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Catherine Dufour Kurt Cobain contre Dr. No (Nouvelle extraite du recueilL’Accroissement mathématique du plaisir)
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Catherine Dufour — Kurt Cobain contre Dr. No
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Catherine Dufour — Kurt Cobain contre Dr. No
Retrouvez tous nos livres numériques sur e.belial.fr Discuter de ce livre, signaler un bug ou une coquille, rendez-vous sur les forums du Bélial’ forums.belial.fr ISBN : 978-2-84344-326-8 Parution : janvier 2011 Version : 1.0 — 26/01/2011 © 2011, le Bélial’, pour la présente édition
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Catherine Dufour — Kurt Cobain contre Dr. No
LE SOIR DU MERCREDI30MARS1994, Kurt Cobain entrait en cure de désintoxication au centre médicalExodus Recoverydu Daniel Freeman Marina Hospital, Los Angeles. Une semaine plus tard, le mardi 5 avril au matin, Kurt Cobain se réveillait la gueule dans le sable. B.O. : Hot sand (Shocking Blue) L’air était frais, la mer était proche ; il l’entendait bouger doucement. Le soleil se levait à peine. Je perçois les choses de façon si aiguë… Si je me concentre assez, je peux voir des petites traces de résidus transparents dans le coin externe de mes yeux. Ou alors, c’est une conjonctivite. Je peux les suivre tandis que mon regard descend, c’est comme regarder un film avec des amibes ou de la gelée, comme ob-server du plancton au microscope. Et si je regarde en direction du soleil, le flamboiement orange vif dessine le tracé intense de cellules sanguines, ou ce que j’imagine être des cellules sanguines. Elles bou-gent très rapidement et je ne tiens pas longtemps avant que mes yeux ne se fatiguent, et je dois détourner le regard du soleil et me frotter les paupières très fort, et là, je vois de petites sphères de lumière étincelante — certains appellent ça des étoiles — qui ne durent qu’une seconde, puis j’ouvre mes yeux mouillés de larmes à cause du frottement et regarde le ciel, loin du soleil, et ou-blie tous ces putains de petits trucs tordus à la con s’agitant au coin de mes yeux, ou la vision en gros plan des cellules sanguines sous mes paupières, et je regarde le ciel tout entier et je n’essaie même pas, mais je vois se dessiner dans les nuages toutes sortes de visages, objets, statues… Il s’assit, secoua le sable de ses cheveux. Une fois, j’ai vu Jésus sur une carapace de tortue. B.O. : Straight ahead (Greg Sage) Cobain regarda autour de lui : il se trouvait sur une plage blanche, au bord d’une mer vert pâle, très calme, sous un grand ciel rayé de fins nuages. Au loin, il vit une poignée de cocotiers qui se balançaient au-dessus de toits de palmes grises. Il marcha droit devant lui, jusqu’aux cocotiers, ses pieds nus s’enfonçant dans le sable qui chauffait. Le village de palmes semblait dormir encore. L’un des toits abritait quelques tables entourées de chaises. Derrière un comptoir, une petite dame aux cheveux gris écoutait de la musique hawaïenne sur un vieux poste radio.
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Il s’assit à une table. La vieille femme sortit de derrière son comptoir, s’approcha de lui et sourit. « Voulez-vous boire quelque chose ? Ou manger, peut-être ? Une salade ? » Cobain lui lança un regard vide : « Je ne mange jamais rien de vert. » La vieille dame, toujours souriante, retourna derrière son comptoir. Il entendit le cla-quement sourd d’un réfrigérateur. Le pas traînant, elle revint en tenant une bouteille de soda glacée et un verre, les posa devant lui. Elle le servit, essuya ses paumes humides sur son tablier en toile, puis tendit une main : « Moi, c’est No. – Kurt, répondit-il en serrant la petite main replète. – Bonjour, Kurt. Et bienvenue. » Elle s’assit en face de lui, souriant inexorablement, d’un air à la fois neutre et bienveil-lant terriblement médical. « Comment trouvez-vous notre île ? » flûta-t-elle. Il mit longtemps à répondre. « On dirait… on dirait un endroit de conte de fées surréaliste pour les gamins. » La vieille dame ne dit rien. Elle semblait attendre. Il reprit : « Comme le Never Never Land de Tacoma… Je me souviens d’une fois, là-bas, on avait dansé autour de gros champignons, et on