Koléma

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Dans ce récit, l'auteur nous livre un témoignage sur la vie de sa mère, Koléma. Une enfant livrée à la tyrannie de son oncle, puis une adolescente rebelle dans une capitale fraîchement devenue indépendante et enfin une femme forte confrontée à la vie européenne moderne et contemporaine. Koléma, mère au foyer et analphabète, devra relever le défi de vivre dans un monde en profonde mutation.
Publié le : jeudi 2 juin 2016
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EAN13 : 9782140010613
Nombre de pages : 246
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Itinéraire d’une femme de l’Afrique à l’Europe
Kouadio Kofî RichardKara
Itinéraire d’une femme de l’Afrique à l’Europe
Kouadio Kofî Richard
Koléma
Itinéraire d’une femme de l’Afrique à l’Europe
Ecrire l’Afrique Ecrire l’Afrique
Koléma
KOLÉMA
Écrire l’Afrique Collection dirigée par Denis Pryen Romans, récits, témoignages littéraires et sociologiques, cette collection reflète les multiples aspects du quotidien des Africains.Dernières parutions Adama FANKÉLÉ TRAORÉ,Kady, une indigente chaste, 2016 Lucien BALOSSA,À Magniongui, un enfant est né,2016. Michèle MALDONADO,La bonne parole, Une coopérante en Afrique anglophone,2016. Abderahim AHMAT,Un parcours difficile,2016. Joachim OLINGA,Les métis de ma mondialisation,2016. Henri MOUTOUBE,Les Scieurs de Branches, Un manager dans l’engrenage infernal du monde professionnel,2016. Emmanuel GOUJON, Clotilde RAVEL, Héloïse VOISIN (dir.), Eclats d’Afriques, Nouvelles,2016. Lulla Alain ILUNGA,Quand le maïs devient chaud,2016. Maximin Beugré GNADJRO,La Dérive du Nénuphar,2016. Gilbert GBESSAYA,A deux dans la cabane, 2016. Philippe MPAYIMANA,Rwanda, regard d’Afrique. Only forward looking, 2015. Adélaïde MUKANTABANA, L’innommable Agahomamun-wa, 2015 Nicole FAUCON-PELLET,Je viens du jardin des cafés, Une vie éthiopienne, 2015 El Hadji DIAGOLA,Merci, les femmes !, 2015 Paterne BOGHASIN,La ruine et la malédiction, 2015 Jean-Baptiste BOKOTO APANDA,Une histoire de violences, Je suis Charlie au Congo, 2015 Jean DUBUS,Là-bas, entre terre et ciel, 2015. Fred JULIANI,Contes et mécomptes d’Afrique et d’ailleurs, 2015. Jean-François Sylvestre SOUKA,Madame Gentil, 2015. Thierry VUNOKA,Héros anonymes, 2015. Jérémie MULIKARE,La vie des pygmées Batwa au Rwanda, 2015. Irène ASSIBA d’ALMEIDA et Sonia LEE,Essais et documentaires des Africaines francophones. Un autre regard sur l’Afrique, 2015.
Kouadio Koffi Richard Kara
KOLÉMA Itinéraire d'une femme de l'Afrique à l'Europe
Lien Facebook https://www.facebook.com/richardkaramusic/ Lien Site internet officiel http://kararichard.wix.com/richardkara © L'HARM ATTAN, 2016 5-7, rue de l'École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09021-4EAN : 9782343090214
Remerciements
Dominique Gardien, Julie Gastaldello, Bénédicte Guillou, Emilie Hermant, Maryline Beury, Famille Richard, Famille Koffi, Famille Demazeux.
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Prologue BOUAKE, QUARTIER KOKO La nuit est encore calme. Je pense que tout le monde dort bien profondément. La lune brille au-dessus des cases et des cabanes du quartier. Elle éclaire cette nuit avec une telle intensité qu'on dirait qu'elle veut rendre jaloux le soleil. Peut-on dire que l'un est plus fort que l'autre? C'est une question qui mérite un intérêt particulier pour les conteurs certes, mais les gens ne se la posent pas. Il apparaît tout naturel que les deux astres concernés se complètent dans leur tâche divine. Chacun a son heure d'ascension, de gloire, d'apogée et de déclin. Il y a peu de place pour le hasard dans la nature. Chaque élément composant notre terre est voué à une utilité et une fin prédestinée. La lune peut toujours essayer de conquérir le premier rôle d'un scénario modifié, elle n'arrivera pas à l'heure. Le soleil peut dormir sur ses deux oreilles. Parole de conteur ! La machine de la vie, l'envie de vivre, sont des mécanismes qui inventent leurs propres outils pour réparer des blessures du quotidien. Se réveiller dans la torpeur d'une sensation d'envahissement. La force brutale d'une main qui s'abat sur la tête.
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Les coups qui pleuvent comme l'eau de la pluie, comme l'eau du fleuve Comoé que mes aïeux traversèrent jadis pour échapper à leurs poursuivants. La Reine Pokou en tête, délivrant son peuple par le sacrifice ultime de son seul enfant. L'histoire de mon peuple commence par une tragédie. Était-ce cela mon destin? Je ne pouvais m'y résoudre, j'avais envie de vivre et de découvrir le monde, résolument portée par cet insatiable besoin de liberté et de justice. Je méditais. Des chaînes aux pieds mais non dans la tête, j'imaginais une vie meilleure qui, pour le moment, m'échappait. Comment pouvais-je faire pour me soustraire à cette servitude et à l'étau de la peur ? Pourquoi le sort s'acharnait-il sur moi ? L'enfance que j’avais eue n’était souhaitable à personne. L'énergie de la vie et de l'espoir était toujours présente dans mon esprit. J'étais sans cesse à imaginer des solutions pour éviter les problèmes afin d'esquiver les sanctions physiques. Je grandissais dans cette atmosphère depuis quelques mois maintenant. Mais mon corps et ma tête meurtris refusaient cette réalité quotidienne. Pour cela, il fallait partir. Cette idée de fuir faisait le chemin dans mon imaginaire. Bien que secoué par les coups, mon cerveau demeurait alerte et volontaire.
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Chapitre 1 KOLÉMA KOFFI Je m'appelle Koléma. J'ai 12 ans et j'habite chez ma tante à Bouaké, quartier « Koko ». Je suis celle qui fut désignée, élue par le sort. Cette règle dit que mes parents doivent honorer la tradition qui stipule qu'un enfant doit être confié à une sœur ou tante plus âgée, plus expérimentée, parfois mariée. J'étais la servante de la maison. Corvéable à merci, disponible à tout moment, comme des milliers d'autres petites filles de mon âge. D'après la tradition, ma tante et son mari avaient, eux aussi, quelques obligations envers moi. Ils devaient me loger, me nourrir, m'habiller et me scolariser. Du moins dans la mesure du possible. Ma tante n'avait pas un fond de méchanceté mais son mari, autoritaire et brutal, était le chef de la famille et, à ce titre, il disposait de tous les droits. Il travaillait dans les petites exploitations maraîchères comme cultivateur et homme à tout faire. Mais il ne voulut jamais me donner quoi que ce soit car il trouvait largement suffisant de me loger et de me nourrir. Ainsi, les promesses ne furent que partiellement tenues, puisque le seul enfant du quartier qui allait à l'école était Kouamé, le fils que mon oncle avait eu d'une première union.
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