Job étudiant : Escort Girl

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Prostitution étudiante, Suggar Daddy, ... Qu'en est-il de l'intérieur ?

Étudiante en Information et Communication à l'Université, Chloé cumule les petits boulots pour payer son loyer jusqu'au jour où elle fait la rencontre d'un célèbre avocat qui lui fait une proposition pour le moins indécente...

Entre amitiés, drames et acquis de conscience, l'auteure du livre, Diana Tshimwanga, nous plonge dans un récit palpitant où l'on découvre que l'univers estudiantin n'est pas aussi rose qu'il peut le paraître.


Publié le : mercredi 18 mai 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782390200000
Nombre de pages : non-communiqué
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Diana Tshimwanga

 

 

Job étudiant : Escort Girl

 


 

 

Flamingo éditions


 

 

 

 

 

 

 

 









 

 

 

 























©Flamingo éditions 2016

ISBN : 978-2-39020-000-0

©Diana Tshimwanga

Couverture  ©AlBr

 

 

 

 

 

                                                                        

                                                                              Une année qui commence mal

 

 

 

Lorsqu'une lueur d'espoir vient illuminer votre vie et que quelque chose de sombre vient l'éteindre, c'est comme porter le poids du monde sur ses épaules. L'université est un rêve, un aboutissement pour moi. Tout ce pourquoi j'ai tant travaillé fout le camp et j'ai la sensation que rien de ce que je fais ne sert à quelque chose. C'est comme se battre contre des moulins à vent.

Le verdict est tombé, je recommence mon année. C'est la deuxième fois que je double. D’abord, j’ai raté ma première année de bac, puis ma deuxième. La bourse ne payera plus pour moi, mais je m'accroche. Même si je ne réussis pas. Je ne veux pas lâcher ce rêve.

Ma famille vit à la campagne, loin de la ville et est trop pauvre pour vraiment m'aider. Je suis obligée de vivre en kot et de cumuler des petits jobs étudiants. Jusqu'ici, cela n'a jamais vraiment posé de problème mais cette année, mon budget risque d'être encore plus serré que d'habitude. Cela dit, je reste positive.  Je veux croire que c'est possible.

 

- Je ne saurais pas payer une somme pareille aussi rapidement, madame.

- Ne vous en faites pas, il existe des modalités de payement pour que vous puissiez payer en plusieurs fois.

- Je vais choisir de payer en 8 fois, si cela est possible.

- Aucun souci ! Remplissez ce formulaire et vous obtiendrez le prêt dès que vous aurez fait le premier versement.

- Merci infiniment !

 

L'assistante sociale est compréhensive. Heureusement, en Belgique, il y a beaucoup d'aides pour les étudiants. Mais malheureusement, il y a certaines choses qu'ils doivent quand même prendre en charge.  Comme le loyer du kot, la nourriture... Il me semble que des prêts étudiants existent mais aucune banque ne voudra m'en faire un vu ma situation d'échec. Par chance, j'ai pas mal de dispenses cette année.

J'ai encore raté car j'ai dû m'occuper de ma mère qui a eu un accident.  Elle s'est cassé un bras et donc, j'ai dû la remplacer dans ses tâches. Elle n'a pu compter que sur moi, j'ai donc eu beaucoup plus de mal à me concentrer sur mes études. Heureusement, Maman va mieux aujourd’hui. Mais en attendant, je fais face à d’autres problèmes.

 

« Chloé, n'oublie pas d'aller chercher le pain avant de rentrer. Bisous, je t'aime. »

 

Ma mère vient de m'envoyer un message. Je rentre à la campagne, les cours ne recommencent que la semaine prochaine. Le lundi qui vient, je débute avec Histoire Moderne. C'est un cours passionnant, mais pas évident à réussir...

J'ai décidé de prendre des cours de 3ème bac en plus pour mon second quadrimestre puisque mon horaire individuel est presque vide grâce à mes dispenses.

Il faut que je reste positive. Le tout, c'est d'essayer de prendre de l'avance malgré tout.

Il faut que je m'organise très vite.

D’abord, ce week-end, finir de m’installer dans mon nouveau kot. Ensuite, chercher un job, et enfin, croiser les doigts pour que cette année, tout se déroule mieux que les précédentes.

 

- Hé ! Faites attention !

- Pardon !

 

Un homme en costard avec son GSM collé à l'oreille vient de me rentrer dedans et c'est lui qui ose se plaindre... Et c'est moi qui m'excuse évidement. Le monde est ainsi fait, c'est toujours les gens qui ont le moins qui ont tort... Un SDF quémande au coin d'une rue, je lui donne 20 cent. Ce n'est pas grand-chose, mais c'est toujours ça.