avait enculé le loup qui se penche pour souf-fler sur la maison des trois petits cochons. » Le sourire de No se figea. Cobain plongea son regard dans le fond de son verre. Puis, il rota dans son poing. « C’est un curieux souvenir », fit No. Cobain ne répondit pas. Il regardait les petites mains de No croisées sur la table, marquées de tâches brunes. L’une d’elles tremblait légèrement. Alors il posa aussi ses mains sur la table et commença par le commencement, tout en fixant, au loin, la brume blanche allongée sur la mer : « Mon premier souvenir est celui d’un sol aux carreaux vert clair et d’une main très puissante, qui me tenait par les chevilles. Cette force m’indiquait très clairement que je n’étais plus dans l’eau et que je ne pourrais jamais y retourner. J’ai essayé de me tortiller et de gigoter, pour retourner dans mon trou, mais il me tenait là, suspendu au-dessus du vagin de ma mère. C’était comme s’il me provoquait, et je pouvais sentir le liquide amniotique et le sang s’évaporer et tendre ma peau. La réalité était cet oxygène qui me brûlait, et l’odeur sté-rile du retour impossible dans le trou, une terreur sans égale… » Cobain hocha doucement la tête : « Alors, j’ai exécuté mon premier rituel pour résoudre mes problèmes : je n’ai pas crié. » No pencha un peu sa tête sur le côté. Ses cheveux gris moussaient autour de son visage fripé. « Vous, alors… Vous avez l’habitude des psys », murmura-t-elle.
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B.O. : Something like that (Niggers with attitude)Le silence s’éternisait. Les yeux perdus dans le lointain, Cobain faisait tourner son verre sur lui-même, dessinant une guirlande de ronds humides sur le bois de la table. « Vous avez de meilleurs souvenirs d’enfance ? » finit par demander No. Cobain réfléchit un moment, vida son verre. « Oui. Ma tante. Mari Fradenburg. Elle m’a offert uneslide guitarhawaïenne bleue et un am-pli pour mon septième anniversaire. Au cours de ces précieuses premières années, elle m’a également donné les trois premiers albums des Beatles, ce dont je lui serai éternellement re-connaissant, sachant que mon développement musical se serait probablement arrêté net si j’avais dû endurer une année supplémentaire d’Olivia Newton-John. » No rit franchement, cette fois, et alla chercher un autre soda. Elle en rapporta aussi un pour elle-même. Pendant ce temps, Cobain cherchait dans sa mémoire. « Je me souviens qu’à l’été 82 ou 83, je traînais auThriftwayde Montesano, Washington, quand ce manutentionnaire à cheveux courts m’a tendu un flyer qui disait : “The Them Festival. Demain soir, sur le parking derrièreThriftway. Rocklivegratos.” Montesano, Washington… » Il se rinça la bouche avec une gorgée de soda. « Un endroit pas vraiment habitué à voir des groupes rocklivepopulation de. Une quelques milliers de bûcherons et leurs femmes soumises. » Il essuya la sueur sur son front avec le plat de sa main. La chaleur montait. No se leva encore une fois, pour mettre en route un vieux ventilateur pendu aux poutres du plafond, qui démarra en grinçant. « Je me suis pointé avec des potes métalleux dans un van, reprit Cobain. On s’est garés dans le parking derrièreThriftwaysont apparus en titubant, avec des peignes, et d’autres zombies dans leur poche arrière. Se tenaient là le manutentionnaire, arborant uneLes Paul, avec une pub découpée dans un magazine pour les cigarettes Kool collée dessus, un motard rouquin et ce mec, Lukin, le premier à porter des Levi’s étroits. Une innovation courageuse et hardie, grinça-t-il, par rapport aux fringues de motard de San Francisco. » Il reprit une gorgée, semblant regarder de vieilles images flotter dans les airs : « Ils jouaient à une vitesse à laquelle je n’avais jamais imaginé que la musique puisse être jouée, et avec plus d’énergie que sur mes disques d’Iron Maiden ! C’étaitce que j’avais toujours cherché. Ah, le punk rock… » Il sourit franchement, puis se renfrogna : « Les autres s’emmerdaient et n’arrêtaient pas de gueuler : “Eh! Jouez du Def Lep-pard !” » Il se pencha pour cracher à ses pieds. « Bon dieu, je détestais ces connards plus que jamais. J’avais rejoint la terre promise, sur le parking d’une épicerie, et j’avais trouvé ma voie. » Il passa la main dans ses cheveux jaunes : « Le jour suivant, j’ai hérissé mes cheveux sur le devant, mais je n’arrivais pas tout à fait à abandonner mes longs cheveux dans le dos. En conséquence de quoi, j’ai eu la première
