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Kiam Tasgall

De
265 pages
Une nouvelle menace plane sur l’un des quatre royaumes. Une assemblée extraordinaire est convoquée; les quatre mages et les membres de leur Grand Conseil se rendent sur Terzirus dans le but d’identifier le péril et de l’éradiquer. À sa grande surprise, Kiam Tasgall se verra offrir l’opportunité de les accompagner. Toutefois, s’il pourra se joindre à la délégation d’Airazeth, ce ne sera qu’au prix d’une déconcertante condition, laquelle ne manquera pas d’attiser sa curiosité insatiable. Ni d’éveiller en lui une certaine méfiance… qui pourrait bien s’avérer fort justifiée! Lors d’un banquet donné pour honorer ces visiteurs de prestige, Kiam et ses camarades surprendront une conversation secrète entre deux individus. Un terrible quiproquo leur fera payer cher cette indiscrétion. S’ensuivra une mésaventure au terme de laquelle, devenus des parias, ils seront dans l’obligation de fuir la cité de Kildaroc afin de sauver leur peau. Laissés à eux-mêmes dans un monde qui leur est inconnu, ils tenteront de surmonter les embûches qui parsèmeront leur chemin… une voie tortueuse menant à la découverte de la nature d’un mystérieux objet, le véritable responsable de leur mauvaise fortune.
L’orbe d’Yrulmeth, le second tome de la série Kiam Tasgall, vous entraînera dans une aventure où intrigues et humour vous tiendront en haleine, ou vous la feront perdre.
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Copyright ©2011 Nadine Bertholet Copyright ©2011 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe Design de la couverture : Tho Quan Illustrations de la couverture : ©Thinkstock Mise en pages : Sylvie Valois ISBN 978-2-89667-292-9 ISBN PDF numérique : 978-2-89683-203-3 ISBN ePub 978-2-89683-586-7 Première impression : 2011 Dépôt légal : 2011 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens —France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat —23.42.77.40 Belgique :D.G. Diffusion —05.61.00.09.99 Imprimé au Canada Participation de la SODEC.
Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec —Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres —Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Bertholet, Nadine, 1979-L'orbe d'Yrulmeth (Kiam Tasgall; 2) Pour les jeunes de 12 ans et plus. ISBN 978-2-89667-292-9 I. Titre.
PS8603.E768O72 2011 jC843'.6 C2011-940077-4 PS9603.E768O72 2011
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Pour Liam.Un océan entre nous,mais aussi près de quelqu’un,jamais je n’avais été.
1 La cérémonie
Une clameur confuse régnait sur l’assemblée fébrile. Ce n’est pas qu’ils étaient nombreux, une quinzaine tout au plus, mais l’intensité du moment était sans précédent. Jamais dans l’histoire d’Airazeth on n’avait assisté à un évènement d’une telle envergure. Assis en rang serré, les membres de la société de Voktalzarth discutaient entre eux, s’occupant l’esprit et la mâchoire dans l’attente du moment crucial. Parmi eux, seul Darius conservait le silence, observant d’un air inquiet son neveu, qui se tenait au centre de la salle réservée aux réunions du Grand Conseil. Allongé sur la table sculptée dans la pierre, Kiam sentait l’angoisse lui déchirer les entrailles. Les profondes inspirations qu’il prenait ne parvenaient pas à calmer les tremblements qui secouaient son corps. Parmi tous ces gens qui le contemplaient, il chercha le regard rassurant d’Abélone. Cette dernière lui adressa un sourire bienveillant, mais Kiam perçut dans les yeux de sa tutrice l’inquiétude qu’elle tentait de masquer. Aux côtés de la femme à la peau couleur café, Jolick se balançait d’une jambe à l’autre, tripotant anxieusement son oreille droite. À maintes reprises, Flarente interrompit l’apprenti druide dans sa mauvaise habitude, mais en proie à une nervosité compulsive, il se remettait instantanément à sa néfaste tâche. Souhaitant mettre un terme à la vilaine manie de Jolick, Pottam, installé sur les épaules de Flarente, administra une tape sur la joue de son compagnon. Surpris, l’apprenti druide tressaillit et regarda la beloute avec perplexité. — Cha shuffit ! Tu nous énerves avec ton grattage d’oreille. Shi tu continues, tu vas creusher un trou jushqu’à ta chervelle ! le morigéna Pottam. Et pour le peu qu’il y a à voir là-dedans, tu ne devrais pas te donner autant de mal, le nargua Flarente, l’œil moqueur. L’anxiété lui nouant la gorge, Jolick se contenta de répondre à ses camarades par une moue offusquée. Leurs taquineries avaient toutefois eu l’effet escompté ; l’apprenti druide avait délaissé son oreille droite, troquant celle-ci pour le cordon de sa tunique. N’ayant rien manqué de la scène, Kiam ne put s’empêcher de lâcher un rire étouffé. Il fut toutefois rappelé à la réalité lorsque Serbert déposa sur sa poitrine un pendentif semblable à un petit cylindre creux. Croisant le regard effrayé de Kiam, le dirigeant d’Airazeth hocha la tête afin de lui faire savoir que le moment était venu. Le garçon prit une profonde inspiration, puis ferma les yeux. La voix du sage homme, forte et vibrante, résonna alors dans la salle du Grand Conseil tandis qu’il psalmodiait une incantation. Appréhendant le pire, Kiam crispa tous ses membres jusqu’à s’en couper la circulation. Dans la pièce, les gens assistaient à la cérémonie avec une tension palpable, craignant eux aussi que les choses ne tournent mal. Toutefois, Serbert mit fin à sa longue litanie sans que Kiam ait ressenti la moindre douleur, si ce n’est des élancements causés par l’engourdissement dans ses bras et ses jambes tendus. Croyant à une erreur dans la procédure, Kiam ouvrit un œil afin de vérifier à quoi s’affairait Serbert. Ce dernier l’observait d’un regard scrutateur, une expression indicible peinte sur son visage sans âge. — Comment te sens-tu ? demanda le mage.