 

Objectif primordial : Rester positive ! Quoi qu'il arrive !

 

 

                                                                               

                                                                              Maître Arthur de Bessange

 

Cela fait un moment que Paul ne me donne plus de nouvelles. Je crois que c'est définitivement terminé entre nous. Que pouvais-je espérer de lui de toute façon ? Paul est un très beau garçon et il ne le sait que trop bien : la peau couleur ébène, un sourire de tombeur et un air ténébreux, les filles tombent à ses pieds comme des mouches. Je ne pouvais pas m'attendre à ce qu'il reste avec moi plus longtemps.

Je n'ai vraiment pas de chance avec les hommes. Freud dirait sûrement que cela vient de ma relation avec mon père. Peut-être bien ! Après tout, il nous a laissé tomber, ma mère, mon frère et moi pour aller refaire sa vie dans son pays d'origine, en Afrique. Depuis, je n'ai plus de nouvelles de lui. C'est comme s'il était mort pour moi. Je dois avouer qu'à cause de cela, j'ai du mal à accorder ma confiance à quelqu'un, surtout à un homme. Jusqu'ici, il a fallu que je rencontre à chaque fois des coureurs de jupons. Et quand j'ai le malheur de tomber amoureuse de quelqu'un de bien, il ne s'intéresse pas à moi...

 

- Le dîner est prêt ! nous informe ma mère.

 

Je suis assise dans mon sofa et je regarde les infos. Encore des catastrophes ! Que des mauvaises nouvelles évidemment ! Dans quel monde vivons-nous ?

 

- Chloé, le dîner va refroidir !

- Oui maman, j'arrive !

 

La première semaine de cours s’étant déroulée sans encombre, je profite du week-end pour retrouver ma famille. Nous ne sommes que nous trois dans cette petite maison. Ma mère l'a achetée avec l'héritage que nous a légué mon grand-père. Tout y est passé, mais comme il le disait toujours : « L'argent s'envole, les murs restent ! ». Au moins, ma mère n'a pas de loyer à payer. Enfin, désormais, il y a les frais pour mes études.

Ma mère travaille comme secrétaire à mi-temps depuis que mon frère est tombé malade. Il est reconnu comme étant atteint du trouble de la personnalité borderline et il est difficile pour ma mère de le laisser seul trop longtemps.

Ce n'est pas toujours facile de joindre les deux bouts, mais jusqu'ici, on a toujours eu du soutien. Surtout de la part du voisinage. La petite épicerie qui se situe au centre de ma commune est tenue par un pakistanais qui nous aide beaucoup.

Au moment où je m'apprête à me lever pour aller dans la salle à manger, je vois à la télé quelque chose qui retient mon attention. L'homme qui m'a bousculée l'autre jour répond aux questions des journalistes sur une affaire de blanchiment d'argent. Ce serait un euphémisme si je disais qu'il a un air suffisant.

 

- Et alors, tu viens oui ou... Oh quel bel homme ! ma mère est venue me chercher. Mais ce n'est pas une raison pour laisser ton plat refroidir !

- Oui, désolée. J'arrive !

 

Ma mère me prend la télécommande hors des mains et éteint la télévision. Je me dirige enfin vers la salle à manger. Apparemment, cet homme est avocat. Il s'appelle Arthur de Bessange et il me semble avoir déjà entendu ce nom-là quelque part. Je me demande s’il n’est pas l’un des avocats les plus réputés du pays. Je devrais faire des recherches sur lui car, vu que je veux devenir journaliste, je ferais mieux d’en savoir le maximum sur ce genre de personnage.

 

Après le souper, je vais dans ma chambre pour surfer sur internet afin d’en savoir plus sur cet avocat.  En effet, il est bien celui que je croyais : avocat en droit des affaires. Son grand-père, qui fut lui aussi avocat de grande renommée, avait été baron puis élevé au rang de Vicomte par le roi.

Mais je ferais mieux de commencer à travailler sur mon test de néerlandais maintenant. J'ai un test dans 15 jours, et vu la liste de mots à connaître, j'ai intérêt à m'y mettre tout de suite.

 

 

                                                                           

                                                                             Son deuxième nom : exécrable !

