Jean des Loups

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Voici l'histoire d'un enfant miséreux que les hasards de l'existence, les rencontres, le courage, ont amené à vivre une situation extraordinaire et belle.


Publié le : vendredi 26 février 2016
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EAN13 : 9782334110211
Nombre de pages : 108
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ISBN numérique : 978-2-334-11019-8

 

© Edilivre, 2016

Chapitre premier

Le vent soufflait par rafales projetant la pluie avec violence dans les moindres recoins, il faisait froid, un froid humide qui pénètre jusqu’à la moelle des os. De mémoire d’homme jamais on n’avait vu un temps pareil, un mois de novembre, il avait même neigé ! Les gens superstitieux y voyaient tous les signes de la fin du monde, beaucoup tombaient malades et n’ayant pas les moyens de se soigner mouraient.

Dans toutes les chapelles, les prêcheurs exhortaient la populace à se repentir car de tels événements étaient bien la preuve que la fin du monde était imminente ; et les pauvres gens déjà miséreux y allaient de leurs offrandes pour s’assurer une bonne place au paradis, on apportait qui un poulet un lapin et pour les plus nantis une brebis ou un porcelet.

Et c’était ainsi depuis des semaines ! Des pans de mur faits d’adobe rendus aussi mous que l’argile la plus malléable s’effondraient provoquant des accidents parfois mortels ajoutant encore à la détresse des gens.

Pour cuisiner ce n’était pas facile non plus car trouver du bois à peu près sec était difficile et dans les cuisines la fumée était insupportable quand le bois voulait bien brûler.

Dans les étables dont les propriétaires s’étaient montrés peu prévoyants, le bétail se mourait de faim faute de grain ou de paille ou de foin, dans les cours des maisons l’eau était omniprésente, les gens vivait les pieds dans l’eau ou flottait toute sorte de détritus, les seuls vraiment heureux de cet état de choses étaient les porcs et les canards.

Dans le coin le plus sombre de l’étable sur un tas de paille, une forme sombre se mouvait par à-coups comme un automate, impossible de distinguer avec le peu de clarté ce dont il s’agissait, mais à un certain moment un petit tonnelet roula du tas. La forme s’est révélée avoir l’apparence d’un homme, était assise hagarde, regardant autour de soi d’un œil torve, inexpressif comme absent, ne réalisant pas ce qui se passait, il avait la quarantaine mais paraissait le double, son visage était détrempé car une des tuiles laissait filtrer l’eau à grosses gouttes, c’est d’ailleurs ce qui l’avait arraché au sommeil, il était de fort mauvaise humeur.

Il réussit après quelques efforts à se mettre debout pour remplacer la tuile défectueuse, il titubait et dans sa recherche trébucha sur le tonnelet. Ave la frénésie du nourrisson il le porta à ses lèvres, hélas ! Il était vide ; Rageur il le jeta à l’autre bout de l’étable au risque de blesser un animal.

Il réussit cependant à remplacer la tuile. Maintenant qu’il était réveillé il eut faim et d’une démarche titubante Tant à cause du tonnelet qu’il avait vidé que de l’eau dans laquelle il se mouvait, se dirigea vers ce qui leur servait de cuisine.

En entrant un affreux doute le saisit, le foyer était éteint, il prit un bout de bois et se dirigeant vers le fond ou l’on devinait plus qu’on ne le voyait une paillasse qui habituellement lui servait de lit, il y découvrit sa femme qui dormait profondément mettant en application le dicton « qui dort dîne », elle s’était dit que en dormant elle sauterait un repas, c’était peu de chose mais c’était toujours ça.

Le bois s’abattit sur ses côtes avec violence et la pauvre femme d’un bond fut debout ; mais ce premier coup fut suivi de beaucoup d’autres.

A chaque fois le berger puisque c’était son métier lançait un chapelet de récriminations ; Ce n’est pas une vie ! Un homme travaille dur et sa femme n’est même pas capable de lui préparer un repas ! Nouveau coup de bâton. Je me ruine la santé à travailler et pourquoi ? Nouveau coup de bâton.

Cela ne peut plus durer !

Elle eut beau crier, appeler au secours, rien personne ne s’est manifesté ; C’est que dans le hameau leurs disputes étaient tellement familières que plus personne n’y faisait attention, et puis eux aussi avaient leurs problèmes et ne voulaient surtout pas se mêler de ceux des autres.

Le mauvais temps sévissait toujours, les champs étaient inondés et les cultivateurs criaient au ciel car ils ne pourraient plus ensemencer à temps, la famine risquait encore de s’amplifier et de faire de nombreuses victimes. Puis par un de ses miracles dont seule la nature à le secret, la pluie à cesser, le beau temps est revenu, le soleil à séché les sols et les maisons.

Partout la végétation poussait avec une vigueur extraordinaire et la faune le cours de ses occupations comme si rien ne s’était passé.