— En fait… commença Kiam, qui, submergé par un flot d’angoisse et de peur, n’arrivait plus très bien à distinguer ce qu’il ressentait. Je crois que je vais bien, finit-il par dire. — Tu m’en vois ravi. Tout s’est bien déroulé. La magie de l’air est maintenant emprisonnée dans ce talisman, déclara Serbert en récupérant le pendentif, qu’il glissa ensuite à son cou. — Co… comment ? C’est déjà fini ? s’étonna Kiam, si estomaqué qu’il n’entendit pas les soupirs de soulagement et les cris de joie retentir autour de lui. Le mage d’Airazeth répondit par l’affirmative. — Mais… vous m’aviez dit que je risquais de souffrir le martyre pendant la séance, allégua Kiam en se redressant. Vous avez d’ailleurs tellement insisté sur ce point que vous m’avez presque donné envie de laisser tomber ! — Kiam, tu es la première personne à avoir acquis les pouvoirs des mages grâce à la dague d’arzamar. Tu es de ce fait même le tout premier à demander à ce qu’on te les retire. Dans aucun document ne sont recensés les effets que peuvent subir les personnes se prêtant à cette incantation. Nous pouvons nous compter chanceux que le rituel se soit déroulé avec autant de facilité, car les conséquences auraient pu être dramatiques. C’est la raison pour laquelle je devais m’assurer que tu étais pleinement conscient des risques avant que je ne puisse accéder à ta demande. Arborant une expression de consternation, Kiam fixa les yeux noirs sans iris de Serbert. Les traits du garçon se détendirent peu à peu tandis que le mage lui souriait avec bienveillance. — Sens-tu une différence en toi ? lui demanda le sage homme. La tension de son corps se relâchant enfin, Kiam réalisa que ses membres paraissaient beaucoup plus lourds qu’auparavant. L’impression de légèreté occasionnée par l’acquisition des pouvoirs sur l’air s’était dissipée, laissant un vide inexplicable en lui. — Oui. Je… je suis redevenu normal, murmura Kiam, préoccupé par l’étrange sensation de malaise qui l’affligeait. Devinant les difficultés de Kiam à s’adapter à sa nouvelle condition, Serbert le soutint par le bras et l’aida à redescendre de la table. Dès qu’il posa les pieds sur le sol, ses jambes cédèrent sous son poids, et il s’écroula lourdement. Darius se rua au chevet de son neveu et prêta assistance à Serbert pour le soulever et le poser de nouveau sur la table. — Que lui arrive-t-il ? s’alarma Abélone, qui, s’approchant de son protégé, tapota son visage recouvert de sueur. — Rien de grave, la rassura le dirigeant d’Airazeth. Il est normal que son corps réagisse à l’extraction de la magie qui opérait en lui. Bien que les trois derniers mois n’aient pas suffi à ce que Kiam maîtrise entièrement les pouvoirs de l’air, ceux-ci faisaient maintenant partie intégrante de lui. Son être tout entier doit désormais réapprendre à vivre sans cette puissante magie. Il devrait être remis d’ici quelques jours. Abélone caressa les cheveux de Kiam, dont le regard vague et vitreux n’augurait rien de bon. Une main se posa soudain sur l’épaule d’Abélone, qui ne put réprimer un sursaut. À ses côtés, Almaric Sergrin s’excusa poliment de l’avoir effrayée. La capture du vieil homme par les Eikfénors n’avait pas laissé de traces physiques sur ce dernier. Au contraire, il semblait même en de meilleures dispositions. Son teint avait pris des couleurs et son ventre, un léger surplus de poids. Mais bien qu’il ait été épargné de coups et de blessures corporelles, son âme, elle, était sortie grandement meurtrie des mésaventures entourant le complot contre les membres de la société de Voktalzarth. Dans ses yeux luisait en permanence un voile de tristesse. La perte cruelle de trois confrères n’était pas chose qui s’oubliait du jour au lendemain.