 

Le job étudiant dans l'Horeca que je suis arrivée à décrocher risque d'être mouvementé. Servir à une soirée de gala à Bruxelles ne va pas être de la tarte, ça c’est sûr. Heureusement, l'agence qui nous engage prend en charge le déplacement vers la capitale et le retour. Mais l'énergie qu'il faut pour travailler dans l'Horeca doit être énorme car on peut nous faire bosser sans relâche, sans même avoir le temps de se reposer. Je ne veux pas jouer les rabat-joie, mais la nuit du vendredi risque d'être longue. Les jobs étudiants que je privilégie habituellement sont plutôt ceux comme vendeuse dans des magasins. Mais pour le moment, il n'y a pas l'air d'y avoir grand-chose dans ce domaine. Il faut donc que je prenne ce qui vient.

J'ai essayé de travailler pendant les grandes vacances mais avec les repêches, ce n'était pas évident. Ce qui fait que pour débuter l'année, je n'ai pas beaucoup d’argent. J’ai pu payer la caution de mon nouveau kot avec celle que j’ai récupérée de mon ancien, mais malgré cela et le délai que m’a laissé le nouveau proprio, je n’ai pas encore assez pour payer l’entièreté du premier mois de loyer. J’ai juste de quoi allonger une partie.

Cela dit, le job que j'ai obtenu va me permettre de rembourser le reste. Ma mère essaye de m'aider bien sûr, mais c'est loin d'être suffisant. Je ne lui ai jamais dit qu'il m'arrive de ne pas manger à  ma faim. A cause de cela, j’ai perdu 15 kilos. C’est le genre de chose que j’évite de lui raconter.

Ce job, je l'ai décroché grâce à une copine qui en a entendu parler. Elle s’appelle Céline. Je l'ai rencontrée il y a un an et je l'adore. Elle, elle a très bien réussi son année et elle m'a toujours aidé à remettre mes cours en ordre lorsque je devais m'absenter pour aider ma mère. Je dois avouer que je ne connais pas grand monde à l'université. Outre le fait que je sois relativement timide et peu sociable, avoir doublé deux fois ne m'aide pas à garder des amis qui, indubitablement, se retrouvent avec des horaires totalement différents. Et ce n'est pas évident de s'en faire de nouveaux. En tout cas, pour moi, c'est le cas.

 

En ce moment, je suis au centre-ville, près du palais de justice. Pas loin s'y trouvent les arrêts de bus où j'attends le mien. C'est vrai que je dois quand même prendre un bus pour rentrer à mon kot mais c'est toujours mieux que deux pour retourner à la maison familiale.

Je reçois un message de Lara, une amie que je connais depuis des années maintenant. Elle a fini ses études et travaille comme secrétaire juridique. Lara me propose de participer à une soirée. Je soupire et je lui réponds qu'encore une fois, je ne vais pas pouvoir me le permettre. Cela me fait mal de devoir décliner quasi toutes les invitations qu'on me fait par manque d'argent. Ne participer à presque aucune activité estudiantine ne m'aide pas non plus à me faire des relations. Pourtant, j'aimerais bien m'amuser plus souvent ! Mais je n'en ai pas les moyens ; chaque centime compte.

Tandis que je suis perdue dans mes pensées, l'avocat de l'autre jour, est cette fois-ci devant le palais, une fois de plus collé à son GSM. Au même moment, je vois Lara passer sur le trottoir en face de celui sur lequel je me trouve. C'est vrai qu'elle vit au centre-ville. Je décide de traverser pour la saluer. De toute façon, le bus qui me ramène à mon kot n'est pas prêt d'arriver.

 

- Hey salut !

- Salut, ça va ? T'as vu qui est là ? Lara fait un signe de tête en direction d'Arthur de Bessange.

- L'avocat ? Oui et ?

- J'ai travaillé dans son cabinet pendant un moment. Jusqu'à ce que je me fasse virer car, apparemment,  j'étais trop lente. Tu te souviens ? Je t'en ai parlé !

- Ah oui, maintenant que tu le dis, ça me revient !

- Il était exécrable !

 

Après avoir raccroché son téléphone, l'homme finit par passer à côté de nous et jette un coup d'œil dans notre direction.

 

- Bonjour... tente Lara.

 

Pas de réponse. Arthur de Bessange feint de ne rien avoir entendu.

 

- Ce n'est pas la politesse qui l'étouffe celui-là... dis-je assez fort, dans l'espoir qu'il m'entende

- Excusez-moi ?

 

L'avocat se retourne avec toujours le même air arrogant. Lara rougit, mal à l'aise.

 

Je me racle la gorge avant de poursuivre :

 

- Mon amie, qui a travaillé pour vous, vous a dit « Bonjour ». Vous l'avez vue, mais sciemment ignorée. J'ai juste trouvé cela malpoli !