Les grands perdants c’étaient les ecclésiastiques ; Leur fin du monde n’avait pas eu lieu et maintenant leurs offices étaient vides, les offrandes avaient cessé et malgré leur prêche de plus en plus fanatique et menaçant, les gens avaient d’autres priorités. Seules les vielles habituées continuaient à les écouter, car elles le savaient pour elles le temps étaient compté, et une place au paradis c’est bon à prendre.

Nous retrouvons le berger assez loin du hameau dans une région montagneuse, au bas d’un vallon verdoyant, lui aussi semble avoir repris vie, même si son tonnelet ne le quitte jamais.

Il reste plusieurs semaines sans se rendre au hameau, dormant à la belle étoile, quand les loups lui en laissent le loisir, parfois pendant deux ou trois nuits de suite il ne peut fermer l’œil, ni lui ni son chien « Vaillant ».

Il fait ses fromages qu’il vend dans les hameaux qu’il traverse, ou alors dans les foires de la région, il tanne aussi quelques peaux qui lui servent à fabriquer des vêtements et qu’il vend aussi, cela permet de se payer quelques objets de première nécessité, de la nourriture et surtout remplit son tonnelet de vin, Parfois aussi un peu d’eau de vie pour les nuits les plus froides. Un jour dans une foire il fit la connaissance d’un plus miséreux que lui. Un couple venait pour vendre un porcelet et qui traînait derrière eux six enfant en guenilles pieds nus et aussi sales que leur cochon.

Ils se sont mis d’accord, le berger prendrait un enfant en échange d’un couple de brebis du troupeau.

L’affaire satisferait les deux parties, le berger y gagnait un aide bon marché et l’autre la possibilité de se constituer avec le temps un troupeau et plus important encore une bouche de moins à nourrir, même si dans ce cas le mot nourrir avait plus le sens d’une image, car souvent ils se couchaient le ventre vide.

Le berger se choisit le garçon qui lui paraissait le plus robuste, il devait avoir sept ou huit ans, l’œil était vif le visage avenant et semblait malin.

Il prit l’enfant par la main et sans lui laisser le temps de se séparer des siens de leur faire ses adieux, il le traîna vers le troupeau en disant : Viens je vais te montrer à mon chien « Vaillant » pour qu’il ne te mange pas.

Le garçon était terrorisé, il avait vaguement compris qu’il devait partir avec le berger, mais ne savait pas pourquoi et puis la vue de l’énorme chien l’effrayait.

Le chien fit un rapide examen, il le renifla de haut en bas puis de bas en haut, parut satisfait et termina l’examen avec un coup de langue sur la figure, le petit était accepté.

Voilà qui est fait ! Vous deviendrez une bonne paire d’amis ; Puis puisant dans sa besace il sortit un morceau de pain et un bout de fromage, il les tendit au petit en disant : Mange ceci, tu as besoin de prendre des forces car nous avons de la route à faire.

Puis prenant la besace il la lui donna en disant : Prends en soin ne me la laisse pas traîner par terre et ne l’abîme pas sinon tu tâteras du bâton ! La nouvelle vie du petit commençait.

Et les voilà partis à travers bois, prairies, ils marchèrent tout le reste de la journée et quand le berger le décida ils firent halte pour la nuit.

Le troupeau était rassemblé, Vaillant veillait, le berger alluma un feu et imité par l’enfant s’assit tout près pour profiter de sa chaleur bienfaisante. Puisant à nouveau dans la besace il en ressortit du pain et du fromage et ils mangèrent, le garçon eut même droit à un peu de lait de chèvre assorti de cette recommandation : Ne crois pas que ce sera tous les jours comme ça, aujourd’hui c’était jour de foire.

Le petit acquiesça de la tête, il avait compris, il comprenait surtout que si les siens s’étaient défaits de lui, ici au moins il avait à manger. D’ailleurs aussi loin qu’il pouvait faire remonter ses souvenirs, il ne se rappelait avoir autant mangé et deux fois dans la même journée.

Mais il avait peur, trop de choses étaient nouvelles pour lui, et puis le berger lui faisait peur beaucoup plus peur que le gros chien.

La nuit tombée le berger lui tendit une peau et lui dit : Tiens mets-toi là à côté de ce chêne mais fais attention aux loups.

Cette remarque le remplit de frayeur, il avait entendu parler des loups et quoique n’en ayant jamais vu, son imagination de petit enfant les imaginait gigantesques effrayants hideux la bave aux dents dévorant tout ce qui se présentait ; l’idée qu’une de ces bêtes d’un autre monde vienne et le mange le remplissait d’une angoisse terrible.

Longtemps il ne put fermer l’œil sursautant au moindre bruit de la forêt ; à un certain moment alors que le berger ronflait avec une intensité qui devait être audible à des lieues à la ronde, Vaillant devinant peut être les terreurs du petit, vint se blottir contre lui.

