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K.622

De
126 pages
Une nuit alors qu'il est au lit dans le noir et somnole la radio allumée, la musique de Mozart s'insinue dans la chambre et le réveille. L'émotion est si forte qu'il a peur de la perdre, de ne jamais pouvoir la revivre. Il se procure différents enregistrements de l'œuvre, les écoute, mais chaque fois quelque chose manque, il ne retrouve pas le plaisir de cette nuit-là. Puis un jour il apprend que le concerto va être donné à Paris. Il décide de s'y rendre.
« Peut-on éterniser une émotion musicale, empêcher le temps de l’altérer ? C'est ce que tente le narrateur, ébloui par le Concerto pour clarinette en la majeur de Mozart (K.622), qu'il a écouté, une nuit, à la radio. Il cherche à mettre en scène le plaisir et l'émotion qu'il a éprouvés à la première écoute. Mais s'il est possible de reproduire le décor extérieur, "le décor intérieur, lui, n'est pas reproductible". Pour évoquer cette chute de l'absolu, ce passage de l'extase à la déception, Christian Gailly accomplit des variations pathétiques et burlesques, le narrateur prend une allure de clown perdu qui semble vouloir expier sa propre impossibilité à rejoindre la beauté. Comme hanté par l'idée de perdre la grâce vibrante de son récit, Christian Gailly le suspend à son moment le plus dense : l'approche tremblante des corps. Une pirouette narquoise interrompt la vague de lyrisme. Cette élégance de l'ironie, cette musique des mots brisée à son apogée, appartiennent en propre à Christian Gailly et sont la marque de son talent. » (Jean-Noël Pancrazi, Le Monde)
K.622 est paru en 1989.
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LES ÉDITIONS DE MINUIT
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r1989/2011 by LESÉDITIONS DEMINUIT www.leseditionsdeminuit.fr
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L’œuvre dont le chiffre apparaît sur la couver-ture est un concerto de Mozart, je sais que tout le monde le sait mais je le dis pour ceux qui peut-être ne le savent pas, et aussi pour ceux qui le savent, afin qu’ils sachent que je le sais aussi, et enfin afin que nous soyons tous là à savoir que nous le savons, ça commence bien. Je l’ai entendu pour la première fois un soir d’hiver au fond de mon lit bien au chaud, pas malade rassurez-vous, la couette remontée jus-qu’au menton, voilà bien à quoi tiennent les choses. Je m’explique. S’il n’avait pas fait si froid cet hiver-là je n’au-rais pas entendu le concerto, s’il avait fait aussi chaud qu’en été, une nuit d’été où je me vois à moitié nu sur le drap trempé de ma propre sueur,
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je me serais levé pour éteindre la radio, je tombais de sommeil, si je peux dire qu’allongé je tombais de sommeil, disons que je sombrais ou étais tenté de sombrer dans quelque chose qui ressemble à la mort sereine, mais la mienne de mort ne sera pas sereine, bien que la découverte de cette nou-velle beauté m’ait donné une soudaine raison d’espérer une mort sereine. À propos de mort le fait d’apprendre plus tard qu’il s’agissait de la dernière œuvre achevée par le compositeur me l’a rendue encore plus belle, comme c’est lâche de s’arrêter à de pareils détails. Je ne me suis pas levé, j’ai écouté le concerto d’un bout à l’autre, je veux dire du début à la fin. Le sommeil ce salaud cherchait à me gagner, la beauté réveille mais quand elle a affaire à une aussi grande fatigue, à une aussi grande lassitude, elle doit lutter, lutter. J’ai bougé pour me défendre, pour aider la beauté, n’en rien perdre, j’ai changé de position, je me suis un peu redressé en tirant sur la couette, j’ai relevé la tête, puis l’oreiller sous ma tête, enfin j’ai appuyé ma tête contre cet oreiller. J’étais dans le noir, ma seule clarté venait de la musique et du cadran vert qui me faisait face, j’écoutais en le regardant fixement, intensément je le fixais pour mieux entendre, sources lumi-neuses et sonores se confondaient, la lumineuse était sonore et la sonore lumineuse.
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