 

Arthur de Bessange me regarde de haut et rétorque :

 

- Tout d'abord, je n'ai de leçon à recevoir de personne ! De plus, je n'ai que faire du petit personnel dont je ne me souviens ni du visage, ni du nom. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser...

 

Sur ces mots, il s'en va. Ce type est exactement comme je me l'imaginais.

 

- T'as vu ! Je n'ai pas exagéré !

- Non, loin de là...

 

 

 

***

 

 

Premièrement, placer chaque couvert et verre correctement avant que les convives n'arrivent. Ensuite, servir de larbin pendant quelques heures et puis aider à ranger. Voilà les tâches qui nous sont incombées à moi et à quelques autres étudiants. Certains sont sympas. J'ai parlé avec un certain Thibault qui n'est pas trop mal mais qui, apparemment, a déjà quelqu'un. Il y a aussi Marie, une jolie blonde aux yeux clairs qui est en droit. Il y a aussi une autre métisse. J'ai voulu lui demander l'origine de ses parents mais elle faisait une tête de procès-verbal.

Une fois les invités installés, servir les plats n'est pas une mince affaire. Il faut être tout le temps sur le qui-vive. Comme je l'imaginais, ce n'est pas de la tarte. A un moment, quelqu'un retient mon bras pour me demander un service. Je me retourne et je vous laisse deviner de qui il s'agit ; Arthur de Bessange, bien évidemment ...

Une soirée aussi mondaine que celle-ci, forcément il allait s'y trouver, j'aurais dû m'en douter. Malgré ce qu'il m'a dit l'autre jour, il me reconnaît immédiatement.

 

- Tiens donc, qui voilà... Je voudrais une nouvelle serviette, si c’est possible, celle-ci est sale...

 

Je n'ai pas besoin de préciser qu'en réalité, cette serviette n'a strictement rien du tout.

 

- A votre service, monsieur. dis-je en serrant les dents.

- On est plus docile à ce que je vois... Je préfère ça !

- Sale con, murmurai-je en me retournant. Il est évident que je fais moins la fière maintenant.

 

Je reviens avec une autre serviette, pliée en cygne, comme il se doit. Il la prend et la déplie sans sourciller. Il prend une de ses fourchettes et la fait tomber délibérément par terre. Je la ramasse mais il tente de le faire en même temps.

 

- A quatre pattes, c'est la position que je préfère chez une femme...

 

Je me relève si violemment que je bouscule un autre serveur qui passait par là, manquant par la même occasion de renverser tout ce qu’il transporte. Je me confonds d'excuses et je m'éclipse.

Lorsque je retourne en cuisine pour savoir ce que je dois faire ensuite, mon patron m'appelle et me dit que c'est ma dernière journée, qu'un client s'est plaint pour mon comportement inapproprié et que je ne serai même pas payée. Je sais très bien de qui il s'agit. Je dois attendre que la soirée se termine pour revenir dans ma province avec le reste du groupe. Je n'ai qu'une envie c'est de rentrer dans mon kot pour pleurer. Qu'est-ce que je vais faire ? Je dois payer le proprio la semaine suivante et je ne pourrai pas. Il va me demander de partir, il m'avait prévenue.

 

Au moment où je rentre dans mon kot, je remarque que la porte de ma chambre est déjà entrouverte. Je la pousse, tout est sens dessus-dessous. On a pris tout ce qui avait de la valeur et surtout ce qu'il y a de plus précieux pour un étudiant : son ordinateur !

 

 

 

                                                                              

                                                                                La descente aux enfers !

 

Le propriétaire constate l'étendue des dégâts. Céline est près de moi pour me soutenir. 

 

     - Comment cela se fait-il que la porte n'ait pas été forcée ? Vous avez oublié de fermer la porte à clé ?

- Non ! Il existe des moyens d'ouvrir une porte en crochetant une serrure !

- Il y a énormément de dégâts... Il va falloir que je prenne sur votre caution, je suis désolé mais là, regardez, ce n'était pas comme ça avant !

- Mais, si ! Lorsque je suis arrivée, c'était déjà ainsi !

 

Il parle du mur. En effet, il est abîmé mais ce n’est pas de ma faute. J’ai l'impression qu'il essaye de faire en sorte de garder ma caution.

 

- Et puis il manque un meuble ici, il me semble – j’ai pris un kot déjà meublé. Et ensuite, pour le reste du loyer... ?

 

Je n'ai réussi qu'à lui donner 80€ des 280 en plus des deux cautions.

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