Observant l’adolescent incommodé d’un étrange mal, Almaric déclara : — Ce garçon ne pourra manifestement pas se rendre chez lui par ses propres moyens. Nous devrions le transporter sur un brancard. — Ce n’est pas nécessaire. Je vais le prendre dans mes bras, dit Darius en consultant Serbert du regard. Le mage acquiesça d’un signe de tête. — Vous pouvez y aller. Veillez à ce que Kiam prenne le repos nécessaire à son rétablissement. Je passerai le voir en fin de journée. Sur ces mots, Darius souleva son neveu devenu aussi mou qu’une guenille et se dirigea vers la porte dorée que Serbert venait de faire apparaître dans un murmure mélodieux. Faible et nauséeux, Kiam n’eut pas la force de saluer les membres de la société de Voktalzarth, qui le regardaient partir avec inquiétude.
2 L’invitation
Assis sur un escarpement rocheux peu élevé, Kiam observait la foule déambuler avec excitation dans les allées animées du marché. Après plusieurs jours de réclusion dans sa chambre, il pouvait enfin bénéficier de la lumière du soleil et de la compagnie de ses amis. — Je persiste à dire que tu aurais dû conserver tes pouvoirs, dit Jolick, tirant Kiam de ses pensées. Imagine toutes les choses que tu aurais pu faire ! — Oui, mais imagine aussi toutes les choses que je n’aurais pas pu faire. Mon apprentissage auprès de Serbert aurait occupé la majeure partie de mon temps. On ne se serait vus que très rarement. Et une fois mage d’Airazeth, les responsabilités que j’aurais eues à assumer m’auraient privé d’une multitude de choses, dont votre compagnie. — Tu ne regrettes pas ton choix alors ? demanda Flarente. — Non. Je ne me suis jamais senti l’étoffe d’un mage de toute façon. Mieux vaut que ce soit quelqu’un qui désire vraiment diriger Airazeth qui prenne la relève de Serbert. L’apprenti druide exhala un soupir découragé. — N’empêche, dit-il d’un ton las. Je ne connais pas grand monde qui, après avoir eu la chance d’acquérir les pouvoirs des mages, s’en serait volontairement départi. — Dis donc, si tu trouves ça si génial de devenir dirigeant d’Airazeth, pourquoi ne demandes-tu pas à Serbert d’être son apprenti ? s’offusqua Kiam. — Tu es fou ? s’exclama Flarente. Le pauvre a déjà de la difficulté à préparer une simple potion de guérison. S’il fallait qu’il ait le sort de notre monde entre ses mains, ce serait la fin d’Airazeth ! Assis aux côtés de la jeune fille, Pottam éclata de rire, manquant de s’étouffer avec la noix qu’il venait de croquer. Il la recracha et se laissa tomber sur le dos afin de s’esclaffer de plus belle. Malgré son humeur irritable, Kiam ne put s’empêcher de s’esclaffer à son tour. — Merci ! C’est vraiment gentil ! bougonna Jolick, la mine renfrognée. — Ah bien, de rien ! rétorqua Flarente, employant un ton badin qui suscita davantage l’hilarité du petit groupe. Au bout d’un moment, lorsqu’ils reprirent enfin leur sérieux, la demoiselle demanda : — Alors, on fait quoi, maintenant ? — On profite de la vie… avant que nos cours ne débutent, soupira Kiam. — Certain qu’il faut en profiter ! approuva Jolick avec vigueur. Ce n’est pas tous les jours qu’un apprenti druide comme moi a droit à un aussi long congé. C’est sûr que la gravité des évènements que nous avons vécus a réussi à convaincre mon maître de m’accorder quelques mois de repos, mais je sens que j’aurai du pain sur la planche à mon retour. — Nous aussi d’ailleurs, mentionna Flarente en échangeant un regard découragé avec Kiam. J’ai beaucoup de retard à rattraper. — Et moi donc ! s’exclama Kiam. J’ai encore tout à apprendre sur le monde de l’air. Je ne suis pas sorti du bois ! — Moi shi, et grâche à vous ! blagua Pottam, ses petits yeux noirs brillant de plaisir. Kiam adressa à la beloute un large sourire, puis ébouriffa les poils hirsutes recouvrant sa tête. — Eh bien, cette fois-ci, Pottam, ça sera à ton tour de m’aider. Puisque tu assisteras avec