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Je me souviens de cette chaleur. De mes pieds d’enfant qui brûlent sur cette dalle rouge surchauffée par le soleil d’été et puis la douceur de l’herbe qui m’efLeure.
Je m’assieds sur la balançoire. Une chaude brise disperse l’odeur du grand Leuve, et j’ai encore l’impression d’entendre son murmure dans les grands saules. Tout est si calme. Même les cigales se sont tues. Il fait si chaud. Je ne sais pas quelle heure il est. Peut-être trois… Peut-être quatre… Je me balance doucement, tout doucement. Il faut que je proIte de cet instant. Je sais qu’il ne dura pas et d’une seconde à l’autre je devrais retourner d’où je viens. Mais c’est tellement bon. Tout est encore si naïf, si tendre et innocent. Je lève la tête et quelques rayons de ce soleil jaune et brûlant transpercent le feuillage du noyer.
Ils sont encore tous là. Ils font la sieste dans la petite maison à côté. grand-mère, maman, Apa et les autres. Je pourrais presque les entendre respirer. Le petit grincement de la balançoire m’enivre peu à peu. Il ne faut pas que je m’endorme. Pas encore. Laissez-moi quelques secondes de plus. Je voudrais faire quelques pas, me lever, mais je sais que je ne peux pas. J’aimerais juste aller voir grand-mère qui dort calmement. Regarder une fois encore son doux visage et lui prendre la main.
J’entends au loin, des rires d’enfants, qui jouent sur les rives du grand Leuve. Bientôt on y sera aussi. Dès qu’ils se seront réveillés,
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Mémoires
on ira au bord du grand Leuve. Et il y passera le grand bateau, celui qui fait ces énormes vagues.
Et puis ce soir, lorsque les dernières lueurs du soleil enverront leurs adieux, je m’endormirai gentiment dans ces draps doux et agréablement chauds, en écoutant au loin, la tendre berceuse de la brise dans les roseaux.
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