A partir de ce moment tout allait mieux, il s’endormit du sommeil du juste. Les loups ne sont pas venus.

Quelques jours se sont ainsi passés, l’enfant prenait confiance en l’avenir, un jour le berger lui demanda : Au fait comment tu t’appelles ?

Je ne sais pas monsieur.

Comment tu ne connais pas ton nom ?

Nom Monsieur.

Bon, je vais te donner un nom… l’homme fourni un gros effort intellectuel car pendant un moment il plissa le front et finit par dire : Voilà je vais t’appeler Jean ! Oui c’est bien ; Quand je dirais Jean, toi tu me réponds c’est entendu ?

Oui Monsieur.

Un jour ils sont partis au hameau, le berger laissa Jean rentrer le troupeau dans l’étable, lui montra le coin ou il devait dormir sur le tas de paille, ensuite le laissant là il alla rejoindre sa femme.

Cette nuit Jean ne mangea pas, mais qu’importe il connaissait cette sensation et puis tous ces jours il avait été bien nourri, il bût un peu de lait à même le pis de la chèvre et se coucha et s’endormit Vaillant comme d’habitude à ses côtés.

Jamais de sa courte vie il n’avait dormi sous un toit, chez ses parents il n’y avait qu’une pièce qui servait de cuisine et chambre à coucher, elle était réservée à l’usage exclusif des parents et des tout petits, les grands dormaient dehors, alors son sommeil fut profond.

En pleine nuit cependant des éclats de voix l’ont tiré du sommeil, le berger et sa femme se disputaient, s’insultaient, se battaient, le tapage dura un moment.

Jean ne connaissait que trop ces situations pour les avoir souvent vécues chez ses parents ; Parfois le père, ivre, après avoir bastonné sa mère s’en prenait à eux, Jean avait souvent pour protéger ses frères et sœurs plus petits fait en sorte d’attirer à lui seul la colère paternelle.

Oui il connaissait trop bien cela, silencieusement les larmes perlèrent à ses yeux. Vaillant à du sentir la détresse du petit car de sa langue il lui lécha le visage comme pour boire ses larmes, Jean lui entoura le cou de ses petits bras et ne le lâcha plus comme si Vaillant était sa bouée de sauvetage, le seul être en qui il croyait en qui il le savait il pouvait faire totalement confiance.

Un coup de pied le réveilla brutalement ! Le berger vint le chercher l’amena dans la cuisine ou sa femme s’affairait ; en voyant l’enfant elle l’examina de bas en haut.

Jean eu peur que tout comme Vaillant avait fait, elle ne vienne lui lécher le visage, non elle se contenta de maugréer, puis lui servit un bol de soupe, une tranche de pain et lui dit : Assieds-toi là et mange.

Il mangea de bon cœur, il mangea même un second bol car pour lui la soupe c’était nouveau, la femme se plaignit : Il dévore cet animal !

Ensuite le berger l’amena dans la cour de la maison et lui expliqua : Tu vois ici c’est le tas de fumier, tu vas prendre cette fourche et me sortir tout le fumier de l’étable, tu l’entasses bien joliment ici puis tu prendras la paille qui est là et tu referas la litière des animaux ne t’avise pas de traîner sinon tu goutteras du bâton !

Et il s’en fut boire avec ses copains.

L’enfant se mit de suite au travail, la tâche était trop lourde pour lui mais il s’y employa avec toutes ses forces. Il a travaillé toute la journée avec une courte pause vers midi, juste le temps d’avaler deux autres bols de soupe, cependant le soir venu il n’avait pas totalement terminé et comme promis le berger le frappa.

Dans son cœur la haine à germé envers cet homme cruel à qui il ne reconnaissait pas le droit de le frapper. Lui qui se croyait délivré des colères paternelles se rendait compte que rien n’avait changé, rien n’était fini, son esclavage se poursuivait sous un autre maître.

Avec les autres enfants du hameau ce n’était guère différent, comme il était un étranger, ils ne voulaient pas jouer avec lui, il y eu des grandes bagarres ou le pauvre garçon rentrait avec les habits déchirés ce qui lui valait encore une correction.

Les années ont passé, Jean avait grandi, s’était bien développé, il avait maintenant douze ans et était fort, tout en muscles, l’esprit toujours aussi vif, il était un berger accompli, il savait soigner les bêtes, savait faire le fromage, tanner les peaux, il connaissait aussi les herbes médicinales, savait où se trouvaient les meilleurs herbages connaissait tous les cours d’eau grimpait aux arbres avec l’agilité d’un singe, savait déchiffrer les pistes, les signes de la foret.

Les loups il les connaissait maintenant, plus d’une fois il a dû leur livrer bataille, il avait appris à lancer des galets bien ronds qu’il ramassait près des cour d’eau, arme redoutable entre ses mains, il...

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