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coupe à deux niveaux de toute l’histoire de Montesano. Je me suis trimballé pendant une semaine avec la tronche de Rod Stewart. » Il y eut du bruit derrière le comptoir. Cobain se retourna. « Le cuistot », expliqua No. C’était un type énorme, la soixantaine, avec un visage gras et blanc de bouddha ma-lade. Sans leur jeter un regard, il commença à déballer des casseroles, à sortir des grills noirs de graisse, à ouvrir des sachets debunsindustriels et des boîtes depeanuts butter. Cobain se demanda s’il y aurait des macaronis au fromage Kraft. C’était à peu près la seule chose que son estomac supportait. Puis, il se tourna à nouveau vers No. Elle le regardait attentivement, toujours souriante. B.O. : He’s so sensitive (Love Child)« Je hurlais comme un perdu sur la deuxième chanson etbam! La foule m’a balancé le micro en pleine bouche. » Cobain mima le geste, la violence du choc : « Du sang est apparu sur mes lèvres et on a démarré « Floyd the barber », après avoir essuyé mon visage. Chris, le bassiste, m’a heurté l’œil accidentellement avec le manche de sa basse. La blessure n’était pas trop profonde, jusqu’à ce que je me cogne la tête dans le mur d’à côté, en guise de protestation. Là, elle s’est ouverte davantage. Du coup, j’ai saisi ma gui-tare et je l’ai balancée en plein dans la tronche de Chris, lui entaillant largement la lèvre ! À ce stade, on était plutôt sanguinolents. On était à l’évidence un peu assommés, et on avait mal. Mais on a continué à jouer, assez désaccordés… » Il se tut, le temps de se grignoter un ongle. « Ah, on a aussi fait un concert vraiment marrant avec Fitz Of Depression, dans un minuscule coffee-house appelé leJabberjaw. On était indescriptiblement déchirés, désaccor-dés et plutôt, euh, titubants. Il m’a fallu quinze minutes pour changer une corde de guitare pendant que les gens huaient. Après le concert, j’ai couru dehors et j’ai gerbé. Puis je suis revenu et j’ai vu Iggy Pop qui était là, alors je lui ai donné un gros baiser mouillé de vomi et je l’ai serré dans mes bras. C’est un type vraiment chaleureux, et cool, et sympa, et intéres-sant. » Cobain secoua la tête. « C’était probablement le moment le plus flatteur de ma vie… » Il avait fini son deuxième verre. Il regarda No, la ligne verte de la mer sur l’horizon dé-coloré de chaleur, ses deux mains maigres nouées autour de son verre vide, et piqua du nez. « La façon dont je me suis métamorphosé, marmonna-t-il, hier hyperactif, aujourd’hui fi-gé comme un bloc de ciment est, à défaut de mots plus appropriés, euh, ennuyeuse, exaspérante, déroutante — aussi compacte qu’un bloc de ciment. » B.O. : Muscle of love (Alice Cooper)
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Catherine Dufour — Kurt Cobain contre Dr. No
Le temps passait, le soleil montait, l’air chauffait, Cobain entendait le ressac et les chants des oi-seaux. Il n’avait pas faim, il n’avait pas mal à l’estomac, il n’était pas en manque : il n’était rien. Seulement un peu en sueur. Derrière son comptoir, le cuistot agitait de la vaisselle. Toujours assise devant lui, No rêvassait. « De quoi faut-il parler, ensuite ? finit-elle par demander à mi-voix. De sexe, je sup-pose. » Cobain sursauta. « Je vais plutôt chercher une citronnade », dit No avec un sourire. Elle alla derrière le comptoir, en revint et posa entre eux deux un grand pichet embué rempli d’eau, de glace et de rondelles de citron jaune et vert. Cobain prit un glaçon pour le passer sur sa nuque. « Je ne me suis pas masturbé depuis des mois, maugréa-t-il, parce que je n’ai plus d’imagination. Je ferme les yeux et je vois mon père, des petites filles, des bergers allemands, des présentateurs de journaux télévisés, mais aucune bombe sexuelle voluptueuse nue aux lèvres pulpeuses grimaçant sous l’extase. » Il but un peu de citronnade : « Je vois des lézards et des bébés-troncs. » B.O. : Don’t talk to me (The Eyes) Cobain s’essuya les doigts sur son tee-shirt, un tee-shirtHalf Japanesesale. Il releva la tête alors