseignement qui répond indirectement à la
délicate et importante question du salaire, posée le matin à
maître Jean en présence de l'hôtesse de la Croix-d'Or, mais
éludée alors par cet homme avisé pour raisons pertinentes,
sans doute, et de lui connues.
— Je ne voulais pas les laisser, continue Jean qui n'a pas
interrompu son intéressant monologue, parce que je savais
bien qu'ils pouvaient se perdre, et que s'ils se perdaient on
dirait que c'est ma faute ; mais ils ont dit qu'ils iraient bien
tout seuls; alors je leur ai enseigné le chemin. Je leur ai
bien expliqué qu'ils trouveraient trois routes dans la forêt ;
que s'ils prenaient à droite ils descendraient à Wihr-au-Val;
qu'en appuyant à gauche ils reviendraient par un détour à
Orbey ; et que pour arriver aux Trois-Épis il fallait toujours
garder le milieu. C'était bien vrai, et pourtant ils se sont
perdus. Mais c'est bien fait; pourquoi n'ont-ils pas voulu être
conduits, puisque je voulais aller avec eux.
— Une autre fois, reprend après une courte pause l'in-
telligent narrateur, sachant bien qu'il ne faut rien négliger
de ce qui peut contribuer à la mise en lumière d'une vérité
utile, une autre fois j'ai rencontré là-haut trois jeunes mes-
sieurs qui venaient de la Schlucht 1 et qui étaient égarés ;
1 La Schlucht est le col que franchit, à travers la chaîne des Vosges, la route
qui relie Gerardmer à la petite ville de Munster. Schlucht en allemand signi-
fie défilé.
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ils voulaient voir les lacs, mais ils ne connaissaient pas les
chemins, et ils descendaient tout droit sur Orbey. Je les ai
alors conduits au lac blanc et puis au lac noir, et ils étaient
bien contents. Ça vaut bien trois francs cinquante, m'a dit
un d'eux ; et encore je n'avais rien à porter.
Voilà , grâce à ces deux petits apologues, la question du
salaire complétement élucidée, et d'utiles sujets de réflexion
produits à l'adresse des imprudents qui pourraient être tentés
de renvoyer prématurément leur guide pour s'aventurer seuls
dans la montagne.
On atteint le fond du vallon, Jean s'est détaché du côté
d'un groupe de maisons où il entre en conversation avec un
jeune paysan arrêté derrière la haie d'un jardin. On voit
arriver bientôt deux ou trois autres personnages, hommes
et femmes; les explications semblent se compliquer, et Jean
revient avec l'air mécontent et soucieux.
— Qu'est-ce que c'est? lui dit un des deux voyageurs.
Est-ce que vous ne savez plus le chemin ?
— Oh! que si! ce n'est pas ça. Je voulais savoir s'il y
avait des truites; je les aurais prises en passant, parce que
je viens quelquefois en chercher ici pour Madame Papirer.
Mais ces gens-là, qui les pêchent, me disent qu'on les a
emportées hier. C'est un domestique de l'auberge, qu'on a
chassé il y a quinze jours, qui est venu les prendre pour les
porter à La Poutroye. Cet homme-là sait où je les trouvais
et il me fait du tort.
Jean reprend sa marche en secouant sa grosse tête. Il n'est
pas content et reste silencieux pendant quelques instants.
Quant aux deux compagnons qui le suivent, ils se commu-
niquent en cheminant cette réflexion que l'incident vient de
leur révéler un des motifs restés secrets qui rendaient le
chemin du bas bien préférable à celui du haut, pour aller au
lac blanc. Ils sont descendus pour remonter, parce qu'il fallait
voir en passant s'il y avait en bas des truites à emporter.
— Tout le monde s'entend pour me nuire., dit Jean con-

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