que quatre autres post-curistes s’installaient à une table. No alla les servir. C’était des cinquantenaires mal conservés : trois étaient chauves, le quatrième était une femme, avec de longs cheveux gris et emmêlés. Elle portait un maillot de bain fuchsia et des colliers bruyants de vieille hippie. Elle parlait fort, en jetant de petits coups d’œil dans la direction de Cobain. Il détourna le regard. No revint vers lui : « Ce sont nos 4J&B. Nous avons fêté leurs cinquante ans à tous quatre, il y a peu. Le gros barbu, c’est James. À côté, les petites lunettes rondes, c’est John. Il y a aussi Janis et Brian. Nos 4J&B sont cinq, d’habitude, mais John James n’est pas encore là. Il n’est pas du matin, J. J. Un excellent guitariste, cela dit. Ils sont tous très bons, d’ailleurs. Vous voulez que je vous présente ? » Cobain fit non de la tête. Les éclats de rire rauque de la vieille folle le saoulaient. Il fouilla ses poches, à la recherche d’un peu d’argent. « J’ai maintes fois perdu l’esprit, murmura-t-il, et mon portefeuille encore plus sou-vent. – Laissez, sourit No. Tout est payé, bien sûr. » B.O. : Mourning of youth (Axemen)
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Cobain tourna le dos à la buvette et marcha entre les cocotiers, le long de la mer. Dans les hauteurs chantaient des oiseaux qu’il ne parvenait pas à voir. Les oiseaux. Les oiseaux sont et ont toujours été des vieillards réincarnés atteints du syn-drome de Tourette qui ont réussi à déjouer le schéma reproductif. Ils baisent, s’occupent de leurs maisons et de leurs enfants sans jamais oublier leur véritable mission : hurler à pleins poumons, avec une rage démoniaque horrifiée, chaque matin à l’aube pour nous rappeler qu’ils connaissent la vérité. Il resta un instant debout, face à la mer, sous l’ombre légère des palmes. La conversa-tion avec No avait entrouvert la boîte à souvenirs. Il fit demi-tour et s’enfonça dans le cœur de l’île. Entre des buissons d’hibiscus poussaient de petits bungalows gris, sans portes ni fe-nêtres, clos par des moustiquaires en grillage. Il pensa à son premier appartement, l’appartement rose, meublé de chaises longues, de nains de jardin et de tricycles volés devant les pavillons d’Aberdeen, et de croix arrachées au cimetière. Il les avait repeintes, avec des pois. Sur la baie vitrée donnant dans la rue, il avait écrit 666 à l’aide d’un morceau de savon, et suspendu une poupée gonflable couverte de mousse à raser. Il sniffait beaucoup de bombes deEdge Shaving Gel, à l’époque… Il revit le 1000 et demi, East Second Street, Aberdeen, et son cohabitant, Lukin. À la fin, il ne pou-vait tellement plus le blairer qu’il avait carrément coupé la maison en deux avec du ruban adhésif… Il revit l’appartement qu’il partageait avec Tracy, la salle de bain repeinte en rouge sang et marquéeRedrum, le photomontage de viande et de vagins malades collé sur la porte du réfrigérateur, les statues de la Vierge sur lesquelles il peignait des larmes de sang… Et le léger parfum de vanille des poppers. Il pensa aussi à tous ces moments où il n’avait pas eu d’appartement du tout. Et à Shillin-ger, qui lui disait :Tu es vraiment célèbre, Cobain. Tu passes à la télévision environ toutes les trois heures. « Je ne suis pas au courant, murmura Cobain, seul face à la mer. Je n’ai pas la télé dans la voiture où j’habite. » B.O. : I like Candy (Jad Fair)Cobain tournait en rond entre les bungalows, les mains dans les poches. Il faisait de plus en plus chaud. Un instant, l’idée le traversa de retourner à la buvette. Il s’assiérait à une table, commanderait une bière qu’il n’obtiendrait pas, et tâtonnerait sous la table à la recherche d’un vieux chewing-gum. Curt Kirkwood avait cette habitude-là, de détacher les chewing-gums collés sous les tables des restaurants et de les remâcher. Cobain tira de ses poches ses mains en sueur, les essuya sur son jean. Pour fêter la sor-tie deIn Utero, lui et les autres membres de Nirvana avaient versé du solvant sur leur jean, avant d’y flanquer le feu. Ils s’étaient repassé la flamme d’une jambe à l’autre. Évidemment, quand le feu avait atteint les poils de leurs couilles, il avait fallu éteindre tout ça à la bière.
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